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05 janvier 2015

Des réseaux sociaux et des mots

Olympe le signalait dans Twitter, le nouveau mot à la mode, après « indignation » est « abjection ». « Nauséabond » est un peu passé de mode, c’est dommage. Je sens bien que « sectaire » devrait revenir en force en 2015.

Certains mots sont plus réservés à des blogueurs de droite. Par exemple, ils aiment bien dire qu’à gauche, on est sectaire.  Selon le Larousse, « sectaire » « Se dit de quelqu'un qui, par intolérance ou étroitesse d'esprit, se refuse à admettre les opinions différentes de celles qu'il professe. » C’est assez rigolo, ceux qui emploient ce mot sont généralement ceux qui se refusent à admettre les opinions différentes des leurs. C’était très marrant au grand moment des « manifs pour tous » au cours desquelles de joyeux blogueurs luttaient contre une loi faite par des gens élus pour ça en disant qu’ils étaient sectaires car n’écoutaient pas l’opposition.

Entre nous, qui ressemblait à une secte ?

A droite, on a l’impression que le mot « stasi » revient à la mode. Il est notamment utilisé par l’illustre mais inutile Pierre Parrillo comme l’insulte suprême, pas seulement pour dénoncer un méchant gouvernement qui met en place une abjecte, indigne et nauséabonde police politique, mais aussi les blogueurs de gauche qui sont dorénavant assimilés à la Stasi. Ce blogueur s’indignait récemment (ou s’abjectait ou se nauséabondait, c’est vous qui voyez) que François Hollande s’intéresse à ce que l’on dit de lui dans les réseaux sociaux ! Comme si c’était absolument scandaleux d’utiliser Twitter et Facebook pour savoir ce qui se passe dans le pays. Il a oublié Nicolas Princen, c’était le chef de la Stasi du temps de Nicolas Sarkozy, non ? Ah ! Non ! Quand c’est la gauche, c’est mal !

« Nauséabond », par contre, est bien plus utilisé par la gauche pour rappeler que CNRLHLPSDNH (Ca Nous Rappelle Les Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire). Néanmoins, « Fasciste » est plus largement utilisé. D’ailleurs, la droite, ce sont les « fascistes  libéraux », hein ! Comme si cela avait un sens.

Le Larousse donne trois définitions à « fascisme » : « Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé sur la dictature d'un parti unique, l'exaltation nationaliste et le corporatisme. Doctrine ou tendance visant à installer un régime autoritaire rappelant le fascisme italien ; ce régime lui-même. Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu'un à un groupe quelconque, à son entourage. » Wikipedia est plus précis : « Le fascisme est un système politique qui associe populisme, nationalisme4 et totalitarisme5 au nom d'un idéal collectif suprême. À la fois révolutionnaire et conservateur, il s'oppose frontalement à la démocratie parlementaire et à l'état libéral garant des droits individuels. »

Les blogueurs de gauche ont d’autres tics de langage exaspérants : ils aiment bien parler de l’oligarchie, des médias dominants,…  Le tout, bien sûr, à la solde de l’UMPS, également dénoncée par le Front Nationale. Comme quoi…

Une des pires insultes, à gauche (à droite, c’est un cri de ralliement), est : « Réactionnaire ». Par exemple, l’ami DPP explique dans un billet qu’il ne votera plus socialiste et a cet étrange argument : « Le vote socialiste a souvent été un vote par défaut, voire parfois à contre-cœur, tant les deux septennats de F. Mitterrand et le quinquennat de Jospin ont été décevants : le tournant de la rigueur, la libéralisation de la finance, les privatisations à gogo, ou le soutien inconditionnel à l'Union européenne aux traités les plus réactionnaires... » Que nous dit le Larousse du mot « réactionnaire » ? « Qui se montre partisan d'un conservatisme étroit ou d'un retour vers un état social ou politique antérieur. » Peut-on dire que l’Europe est réactionnaire ? Ne serait-ce pas, plutôt, les réactionnaires qui voudraient revenir à « avant l’Europe » ?

Alors, selon vous, quel seront les gros mots de 2015 ?

En multipliant ces mots, n’y a-t-il pas un risque qu’on limite leur portée. Alors, bien sûr, c’est abject, indigne et nauséabond de refuser d’enterrer une petite fille dans sa commune ! Mais n’est-ce pas aussi indigne, abject et nauséabond de rebondir sur cette histoire à des fins politiques  (ce que je suis présentement en train de faire) ? Quel sera le prochain scandale qui nous fera crier encore plus fort ? Quels mots devrons-nous employer ?

A vous lire…

En réponse à un de mes commentaires, sur son blog, GdC disait : « Tu n’es pas le bienvenu ici, Jegoun. Ce n’est pas un lieu pour les fauxcialistes nauséabonds, grossiers et misogynes. » Tiens ! J’avais oublié « fauxciaslite », il est à la mode, aussi. Notons que c’est une mode, de supprimer les commentaires de ceux avec qui on n’est pas d’accord. L’ami Jacques en parlait, récemment. Plus drôle, Corto se vantait d’avoir fait disparaitre de son blog toute contradiction : « Les gauchistes de passage ont quasiment tous été éjectés de ce blog, ils pourront revenir, ce sera avec plaisir, quand ils auront quelque chose d’intéressant à dire; apporter la contradiction, je veux bien, j'aime, les conneries, l'antisarkozysme façon Bilger et le pré-mâché, ils se les gardent. » Comme il interprète toute contradiction comme de l’antisarkozysme façon Bilger, on ne peut plus rien dire. Plus de dialogue. Notons qu’on m’accuse de refuser le dialogue dans mes blogs mais PMA est un de ceux où il y a le plus de contradiction…

Alors, revenons à GdC. Que je ne sois pas de gauche, pour lui, c’est normal. Il fait partie de ces andouilles qui tuent le débat en limitant la gauche non pas à environ 50% de la population mais aux seuls individus qui pensent comme lui. Je me découvre nauséabond. Normal, je discute avec des gens dont le parti politique arrive en première position à des élections. Ils sont même dans ma bloguerolle, ne cliquez surtout pas, hein ! Grossier, je suis aussi. Je ne pourrais pas dire le contraire : j’utilise des gros mots.

Aidons-nous du Larousse. « Se dit d'une roche dont la taille du grain dépasse 2 mm. » Allons bon ! Mon grain dépasse 2 mm. Ah merde. Reprenons, Grossier : « Dont l'esprit et les mœurs manquent de raffinement, d'éducation, de culture ; qui dénote ces manques. » Ah ! Quand je vois d’où ça vient… Je ne suis pas grossier mais parfaitement raffiné et éduqué : je bois mes bières en levant le petit doigt et je les commande en disant « s’il-te-plait ». Je rajoute parfois après : « Dépêche-toi connard ! » C’est un langage grossier mais cela n’est pas grossier ! Ca veut dire : « ah mon pauvre, tu as beaucoup de boulot, ce soir, excuse-moi de te déranger… »

Et « misogyne » ? Ouh là ! C’est une vieille réputation que je traine. Larousse ? « Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris. » Ouf ! Je n’éprouve aucun mépris, aucune haine, ce qui ne m’empêche pas de raconter des conneries, comme je peux en raconter à beaucoup de sujets et je suppose que mes conneries font rigoler autant les copines que les copains qui ont tous la même réaction : amékiléconlegros.

Ce qui provoque l’indignation de certains…


Et continuera à la provoquer. Le monde est ainsi fait. Ou du moins, les réseaux sociaux l’ont ainsi fait. Chacun peut s’exprimer librement dans les réseaux sociaux. Il est tellement facile de crier son abjection, son indignation,…

Il restera toujours des blogueurs de droite pour s'indigner des blogueurs de gauche qui s'indignent de tout et de rien. Il restera des personnalités politiques invitées à la télé pour s'indigner de ne jamais y passer.

Indignez-vous, nauséabondez-vous,...

Mais embrassez-vous et aller boire des bières au bistro. Il y a autant de cons qu'au bistro mais beaucoup moins de sectaires...

27 décembre 2014

L'emballement des réseaux sociaux [et mamie Loto]

S'il y a un sujet important à aborder dans cette rétrospective 2014, c'est l'emballement des réseaux sociaux et de l'information en ligne. C'est un sujet très pratique à aborder : l'actualité nous fournit à peu près un exemple par jour. Aujourd'hui (enfin, hier), c'est « mamie loto » qui s'y colle. Paix à son âme. Hips.

La p'tite dame est morte le jour de Noël. D'insuffisance respiratoire à 77 ans. La belle affaire. Désolé d'afficher un certain cynisme mais c'est uniquement pour masquer ma douleur et mon émotion, hein ! Elle avait 7 enfants mais elle n'était plus en contact avec eux. A mon avis, qui n'engage que moi, elle devait être sacrément casse-couilles pour réussir à se fâcher avec tous ces enfants. Enfin, je dis ça, je ne dis rien. Kof kof.

Sa mort tombe un an jour pour jour après sa tentative de suicide. C'est très pratique de faire une tentative de suicide le jour de Noël, les gens s'en rappellent la date. Je conseille aux gens qui envisagent un suicide dans les prochains jours, visez carrément le 1er de l'an. Pas la veille, hein, vous emmerderiez vos proches pour le réveillon.

La dame, elle avait une spécialité : organiser des lotos pour gagner du pognon pour des associations caritatives. Pas de bol, elle ne connaît pas la réglementation sur les jeux et a oublié de déclarer les gains. Du coup, le fisc lui réclame 120 000 euros ce qui n'est pas rien quand on vit avec 600 euros par mois. D'où sa tentative de suicide, je suppose.

Analysons la situation froidement. Je ne connais pas la réglementation sur les jeux. Imaginons que j'organise un loto pour financer une association utile comme celle qui raccompagne les gens qui ont bu trop de bière. C'est à peu près la seule utilité d'une association, d'ailleurs. Ou alors, il faudrait créer un service public mais ne nous égarons pas.

Je ne me renseignerais pas particulièrement sur la réglementation. Nul n'est censé ignoré la loi mais enfin, à ce point, hein... Par contre, si j'organisais des dizaines de lotos par an et manipulais des centaines de milliers d'euros en liquide dans ce cadre, je prendrais un minimum de précautions. Mamie Loto n'a pas fait gaffe. Nous pourrions ajouter à ce stade que si les dirigeants des associations ayant bénéficié du pognon avaient eu le moindre honneur, ils auraient aidé la dame. Nous pouvons leur cracher dessus, tiens ! Je les invite à relire mon paragraphe sur le suicide, ci-dessus, et à se dépêcher un peu, sinon, il faudrait attendre la prochaine journée aisément reconnaissable mais elle tombe le 1er mai.

Toujours est-il que je n'ai pas lu Twitter, hier (c'était le dernier vendredi de l'année, j'ai fait un tas de FF et papoté avec un tas de gens mais pas lu ma TL). C'est en me couchant et en ouvrant Facebook que j'ai découvert l'ampleur des dégâts ! Incroyable le nombre de gens qui soutiennent cette dame qui a pourtant fraudé le fisc à un point où elle pourrait être ministre de François Hollande.

« La justice devrait se poser des questions. Trop souvent les juges commettent des erreurs qui sont causes de drames. » nous dit un certain Serge Méry, par exemple. Ah ! C'est parce que le fisc a condamné il y a plus d'un an une fraudeuse fiscale qu'elle est morte d'insuffisance respiratoire cette semaine ? Les juges devraient arrêter de condamner les gens qui n'ont pas respecter la loi parce qu'ils risquent de ce suicider ? Sanctionner un fraudeur fiscal est une erreur ?



24 octobre 2014

A-t-on besoin des réseaux sociaux ?

Dans le Huff, Camille Saint Paul revient sur une interview de Guy Birenbaum et mon billet à propos de Twitter : est-ce la mort de Twitter et de Facebook ? Vous me connaissez, je ne peux pas m’empêcher d’en ajouter. Tout d’abord, un premier constat : ils ne sont pas mort. Ils sont là. Au cœur de notre ordinateur.

Commençons par oublier ces deux gros pendant cinq minutes, de même que les réseaux sociaux, internet et tous ces machins. Faisons un peu d’informatique. J’ai d’ailleurs une réserve de 0 et de 1 en stock. Un peu d’informatique et d’archéologie. Il y a cinq ans, vous aviez un ordinateur. Il y avait évidemment un navigateur qui vous permettait de voir des films de cul mais vous aviez aussi un disque dur avec des logiciels que vous y installiez, des saloperies téléchargées,… Vous y rangiez vos photos, vos documents,… Les habitudes sont tenaces et vous continuez probablement à faire un tas de trucs avec votre ordinateur mais les industriels, en général, ont fait évoluer nos pratiques.

Je vais donner un exemple : les photos. Il y a une dizaine d’années, les appareils photos numériques se sont démocratisés et ont remplacé les argentiques. On archivait nos photos dans un dossier de l’ordinateur. On faisait vachement attention. On achetait des cartes supplémentaires pour être sûrs de prendre autant de photo que l’on voulait et en rentrant de vacances, on se précipitait pour tout archiver, faire des sauvegardes,... Les « APN » ont progressivement été remplacés par les smartphones au fur et à mesure de l’amélioration des capacités de l’appareil photo intégré. On s’est retrouvés avec deux phénomènes. Le premier est que les photos ont commencé à se propager sur le Cloud. Plus besoin de les archiver, de les ranger,… Le deuxième est que tout le monde s’est mis à faire des photos, on voit des photos partout, les gens partagent des photos, on est envahis de photos, je ne supporte plus les photos, d’autant que les lascars se prennent pour des photographes de qualité alors qu’il est impossible de réussir une bonne photo avec un smartphone, je déteste les photos, je conchie les photographes amateurs qui oublient que c’est aussi un métier de prendre des photos. J’exècre les imbéciles qui diffusent des photos de bouffe mais je déteste encore plus les crétins qui se sentent autorisés à critiquer ceux qui diffusent des photos de bouffe.

Ne bougez pas, je vais me calmer.

Toujours est-il qu’il est devenu très simple de faire des photos et qu’on a perdu le réflexe de les archiver sur son PC. Et on les balance sur Facebook à partir de son smartphone appareil photo. Hop !

Je pourrais multiplier les exemples (à quoi bon avoir de la musique sur son ordinateur si vous pouvez l’écouter en streaming, par exemple ?). Ainsi, en quelques années, le disque dur, qui était le cœur de l’ordinateur (rappelez-vous, on achetait encore des disques durs amovibles il y a très peu… Si vous venez de le faire, c’est que vous êtes hermétique au progrès), prend une position secondaire dans votre navigateur.

Le navigateur s’est mis au centre et, un lascar comme moi, commence toujours par ouvrir ses mails et son Facebook quand il allume son PC. Facebook s’est ainsi placé en élément pivot de la vie de beaucoup d’internautes, c’est presque devenu un système d’exploitation : vous regardez des vidéos, communiquez, archivez vos photos. Si on est bien conscients de ce qu’apporte Facebook quand on est utilisateurs (ce n’est pas une obligation, non plus…), on oublie souvent qu’il remplace autre chose et qu’il est plus qu’un réseau social.

Quand on fait des jolis billets de blog à propos de Facebook, on oublie cette dimension : l’utilisateur que l’on va qualifier de lambda se fout totalement de ce qu’est un réseau social. Et pas seulement le lambda.

Guy dit un peu la même chose à propos de Twitter, d’ailleurs. Pour le résumer, si c’était possible : ce n’est plus la peine de parler de Twitter, il est là.

Alors, je vais reprendre la conclusion de Camille que je partage : « Qu'en conclure ? Que Facebook et Twitter ne sont pas morts - loin de là - mais qu'ils sont peut-être en train de scier lentement la branche où ils sont assis ; que ceux qui prédisent leur fin disent autre chose en creux : leurs besoins (d'anonymat, de partage, d'information qualifiée, d'authenticité etc.) ne sont pas, ne sont plus pourvus. Qu'il y a de la place pour de nouveaux entrants, pour de nouveaux Facebook à condition qu'ils soient en capacité d'offrir des fonctionnalités suffisamment nouvelles et attractives pour « déplacer les foules » du web. Qu'après la course au temps réel, une frange grandissante de twittos aspire à la sélection et à une « information apaisée », comme le suggère le lancement de Vellum par le New-York Times ou du futur Brief.me par les anciens de Rue89. Ce serait une bonne nouvelle pour les media... et leurs lecteurs. »

C’est une petite partie qui a retenu mon attention et qui m’a poussé à faire ce billet : « leurs besoins ne sont plus pourvus. »

Pourquoi parler de besoin ? Je n’ai besoin ni des réseaux sociaux ni de ce que je peux y faire. Parfois, le marché ou l’usage créent le besoin. Par exemple, cela fait quinze ans que j’ai un téléphone mobile. J’ai très bien vécu sans pendant à peu près autant d’années en tant qu’adulte. Depuis que je l’ai, j’en ai réellement besoin pour pouvoir être joint en permanence et un tas de raison. Mon mobile s’est transformé il y a cinq ou six ans en smartphone et j’en ai besoin, maintenant, ne serait-ce que pour consulter mes mails.

Par contre, à peu près personne n’a besoin des réseaux sociaux. Des fonctionnalités intégrées peuvent couvrir des besoins. Par exemple, Facebook permet de créer des albums photos pour les archiver et les partager avec d’autres, ce que l’on peut considérer comme des besoins qui pourraient être couverts autrement. Le réseau social en tant que tel, ou, du moins, l’outil de réseautage social ne sert à rien. Papoter avec des gens plus ou moins inconnus, partager des trucs ou voir ce que d’autres partagent ne répond à rien, aucun besoin. Cela permet simplement de passer du bon temps, ce qui n’est déjà pas mal.

C’est ce qui fait le génie de Twitter et Facebook : avoir un succès prodigieux sans répondre au moindre besoin, sans avoir le moindre intérêt. Après la dose de génie et le travail nécessaire pour mettre la mécanique en branle, le succès ne repose que sur le hasard. Par exemple, tout le monde connais l’histoire de Facebook. Les créateurs ont fait un machin pour causer entre potes à la fac. Dix ans après, il y a plus d’un milliard d’utilisateurs… C’est devenu à la mode…

On ne m’enlèvera pas de la tête qu’un tel succès a une grande probabilité d’être éphémère…

Reprenons l’exemple des photos. Il y a quinze ans, les APN arrivaient. C’était génial. On pouvait mitrailler, ça ne coûtait rien. Les prix ont baissé, on pouvait en offrir aux gamins. Pour l’anecdote, mon APN fut mon dernier achat important en francs, c’était pour le Noël qui précédait le passage à l’euro, le 1er janvier 2002. Je voyais ça plus vieux mais je viens de me rappeler du prix : 1111 euros. Plus de 7000 francs. J’avais acheté le top du top. Il avait une résolution de 4 mégas. Les smartphones modernes font plus du double, aujourd’hui pour un prix bien inférieur. Ils auront prochainement une telle résolution qu’on pourra prendre les photos n’importe comment : des logiciels de retouche permettront d’obtenir de très bonnes photos.

Les APN auront vécu une quinzaine ou une vingtaine d’années.


Twitter et Facebook sont éphémères et ne répondent à aucun besoin.

18 décembre 2013

Une fin 2013 marquée par la rupture [à gauche !]

Dans mon petit monde politique, la fin d'année aura été marquée par un fort ressentiment contre une certaine approche des réseaux sociaux et un divorce de plus en plus prononcé entre ce qu'on pourrait appeler les gauches. Les deux sujets sont intiment liés : on s'engueule aussi dans les réseaux sociaux.

Le résultat est que toutes les possibilités de dialogue ont disparu. Je vais donner deux exemples.

Le premier : vous dites "la stratégie et l'agressivité de Mélenchon sont mauvaises". Automatiquement des lascars vous tombent dessus pour vous expliquer que le PS n'est pas à gauche, qu'il diabolise le Parti de Gauche et j'en passe. Ainsi, ils sont immédiatement hors sujet. Ils ne parlent plus de stratégie. Comme en plus, ils ont tort, selon moi (les médias font la part belle à Méluche et le PS ne va pas se couper de son électorat de second tour), les discussions n'ont aucun intérêt.

Ça me mine d'autant plus que je suis passionné par l'électoralisme. La stratégie du Parti de Gauche ne le mènera jamais au pouvoir ni à avoir la moindre la moindre influence sur la marche du monde. Ils devraient regarder du côté des écolos. Ils ont des places au gouvernement mais la cause de l'écologie n'avance pas plus avec eux que sans eux. Le FdG a choisi la stratégie inverse. Ça ne fonctionne pas mieux. Mais les Verts ont des élus. Ils peuvent faire pression. Les communistes, moins opposés de front au PS peuvent exercer des responsabilités.

Ils pourraient aussi regarder du côté de la droite. La force du Front National (je ne compare pas les deux partis) nuit essentiellement à l'UMP donc à la droite dans son ensemble.

Ainsi, je parle de stratégie. Vaut-il mieux la stratégie des Verts que celle du Parti de Gauche ?

Et c'est ballot ! Le Front de Gauche tombe en lambeaux alors qu'ils avaient la possibilité de faire un joli truc.

Le deuxième exemple : Notre Dame des Landes. Vous faites un billet favorable à cet aéroport et vous êtes sûrs d'avoir des contradicteurs. Ils vont vous sortir les mêmes arguments depuis le débuts. Le gouvernement a fait une tentative de conciliation en produisant des rapports visant à analyser les arguments des opposants. La conclusion est simple (ce qui ne veut pas dire objective) : la plupart des arguments sont mauvais voire mensongers. Je ne demande pas aux opposants de tout prendre pour argent comptant mais d'admettre certaines erreurs de leur part. Ils nient tout. En bloc. Et reprennent les mêmes arguments. Ils montrent donc qu'ils sont réfractaires à toute discussion (alors que le gouvernement, lui, a fait des concessions).

Par delà cette incapacité à discuter, ils font une double erreur.

La première : ils se coupent complètement du peuple. Un parti politique de la gauche de la gauche est là pour défendre les pauvres gens, les opprimés, ceux qui ont des petits revenus, pas contre un aéroport (d'autant qu'il va évidemment bénéficier à l'économie de la région).

La deuxième : ils font perdre l'écologie. L'environnement a tout à gagner au transfert de l'aéroport. Et comme ils refusent d'admettre les conséquences négatives de Nantes Atlantique (ce refus de discuter...), ils donnent l'impression de se foutre totalement de la cause mais de mener une offensive contre Ayrault.

Et chaque intervention me conforte dans l'idée que cet aéroport est "bien". J'ai même vu une espèce de folle déclarer dans son blog que j'étais favorable à NDDL parce que je voulais prendre l'avion. C'est grotesque : j'ai horreur de l'avion et j'habite à 8 km d'Orly. Ce qui montre bien qu’il ne reste aucun argument à part torpiller ceux avec qui on n’est pas d’accord.

Il n’empêche que ces sujets (Notre-Dame-des-Landes, la stratégie du Front de Gauche) et leurs descendants (la stratégie des opposants à Notre-Dame-des-Landes et l’incapacité à traiter du sujet) en cours ne sont pas l’objet de mon présent billet. Ce sont des exemples. De toute manière, on reste englués dans nos certitudes.

Je vais donc répéter l’introduction de mon billet pour le rappeler : « Dans mon petit monde politique, la fin d'année aura été marquée par un fort ressentiment contre une certaine approche des réseaux sociaux et un divorce de plus en plus prononcé entre ce qu'on pourrait appeler les gauches. Les deux sujets sont intiment liés : on s'engueule aussi dans les réseaux sociaux. ».

Je suis un menteur. Ce n’est pas la fin de l’année mais toute l’année. J’ai passé une partie de mon temps, surtout en fin de soirée, à m’engueuler avec des andouilles qui se croient de la vrauche, la vraie gauche, et une partie mes matinées à faire des billets pour dire à quel point ça m’exaspérait.

En fin de compte, le divorce entre les gauches m’amuse plutôt. Elles sont marginalisées (le Front de Gauche est à environ 10% des voix : le Front de Gauche est donc bien en dessous, le principal parti restant le PCF) et circonscrites aux réseaux sociaux. Tant pis pour le Front de Gauche. Ils ont échoué.

Pour ce qui concerne ces réseaux sociaux, je pourrais bloquer les gens et supprimer les commentaires de mon blog dont je ne veux pas mais ça serait une mauvaise solution d’autant plus que je finirais par croiser les zigotos ailleurs, sur d’autres blogs.

Le 1er janvier, je prendrais probablement la résolution de rester zen mais, après la huitième bouteille de champagne, j’aurai oublié cette résolution.

On va donc continuer à s’engueuler et je vais continuer à bloquer ceux qui sont incapables de répondre « oui mais la sociale démocratie c’est mal » quand on leur demande s’ils portent un string ou un caleçon.

17 septembre 2013

François Fillon, le FN et les réseaux sociaux

Ça ne doit pas être facile tous les jours d'être cadre à l'UMP quand il faut se positionner par rapport au Front National. C'est un sujet qui revient sur le tapis périodiquement et François Fillon l'a remis en avant en disant qu'il fallait voter moins le moins sectaire. Il joue directement sa carte pour 2017 et dit des grosses bêtises.


Il banalise le vote FN ce dont je me fous mais il vient de dire aux électeurs qu'ils peuvent voter pour les autres dès le départ. En outre, la question d'un duel entre le PS et le FN pourrait bien ne pas se poser. La seule question qui se posera est de savoir quel comportement adopter en cas de triangulaires si le FN est en tête et le PS va gagner grâce à cette triangulaire. Faut-il proposer au FN la fusion des listes pour permettre de faire gagner le FN ? Ou si l'UMP est en tête, faut-il ouvrir la liste au FN ? Bon courage.

Les militants semblent largement favorables à des rapprochements. Je me demande sincèrement d'où vient cette position tant il me partait évident que la droite traditionnelle à toutes les cartes en main pour s'en tirer honorablement à ces municipales. Se fâcher avec les centristes me paraît une mauvaise idée. Les élections se gagnent au centre.

François Fillon joue sa carte pour 2016. C'est amusant. Pendant 5 ou 6 ans, il nous est apparu comme une espèce de rempart face à Nicolas Sarkozy. Maintenant, il se laisse aller. L'Amiral nous rappelait hier sa proximité avec les nouvelles positions du Front National. Ce qu’il y a de con, à gauche, c’est qu’on a tellement tendance à rechercher la bête immonde. François Fillon serait-il redevenu cette espèce de Gaulliste social et souverainiste. Il est intéressant ce billet de l’Amiral. En gros, il pense que Jean-François Copé est plus dangereux pour son camp – la droite de la droite, on va dire – que François Fillon. C’est un peu la réflexion que je me faisais depuis trois ou quatre semaines. A l’inverse, évidemment. La président de l’UMP voulait incarner la droite décomplexée, il y a un an, mais depuis quelques temps, il tient des positions qui me semblent beaucoup plus nette, notamment quand on commençait à évoquer une intervention en Syrie. Et c’est François Fillon qui semble avoir fait un virage à droite. D’ailleurs c’est lui se fait taper dessus par Alain Juppé.

Qu’ils fassent ce qu’ils veulent.

Il semble y avoir parfois des poussées réactionnaires en France. Il y en a eu une grosse lors des manifs contre le mariage pour tous et il y en a une autre ce week-end avec cette histoire de page Facebook. J’en ai beaucoup parlé. Une longue visite dans la réacosphère, hier, m’a assez réjoui. Ces braves réacs se plaignent : on leur a volé leur page Facebook en luttant contre, voire en diffusant des fausses informations qui ont permis aux médias de titrer sur le doute. D’une part, ce ne sont pas des fausses informations (le succès de cette page est sans précédent et il était très légitime de penser à des achats de likes). D’autre part, c’est de bonne guerre. Il faut communiquer… Ne faites pas n’importe quoi avec les réseaux sociaux, braves gens…

Comme le rappelle l’ami Seb, un type se fait buter et des centaines de milliers cliquent sur « j’aime ». L’Amiral, dans un autre billet, nous explique qu’on se plante sur notre interprétation. Cette manie de voir tout blanc ou tout noir. L’Amiral nous voit construire des raisonnements branlants pour démontrer que les gens se trompent. Ne voit-il pas qu’il construit lui-même un raisonnement branlant ? On sait parfaitement pourquoi les gens ont cliqué, du moins la plupart. Parce qu’ils ont vu dans ce bijoutier une victime et que ça en est une : il s’est fait braquer.

Ceci nous amène à un autre blogueur réac, dont je parlais hier dans mon annexe : il est persuadé qu’on ne voit pas la réalité. Il est persuadé aussi que l’on défend un délinquant, ce qui me permet de dire qu’il ne voit pas la réalité. C’est étrange. Il arrive à se persuader tout seul de conneries diverses ce qui lui fait perdre ses capacités de jugement. D’ailleurs, l’an dernier, il soutenait Jean-François Copé.

En matière d’élection, il n’y a qu’une seule vérité. Le verdict donné par les urnes. Et nous savons que Marine Le Pen a recueilli plus de six millions de voix au premier tour. Nous savons que « nous » avons failli perdre cette élection à cause de la ligne très droitière de Nicolas Sarkozy alors que le sentiment de rejet contre ce dernier nous laissait espérer une victoire facile.

Mais n’oublions pas que c’est peut-être, aussi, cette ligne très droitière qui l’a fait perdre. Le candidat de la droite traditionnelle a recueilli 6 points de moins qu’à l’élection précédente alors que le candidat du Front National a fait huit points de plus… Il n’était plus crédible.

Alain Juppé a taclé François Fillon. « C’est incompréhensible de la part d’un homme politique réfléchi qui a toujours affirmé de fortes convictions républicaines et exprimé une sensibilité que je qualifierai de modérée et, disons… gaulliste-sociale. Philippe Séguin n’était-il pas sa référence ? » Il a rappelé trois raisons pour refuser tout accord avec le FN : l’incompatibilité des valeurs, l’aberration du programme économique et la stratégie du FN qui ne cherche pas d’accord mais veut couler l’UMP. Cette dernière raison est très bonne mais ne me regarde pas. Les deux premières me rappellent pourquoi il faut continuer à lutter contre le FN…

François Bayrou a taclé François Fillon. « Jusqu'à maintenant, il avait soutenu le contraire et nous étions, de ce point de vue-là, sur la même ligne. Il était un proche de Philippe Séguin, c'est-à-dire de ceux qui pensaient qu'il ne faut rien céder, rien compromettre, rien accepter lorsque l'essentiel est en jeu. » « Je pense qu'il y a toute une partie du monde politique qui s'apprêtait à dire que ceux qui vont dans le sens du Front national ont raison. [Or] les idées du Front national sont profondément dangereuses. » François Bayrou a prévu qu'il y aurait « des conséquences de première grandeur » au changement de pied de François Fillon. « Ce n'est pas un événement politique secondaire ».

Jean-Pierre Raffarin a taclé François Fillon. « Alerte rouge. Le vote FN est une ligne de fracture pour l'UMP. C'est notre pacte fondateur qui est en cause. »


Je ne sais pas où cela ira, électoralement. Ces braves gens vont probablement se déchirer. Nous autres, nous ne sommes que dans les blogs. Les blogs de droite engagés donnent raison à François Fillon. Je ne sais pas quel intérêt il faut accorder aux réseaux sociaux mais ce qu’il y a de sûr, c’est que la réacosphère est forte, l’affaire de la page Facebook l’a prouvé.

L’ami Romain revient sur un article d’Atlantico qui constate cette force de la réacosphère et le fait que beaucoup d’organisations politiques la délaissent. Je vais donner ma façon de penser : ils sont tous très forts pour sortir une petite phrase dans Twitter mais ce sont bien les « actes anonymes », comme cette page Facebook, qui font la force du web social. Et j’ai toujours rêvé que les blogs, dans leur ensemble, avec leurs centaines de tauliers anonymes, donnent tu poids au web.

Ce n’est surement pas ce qu’il recherchait mais François Fillon s’est trouvé un allié de poids : la réacosphère, ce machin qui fait un peu de bruit mais qui est le seul lieu où l’internaute puisse trouver de l’information ou de l’analyse, au détour d’un lien sur une page Facebook ou dans un tweet, bien loin d’une information officielle.

Cela étant, c’est rigolo. Le Parti Socialiste doit se défendre contre sa droite et sa gauche et voila l’UMP qui est obligée de se défendre de ses deux côtés, aussi, suite à des propos de François Fillon. Alain Juppé parle de valeurs. Mais de quelles valeurs veut-il parler alors que centaine de milliers de braves gens cliquent sur le bouton « j’aime » d’une page défendant un type qui vient de tuer. Et Jean-Pierre Raffarin parle de pacte fondateur…

Il en pense quoi, l’internaute ?

27 juillet 2013

Ces informations qui surgissent du passé dans les réseaux sociaux

Ce titre d'un article de La Tribune m'a fait bondir : « Faute de subventions, l'inventeur du trottoir électrique quitte Toulouse pour New York. » Je me suis dit (outre : « bordel, c'est quoi un trottoir électrique ? ») : « Tiens ! Encore un truc que font buzzer des libéraux contre la France ! » J'ai donc lu l'article que je vais résumer : un entrepreneur est furieux. Il a inventé un chouette système : « Le trottoir électrique est composé de dalles au sol qui, lorsque les passants marchent dessus, transforment l'énergie mécanique des passants en énergie électrique alimentant des lampadaires à leds. » Il a cherché des financements mais n'a pas trouvé. Il est obligé d'aller à New York.

J'étais plié de rire : il a cherché des subventions auprès du Conseil Régional, d'Oséo et d'un tas de machins publics. J'aime me foutre de la gueule des libéraux qui protestent parce qu'il n'ont pas de financement public.

La suite de l'article m'a paru suspect, on parlait de NKM, ministre de l'environnement. Je me suis alors dit que le journaliste était saoul ou avait oublié de préciser les dates. Finalement, j'ai vérifié la date de l'article, le 7 mai 2012 : l'article est donc sorti le lendemain de la présidentielle.

J'avais oublié comment j'étais arrivé à lire ce machin. En fait, c'est un type (que je connais un peu) qui a mis l'article dans Facebook.

En regardant les dates des commentaires, on voit que c'est la deuxième fois que l'article ressort dans les réseaux sociaux depuis sa diffusion initiale.

Dès le lendemain de l'élection, des libéraux en peau de lapin ont commencé à taper sur les organismes publics susceptibles de financer l'économie. C'est étrange. L'article est évidemment bidon, ou plus exactement les propos de l'entrepreneur : ce n'est pas aux USA qu'il obtiendra un financement public pour un tel projet.

Les utilisateurs des réseaux sociaux sont invités à vérifier les dates des informations qu'ils diffusent et La Tribune pourrait s'interroger sur les raisons de sa mauvaise santé si elle traite ce genre de sujet le lendemain d'une élection présidentielle.

10 juillet 2013

N'oublions pas le peuple de gauche et le peuple de droite

Récemment, j’ai entendu ou lu, je ne sais plus quelle personnalité politique qui fustigeait la gauche (ou la droite) qui s’adressait uniquement « au peuple de gauche » (ou de droite) et pas à l’ensemble des Français. Cette expression est restée tournicoter dans mon crâne jusqu’à ce qu’au hasard de mes lectures, je tombe à nouveau sur l’expression. En l’occurrence, c’était un journaliste qui expliquait que, lundi, Nicolas Sarkozy s’était adressé au peuple de droite.

Que sont donc ces deux peuples, le peuple de droite et le peuple de gauche ?

Une recherche Google de « peuple de gauche » nous fait sombrer immédiatement dans la caricature. On voit par exemple des organes de presse de droite qui expliquent que François Hollande ne parle qu’au peuple de gauche ou, au contraire, des sites de la gauche de la gauche qui s’accapare ce peuple. Une recherche de « peuple de droite » donne des résultats légèrement différents mais parfois tout aussi ridicule, comme quand, à l’occasion des manifestations contre le mariage pour tous, certains disaient que « le peuple de droite est de retour ».

Je ne vais pas rentrer dans une théorie foireuse mais je vais proposer une définition pour mon usage personnel : le peuple de droite est composé des gens qui ne voteront à gauche pour rien au monde (sauf élections locales particulières) et vice versa. A vue de nez, le peuple de gauche représente entre 35 et 40% de la population et le peuple de droite entre 40 et 45%, ce qui nous laisse « un trou » d’une vingtaine de pourcents… qui vont faire la pluie et le beau temps dans les élections.

Je pourrais préciser comment je fais pour estimer ces chiffres. Disons que le total des voix de gauche a fait 36% en 2007 au premier tour de la présidentielle de 2007 et que le candidat de droite a fait 45% au second tour en 1988. Ce sont l’extrême depuis 1981. Peu importe.

Dans les réseaux sociaux, on va pouvoir trouver cinq ou six groupes d’individus (pour schématiser) :
  1. le type du peuple de gauche, mais qui se voit à gauche de la gauche,
  2. le type du peuple de gauche,
  3. le type qui n’est nulle part (ce qui ne veut pas dire qu’il est centriste),
  4. le type du peuple de droite,
  5. le type du peuple de droite, mais qui se voit bien à droite.

Vous me suivez ? Parce que je ne vais pas me fatiguer à faire une théorie ni de droite ni de gauche si vous commencez par ne rien comprendre. Les frontières ne sont pas étanches et il y a évidemment un tas de nuance. Un écolo ou un centriste, par exemple, pourraient ne pas se retrouver dans ce bazar. Les groupes B et D sont a priori les plus gros mais les A et E sont très actif. Les D sont assez rares. Les groupes ne sont pas liés aux partis politiques. Le E, par exemple, pourrait correspondre à l’ensemble des réacs et de l’extrême droite. De même, le A regrouperait toute la gauche qui se situe plutôt dans l’opposition au gouvernement, ce qui comporte aussi des proches de l’aile gauche du PS.

Dans les réseaux sociaux, on va trouver des gens des groupes A, B, D et E qui vont échanger uniquement avec les gens du même groupe. Les gens du groupe C sont assez absents. Souvent, d’ailleurs, ils se foutent totalement de la politique et ne sont pas à faire les cons dans les réseaux sociaux politiques.

Ceci m’amène au billet de Jean-François Kahn sur le Huffington Post.

Il se lance dans une « supplique aux internautes » que je vous invite à lire mais que je ne vais pas tenter de résumer. Il y constate que les internautes sont enfermés dans leur groupe. « Or, entre nous, recycler, à toute occasion, de façon quasi automatique, une rhétorique toute empaquetée, préenregistrée, dont nous connaissons tous par cœur paroles et musiques, en quoi cela fait-il avancer le schmilblick? Les perroquets sarkozyste, les perruches hollandaises, les moulins à prières mélenchoniens, les pianos mécaniques marinesques, les chanteurs de cantiques centristes sont là pour ça. On connaît. Sur le bout des doigts. On pourrait tout réciter à leur place. » Il en déduit qu’on aurait l’air moins con à avoir un autre usage du web, que l’on pourrait tous travailler ensemble pour réinventer le monde et la politique. « Ce que l’on attend d’un Web libre, ce n’est pas de répéter, de reproduire, de dupliquer, de ressasser, de plaquer, mais d’inventer, de réimaginer, de bousculer, d’initier des convergences possibles, des confluences salvatrices, des synthèses dynamisantes, de favoriser des émergences, des fulgurances même, d’explorer de nouveaux espaces, de construire, fût-ce à l’aide des matériaux d’hier, les monuments de demain. » Cela étant c’est un centriste.

Il confirme ma théorie du « A, B, C, D et E » (d’ailleurs, il a lui aussi les mêmes cinq catégories, presque les mêmes) mais ne connaît pas encore ma définition du peuple de droite et du peuple de gauche. Ce n’est pas grave, je l’ai faite pour un usage privatif.

Il n’empêche qu’il a parfaitement raison. A chaque fois qu’un sujet « réactionnaire » pointe dans l’actualité, je m’amuse à aller faire un tour dans les blogs de type E (ça ne veut pas dire « Front National » mais droite de la droite). Ils sont entre eux, en train de s’émuler, de se donner raison. Au moment du mariage pour tous, c’était délirant. Ils étaient là, entre eux, « oui, nous sommes le peuple de droite, nous sommes majoritaires, nous avons raison, le gouvernement doit retirer son projet ».

Je me moque du groupe E, mais on trouvera strictement les mêmes dans le groupe A. Nos camarades la vraie gauche tournent beaucoup entre eux. Les C sont inexistants et les D sont rares. Il reste les B dont je fais partie, a priori. On peut difficilement se juger soi-même.  

Revenons donc à M. Kahn. Il est exaspéré par les gens qui tournent entre eux. Pareil ! Mais, après bientôt sept ans de blogage, je suis surtout exaspéré par :
-         ceux qui ne se rendent pas compte qu’ils tournent entre eux et n’en tirent pas les conséquences,
-         ceux qui ne se rendent pas compte de cette existence des peuples de gauche et de droite.

Hier, nous avons eu une escarmouche dans la blogosphère. J’en ai fait un billet sur mon annexe. Juan revient sur cette histoire, aujourd’hui et je voudrais le « reprendre » sur quelques points.

« L’un des arguments de Babordages, le premier et à mes yeux le plus important, était d’expliquer qu’il est sain et normal de discuter entre gens qui ne sont pas d’accord, surtout quand ils ont souvent voté du même bord, en l’occurrence entre opposants (de gauche) et supporteurs (de gauche) du gouvernement Hollande. »

C’est certainement très sain et normal mais ça ne sert pas à grand-chose. On finit toujours par tourner en rond. Pire ! On finit souvent par se sentir obligé de se justifier. Pour ma part, j’ai totalement coupé les ponts avec nombre de « tourneurs en rond » car ils sont exaspérants. Et ce n’est donc plus sain… Ce qui ne m’empêche pas de lire les blogs de toutes obédiences pour tenter de ne pas tourner en rond moi-même. On peut discuter mais en aucun cas argumenter.

Sans compter que c’est un coup à se brouiller avec les gens. 

Ca me rappelle « JE » qui est parti fâché d’ici parce que je l’avais insulté sans même se rendre compte qu’il le méritait largement et qu’il aurait du s’abstenir de revenir argumenter : il n’a pas compris qu’il ne pouvait pas me convaincre et son commentaire exprimait son regret de ne pas pouvoir le faire. Encore un qui n’a rien compris à la politique. Qui n’est pas sorti de son groupe. Et parce qu’il n’a pas réussi à me convaincre, il s’en est pris à moi…

« Et ils délivrent au passage des brevets de gauchitude à certains et en excluent d’autres sans nuances. » C’est une raison valable d’éviter la discussion.

« J’ai autant de plaisir à pouvoir entre cet "autre", avec qui peut-être je partagerai un vote, exposer ce qu’il pense. » Tiens ! Il manque un ou deux mots. Ce n’est pas moi qui vais lui jeter la pierre. Pour exposer ce qu’il pense, il peut écrire des billets de blog. Je prendrai alors ce que je veux prendre de son argumentation et il arrivera peut-être à me convaincre à la marge mais je ne veux pas discuter en 140 caractères alors que nous ne tomberont jamais d’accord sur l’essentiel.

Enfin, nos confrères de la gauche de la gauche sont persuadés d’avoir raison (nous aussi, d’ailleurs), mais oublient totalement l’aspect électoraliste de la politique. D’ailleurs, que proposent-ils, souvent ? La révolution ou une nouvelle constitution. Je ne suis pas sûr qu’ils soient très démocrates ce qui ne les empêche pas de penser représenter le peuple.

C’est un peu comme mon « JE », ci-dessus, et tous les opposants au mariage pour tous. Il s’imagine représenter le peuple mais le confond avec le peuple de droite alors que même le peuple de droite peut contenir des individus qui ne sont pas opposés à ce mariage.

On ne peut pas discuter.

La conclusion du billet « de la vraie gauche » qu’évoque Juan est : « Un jour, peut-être, tu feras un pas vers nous. »

On ne peut pas discuter.

Jean-François Kahn est un centriste. Il veut qu’on travaille ensemble. Il a oublié le peuple de droite et le peuple de gauche, c'est-à-dire 80% de la population. Mais il a raison, il faut qu’on apprenne à discuter autrement ensemble, ce que je fais au quotidien avec Bab, Disp, FalconHill et Didier Goux (pour citer un blogueur de chacun des autres groupes). Ils n’ont jamais tenté de me convaincre sauf sur des détails précis. Je lis leurs billets. Tous.

On peut discuter.

Avec d'autres, ça ne m'intéresse plus.


14 mars 2013

Où va Google avec les blogs ?

Quel choc, ce matin, pour les blogueurs et les lecteurs assidus de blogs. Google a annoncé la disparition de leur outil phare : Google Reader. Le grand public ne connaît pas nécessairement mais les utilisateurs pouvaient entrer leurs blogs préférés dans ce machin et lire les derniers billets parus plus beaucoup plus facilement qu’en sautant de blog en blog !

C’est un véritable drame pour des gens comme moi, mais aussi pour beaucoup de blogueurs qui se demandent comment tout ça va évoluer, si les blogs ne vont pas encore mourir, écraser sous les réseaux sociaux… ! Comme ils meurent tous les trois mois, je ne suis pas inquiet… Les blogs restent le meilleur moyen pour gérer du « contenu ».

Il n’empêche que la décision de Google est mystérieuse. Et elle fait parler.

Les avis des blogueurs

Fredzone : le taulier pense que Google tourne le dos à RSS (je ne crois pas, je pense qu’il tourne le dos aux abonnements, mais peu importe), ce qui explique la disparition de Feedburner (ce qui vaut aussi pour mon explication). « Il faudra sans doute attendre encore quelques semaines, ou même quelques mois, avant d’en avoir une idée précise, mais je pense pour ma part que Google+ a de fortes chances de s’imposer comme le digne successeur de Reader. » Je crois aussi mais probablement sous une forme que nous n’avons pas encore imaginée. La possibilité de mettre un blog dans un cercle ? Il pense qu’on « On pourrait ainsi voir arriver un beau jour une nouvelle vue, une nouvelle méthode d’affichage, permettant de visualiser plus facilement toutes les contributions publiées par les pages que nous suivons, le tout avec un annuaire à côté afin d’aider les internautes à trouver des sources d’informations fiables en fonction de leurs thèmes de prédilection. » Peut-être a-t-il raison mais ce qui m’intéresse est avant tout de suivre mes copains blogueurs.

Roget.biz : Thierry regrette la disparition de GR car « l’ergonomie de google reader est assez unique, il faudra donc s’adapter à de nouveaux types de lecture. » mais il est optimiste quant à la prochaine apparition de remplaçants… Je suis de son avis, un tas de startup va se plonger dans le vide laissé par Google Reader.

Le boulet : l’ami Gaël pense que les raisons invoquées par Google (baisse du trafic) sont foireuses. Moi aussi.

Homer : il est furieux.

Hybridant : Il est triste et pense que Google a fait une belle connerie. Je veux bien y croire.

Maniac Geek : je le citais ce matin. Il dit « merde » à Google.

Vincent Abry : il est sur la même longueur d’ondes que Maniac Geek. « Sur ce coup là je dois avouer que Google me déçoit énormément. La compagnie n’a jamais gagné autant d’argent, elle sème la terreur avec ses filtres punitifs, et elle ferme un maximum de services qui ne rapportent rien (plutôt que de proposer une option Google Reader payante, allo la base?)… »

Presse Citron : l’auteur de l’article est nostalgique, mais « pleurer sur notre sort ne changera probablement pas grand chose à la logique du produit rentable donc autant se mettre dès maintenant à la recherche d’un outil de substitution. » Il se réjouit que Google facilite la transition en mettant en avant l’exportation de la liste des flux.

J’ai lu beaucoup plus d’avis… Je ne peux pas tout citer. J’ai trouvé un avis intéressant. Le taulier disait que la fermeture de Google Reader est une chance pour le secteur puisque des dizaines de startups vont pouvoir récupérer le marché. Je suis d’accord. D’ailleurs, je suis d’accord avec tout le monde.

Dans la presse

Le Monde : « L'outil a contribué à populariser le format standard de liste d'actualités RSS, fourni par la plupart des sites, dont le succès s'est effrité au fil des années, notamment à cause des réseaux sociaux ou d'outils comme Flipboard. Selon Google, son agrégateur de fils d'information rencontrait de moins en moins de succès. La firme en profite pour mettre en avant son réseau social Google+, complètement décorrélé, sur lequel les sites d'information et blogs sont d'ores et déjà encouragés à s'implanter, notamment pour le référencement. »

ZDNet : « Google vous a fait une belle frayeur en annonçant la fin de Google Reader le 1er juillet ? Pas de panique, que vous en vouliez au géant ou non, il y a de belles alternatives à découvrir. »

20minutes : le site de mon gratuit préféré constate le parallèle entre la baisse de Google Reader et la montée de Facebook et Twitter et rappelle que « l’adepte de Google Reader, ce n’est pas l’internaute lambda ». Comme beaucoup, il rappelle le lancement de pétitions pour tenter de convaincre Google.

Mon avis

Je suis un vieux blogueur qui a connu les blogs avant les médias sociaux que l’on connaît actuellement. Je considère les blogs comme un réseau social à part entière. Ce ne sont pas des billets de blogs que je vais voir (sauf pour la veille d’information) mais les publications de mes copains blogueurs. Google Reader va me manquer pour cela. Je lançais mon agrégateur et je voyais, dans l’ordre chronologique inverse les billets produits par mes potes.

Une majorité de blogueurs n’utilisent pas de tels outils mais passent par des liens directs, des blogrolls, des réseaux sociaux, … La fin de Google Reader sera une perte pour moi mais pas nécessairement pour le grand public.

Google se recentre sur ses propres produits, notamment son propre réseau social, Google+ mais aussi sur une galaxie d’applications dont je ne peux pas vraiment parler, n’étant pas utilisateur, sauf d’une Blogger qui est l’application qui me permet de gérer mes blogs. Google semble concentrer son système de réseau social sur Google+ et Blogger (d’autres modifications ont été faites par le passé, comme la suppression du module de réseautage social de Google Reader).

L’utilisation du web connaît un gros chamboulement depuis un an ou deux avec l’éclosion des tablettes et des smartphones. Il est probable que d’ici quelques années, les applications pour mobiles seront plus utilisées que les sites web. Google a Google Flux (anciennement Google Currents) qui permet de consulter des « magasines » en ligne : journaux d’information, blogs, … Elle entrera en concurrence directe avec les applications des sites d’information (la bataille entre Google et eux n’est pas terminée…). Elle permettra aux personnes qui lisent les gros blogs de trouver satisfaction. Je n’ai pas étudié Google Flux mais toutes les fonctions de partage vers les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et Google+) sont disponibles.

D’autres outils Google sont disponibles comme le moteur de recherche mais aussi Google News, le site d’information. On notera d’ailleurs que le moteur de recherche évolue très souvent mais quand on y fait une recherche, on tombe maintenant sur les dernières informations. Il y a aussi un outil de recherche dans les blogs, Blogsearch (mais je ne crois pas en son avenir).

Google incitera les blogueurs à diffuser de plus en plus ses billets dans Google+ où des fonctions de recherche (comme le moteur de recherche, Blogsearch et Google News) permettent de faire une veille d’actualité mais aussi de s’abonner à des pages de sites d’information, de sites commerciaux et de blogs. J’en profite pour faire une page de publicité, pour l’excellente page « Le comptoir de Jégoun ».

L’utilisateur lamba, c'est-à-dire pas un fou des blogs et de l’actualité comme moi, y trouvera tout son bonheur et Google pourra, progressivement, les enfermer dans sa galaxie. Il leur reste des développements à faire, je suppose, comme une plus grande intégration de ce qui ressemble aux outils phares : Blogger (pour un petit cercle de producteurs de contenus), Google+, le moteur de recherche, Google Flux et Google News,…

La disparition de Google Reader laissera des orphelins, peut-être pas dans le grand public, mais « de nous ». Vous êtes abonné au compte Twitter des leftblogs ? Vous le ne saviez pas mais le flux automatique est généré par Google Reader… Google Reader avec comme ça un tas d’outils pour les blogueurs et les lecteurs de blogs.

Et Google se recentre sur lui-même.

Je ne doute pas que des remplaçants écloront. C’est bon pour l’économie.

On avance…

Les remplaçants qui tiennent la route

-         Feedly : c’est, avec Netvibes, la suggestion qui revient le plus souvent. Il parait qu’ils sont en cours de développement pour gérer les flux eux-mêmes, c'est-à-dire sans utiliser les API de Google Reader. Je ne peux pas l’utiliser car il faut une extension à Firefox. Par contre, j’ai essayé l’application iPhone, elle semble géniale. Je pense que l’essayer, c’est l’adopter.

-         Netvibes : c’est mon amour d’enfance… J’en ai fait un billet. Le gros défaut semble être l’absence d’application pour smartphone (je n’ai pas essayé sur tablette) mais l’accès par smartphone directement sur le net est assez plaisant (et correspond à mon besoin). Par contre, la présentation est par widget (un blog par widget). C’est impossible quelqu’un abonné à beaucoup de blogs, comme moi.

-         Blogger : j’en ai fait un rapide billet. C’est le seul truc qui me permette de rendre un des services dont j’ai besoin : voir rapidement parmi mes 300 abonnements les derniers billets.

Si Google arrêtait du jour au lendemain, je passerais immédiatement sur Netvibes (mais il me faudrait une bonne journée pour trier les flux par onglet, j’en ai trop). Par contre, dès lors que Feedly a terminé ses développements, j’y bascule l’intégralité des flux et je ne laisse sur Netvibes que les blogs pour lesquels je souhaite y accéder depuis un PC… (je fais ma revue de blog depuis une tablette et je suppose que l’application Feedly est très bien iPad).

D’autres applications existent mais mon rebuté d’entrée…

01 février 2013

Maudits réseaux sociaux

Curieuse enquête dans 01net. « Plus de la moitié des personnes (53 %), interrogées par AVG Technologies dans le cadre d’une enquête, estiment que la prolifération des médias sociaux nuit à la protection de leur vie privée au travail. » « Des collègues peuvent découvrir à quoi un salarié passe ses week-ends et poster des commentaires désagréables. Ils peuvent aussi publier des piques qui feront le tour de leurs « amis » plus vite que si elles […] » L’étude présente ainsi les réseaux sociaux vus comme abominables par les salariés.

« Plus de la moitié (53 %) de ces personnes font attention aux messages qu’elles postent. » C’est tout ?

C’est la conclusion qui m’intéresse (les propos de Tony Anscombe, responsable sécurité senior d’AVG) : « Cette étude prouve qu’il est nécessaire de mieux former les gens aux médias sociaux, tout en appliquant des règles déontologiques plus strictes relatives à leur utilisation sur le lieu de travail. Chaque entreprise se doit de prendre le temps de former ses collaborateurs tant aux bénéfices qu’aux conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux sur leur lieux de travail. Il est nécessaire de pouvoir garantir la vie privée au travail sans pour autant renoncer aux réseaux sociaux. »

Je me rappelle avoir fait un billet à propos d’une collègue qui ne voulait pas que sa fille ait un compte Facebook car elle-même ne connaissait pas ce réseau. Mon propos était alors de dire que les entreprises devaient laisser leurs salariés accéder aux réseaux sociaux pour qu’ils puissent apprendre à les maîtriser car, quoi qu’on en pense, ils représentent l’avenir. Peut-être pas Facebook ou Twitter, les modes changes, mais échanger des données sur le Web devient la norme.

L’article que je cite évoque deux employés qui se sont fait virer de la BBC à cause des réseaux sociaux. On évoquait ce sujet ici récemment et j’aurais pu en parler hier, dans mon billet à propos de l’anonymat des blogueurs.

Monsieur Anscombe a parfaitement raison : il faut que les entreprises prennent le temps de former leurs employés aux réseaux sociaux parce qu’elles seules peuvent le faire.

Il y a quelques règles à connaître mais les braves gens ne peuvent pas assimiler les règles s’ils ne connaissent pas les réseaux.

Je vais quand même rappeler les règles.

Règle 1 : on ne parle jamais de son entreprise dans les réseaux sociaux sauf pour des petites conneries comme moi quand je pars d’une discussion à la cantine pour faire un billet de blog. Surtout, on n’en parle jamais en mal. Même en bien, c’est interdit. Vous avez un contrat de travail avec une clause de confidentialité. Et moralement, on ne chie pas à la gueule en public d’un machin qui vous file du pognon. Si on n’aime pas ce machin, on le quitte. Sinon, on passe par les instances normales définies par le droit du travail ou la justice.

Règle 2 : si on a une activité politique ou syndicale, on évite d’en parler en son nom dans les réseaux sociaux parce que ça pourrait vous retomber sur la gueule si vous cherchiez du boulot.

L’anonymat dans les réseaux sociaux tels que Facebook est relativement crétin puisque vous êtes sensés parler à des gens que vous connaissez, vos cousins, vos copains d’enfance, … Il est par ailleurs interdit par les Conditions Générales d’Utilisations. La conséquence est que vous devez limiter votre activité politique et syndicale dans Facebook sauf en utilisant une « page » à la place de votre compte personnel (je parle d’une vraie activité politique et syndicale : réunions,… pas du petit militantisme au quotidien : diffusion d’informations engagées, participation à des manifs, …). Si vous avez une activité politique ou syndicale à mener dans les réseaux sociaux faites-le dans des « vrais blogs » où vous pouvez rester totalement anonymes (à condition de déclarer votre véritable identité à votre hébergeur, voir mon billet d’hier).

Règle 3 : comme on ne peut pas vraiment maîtriser qui consulte votre compte (on finit toujours par accepter comme potes des gens qu’on ne connaît pas ou à diffuser une connerie par erreur), on ne diffuse pas d’informations « intimes ». Donc vous diffusez des photos de vos gamins, de votre famille, de vos vacances parce que tout le monde s’en fout (sauf vos proches) mais vous ne diffusez pas la photo d’un pote bourré sauf s’il s’appelle Tonnégrande qui dort sur le canapé parce que ça pourrait lui retomber sur la gueule et sur la vôtre (si votre pote est saoul, il n’y a aucune raison que vous le soyez beaucoup moins…).

Règle 4 : vous ne diffusez aucune information si elle n’est pas authentifiée. Par exemple, vous pouvez diffuser ce billet parce qu’il ne contient aucune information, juste un « avis ». Mais si vous tombez sur un truc du genre : « il faut absolument donner des sous pour soigner cette pauvre petite enfant malade », vous vous abstenez, c’est probablement un faux. De toute manière, le temps que l’information arrive jusqu’à vous, la pauvre petite enfant malade sera probablement déjà morte (ou sauvée, bien sûr !).

Règle 5 : vous refusez systématiquement dans Facebook des relations professionnelles même très proches avant de maîtriser l’outil et ce que vous en faites.

Ca m’arrive d’avoir des collègues qui me « demandent ». Ils comprennent très bien quand je leur explique que je fais une étanchéité complète entre la vie professionnelle et la vie privée. « Si je dis une connerie après avoir picolé un samedi soir, je ne veux pas que tu le saches et je ne veux pas savoir ce que tu fais dans ta vie privée à part ce que tu veux bien me raconter à la machine à café ».

Il est possible que vous soyez très proche d’un collègue mais vous pourriez avoir, un jour, une relation hiérarchique avec lui ou devenir concurrent si l’un change de boite.

Pour les parents :

Règle 6 : vous n’empêchez pas vos enfants d’aller dans les réseaux sociaux dès lors qu’ils ont l’âge autorisé par le fournisseur (et encore…). Parce que si vous les empêchez, ils iraient en cachette. Arrêtez de les prendre pour des neuneus.

Règle 7 : vous ne suivez pas vos enfants dans les réseaux sociaux. Arrêtez de les prendre pour des neuneus, ils n’hésiteraient pas à créer un autre compte à côté, quel que soit le degré de copinage que vous estimez avoir avec eux.

Règle 8 : vous leurs apprenez fermement ce qu’ils ne doivent pas diffuser sur le web, à savoir des photos dénudées et leurs adresses, en leur expliquant bien qu’ils courent un risque physique. Vous les encouragez à vous en parler si des copains à eux le font.

Règle 9 : vous leurs apprenez à ne jamais accepter de rencontrer dans la vraie vie des gens qu’ils ont rencontré sur le web, sous aucun prétexte et sauf si vous ou des adultes de confiance (parents de copains que vous connaissez) sont présents.

Règle 10 : ne faites pas de séries de règles d’usage dans vos blogs si vous ne savez pas où vous allez. Vous risqueriez de vous retrouver bloqué à neuf et d’avoir l’air con. Ah ! J'ai la dixième : si vous avez des enfants de plus de huit ou neuf ans, vous créez immédiatement un compte Facebook et un compte Twitter et dans tous les futurs machins qui seront à la mode jusqu'à leurs 16 ans. Et vous y êtes actif.