En salle

03 janvier 2013

Le blogueur politique face à l'immensité du web

Le blogueur politique a ses trucs. Il va prendre l'actualité politique et donnera son avis dessus. Parfois il développera certains points plus précis parce qu'il a des connaissances spécifiques ou qu'il a eu envie de fouiller un sujet. D'autres fois, il fera des billets plus personnels ou, au contraire, plus institutionnels avec des thèmes d'actualités propre à sa formation politique. Quelques fois (souvent chez moi), il parlera des médias ou des blogs.

Nous y sommes.

Un 3 janvier au soir, j'aurais pu regarder l'actualité et constater que Depardieu est Russe. J'aurais pu faire un billet sur le thème. Deux heures plus tard, j'aurais constaté que le sujet a fait le buzz dans la journée six heures plus tôt. J'aurais alors trouvé mon billet profondément ridicule et inutile.

Ne rigolez pas. Ça m'arrive réellement de faire l'impasse sur un buzz et d'être persuadé d'avoir fait un billet original. Surtout, des blogs de droite vont continuer à faire des billets sur le thème "Depardieu est Russe à cause des Staliniens Français"...

Ils seront ridicules. On se consolera en se disant que les blogs de gauche ont été ridicules quand ils étaient dans l'opposition. On se consolera aussi en trouvant des billets de qualité au fond de ce bordel : des billets originaux, drôles, bien écrits,...

Mon confrère Sarkofrance par exemple se fout intelligemment de la gueule de notre ancienne idole passée à l'est. Je n'irai pas jusqu'à dire que son billet est utile. Au moins, il soulage. C'est utile.

Le blogueur politique se rendra compte que ce qu'il fait en commentant l'actualité ne sert à rien, sauf à son propre plaisir ce qui n'est pas rien ! Néanmoins, le blogueur politique se demandera comment il peut être utile dans ce bazar...

La première réponse est qu'il peut produire du "contenu" avec une vraie information, une vraie recherche documentaire, une vraie réflexion qui dépasse la simple intuition personnelle. Ça ne parait pas mais un blogueur comme moi en fait un tous les quatre jours mais ils sont noyés dans la masse de billets que je fais centrés sur les blogs, les rencontres de blogueurs, le foutage de gueule des personnalités politiques (regardez le nombre de billets que j'ai faits à propos de l'UMP), la propagande batave et les réactions sans intérêt aux dépêches d'information. Ou centrés sur moi-même.

Il faudrait qu'on trouve comment populariser ce bon contenu. A noter qu'il y aurait un long travail d'édition, de lecture. La plupart des bons billets sont difficiles à faire parce qu'il faut rechercher des informations, des liens, une articulation. Bilan des courses : on n'a pas le courage de relire alors qu'un demi heure de travail en plus aurait fait un chef d'œuvre. Un exemple : le présent billet. J'ignore s'il sera bon ou mauvais (et je ne le mets pas dans la catégorie des billets utiles). J'ai 40 minutes de métro pour le rédiger avec un iPhone, après je le mets en ligne et je bois une bière avec les copains. Alors la relecture, hein !

La première réponse au blogueur politique qui s'interroge : fais à l'occasion des billets "utiles". Continue à produire des billets idiots, ils permettent de populariser le blog.

Après, je n'ai aucune autre réponse. D'ailleurs, je ne sais plus quelle était la question.

Le blogueur politique qui n'a toujours pas compris que finalement son billet sur Depardieu chez les Russes n'a pas grand intérêt fera d'autres constats : le buzz se fait dans Twitter ah la la qu'est ce que je vais pouvoir faire pour mon blog. Je vais lui répondre : rien. Laisse tomber. De toute manière on ne sait pas ce que Twitter sera devenu dans trois ans. Continue à faire des bons billets, bordel, et à prendre du plaisir.

Tiens ! Ça te permettra d'être repéré par des médias sympathiques qui mettent les blogs en avant, comme News Republic ou Mediavox.

Ensuite, fais une réflexion complète sur l'état de la blogosphère et du politique sur internet. C'est ce que je me suis dit à moi-même cette après midi mais j'ai pondu mes réflexions dans un autre blog.

Les conclusions sont :

Le net reste dominé par les blogs de gauche. Mais ça, le Monde l'a dit la semaine dernière.

La deuxième est qu'on s'en fout. Le web politique est surtout dominé par des sites "industriels" tels que Atlantico, Contrepoints et Opposition Républicaine sans compter l'innommable.

On a donc d'un côté des blogs de gauche et de l'autre des sites d'information de droite.

Tout ça n'est pas réjouissant.

On se consolera en observant que les blogs politiques de droite tendance UMP sont masqués par des mastodontes et qu'ils sont incapables de produire du contenu "utile". Désolé, je n'ai pas trouvé d'autre mot. "De fond", peut-être ? Chers amis blogueurs de droite, vous pouvez ronchonner mais vous feriez mieux de démontrer le contraire. Pour ma part, j'ai apporté des éléments de preuve dans le billet que j'ai mis en lien.

On se consolera aussi en constatant qu'on a un bon gisement de "contenus".

Encore faudra-t-il qu'on sache le mettre en avant !

Mais la première étape sera de retrouver du plaisir à bloguer, plaisir qui s'éteint en plusieurs phases successives. Ça fera l'objet d'un autre billet, peut-être.

Pour l'instant il reste le plaisir d'écrire et la et rigoler avec les copains. Et la passion des blogs !

La cravate de travers

Chercher sur Internet les réactions des gens à propos de la personne de François Hollande est époustouflant. Le nombre de commentaires à propos de sa tenue vestimentaire est délirant. Il n’y a pas que la cravate de travers qui y passe. Il y a les manches qui sortent de la veste et le fait que son costume soit en « prêt-à-porter ». On trouve même des glandus scandalisés parce qu'il n'avait déboutonné sa veste en s'asseyant sur un plateau TV. 

Je suppose que ces braves sont ceux qui critiquent également le faible niveau du débat politique en France. 

Toutes les remarques sont négatives mais il ne sera pas dit qu'un fier représentant de la batavosphère ne viendrait pas à la rescousse du Président de la République dans un billet qui fera date dans l'histoire de la blogosphère politique des 3 janvier. Surtout que ce blogueur est un éminent spécialiste des cravates à chier et est doté d'une légère surcharge pondérale qui l'empêche de mettre des costards en prêt-à-porter. 

Regardez autour de vous. Ne trouvez-vous pas, en effet, que les gros en costume sont généralement ridicules. Notamment si, comme moi, ils achètent leurs chemises en supermarché : elles sont alors trop courtes et sortent du pantalon. Vous me diriez que je pourrais acheter des chemises de luxe. Je préfère acheter mes chemises à 10 euros et garder le reste pour les choses essentielles. Surtout que la bière augmente au premier janvier. Je suis un mec normal. 

D'ailleurs, François Hollande est un Président normal. Déjà qu'il a fait baisser son salaire et a fait augmenter les taxes sur la bière... 

Première remarque : s'il achetait des costumes à 8000 euros, on trouverait probablement des crétins pour le lui reprocher ! J'imagine les réactions : "ah ! Il veut passer pour près du peuple, il dit s'attaquer au monde de la finance mais il se paye un costume qui vaut huit mois de SMIC". Je connais même des abrutis qui seraient capables de dire qu'il fait passer ses caleçons dans les frais généraux de l'Elysée. 

Il vaut mieux être critiqué pour une cravate de travers. Les pauvres s'en foutent. Alors qu'un costume à 8000 euros… 

A noter que je parle de caleçon pour l'exemple. J'ai beau être proche du Président, j'ignore si M. Hollande porte des slips ou des caleçons. Je vais lui donner un conseil : mettre un slip quand il est en costume et en caleçon quand il est en jean. 

N'oublions pas que François Hollande est un ancien gros. Il garde des réflexes. Moi même qui suis un ancien maigre (mais ça fait longtemps), je suis parfaitement habilité pour donner mon avis.

Deuxième remarque, donc : Monsieur Hollande est un ancien gros et en porte les stigmates. Il fait toujours soigner les détails qui se voient pour pas que les gens voient les vrais défauts. 

Moi, par exemple, j'ai la chemise qui sort du pantalon volontairement. Les passant focalisent sur ce détail et ne voient pas si ma braguette est ouverte. Du coup, je ne ferme plus ma braguette, ce qui me laisse plus de temps pour m'occuper des affaires de la France. 

Troisième remarque : un peu de sérieux. Vous croyez réellement qu'on en a quelque chose à cirer ? Vous pensez vraiment qu'il y a des types qui ne sont pas payés pour s'intéresser à ce genre de détail qui s'intéressent à ce genre de détail ? Vous pensez réellement que la République va payer un salaire à M, Sérillon pour qu'il donne des formations à propos des doubles nœuds de cravates ? Vous pensez que la mère d'un pompier mort au service à qui le Président de la République vient rendre hommage va vérifier que sa braguette est bien fermée ? Vous croyez réellement qu'un type au chômage depuis deux ans va être scandalisé par la taille des manches de la chemise de celui qui explique un 31 décembre au soir que l'année suivante sera encore plus dure ?

Je me rappelle de la période qui suivait l'élection. Le Président passait son temps sous la pluie à un point où je me demandais s'ils n’avaient pas coupé l'eau dans la salle de bain de l'Elysée. Dans l'euphorie, on trouvait ça génial. Il y avait même des observateurs avisés qui comparaient Hollande à de Gaulle. Le grand Charles était toujours suivi par un type qui portait un parapluie. S'il commençait à pleuvoir, le lascar lui proposait le parapluie mais il le refusait ostensiblement. Ainsi, il donnait l’impression d’être près du peuple, d’affronter les intempéries avec lui, …

Je ne voudrais pas choquer mes lecteurs gaullistes mais je me demande s’il ne nous prenait pas un peu pour des cons. Je dis « nous », remarquez, mais c’est une façon de parler. A cette époque, je n’étais pas encore très né.

Toujours est-il que les andouilles qui disaient en mai qu’Hollande était un génie disent maintenant qu’il était grotesque et auraient du prendre, au moins, un imperméable. Finalement, il aurait pu s’abstenir d’aller faire le guignol sur les Champs Elysées et aller bouffer avec ses potes au Fouquet’s. De toute manière, vue la durée de l’état de grâce…

Quatrième remarque : non seulement les gens se foutent totalement de la tenue vestimentaire présidentielle mais, en plus, les spécialistes de la communication changent d’avis selon ce qui fait vendre. Ce sont des guignols. Je le sais, j’ai été consultant pendant plus de vingt ans.

J’ailleurs, je vais vous révéler un scoop : Sérillon n’a pas été recruté par l’Elysée pour s’occuper de la communication mais parce que le directeur de cabinet adjoint joue à la belote comme un pied ce qui gonflait le Président de la République. M. Séguillon joue très bien à la belote, parait-il. J’avais également postulé, ayant de bons atouts avec ma cravate à chier, mais, justement, je joue uniquement à la belote de comptoir « tous atouts ». Les points montent plus vite et c’est plus rigolo. Par contre, il est conseillé d’attendre qu’un type perde deux fois pour exiger une tournée sinon on est saouls trop vite.

Bien que n’étant pas rémunéré, je vais donner des conseils au camarade François Hollande.

Cher Camarade,

Conseil 1 : si, comme moi, tu portes des caleçons avec le jean et des slips avec le costume, n’oublie pas de prendre un slip avec toi si tu vas acheter des costumes alors que tu es habillé en jean. Ca permet de mieux juger comment on se sentira dans les nouvelles fringues.

Conseil 2 : cet été, pendant tes vacances à Brégançon, tu portais une chemisette blanche (je crois) avec un pantalon en toile beige pour te promener dans la rue sous les regards émerveillés des passants et des photographes habilités. Je te conseille d’éviter ces pantalons beiges : ils sont moches. Surtout, évite-les car si tu as un problème de dernière goute, ça se remarque plus facilement. Vive les pantalons noirs !

Conseil 3 : je porte toujours la même cravate. Personne ne l’a jamais remarqué. Tout le monde s’en fout. Fais pareil. Prends un machin foncé sans motifs visibles…

Conseil 4 : le conseil 1 étant très compliqué, je ne me l’applique pas. Je n’en fais qu’à ma tête. Tu devrais faire pareil. De quoi se mêlent ces gens qui se permettent de faire des remarques ? En plus, j’en connais qui mettent des chaussettes blanches.

Friendly,
Nicolas

La vraie galette des rois

Depuis le début de l’année (c’est récent…), je ne fais que des billets à propos des blogs, ici. C’est normal, j’ai pris des résolutions, comme arrêter d’aller au bistro et bloguer autrement. Ce matin, je fais le point sur les réactions à mon billet d’hier dans lequel je priais pour que l’on retrouve un peu de respect.

Je note que trois personnes m’ont donné des conseils ou des avis sur la manière de tenir mes blogs. Aucune des trois n’a de blogs. Les trois se basent sur des erreurs manifestes.

A titre d’exemple, il y en a un qui me dit qu’en activant la modération des commentaires et en virant les commentaires désagréables, je vais perdre des lecteurs. Des erreurs manifestes ?

La première : je me fous du nombre de lecteurs.
La deuxième : avec ce titre, ce billet pourrait être le billet d’un blog politique d’un simple quidam le plus lu de ce début d’année car il pourrait recueillir les faveurs des moteurs de recherche. On se retrouve dans une semaine pour un bilan ?

Une autre personne, la seule sympathique, me dit qu’il est incohérent de censurer les commentaires courtois mais argumentés qui contredisent les propos du billet, pratique que je n’ai pas par ailleurs. Il n’y a aucune incohérence. « Mon » blog est « mon » lieu d’expression, pas celui des autres.

Les blogs sont « des services de communication au public en ligne édité à titre non professionnel au sens de l'article 6, III, 2° de la loi 2004-575 du 21 juin 2004 ». Je tiens des blogs pour communiquer avec des passants, pas pour leur permettre de communiquer à ma place.

Chaque blogueur fait ce qu’il veut de son blog. Quelqu’un qui ne tient pas de blog et donc ne connaît pas les contraintes devrait réfléchir avant de donner son avis. Pour ma part, j’ai décidé de faire de mes blogs un comptoir de bistro où les gens papotent. Dans cet esprit, je vire les gens qui m’importunent ou importunent mes « clients ».

Pour les recettes de galette des rois, vous pouvez consulter Marmiton. Ceci est un blog politique.

Non mais sans blague.

02 janvier 2013

Un peu de respect, bordel !

J’ai commencé mes billets de l’année 2013 par un appel au respect en guise de vœux. Didier Goux raconte dans son journal un déjeuner avec l’Amiral Woland et nous deux. Eux réactionnaires affreux et moi sympathique gauchiste : « Déjeuner parfaitement agréable avec Nicolas et l'amiral Woland. M'amuse beaucoup le fait que ni eux ni moi n'avons finalement rien à foutre d'être de gauche, ou de droite, ou de rien. C'est d'ailleurs Nicolas qui a protesté le premier lorsque j'ai abordé un thème, un sujet de conversation, qui, en effet, avait des allures “politiques”.  Il n'avait pas envie d'en parler. Ça tombait bien, Woland non plus, ni moi. »

Le respect, c’est évidemment cela, ce qui permet de passer un moment agréable à table et dans les blogs.

FalconHill qui avait beaucoup inspiré mon billet d’hier dit aussi ceci : « Donc des billets et des réflexions cons, d’un sectarisme consternant, je m’en suis pris. Ces grands tolérants de gauche ont en parti réussi : j’ai ressenti clairement du dégout à bloguer. »

Le respect, c’est aussi cela, ce qui ne décourage pas le blogueur de donner son avis, ce qui permet à la blogosphère de vivre.

Le respect, c’est également ce qui permet de maintenir un débat politique de qualité, notamment parce qu’il permet de comprendre les autres, ne serait-ce qu’en les lisant. Lire, dans la blogosphère, ne me parait pas inutile.

Je vais donc revenir sur le respect.

Le respect de l'orientation politique des gens

En France, on a la droite et la gauche, on a leurs extrêmes qui ne sont pas comparables, on a le centre, on a quelques libéraux qui tentent d’exister, des anars et plein de trucs. Il y a même des gens qui ne croient pas en ces clivages et qui pensent que tout le monde devrait travailler ensemble ne se rendant même pas compte qu’ils ne font qu’un clivage supplémentaire…

Dans les blogs de droite, je lisais des andouilles qui expliquaient que les « blogueurs de gouvernement » allaient vite comprendre que la politique de la droite était meilleure que celle de la gauche. Certaines disaient même que les électeurs reprochaient au Gouvernement d’être trop à gauche, tendance sectaire et communiste avec du poil dans les oreilles, ce qui explique que la popularité soit retombée à 40% ce qui est une preuve et tout ça. Pourtant, il suffit de lire un peu de commentaires, de billets, d’articles de presse, … pour comprendre que les électeurs de Hollande lui reprochent surtout de ne pas mener une politique plus à gauche.

A partir du moment où l’interlocuteur, dans les blogs (ou ailleurs), se trompe à un tel point, le débat politique a peu d’intérêt. Peu importe.

Le respect, c’est aussi de ne pas se mettre dans le cerveau des autres, de comprendre les différences, … C’est ce qui permet de faire vivre la politique. Je donne l’exemple de ce que pourraient croire des blogueurs de droite mais je m’en fous. Je suis plus effrayé parce que pensent mes congénères de gauche de l’opinion publique.

Le respect et la capacité à comprendre la position des autres sera au cœur de la vie politique française à droite, cette année. L’UMP va mener un débat pour une orientation politique, débat qui va se traduire par une guerre des chefs. Et au cœur de ce débat, on aura ce que pensent les militants de l’état de l’opinion publique, de la pensée des autres. On aura des militants qui vont expliquer ce qu’ils savent ce que pensent les français plutôt à droite.

On n’a pas fini de rigoler en voyant un tas d’andouilles dire qu’elles ont raison…

Le respect des personnalités

Je sais. Mes confrères blogueurs de gauche ne sont pas toujours des exemples. Mais vous pouvez fouiller les archives de ce blog, je n'ai jamais traité Nicolas Sarkozy de nain ou de nabot. Je n'ai jamais critiqué ses tics. Je n'ai jamais de mal de sa compagne. J’ai critiqué ses discours, sa politique, … J’ai parlé d’erreurs qu’il faisait : porter « ostensiblement » des talonnettes montre qu’il veut cacher une taille dont je n’ai rien à cirer, par exemple.

Pour en revenir à l’UMP, j’ai beaucoup critiqué Jean-François Copé. J’estime qu’il fait une grosse erreur en ratissant sur sa droite. La critique porte sur le positionnement politique, pas sur la personne. Ce positionnement politique fait qu’il exaspère « les spectateurs », ce qui revient à une critique de la personne mais indirectement.

Au début du quinquennat précédent et même par la suite, les critiques portées par les blogueurs de gauche sur la personne de Nicolas Sarkozy ont été dommageables parce qu’elles ont masqué le reste. Néanmoins, les blogueurs de droite qui évoquent la taille de François Hollande sont très drôles : ils ont passé des années à nous dire qu’on dépassait les bornes…

Le respect des blogueurs et l’écoute des autres

Depuis longtemps, quand je lis les critiques de ma personne et de mon blog, il en ressort souvent que je fais des billets en éructant dans un état d’ébriété avancé. Il en ressort aussi des critiques sur mon égo et un tas de conneries.

Les gens ont le droit de le penser mais par respect, ils pourraient éviter certains billets ou commentaires.

Ils ont le droit de le penser même s ils ont tort, je fais mes billets politiques le matin, à froid (je les rédige dans le métro et je les publie du bureau après relecture quand j’ai fini de traiter les affaires urgentes - aujourd’hui, c’est la rentrée, c’est le bordel) et sans avoir bu. Mais peu importe.

Ils ont le droit de le penser, de moi comme d’autres blogueurs d’ailleurs, mais en lisant les billets, ils ne cherchent que des failles. Ils font le procès à charge avant d’avoir lu le billet. Et ils omettent le fait qu’on puisse avoir raison. Par manque de respect, ils en reviennent à ne pas savoir ce que pensent les gens tout en étant persuadés du contraire, ce revient à ce que je disais plus haut mais surtout, ils omettent le fait que l’autre puisse avoir raison. Et ils s’enferment dans un raisonnement crétin.

Tiens ! Une anecdote personnelle pour tacler mes copains de gauche, pour changer. Par le passé, j’avais été scandalisé par des propos du pape et j’en avais fait un billet. Quelqu’un m’avait alors répondu que critiquer les propos du pape était lui reconnaître une autorité… Du coup, j’ai changé d’avis. Effectivement, je n’ai strictement rien à cirer de ce que dit le pape (sauf dans des cas précis mais discutables) à titre personnel. J’ai lu un commentaire alors que j’aurais du l’envoyer chier… Par pur respect. Un type prend la peine de dire quelque chose, je prends la peine de le lire parce que je n’avais encore rien absorbé sur le thème : "un non catholique.doit-il s'occuper de ce que dit le pape ?"

Le respect sans jugement

L’anecdote a un rebondissement récent. Mon dernier billet porte sur le pape (il s’attaque au monde de la finance, le bougre). Du coup, j’ai des « protestataires laïcs » qui interviennent pour lui reprocher ses propos (qui sont pourtant assez gauchistes). De quoi se mêle-t-il ? semblent-ils dire… Du coup je leur réponds : « mais qu’est-ce que tu en as à foutre, tu le reconnais comme une autorité morale, maintenant ? » Par contre, ça m’intéresse beaucoup de savoir ce qu’une autorité morale dit à ses ouailles, alors j’écoute le pape en tant qu’autorité morale pour les électeurs catholiques. Je ne juge pas.

Ou alors, si je juge, c’est sur un point de vue politique. Par exemple, avec le mariage pour tous, le pape (ou plus précisément les autorités catholiques françaises) a une occasion inespérée de ressouder « ses équipes ». Ca n’est pas spécialement idiot de sa part de se rapprocher des catholiques de gauche par des propos frisant le trotskisme. Ou alors, c’est crétin de se fâcher avec une partie de la droite française alors qu’il a l’occasion de lutter avec eux… Chacun jugera…

Je parle souvent des nombreux procès de blogueurs qui sont faits dans Twitter ou dans d’autres blogs. Alors je juge moi-même les juges et ces autoprocureurs proclamés et je leur dis : vous feriez mieux de respecter ce que les autres ont à dire plutôt que de les condamner sur la voie publique.

D’autant que le jugement à l’emporte pièce décrédibilise toujours celui qui le fait.

Le respect en commentaire

J’ai activé la modération des commentaires de ce blog. Je supprime les commentaires qui me manquent de respect ou manquent de respect à d’autres commentateurs. Avant, j’avais une fâcheuse tendance à traiter leurs auteurs de trous du cul ou de connard mais « on » me le reproche. Certain en déduisent que je ne supporte pas la contradiction. Ils se plantent.

Je ne supporte pas :
-         d’une part ceux qui pensent que leur avis a plus de valeur que le mien (d'autant que c'est mon blog, bordel),
-         d’autre part ceux qui ne sont pas aimables avec les gens qui prennent la peine de commenter mes billets.
Pour le deuxième point, c’est une question d’ambiance, de savoir-vivre, de tenue de mon blog, … Le premier est plus intéressant et on en revient à ce que je disais au départ : certains gagneraient à tenter d’admettre que les autres ont des avis différents sans être nécessairement timbrés.

Le respect…

Je tiens un blog politique. On peut être d’accord ou pas avec moi, je m’en fous. Je fréquente toutes sortes de blogs politiques. Je peux être d’accord ou pas avec les gens. Je m’en fous. Les blogueurs politiques participent, à leur niveau, au débat démocratique. Ce débat doit être encouragé. Je défends les blogs depuis toujours. J’ai peut-être tort. Je m’en fous aussi. J’aime voir des gens exprimer des opinions.

Tout commentaire manquant de respect va dans le sens inverse de la défense des blogs et de l’expression de l’opinion. J’ai donc toutes les raisons valables de le supprimer sans le moindre état d’âme. C’est la liberté d’expression qui me pousse à la censure des critiques irrespectueuses. Faut le faire, non ?

Le respect exemplaire ?

Je ne prétends pas montrer l’exemple. J’ai même un blog où je tombe souvent sur le poil d’autres blogueurs et surtout de twittos. Souvent, j’ai raison de frapper : je suis publiquement insulté, je riposte. Parfois, j’ai moins raison : une personnalité est publiquement attaquée, je riposte alors que je devrais n’en avoir rien à foutre. Parfois, j’ai totalement tort. Ici, par exemple, je tombe sur le poil d’un lascar qui raconte des conneries dans Twitter. Les propos m’ont amusé et méritaient un billet pour rigoler mais j’aurais du masquer le nom et l’avatar du gugusse. Je n’ai rien de personnel contre lui.

Je ne prétends surtout pas avoir été spécialement exemplaire quand j’étais un jeune blogueur et je reconnais qu’il m’arrive de m’emporter. A contrario, avec l’expérience, on finit par se foutre d’un peu de tout.

Le respect

Il est temps de conclure. Le manque de respect :
-         fait qu’on se coupe des autres, de l’électorat, en ne comprenant pas ce qu’il a à dire,
-         fait qu’on fait des grossières erreurs en ne sachant pas écouter une contre-argumentation,
-         fait qu’on décourage les blogueurs d’exprimer leurs avis.

Il est temps de conclure mais je vais citer un dernier exemple. Lisez mes billets de novembre et décembre à propos de la construction de l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes. Lisez aussi les commentaires qui essayaient de m’expliquer que j’avais tort et comptez-les.

Comptez ainsi ceux qui sont passés uniquement pour charger mes billets sans même s’intéresser à ce que je pouvais avoir dire. Sans le moindre respect pour les considérations des usagers potentiels de Notre-Dame-des-Landes. C’est affligeant. Un combat politique est mené par des militants politiques à partir des seules argumentaires fournis par le parti.

Et ils n’ont même pas le respect de laisser s’exprimer ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.

Après, ils perdent les élections. C’est ballot. Le respect n’est pas rien. D'autant qu'on se retrouve après avec des aéroports un peu partout...

01 janvier 2013

Vil communiste !

Finalement, ce début d'année a quelque chose de réjouissant.

2013 : une bonne année pour le changement (dans les blogs)

C'est la première année sans élections depuis 2006. Dans les blogs, on va pouvoir souffler un peu même si on sait que l'année sera dure, qu'il faudra continuer à défendre le Gouvernement, sortir de polémiques stériles sans le moindre intérêt. On sait que les coups viendront plus de notre gauche que de notre droite. Mais on peut rêver : et si l’année 2013 redevenait celle du respect entre blogueurs ?

A droite ? J'en parlais hier. En l'absence de projet politique, la droite est pitoyable. C'est quand même fort de voir l'UMP incapable de sortir un projet autre que la seule sortie des 35 heures. Dans leur rôle d'opposants, ils sont pires, étant directement responsables du mauvais état du pays. Cela étant, il faudra qu'on trouve autre chose que le coup de l'héritage, avant la fin de l'année. 

Les blogueurs de droite ne sont pas aidés par leur grand parti. Ce matin, j'ai écouté les vœux de Jean-François Copé et ceux d’Harlem désir, après avoir écouté les vœux de François Hollande, hier. Le contraste entre MM. Désir et Copé est saisissant. Même si la tâche est plus facile pour Désir (son parti est au pouvoir), on sent qu'il s'adresse à tous les Français alors que Copé ne parle qu'aux militants. Le discours de Désir est deux fois plus court que celui de Copé. Les deux donnent la même feuille de route à leur parti : allez au devant des Français, mais seul Désir propose quelque chose de concret. Écoutez les deux et couchez sur le papier ce que vous avez retenu. 

François Hollande a montré, hier soir, qu'il avait un cap. Personnellement, je l'ai trouvé beaucoup plus clair que lors de sa récente conférence de presse. Les goûts et les couleurs…

Ce cap, il nous reviendra de le soutenir, dans les blogs, avec nos différentes sensibilités, certains étant plus critique que d’autres envers le Gouvernement. J’en profite pour saluer les copains de « notre sphère » et leur souhaiter une bonne année.

Lors de nos combats, il nous faudra être juste. Ce n’est pas facile. Je disais hier que nos confrères blogueurs de droite n’avaient que l’adjectif « sectaire » pour « nous » qualifier. C’est quand même fort que nous, qui défendions l’égalité, soyons traités de sectaires. En janvier, nous allons mener la bataille pour le mariage pour tous. C’est quand même fort que ceux qui se battent pour que les couples homosexuels puissent avoir les mêmes droits que les couples hétéros soient qualifiés de sectaires par ceux qui refusent ces droits.

Il nous faut être juste et rentrer dans le lard à bon escient. Mais il nous faut être juste. Les opposants au mariage pour tous ont une conception du mariage, de la famille, … qui n’est pas la nôtre et nous n’avons pas le droit de le leur reprocher. C’est nous qui avons fait le choix d’opérer une modification majeure d’un des fondements de la société et nous avons toute la légitimité pour le faire puisque « nous » avons été élus. Mais nous ne pouvons pas leur refuser le droit d’y être opposés. Le texte passera parce que la démocratie est ainsi faite mais ne renforçons pas un clivage de la société. Nous utiliserions alors des méthodes que nous avons tant décriées.

Je saluais plus haut les copains de notre sphère mais c’est évidemment à tous mes lecteurs et à tous les blogueurs, qu’ils soient politisés ou non, que je saluais et à qui j’adresse mes vœux pour une excellente année.

Ce matin, je pense particulière à certains, comme Gabale et Sarkofrance parce qu’ils sont des piliers de la blogosphère batave et que ce sont leurs billets de vœux que j’ai lus en dernier. Je pense à un tas d’autres, à tous.

Je pense à mon copain FalconHill qui n’a pas le même engagement que moi mais qui est une des personnes qui a la vision de la blogosphère la plus proche de la mienne. Son billet d’hier m’a touché. Il s’interroge sur l’état des blogs en 2012. Quelques extraits de l’introduction : « J’ai détesté l’ambiance sur les blogs. » « Et que dire de l’ambiance post-électorale, et de ces 6 mois de présidence Hollande ? Elle est loin, cette "république apaisée" qui était promise... »

C’est à méditer. Je crois que la France est réellement apaisée. Mon confrère Bembelly a laissé un long commentaire à un de mes récents billets. Je vous le livre ici (il n’avait qu’à en faire un billet, cette feignasse) : « Je me sens bien dans la France de François, personne ne m'agresse à la télé, chez moi devant mes gosses. Mes origines "étrangères" ne sont plus l'alpha et l'oméga de la politique du gouvernement, je ne suis plus l'excuse, ni la "cause" des mots de la république, Enfin libre...

Et cette liberté porte un nom : François Hollande. Pour moi, le rêve se lit aussi sur le volume quiétude gagné au jour le jour, depuis ce jour historique du 06Mai2012.

Blogueur de gouvernement ? Oui. Au nom de la liberté, de l'égalité (on verra pour la fraternité), je confirme le fait que "le rêve français" est déjà en marche. La perception de ce rêve est à géométrie variable en fonction des attentes des uns et des autres...

Ce rêve, je l'espère pour tous. Il faut du temps, celui du changement pour bâtir, dans le respect, une France toujours plus belle, toujours plus prospère, et prête pour le grand rendez-vous de la croissance. Chantier gigantesque.
 »

Il a raison. Mais FalconHill aussi. Il règne une très mauvaise ambiance sur Internet. Je cite la suite de ses propos : « On ne peut rien dire de mal sur ce gouvernement, sous peine de voir sous Twitter ou dans les blogs se déchainer une meute. Et d’un autre côté, on ne peut rien en dire de positif non plus : c’est d’autres meutes, aussi enragées et fanatisées, qui déferlent… C’est du grand n’importe quoi, ça m’est insupportable : ce n’est pas ça la politique pour moi.
En résumé, on ne peut plus rien dire. Pénible... » Je ne suis on ne peut plus d’accord et je me plains d’ailleurs depuis plusieurs jours.

C’est de notre responsabilité de blogueurs de faire en sorte que le débat puisse être mené. Pour ma part, par exemple, je n’en peux plus d’être suspecter de défendre le Gouvernement à tout prix par des lascars qui se croient plus intelligents que tout le monde.

Ensuite, FalconHill tire un bilan chiffré de son blog. Il est mauvais : moins de billets, moins de visiteurs ! Ce n’est pas grave. Ce qui importe dans la blogosphère est d’une part les relations entre les copains et d’autre part la satisfaction que l’on peut avoir à exprimer des idées. Les chiffres ne sont que des chiffres. Mon année aura été sauvée parce que mon billet à propos du Père Noël aura eu les faveurs de Google…

Il faut que 2013 redevienne celle du respect réciproque. Parmi mes relations de blogueurs, j’ai plusieurs blogueurs réactionnaires, avec des idées radicalement opposées aux miennes, comme, bien sûr, Didier Goux, mais aussi Jacques Etienne qui était ma cible hier et l’Amiral Woland. J’arrive à échanger avec eux bien plus cordialement qu’avec certains blogueurs dont je suis beaucoup plus proche politiquement. Quand on n’est pas d’accord, on s’en tire avec une pointe d’humour et on se donne rendez-vous pour une prochaine bière.

FalconHill dit : « je suis convaincu qu’on peut faire de la politique et qu’on peut débattre sans s’insulter, sans se caricaturer. » On devrait. C’est peut-être pour ça que je pense que je vais être beaucoup plus méchant, en 2013, notamment dans Twitter et dans mon annexe où je raconte certains de mes échanges avec des fous. Pas plus tard que hier matin, en me réveillant, j’ai encore constaté que j’avais été la cible de crétins sans savoir ce que je venais foutre dans la conversation. Un type a dit « J’connaissais pas @jegoun. Bon, j’viens d’voir qu’il tweetait ce qu’il bouffait me midi » tout en citant mon tweet en question qui datait de plus de trois semaines. Sachant que je fais entre 50 et 100 tweets par jour, je vous laisse calculer le temps qu’il a passé pour repéré un tweet que j’avais fait avec une photo d’un plat que je bouffais au comptoir de la Comète. Ces petits inquisiteurs ou procureurs me donnent la gerbe.

C’est un type du Front de Gauche qui s’en prend à un gros blogueur de Gouvernement. C’est nul. C’est petit. Et c’est une atteinte à la liberté d’expression, la mienne, en l’occurrence. Il faudra qu’on fasse le ménage, en 2013, et j’invite tous les copains blogueurs ou twittos qui ont la même vision que moi de ce que devraient être les blogs à bloquer ces cons.

Il est quand même incroyable que je doive m’attendre à prendre plus de coup de la part de blogueurs et Twittos du Front de Gauche que de la part de blogueurs et Twittos de droite.

FalconHill évoque enfin l’affaire « Ebuzzing ». Sarkofrance en parle également : « Une cinquantaine de blogs politiques amateurs ont quitté l'un des rares classements qui existaient, Ebuzzing. Ce n'était pas un caprice. Mais le site nous mélangeait avec des agrégateurs collectifs et des blogs d'hommes politiques (Mélenchon, etc) ou d'éditorialistes. » Je suis parfaitement d’accord avec lui : ce n’était pas un caprice. En modifiant progressivement ses algorithmes, la société en question a fait en sorte que les blogs de « simples citoyens » se sont retrouvés mélangés avec des sites plus professionnels.

On pourra juger l’affaire comme on veut mais notre blogosphère, celle des copains, était morte, au profit d’un recentrage vers le buzz engendré dans Twitter. Nous étions devenus fous. Il fallait tweeter les billets des copains, répondre dans Twitter aux billets des moins copains, … Nous n’en étions plus à citer les billets des copains pour donner envie aux gens de les lire ou pour saluer ces copains mais par une espèce de réflexe crétin.

Alors je souhaite que 2013 redevienne l’année de cette blogosphère. FalconHill dit : « Cette histoire a renforcé mon sentiment : aujourd’hui, j’ai l’impression de bloguer tout seul. » Je ne suis pas dans son cas mais je comprends très bien ce qu’il ressent. Le blogage bon enfant que nous avons connu est presque mort. Il y a ce phénomène de dilution des blogs dans Internet mais aussi ce que j’évoquais plus haut : le manque de respect de la part des blogueurs, parfois du même camp politique.

FalconHill date ce bordel de l’élection. En fait, il date de début 2011 mais peu importe. Il nous faut maintenant tourner cette page.

2013 peut être cette année du changement, dans les blogs. Le retour des copains, du respect, …

Bonne année 2013 à tous ! Et bon changement !

Pour moi, ça doit commencer par Twitter et par les commentaires dans les blogs.

Geneviève, une fidèle commentatrice m’a souhaité les vœux en commentaire de mon précédent billet. Un crétin lui a répondu : « Bonne année soc traite (et pas qu'un peu!!) ». C’est crétin, pas français et ça n’apporte rien : dans les spams. Directement.

J’encourage chacun des mes confrères blogueurs à faire pareil. Ne nous laissons plus marcher sur les pieds : si une commentatrice ne peut plus présenter ses vœux sans recevoir une charge, les blogs vont crever.

Prenons-y garde.

Au boulot !

Bonne année 2013.

31 décembre 2012

Savoir-vivre : bananier et pommes sautées

Je fais mon coming out : je suis réactionnaire. Extrêmement rétrograde. Ça me fait froid dans le dos rien qu'à penser qu'il puisse exister des cons comme moi. Sachez quand même que je vais unfollower d'office tous ceux qui me souhaitent une bonne année dans Twitter avant minuit. Ceux qui le feront après-minuit sont informés que je ne recharge pas la batterie de mon iPhone pour être sûr de tomber en panne à minuit.

J'étais au bistro, cette après-midi. Sans rien boire (il faut que je sois en forme, ce soir). Juste discuter avec le patron du Petit Relai.

J'ai donc pu établir la liste de mes copains, les personnages de mes blogs, qui passeront le réveillon seuls. Vous m'objecterez que c'est de ma faute et que j'aurais pu m'en occuper ce à quoi je répondrai que je n'ai pas à m'immiscer dans la vie privée des gens. Je suis réactionnaire et égoïste. Et rusé : comme je ne savais pas quoi faire de mon réveillon, je me suis invité chez le vieux Joël. Et avant de me juger, demande-toi donc si tu as fait la liste de tes potes qui réveillonneront sans avoir le plaisir de faire la bise à minuit à des connards pas rasés depuis le matin ?

Cela étant, je rappelle deux règles de savoir vivre :
1. On ne souhaite pas la bonne année avant la fin de la précédente (sauf exception).
2. On ne souhaite pas la bonne année nominativement à des personnes de manière publique. Les réseaux sociaux ne doivent contenir que des formules idiotes de type : bonne année à tous.

Je sais, je viens d'inventer cette dernière règle. Mais les réseaux sociaux sont récents.

Je vais en rajouter une troisième : ne souhaitez pas une "bonne santé" à des crétins que vous ne connaissez que par Internet. Aussi bien, ils sont dans Facebook ou Twitter uniquement pour passer le temps entre deux séances de chimiothérapie.

Je vais donc me contenter de vous souhaiter un bon réveillon. Plein d'abus et de produits pas recommandés par la faculté de médecine.

Et n'oubliez pas que c'est peut-être votre dernier réveillon et qu'il est probable qu'une partie des gens à qui vous souhaiterez une bonne année mourront dans d'abominables souffrances au cours des dix prochains mois.

C'est demain qu'on se congratule !

Bonne année aux blogueurs politiques de droite !

Alors que l’année se termine, je me demandais si les blogueurs de droite allaient pouvoir reprendre le flambeau du blogage d’opposition. Rappelez-vous 2007 ! Les blogs antisarkozy fleurissaient. Du coup, je suis allé à la pêche, ce matin. C’est parti de Jacques Etienne, un sympathique blogueur de droite. Il s’en prend à François Hollande : « Bientôt 7 mois de rigolade ».

Je parlais récemment d’un article du Monde à propos de la blogosphère. « L'alternance se passe aussi sur Internet. Si la gauche continue de dominer la blogosphère politique française, l'année 2012 montre que la dynamique, elle, est passée à droite, même si ce bloc tend à se diviser en plusieurs tendances. Qu'ils s'appellent Opposition républicaine ou MdameMichu, blogs et sites tenus par des militants ou des sympathisants de l'UMP contre le pouvoir socialiste se multiplient, tandis que les blogueurs piliers de la "gauchosphère" qui ont mené durant cinq ans un combat quotidien contre Nicolas Sarkozy hésitent entre soutien à la nouvelle majorité et critique. »

Ainsi, j’ai cheminé dans la blogosphère de droite, ce matin, à partir de la blogroll de Pierre Parillo. De ma visite dans ces blogs, je n’en retiens qu’un vide sidéral que je regarde évidemment avec beaucoup d’amusement d’autant qu’un blogueur de droite aurait pu dire la même chose des blogs de gauche, en 2007, je suppose.

En introduction, je parlais d’un billet de Jacques Etienne à propos de François Hollande. A la première lecture, au réveil, je me disais que, au fond, Jacques n’avait strictement rien à dire contre le Président de la République. C’est à peu près ce que je retiens aussi de ma visite des blogs de droite. En fait, le billet de Jacques Etienne ressemble plus à une vraie ode au Président normal (qu’il requalifie en « Président rigolo ») par opposition à celui qui nous « dirigeait » auparavant…

Du coup, je suis allé relire mes billets de fin 2007. On y trouve des traditionnels billets de congratulation mais aussi du fond politique. Le 31 décembre, par exemple, je faisais pour dénoncer la régression sociale que représentait la défiscalisation des heures supplémentaires. Néanmoins, je ne suis pas spécialement fier. C’était une époque où je faisais plein de petits billets. Je tournais à environ 100 billets par mois…

Il n’empêche qu’on avait du concret à reprocher au Président de la République, sa politique, sa manière de faire de la politique, de monter les gens les uns contre les autres, de faire de la communication à outrance. On ne se contentait pas d’une cravate de travers…

Je ne sais pas ce qui a pris mes confrères blogueurs de gauche. Voila qu’ils diffusent la liste de leurs billets les plus lus en 2012, comme Politeeks, Abadinte ou Elooooody. Du coup, je vais faire pareil pour voir ce qui a intéressé mes lecteurs.


Première anomalie de ce classement : mon billet « d’où vient le Père Noël » était très bien classé dans Google pour une recherche de « Père Noël » et a eu un nombre considérable de visiteurs.

Les visiteurs sont restés en moyenne 45 secondes pour ce billet très long (contre 2 minutes 30 en moyenne).

Décourageant.


Joli coup pour ce billet où je dénonçais l’indignité du Gouvernement précédent dans le traitement de l’affaire Merah. Rappelez-vous le Ministre de l’Intérieur qui commentait en direct des patelins concernés toute l’affaire, qui donnait directement des instructions à la police, …

On aurait cru un journaliste de BFMTV !


Juste après l’élection, un journal Africain indiquait que Nicolas Sarkozy se serait fait offert une villa au Maroc…


Mon billet du 6 mai à 20 heures (à 19h59 en fait, j’ai échoué…) annonçant la probable victoire de François Hollande.


Je rebondissais sur des propos de Nicolas Sarkozy, en février : « Les socialistes ne peuvent pas gagner avec ce programme. Tous ceux qui sont sûrs de gagner une élection l'ont toujours perdue.

Il a tiré toutes ses cartouches, sa déclaration de candidature, son premier meeting, son projet, sa grande émission. Qu'est-ce qu'il lui reste ? Pouf, il se prend de la farine sur la tête. »

François Hollande pourrait-il descendre si bas ? D’autant qu’a posteriori c’est très drôle.

Terminé.


Ma colère quand je suis sorti du classement des blogs.


Un dernier appel à voter pour François Hollande.


Dès sa nomination comme Ministre, Christiane Taubira subissait des attaques ignobles sur des propos qu’elle n’avait pas tenus, les leaders de droite se défoulant dans Twitter comme jamais personne, à gauche, n’avais osé le faire, marquant ainsi le début de la plus lamentable des oppositions.

Rien sur le fond.


Rachida Dati, à propos du début des débats pour la présidence de l’UMP : « Moi je dis en toute amitié à Valérie Pécresse, la politique à l'ancienne qu'elle a connue c'est terminé, les nominations, les cooptations, l'héritage, hériter d'une circonscription, hériter d'un poste, terminé ! » Un symbole des années Sarkozy !


Juste après l’élection, je militais pour que Martine Aubry soit nommée Premier Ministre. Je n’avais peut-être pas tort…


Je me moquais de mes copains blogueurs réacs et surtout de leurs commentateurs qui n’avaient rien compris à la vie politique française. C’était avant les législatives. J’écrivais d’ailleurs : « Pour ma part, si j’étais à la droite de la droite, j’appellerais à voter pour les candidats marinofrontistes pour permettre la dislocation de l’UMP, en deux grands pôles, dont un dit « populaire ». »

Nous y revenons toujours.

De tous les billets de droite que j’ai lus ce matin, je retiens « sectaire » utilisé par tous ces blogueurs pour qualifier les dirigeants de gauche ou la politique tenue. Comme si les mots n’avaient pas de sens.

Il est d’ailleurs employé par l’emblématique Corto dans son billet de fin d’année. « Le futur, c'est à nous de le construire. Et je ne veux pas de celui que nous promettent et voudraient nous imposer les gauchisses gouvernementaux et ceux qui les entourent ou les cajolent. » Je ne sais pas qui est sectaire mais je ne rejette pas le choix des urnes.

« 2012 aura été une année riche en évènements. De tous ceux-ci, c'est assurément l'élection du hollande qui aura fait sensation. Par accident, un gland nous est tombé des urnes. » Je n’ai jamais écrit « Sarkozy » sans majuscule. Je n’ai jamais traité l’ancien président de « gland » ni d’autre chose. J’ai été factuel.

Je ne vais pas citer tout le billet de Corto. Quelques extraits, seulement… « Encore eut-il fallu qu'ils aient les capacités à mener une vraie politique économique, tant structurelle que conjoncturelle. » Quelle a été la politique économique de la droite pendant 5 ou 10 ans ? Dans quel état est la France suite à cette période ?

« Les 7 derniers mois de 2012 auront été la révélation, pour ceux qui en doutaient, que 51% des Français ont misé sur le mauvais cheval quand ils n'ont pas été hypnotisés par un programme démagogique ou manipulés par un anti-sarkozysme entretenu. » Dit-t-il en pratiquant l’antihollandisme… 52% des Français ont viré un mauvais cheval, qui a plongé le pays dans une catastrophe économique. Il y a eu des élections. La victoire n’a pas été volée.

Et je ne me rappelle pas de blogueur de gauche ayant accusé Nicolas Sarkozy d’avoir volé la victoire en 2007.

Je ne renie pas la démocratie et les cinq ans vont être longs si les seuls arguments sont « gland », « sectaire », « cravate de travers » et « vol de victoire ».

Je parlais du blog de Pierre Parillo. Son dernier billet porte sur une déclaration de Najat Vallaud-Belkacem mais il aurait gagné à préciser laquelle. Un oubli ? C’est à propos des machins racistes qui ont circulé dans Twitter : « Je souhaite que nous puissions travailler ensemble, en lien avec les acteurs associatifs les plus concernés [SOS homophobie, RAVAD, Inter-LGBT, Contact] à la mise en place de procédures d'alerte et de sécurité qui permettront que les événements malheureux que nous avons connus ces dernières semaines ne se reproduisent plus. »

Lisez le billet de Pierre, il est mesuré. Mais à côté de la plaque. Probablement uniquement par volonté de taper sur le Gouvernement. Ce n’est pas grave. Je l’ai fait aussi. Puis j’ai appris. La Ministre propose de discuter avec les associations et Pierre crie à la censure ! Et finit par proposer que Twitter pratique lui-même la censure.

On n'était plus habitué à entendre des Ministres dire qu’ils voulaient dialoguer avec les acteurs concernés. Il va pourtant falloir en prendre l’habitude. On ne rejette pas un débat par une conclusion telle que : « Porter l'affaire en Justice c'est prendre le risque de mettre en lumière les faits et de donner une visibilité qui ne devrait pas être à quelqu'un qui ne le mérite pas, tout en prenant le risque d'accréditer ses thèses fascistes à la faveur d'extrêmes dont on sait que les idées nauséeuses ne sauraient en rien constituer une alternative fiable et crédible à celle que peut proposer une autre caste politique que le PS aujourd'hui... »

Le PS n’est pas une caste, c’est le premier parti politique de France, le seul grand parti à peu près uni. Le début de la phrase aurait suffit (surtout à la compréhension). Mais ce début de phrase est un élément du débat. En aucun cas sa conclusion.

Blogueurs de droite, remettez-vous ! Parce que la gauche va continuer à dominer la blogosphère politique française si ça continue ainsi.

30 décembre 2012

2012, l'année du rêve ?

L’heure est au bilan de l’année 2012. Les journaux vont nous abreuver de rétrospectives. Je pourrais faire la mienne. Je commencerais par le 22 janvier 2012. J’étais au Bourget, pour le fameux discours de François Hollande qui nous parlait du rêve. J’étais là avec les amis blogueurs sauf Gildan, l'andouille, qui était arrivé trop tard !

Les blogueurs étaient réunis autour d’une table où nous n’entendions pas grand-chose. En fait, on n’écoutait pas. On cherchait à capter le réseau Internet pour faire le job, ce job qui nous a réuni, toute la campagne, au cours des « riposte parties ». Nous bloguions, nous tweetions…

A un moment, avec Zeyes, on était las de ne pas entendre, de ne pas participer à la liesse des militants qui écoutaient celui que nous savions être le futur Président de la République. Alors, on s’est levés. On s’est rapproché de la foule (et des hauts parleurs…) et on a écouté. Je suis resté, captivé.

Quelques mois plus tard, j’étais chez ma mère et je suis tombé par hasard sur une vidéo de la fin de ce discours.


J’en avais les larmes aux yeux. Tout ce chemin accompli et tout ça.

« Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outremers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir !

La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France ! »

Du rêve au cauchemar.

« Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! »

Le 6 mai est arrivé. J’étais sur le plateau de France 2 (pas devant la caméra, dans le décor ! Je ne savais pas que j’étais décoratif à ce point…). En sortant, j’ai croisé Lionel Jospin. J’ai refusé de lui serrer la main… Il faut dire que je sortais des toilettes et mes mains étaient encore humides.

Je n’ai pas eu le courage d’aller à la Bastille faire la fête avec les copains blogueurs. Je suis rentré au Kremlin-Bicêtre et j’ai foncé à l’Aéro, le petit bistro en bas de chez moi. Nous avons regardé la télévision jusqu’à une heure avancée, avec Karim, Ramdane et les autres. Dans la soirée, je me suis mis à penser à deux copains blogueurs socialistes morts en 2011 et j’ai commencé à ressentir une profonde émotion, à nouveau, allant jusqu’à verser quelques larmes en écoutant Hollande causer.

Dans le tramway, pour rentrer, j’avais continué à penser au billet que j’allais faire le lendemain : « Ca fait quelques semaines que je l’ai en tête, ce billet du 7 au matin. Depuis que la victoire est acquise. Je me demandais combien de banalités j’allais pouvoir balancer par ligne de texte. Attention, c’est parti !

Je voulais dire combien j’étais fier de notre candidat. 18 mois que j’y crois. J’ai toujours suivi François Hollande suite à une anecdote que j’ai déjà raconté ici […]. Depuis, il a été encensé comme stratège politique suite à des élections territoriales puis jeté dans la boue suite à 2005, … Tout ça est balayé. Il a trouvé une belle place dans les livres d’histoire.

Mais on l’a à l’œil quand même.

Je voulais dire combien j’étais fier de ses équipes, tous ces gens que j’ai côtoyés, qui on fait un boulot formidable tout au long de l’année !

Je voulais dire combien j’étais fier des copains blogueurs et combien j’étais fier de moi, pour avoir contribué à ce machin à mon modeste niveau, faisant youplaboum dans les blogs et dans Twitter.

Merci à tous, merci François ! […] »

Après il y a eu les législatives et la belle équipe gouvernementale mise en place. L’été est arrivé et dès le mois d’août on a commencé à faire face à une hostilité parce que les Français trouvaient que ça n’allait pas assez vite.

Certes, on a eu des belles mesures mais combien de petites désillusions qui ne seraient rien si le cumul n’était pas lourd à porter.

L’année a fini en beauté. J'ai lu beaucoup d'avis d'internautes depuis que le Conseil Constitutionnel a censuré "les 75%". Les réseaux sociaux voient passer un peu de tout, en commençant par des gauchistes en peau de zob qui voient derrière tout ça une énorme manipulation de François Hollande qui ne voulait pas que le texte passe. Les internautes plus proches du Gouvernement sont atterrés mais cherchent des coupables : des hauts fonctionnaires, des députés,... Trouver un coupable est sans doute rassurant mais ça ne suffit pas pour masquer ce cirque. 

Jean-Marc Ayrault a déclaré : « L'opposition voulait une censure sévère. Elle est symbolique mais pas sévère » !

On est d’accord ! Mais quel symbole ! L’art de clôturer en beauté une année qui fut magique puis pénible. Un camouflet sérieux que le Premier Ministre qualifie de « symbolique »…

On va faire comme lui. On va positiver. Le Conseil constitutionnel a validé les grands principes de la réforme fiscale, et notamment :
  • le renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu (tranche à 45 %, plafonnement du quotient familial),
  • l’alignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail,
  • le rétablissement d’un impôt sur la fortune, injustement abaissé au bénéfice des plus aisés par le précédent Gouvernement,
  • le rapprochement de l’impôt sur les sociétés payé par les plus grandes entreprises de celui acquitté par les PME,
  • le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), mesure centrale du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.

François, Jean-Marc et les autres, n’oubliez pas le rêve Français. N’oubliez pas le 22 janvier 2012.

« ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve »

« Mais on l’a à l’œil quand même. »

N’oubliez pas le rêve !

29 décembre 2012

2013 ne dépassera pas 140 caractères

Hé ! T’as vu ! Je me suis encore pris une nouvelle charge dans la tronche : « @jegoun a arrêté son rôle de « blogueur de gouvernement » ? ;-P » Je recopie le smiley, aussi, parce que jusqu’alors, c’était le truc qui permettait de raconter n’importe quoi et de s’en laver les mains.

C’est ballot de faire ce genre de tweet alors que je viens de faire une série de billets pour montrer à quel point je devenais acariâtre, avec l’âge. Sans compte que Mlle Peg rigole dans Twitter. Je voulais dire que les petits procureurs de Twitter me cassaient les burnes. On se croirait au bon vieux temps des HLPSDNH (les heures les plus sombres de notre histoire). Un parole dans un billet, et hop ! Un tweet de jugement. D’un autre côté, je m’en fous un peu ! Hop ! Un tweet hâtif et j’en fait un billet de blog.

2013 risque d’être très drôle : sans doute au nom de la défense de la liberté d’expression, des connards vont tenter de nous museler en 140 caractères. Tout ce qu’ils savent faire. Juger sans argumenter. Il faudrait contacter Twitter. S’ils pouvaient dorénavant empêcher de dépasser les 50 ou 60 caractères, ça arrangerait beaucoup de monde ! Beaucoup de procureurs se trouveraient subitement libérés !

J’y pense ! « Arrêter un rôle », ça veut dire quelque chose ? Je me demande… Parce que si la liberté d’expression s’arrête subitement sous la pression de quelques andouilles mal lunées, il ne faudrait pas que notre douce langue parte en couilles. Bah ! Du moment qu’il y a un smiley pour faire passer la pilule. Ca veut dire : « Ah, mais je rigole, te fâche pas ! ».  Ah mais rassure-toi, mon gars ! Je viens de faire quelques billets de fin d’année pour dire que j’allais arrêter de me faire emmerder par des débiles qui découvrent la liberté d’expression au rythme du développement des réseaux sociaux, je ne vais pas me retenir maintenant.

Moi, je veux bien qu’on juge mes écrits. Je faisais ce matin un billet pour fêter les 7 ans de mon blog. J’aurais du être plus direct : les imbéciles qui n’aiment pas ce que je peux tartiner peuvent aussi arrêter de me lire. D’autant qu’ils pourraient trouver mes charges abusives. Alors je vais m’en justifier : à chaque fois qu’un con rend ce genre de jugement, je pourrais avoir l’envie de fermer ma gueule et de me faire oublier ailleurs. Alors je continue à ouvrir ma gueule. On va dire que c’est au nom de la liberté d’expression. Tiens ! On va dire que je lutte contre une forme de censure, celle provoquée par les crétins qui sévissent dans les réseaux sociaux, celles de ceux qui critiquent tout, qui ne savent que rester binaires, incapables de d’agiter deux neurones pour montrer qu’ils ont du recul.

Ah ! Si, pardon ! Ils savent ajouter un smiley.

Mon blog a sept ans. Mon comptes Twitter presque cinq. Le reste n’est que frivolité mais j’aime bien me prouver à moi-même que je suis capable de faire un billet à partir de n’importe quoi.

Surtout quant un abruti se croit autorisé à porter un jugement.