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20 juin 2015

Le paradoxe du soclib

Etre libéral de gauche n'est pas une sinécure. Cette fois, j'ai envie de donner des baffes à Manuel Valls alors que j'aurais assez tendance à soutenir sa politique dont le sujet du moment : la loi Macron. Cela m'est venu à la lecture du titre de cet article des Echos. Non, Manu, le travail n'est pas une valeur et surtout pas une valeur de gauche. "La valeur travail" était un des thèmes de Nicolas Sarkozy et en racontant ce genre de connerie, tu donnes raisons à ceux qui te comparent à Nicolas Sarkozy. Fais attention à ta communication, aussi avec la gauche, bordel.

Point par point, je ne suis pas d'accord, non plus, avec  l'argumentaire de Madame Taubira mais elle a raison sur le fond : je rêve aussi à une société de loisirs et je suis partisan d'une baisse du temps de travail. 

Surtout, je ne crois plus au retour du plein emploi non pas pour des raisons économiques mais, d'une part, parce que la technologie permet de produire plus en travaillant moins et, d'autre part, parce que ce que l'on pourrait s'imaginer avoir besoin de produire (des voitures, des maisons, des routes,...) nous le sera interdit pour des raisons environnementales amplifiées par l'évolution de la démographie.

A Loudéac, on a une tradition : faire la fête de la musique le vendredi qui précède le 21 juin. Il faut bien reconnaître que la musique n'est qu'un prétexte pour sortir de chez soi, ce dont je n'ai pas besoin, et de discuter avec les gens. C'est ainsi que j'ai passé une partie de la soirée à papoter avec un copain, socialiste local, qui, comme moi, regrette que la réforme fiscale promise n'ait pas eu lieu plus tôt, mais qui, en plus, est totalement en opposition à Manuel Valls.

J'ai envie de dire que tout le monde se plante, sauf Christiane Taubira quand elle décrit ce rêve d'une autre société. Elle n'est pas au Parti Socialiste. Moi non plus. A une époque, Manuel Valls voulait changer le nom du parti, d'ailleurs !

Il faut que la gauche de la gauche comme la droite de la gauche, le centre de la gauche et je ne sais pas quoi de la gauche réfléchissent à cette évolution de la société, où le travail n'est plus au centre de la société. Entre Manu qui parle de « valeur travail » et la gauche qui braille quand on veut toucher au droit du travail, il y a un gouffre évident mais aussi un proximité : le travail. Le gouffre qui me sépare de ces braves gens est donc probablement plus large.

Il faut que la gauche remette ces sujets au cœur du débat : le modèle de société à l'heure de la disparition du travail, notamment du travail salarié à plein temps, autre sujet de préoccupation. Le CDI à 35 heures ne sera plus la règle. Il sera remplacé par des contrats d'intermittence ou des contrats d'autoentrepreneurs ou des machins comme ça, quand ce n'est pas des CDI, de l'intérim et autres. Il faut se le coller dans le crâne : non seulement le travail va diminuer mais aussi le travail salarié. Le sujet est d'autant plus difficile à aborder que les Français veulent du travail.

Mais leur dire que l'on reviendra vers le plein emploi est leur mentir et s'il faut réformer le code du travail, il faut leur dire, et quand on est contre, il ne faut pas crier... au mensonge.

Et il nous faut réfléchir à l'organisation de cette société de loisir qui nous sera imposée par la progressive diminution du travail.


Manu, arrête tes conneries. Aujourd'hui, je me sens plus proche de Christiane que de toi alors que je défends une de tes réformes qu'elle critique. A gauche, reprenez-vous ! La plus belle loi de ce quinquennat est probablement celle qu'elle a portée mais vous la défendez au nom des droits alors que c'est au nom des libertés qu'il faut le faire.

14 décembre 2014

Vive les 35h !

Cette semaine, un rapport parlementaire est sorti, faisant le bilan des 35 heures qui est largement positif. Il continue à tourner dans Twitter avec cette infographie qui montre l'évolution du temps de travail dans différents pays.

Ce qui saute aux yeux c'est que la baisse est générale sauf en France. D'ailleurs, dès le retour de la droite au pouvoir, en 2002, il a monté.

Dans l'ordre décroissant, parmi les pays, on trouve :
Espagne,
France,
Italie,
Royaume-Uni,
Allemagne,
Pays-Bas.


Du coup, j'ai fait le classement, toujours par ordre décroissant, de ces pays, selon leur taux de chômage (données Eurostat) :
Espagne,
Italie,
France,
Pays-Bas,
Allemagne,
Royaume-Uni.

L'ordre n'est pas le même mais les trois pays où le chômage est en dessous des 8% sont ceux où les gens travaillent le moins. Si on y réfléchit un peu, c'est l'évidence. Je ne vais pas en faire une théorie fumeuse, hein !

A part ça, Manu et Manu, la question n'est pas de savoir si le travail dominical est de gauche ou pas...

28 août 2014

On ne touche pas au temps de travail !

Ca ressemble à un premier couac : Emmanuel Macron a dit qu’il n’était pas opposé à un retour sur les 35 heures. Ca n’est pas un couac : il l’a dit dans une interview réalisée avant sa nomination au gouvernement. Il n’empêche que méchants twittos de gauche continue à délirer comme s’ils n’avaient pas vu les démentis du gouvernement. Il n’empêche que dans les propos de Macron (au micro…), on peut relever quelques sujets d’inquiétude…

Ce désir de nuire et ce manque de recul sont amusants. Ce matin, je me baladais dans Facebook et lisais quelques commentaires de retardataires donner leur avis sur le remaniement. J’ai vu une petite dame qui déclarait, ce matin : remplacer un industriel par un financier au ministère de l’économie est lamentable. Je vous passe le fait que M. Macron n’est pas un financier (ni une religieuse, d’ailleurs, et encore moins un Paris-Brest) mais ma petite dame n’avait pas remarqué que M. Montebourg n’était pas un industriel. C’est rigolo.

Revenons aux 35 heures…

Moi, vous me connaissez ! Ma gauchitude ne se traduit pas par une défense immodérée du droit du travail. D’ailleurs mes camarades gauchistes ne devraient pas oublier que nous sommes censés défendre les opprimés, tels de braves Robin des bois, qui sont essentiellement des gens qui ne sont pas concernés par le droit du travail, notamment des chômeurs mais aussi des salariés précaires, ce qui est à peu près tout le cas de tous ceux qui bossent dans les petites boites.

Il n’empêche que j’ai des marottes. Le temps de travail en est une tout comme la défense du CDI ce qui me pousse hurler occasionnellement contre le statut des intermittents et celui des autoentrepreneurs qui sont majoritairement utilisés par le patronat pour contourner le droit du travail. Alors, ce dernier, hein ! Pourquoi défendre les seuils sociaux alors que dans notre monde merveilleux que l’on prépare le salariat sera un jour remplacé par de la sous-traitance auprès de braves gens avec un statut particulier.

Je dis ça, j’ai l’air de déconner, mais je suis extrêmement sérieux ! Prenez mon job. Dans l’informatique, on a toujours fait appel à de la sous-traitance parce que les projets ont par nature une durée limitée et la quantité de travail est élastique. J’ai moi-même été salariés de SSII pendant 20 ans. Je dis que j’étais consultant parce que ça fait plus joli. Ainsi, dans mon service, aujourd’hui, il y a un bon tiers de « prestataires de services » que nous « louons » à des SSII. Figurez-vous que, maintenant, de plus en plus de ces prestataires ne sont plus salariés de leurs SSII mais sont autoentrepreneurs, entrepreneurs individuels voire salariés de toutes petites SSII. Notez bien qu’hors période de crise, ça arrange bien tout le monde : le prestataire gagne plus d’oseille et la SSII n’a pas de contraintes de gestion.

En résumé, moi, représentant d’une grosse entreprise, quand j’ai besoin de main d’œuvre, je fais appel à une société spécialisée (la SSII) qui me fournit du personnel qu’elle récupère à droite ou à gauche. Je n’ai donc pas de problème de gestion de personnel.

Il ne me surprendrait pas que ce mode de fonctionnement finisse par devenir la norme… Tiens ! Je connais quelqu’un qui est traductrice scientifique à son compte. Elle travaille soit pour des sociétés de traduction soit directement pour des entreprises qui ont besoin de traduction (publications scientifiques et autres notices ! Je me rappelle une fois, il y a une petite vingtaine, d’années où je l’avais aidée vu que j’avais internet et pas elle, j’avais passé des heures à me renseigner à propos des ciments). Toujours est-il qu’elle ne compte pas ses heures. Le matin, vers 6 heures, sur le PC, à travailler, vers 7 heures, elle s’occupe des enfants puis se remet au travail jusqu’à la fin de l’école, rapatrie son monde à la maison, se remet au travail, revient pour le repas et, quand les mômes sont couchés, rebelote. Pendant des périodes, elle n’a pas de client et peu souffler un peu mais le pognon ne rentre pas. Alors pendant les vacances, elle amène son ordinateur, se connecte à internet via la 3G de son iPhone et au boulot ! Le pire est qu’elle n’a pas le choix. Ce mode de fonctionnement est devenu un standard de la profession qu’elle a choisi il y a vingt ans, mais, outre le fait qu’il faut bien faire rentrer de l’argent, il faut bien qu’elle réponde aux besoins des clients, sinon ils vont chercher ailleurs et elle perdrait toutes ressources.

Elle ne connait ni les 35 heures, ni les 5 semaines,… Elle ne facture pas son travail au temps passé et personne ne peut savoir le nombre d’heures qu’elle y passe. Et cela pourrait bien être le cas de plus en plus de monde. Ou, du moins, il pourrait très bien y avoir de moins en moins de salariés.

Ainsi, si j’étais ministre de l’industrie, j’irais voir mon collègue ministre du travail et je me tournerais vers les partenaires sociaux pour leur suggérer de réfléchir à tout ça. Outre le fait que le travailleur n’est plus protégé par le code du travail et ce qu’il y a avec, l’entreprise ne verse plus de salaires et de cotisations sur le travail, c’est le prestataire qui paye ces cotisations (salariales et patronales, je ne sais pas exactement comment ça marche), en plus des différents impôts. L’entreprise ne paye qu’une facture globale en fonction de la prestation, majorée de la TVA par ailleurs récupérable.

Le modèle de société change… Et je ne suis pas Don Quichotte.

Revenons aux 35 heures…

Le temps de travail est globalement encadré par un nombre d’heures maximum par semaine, un nombre de semaines travaillées par an et un nombre d’années de travail au cours d’une vie. C’est un résumé mais, pour moi, la problématique du chômage ne peut pas être distincte de celle de la retraite… En gros, au cours de ta vie, tu devras travailler 64 000 heures et basta.

La limitation du temps de travail couvre plusieurs aspects.

Le premier est que c’est un acquis social, une conséquence du progrès et le résultat d’années de revendications, de luttes,… Il n’empêche que s’il y avait le plein emploi et que nous n’arrivions pas à produire suffisamment pour satisfaire nos besoins, nous concevrions très bien de travailler plus.

Le deuxième est que c’est garde-fou au « travailler plus pour gagner plus ». Des gens qui en ont la capacité pourraient souhaiter faire plus de 60 heures par semaine pour gagner du pognon. Je me rappelle d’une histoire qui avait fait l’actualité : une femme de ménage était salariée de deux entreprises différentes ce qui fait qu’elle dépassait 48 heures par semaine. La justice avait sévi.  Mais je me rappelle de commentaire de gauchistes à la petite semaine qui la plaignait… Avec la fin annoncée du salariat, il est temps de penser à ce sujet sérieusement…

Le troisième, et c’est ce qui génère ce billet suite aux propos de M. Macron, c’est que c’est un élément de partage du travail et donc des revenus. Si 9 types travaillent 39 heures, ils fournissent 351 heures de travail, ce qui pourrait occuper 10 lascars aux 35 heures. Evidemment, tout n’est pas une question de mathématiques et tout n’est pas aussi simple…

C’est un peu comme le travail le dimanche, tiens ! Si l’ensemble des Français ont 20 milliards (je dis ça au hasard) à dépenser par an dans les grandes surfaces spécialisées, qu’ils le fassent sur six jours ou sur sept ne change pas grand-chose et ne profite pas à l’économie, sauf dans les zones touristiques où pourrait consommer une clientèle étrangère.

Ainsi, les salariés français travaillent au total environ 40 milliards d’heures par an. Il me paraitrait à peu près plus juste de les répartir entre 30 millions de personnes qu’entre 20… Le coût serait le même et le montant que les Français auraient à dépenser dans l’économie. A droite, on dit qu’il faut travailler plus pour faire marcher l’économie et sortir de la crise. Ils ont raison ! Mais ce sont les 40 milliards qu’il faudrait augmenter, par le travail hebdomadaire de la partie de la population qui en a un.

Le ministre de l’industrie est chargé de permettre d’accroitre ce potentiel global de 40 milliards (que j’ai d’ailleurs sorti au hasard : ça fait 25 millions de salariés multipliés par 1600 heures).

Par contre, M’sieur Macron, M’sieur Rebsamen, M’sieur Valls et M’sieur pépère, ne touchez pas au 35 heures, bordel !

D’autant qu’avec la fin programmée du salariat, on est un peu dans la merde, et, surtout, qu’avec le progrès technologique, on a besoin de moins travailler pour subvenir aux besoins de la population (surtout qu’on achète des produits faits à l’étranger par des gens qui travaillent à notre place, ce qui n’est pas plus mal, au fond, mais fait sortir du pognon du pays).

Dans dix ans, toutes les caisses des supermarchés seront automatiques. Il n’y aura plus de caissière.

C’est un exemple. Je vais en prendre un autre. Je discutais hier avec un collègue. Mon boulot est de concevoir des logiciels. Le sien est d’aller les installer dans les agences « pilotes » (les premières qui vont utiliser ces machins pour les tester avant de les mettre dans toutes les agences). Hier, il me disait que les agents étaient inquiet par notre dernière trouvaille parce qu’ils avaient effectivement moins de travail à faire. On les rassure comme on peut (z’inquiétez pas les gars, on ne va pas vous virer mais quand machin partira à la retraite il ne sera pas remplacé).

Qu’on ait moins de travail est très bien ! Ca nous dégage du temps pour faire les cons dans les réseaux sociaux. Il n’empêche que cette réduction ne doit pas profiter uniquement à l’actionnaire mais à toute la société. On appelle ça la redistribution aussi. Ca peut se faire par l’impôt et les cotisations pour donner des sous à ceux qui ne peuvent pas en avoir par le travail.

Mais ça peut aussi se faire par le partage du travail. Les 35 heures en sont un outil.

N’y touchez pas, bordel !


Sauf pour les serveurs de bistro quand j’ai encore soif après la fermeture.

28 janvier 2012

Les 35 heures et le projet de l'UMP

Notre reporter (moi) a fait preuve d’un maximum de courage et de bravoure pour chercher le projet de l’UMP, soumis au vote, aujourd’hui. L’enquête a été minutieuse malgré les très mauvaises conditions : il a fallu se rendre sur le site de l’UMP. Les milliers de clics ont permis l’aboutissement de cette tache ingrate. Le projet est là.

Je ne résiste pas à l’envie de donner l’adresse entière du PDF pour que vous puissiez le consulter (vous n’êtes pas obligé, hein !).


Le premier mot de cette adresse, « statique », m’ayant plongé dans une grande hilarité, j’ai eu du mal à entamer la lecture.

Et pourtant… Je me suis concentré sur la volonté de l’UMP par rapport à la durée du temps de travail.

Tout tient dans la page 4 sur 23. Tout en haut. La nouvelle ne l’est pas (nouvelle…) puisqu’elle est dans la presse, mais elle est bien confirmée.

« Nous voulons sortir définitivement des 35 heures par la négociation collective, en adaptant la durée du travail aux besoins des entreprises. »

Ils veulent supprimer la seule mesure dont l’efficacité réelle a été prouvée (mais je concède à mes trolls que cela peut se disputer, ce n’est pas l’objet de mon billet). L’UMP va devoir expliquer à tous les ouvriers et employés qui bénéficient des heures supplémentaires défiscalisées que la notion d’heures supplémentaires va presque disparaître, vu que le seuil va être reculé !

L’UMP critiquait la position du PS qui voulait revenir sur la défiscalisation ! Voilà qu’ils vont supprimer ces heures supplémentaires, dont la défiscalisation mais aussi la majoration de 25% !

L’UMP va devoir dire la vérité aux « cadres au forfait » : leurs jours de RTT vont disparaître. Il va falloir parler à tous les salariés que la flexibilité et l’annualisation du temps de travail mise en place à l’occasion du passage au 35 heures va être conservé mais qu’ils devront travailler plus.

Enfin, l’UMP devra expliquer aux entreprises et aux mesquins comme moi, ce qu’ils vont faire des exonérations de charges liées aux 35 heures.

Passé l’éditorial, le lecteur devra commencer la lecture des propositions. La première est introduite ainsi : « Les partenaires sociaux ont mis en évidence que nous travaillons moins que dans les autres pays européens et développés. » Les « partenaires sociaux » auraient participé au programme de l’UMP ? Ah ! Oui, il y a le Medef.

La construction du programme de l’UMP est basée sur un mensonge ou une erreur. Le temps partiel imposé est tel, en Allemagne, par exemple, qu’un salarié bosse en moyenne moins là-bas que chez nous…

« Pour créer plus de richesses dans notre pays et assurer le financement de notre modèle social, nous devons travailler plus. » ah oui, comme en 2007…

« Nous devons franchir une nouvelle étape et inciter les employeurs et les employés à ouvrir des négociations sur le temps de travail, dès 2012 en échange d’une augmentation des salaires et sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures. » Ouf ! Je racontais des bêtises, ci-dessus ! Pourtant, dans l’éditorial, ils disaient : « Nous voulons sortir définitivement des 35 heures » !

L’UMP veut proposer aux partenaires sociaux de négocier des augmentations de salaire.

C’est gentil.

« Nous maintiendrons le régime d’exonération fiscale et de charges sociales sur les heures supplémentaires, sur la base de la durée du travail définie dans le cadre de la négociation collective. »

Les salariés et les patrons n’auront presque aucun intérêt à modifier la barre des 35 heures. Quel programme efficace !

« Nous devons faire évoluer les seuils à partir desquels les PME doivent respecter certaines obligations sociales, pour continuer à protéger les salariés sans entraver le développement des entreprises et l’emploi. »

Traduction : supprimer les CE, CHSCT, représentation du personnel, … dans les petites boites.

Un peu avant, ils voulaient négocier la durer de travail entre partenaires sociaux. C’est logique : il ne restera plus que les représentants des patrons.

Si vous y comprenez quelque chose, faites le moi savoir !

En attendant le vrai programme de l’UMP.

12 janvier 2012

La droite traite les vrais sujets : aujourd'hui, le temps de travail.

Pendant que les blogs de gauche s’amusent à des bêtises (voir notre illustration, disponible par exemple chez Le Pudding, Melclalex et Variae) en répondant à M. Estrosi qui ne fait que raconter la vérité (le Fouquet’s est une vraie brasserie populaire où l’on peut facilement diner pour moins de 80 euros), la droite étudie les vrais sujets, en l’occurrence : le temps de travail.

C’est le cabinet Coe-Rexecode qui s’y colle ! Il est bien connu des blogueurs de gauche qui sont médisants puisqu’ils se permettent, à l’occasion, de se demander si les résultats des études ne sont pas fournis à l’avance par le Medef ou l’Elysée à ce cabinet.

Et qui publie l’étude ? Je vous le donne en mille ! Notre Pravda nationale à nous… Le Figaro. Voir l’autre illustration, à droite, un peu plus bas, si je ne me trompe pas dans la mise en page. Au bout des flèches rouge (je suis très fort en flèches rouge dans Paint), le titre principal et l’éditorial. Tiens ! Je vous rajoute une flèche verte (je suis moins fort qu’en flèches rouges mais je me défends) avec un entrefilet pour nous rappeler que les collectivités locales (majoritairement à gauche) sont responsable du déficit de l’état.

Mais le blogueur de gauche est tenace. Voire un peu vicieux pour embêter les gens de la droite officielle. Je suis allé trainer sur le site Bousier.com et je suis tombé sur cetarticle. Malheureusement, la deuxième phrase m’a plongé dans une crise de rire qui m’a empêché de lire la suite.

Retenez votre souffle.

« Les salariés français sont ceux qui travaillent le moins au sein de l'Union européenne... C'est le constat dressé par le cabinet d'étude Coe-Rexecode qui a demandé à Eurostat de retraiter les données concernant les 27 pays membres, pour dresser un comparatif de la durée effective annuelle du travail. »

Vous avez bien lu : l’obscur cabinet se base sur des chiffres pour produire une étude (c’est ce que j’ai entendu à la radio ce matin) mais demande à l’institution internationale de modifier ses méthodes de calcul… sans doute pour obtenir des résultats proches de ses attentes.

En reprenant mon souffle, après le café, j’en arrive à la conclusion suivante : les salariés à plein temps français travailleraient moins que les salariés à plein temps allemands mais les autres (les non salariés qui travaillent à plein temps et les temps partiels) travaillent beaucoup plus.

Du coup, on n’a absolument aucune idée du nombre d’heures moyen réellement travaillé par chacun et, après une lecture assidue de la presse, on constate que les allemands sont dans une situation tellement mauvaise qu’ils multiplient les temps partiels imposés.

On est dans l’expectative.

Alors le blogueur gauchiste vicieux va chercher l’information dans les Echos, que l’on peut difficilement, comme Bourier.com d’ailleurs, qualifier de gauchiste. Ca tombe bien ! L’édition du jour traite dusujet.

Avec son lot de perles…

« COE-Rexecode juge que l'Allemagne a, malgré une démographie déclinante, réussi son « partage du travail »en encourageant la négociation d'entreprise et le temps partiel. » Je vous livre ma traduction libre de droits. Faites-en bon usage : le partage du travail est donc une nécessité mais négocier le temps partiel entreprise par entreprise permet de mieux enfiler les salariés et de lui imposer des containtes.

« Sans contester l'intérêt des chiffres, l'OFCE ne partage absolument pas les conclusions qu'en tire COE-Rexecode. « Le bilan de la réduction du temps de travail sur l'emploi et la précarité est nettement plus favorable à la France qu'à l'Allemagne », juge l'économiste Mathieu Plane. Il relève que la France a créé 7 % d'emplois de plus que l'Allemagne entre 1999 et 2010 et que le volume total des heures travaillées y a moins baissé qu'outre-Rhin. « La baisse de la durée du travail s'est faite par la durée légale en France, contrairement à l'Allemagne où elle est passée principalement par la hausse du temps partiel, ce qui est une forme plus brutale d'ajustement car souvent subi », analyse-t-il. Même avec de nouveaux chiffres, le débat n'est donc pas prêt de se pacifier... »

Ils ont des bonnes idées, chez COE-Rexecode quand ils font des études pour faire plaisir à la droite et casser le temps de travail. Ca permet à la presse économique de donner des arguments aux blogueurs de gauche pour démontrer que la situation est bien meilleure en France qu’en Allemagne (ce dont on se fout, d’ailleurs, c’est bien une idée de droite de vouloir nous comparer avec un pays qui n’a rien à voir).

Mais le plus rigolo est ce que j’en retiens. L’OFCE conteste les conclusions du cabinet qui conteste les chiffres d’Eurostat.

COE-Rexecode, officine du Medef, seul contre les institutions internationales !

Au chiottes, le cabinet…

28 novembre 2011

Le chômage finira bien par reculer !

Le chômagemonte et Xavier Bertrand nous dévoile encore quelques nouvelles recettes, dont, je cite : un contrat CDI pour les intérimaires. On se demande bien ce que ça veut dire.

Mais, pour une fois, ce n’est plus de la faute des 35 heures. « Evoquant l'avenir des 35 heures, dont l'UMP affirme vouloir "sortir", Xavier Bertrand a indiqué que la France était déjà "sortie des 35 heures". » « Il a écarté l'idée de revenir sur la durée légale à 35 heures, car "les 35 heures permettent de savoir à partir de quelle heure vous payez plus des heures supplémentaires". »

Il est temps de reconnaître que toutes les gesticulations passées étaient donc totalement inutiles.

« M. Bertrand a indiqué que la durée moyenne du travail hebdomadaire était de "39,5 heures" » ! Ben oui…

Un de ces jours, il va reconnaître la vérité : les 35 heures ont créé 350 000 postes en France selon les estimations de l’OCDE et surtout de l’INSEE.

J’imagine quelques trolls me répondre à propos du coût des 35 heures. Je rappelle juste quelques détails récupérés ce week-end dans une précieuse documentation : « Le coût annuel des allègements de cotisations représente par contre 8 milliards pour les allègements « JUPPE » et « DE ROBIEN », qui ont créé à peine 7.000 emplois. Les allègements Fillon atteignent quant à eux 17 milliards en 2005, soit près de deux fois plus que les 35 heures. En outre, Les 35 heures n’ont pas empêché le déficit public et la dette de se réduire entre 1998 et 2002. »

Je rappelle également que les 35 heures ont permis de gagner de la compétitivité et que la France est devenue la deuxième terre d’accueil des investissements étrangers en 2002 (et est repassée troisième depuis).

Par ailleurs, quand M. Bertrand une durée moyenne hebdomadaire du travail, il pourrait ne pas oublier qu’elle est supérieure à celle de l’Allemagne et dans la moyenne de celle des différents pays de l’Union Européenne…

Il pourrait aussi rappeler que Nicolas Sarkozy avait déclaré fin 2010 : « Le chômage reculera l’année prochaine, l’économie repart, est contrainte de repartir, on peut s’en sortir. »

Mais il a oublié…

26 octobre 2011

Cacophonie budgétaire pour préparer le pire !

L’UMP voulait imposer une règle pour imposer des règles budgétaires dans la constitution avec la nécessité pour les gouvernements de montrer leur volonté sur plusieurs années d’assainir les finances et tout ça… C’est mignon de moraliser la constitution et les pratiques politiques… Mais, alors qu’ils présentent au gouvernement un projet de budget pour 2012 avec des hypothèses de croissance délirantes, ils annoncent déjà qu’il y aura un « Projet de loi de finance rectificative » probablement même avant la fin de l’année !

Si c’est ainsi que la droite Française veut montrer son sérieux en matière de préparation budgétaire, on est mal barrés ! Nicolas Sarkozy va parler à la télé, demain soir, et probablement insister sur l’importance de se serrer la ceinture pour rassurer les agences de notation et conserver notre bonne note… Pendant ce temps, le gouvernement et les députés UMP s’amusent avec des chiffres. Tu parles d’un sérieux ! Elles vont être vachement rassurées, les agences !

« "On est tous conscients qu'il va falloir aller plus loin, mais le saupoudrage, c'est fini, dit Catherine Vautrin, députée de la Marne. »

Je suppose que Madame Vautrin fait partie de ces députés qui ont voté la taxe sur les boissons gazeuses, la semaine dernière ! Bonjour la constance…

« "On est tous conscients qu'il va falloir aller plus loin, mais le saupoudrage, c'est fini, dit Catherine Vautrin, députée de la Marne. On ne peut continuer à aller sur des mesures de rabotage. On va entrer dans le dur. Il nous faudra faire, de toute façon, un effort de rigueur. Massivement, en termes de rendement, c'est la TVA qui rapporte le plus." »

Nous y voila ! On ne taxe pas les plus riches, on souhaite juste augmenter l’impôt le plus injuste…

Et voila un « entretien accordé par l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin aux Echos de mardi. "La question du taux intermédiaire de TVA est posée", indiquait le sénateur de la Vienne, évoquant aussi la possibilité de "revenir sur les allégements de charges en compensation des 35 heures". »

Ah ! On pourrait se réjouir de cette mesure (qui de mémoire était prévue dans les lois Aubry mais a été annulée par un certain François Fillon vers 2004, alors qu’il était dans le gouvernement de Monsieur Raffarin)…

Mais, elle est déjà dans les tuyaux depuis quelques temps. Mon confrère Slovar en parlait en juin 2011. Je vous invite à relire son billet. En clair, pour éviter de faire hurler les organisations patronales avec cette mesure, des contreparties leur seraient proposées.

Comme la suppression de la durée légale du travail ou le fait de faire supporter la protection maladie sur les seuls salariés. Sur un fond de hausse de TVA...

Voila ce que cache les errements de notre gouvernement dans la préparation du budget, sur fond de sommet Européen dont on ne sait même plus s’il faut attendre quelque chose ?


04 juillet 2011

Laissez-nous nos 35 heures !

De mémoire, dans leur programme, les socialistes ont prévu de supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires, ce qui est la moindre des choses. Il n’y aucune raison valable que, sous prétexte qu’on travaille dans une entreprise qui a besoin de monde, on soit moins imposable que les autres… Une question de justice sociale. Sans compter que quand ça revient à un patron de payer moins cher des heures supplémentaires qu’un nouvel employé, il ne crée pas d’emploi. C’est presque mathématique mais je connais des couillons de libéraux qui pourraient nous expliquer le contraire.

On parlait ce week-end du projet de l’UMP qui se met progressivement en place, on entend parler d’une augmentation de la TVA. C’est inique et c’est comme la mesure ci-dessus : l’impôt perdra de la progressivité. Ce sont donc encore une fois les moins nantis qui vont en prendre plein la gueule (et moi, s’ils augmentent la TVA sur la bière).

L’autre grand volet de ce projet est la suppression des 35 heures. D’ailleurs, je me demande s’ils ne l’avaient pas déjà promis. Je vous laisse aller lire Dagrouik, il parle très bien de ce volet du projet.

Je voudrais juste revenir sur une bricole.

Quand le PS a sorti son programme, je me rappelle que Nicolas Sarkozy avait ironisé à propos du projet, en se demandant comment le PS allait expliquer à ses électeurs qu’ils aller toucher moins de pognon.

Dans la mesure où l’UMP préconise une augmentation de la durée de travail et une négociation par branche ou par entreprise de cette durée maximum, je vais donc lui reposer la question. Avec la suppression des 35 heures, c’est la notion même d’heures supplémentaires qui va disparaître. Je voudrais donc savoir comment il va expliquer à ses électeurs que leurs revenus vont baisser…

Soyons clairs tout de suite : il ne le fera pas. C’est sa cible électorale, celle du « travailler plus pour gagner plus » qui en pâtirait. Ce n’est pas celle du PS, qui a beaucoup de salariés qui bossent dans des grosses entreprises, des administrations, … où les heures supplémentaires sont rares… et les électeurs beaucoup naturellement bien ancrés à gauche.

Nous assistons encore à un processus typique à l’UMP : les cadres du partis lancent des rumeurs, des projets, … pour motiver l’électorat traditionnel, pour rappeler aux libéraux (ou leur faire croire) que le libéralisme est bien de leur côté.

Selon les réactions, les chefs (Jean-François Copé ou François Fillon) contrediront « ah mais non ce n’est pas dans le projet » ou « oui il faut poursuivre les réformes pour moderniser la société » (comme si travailler plus en étant payé moins).

Mais Nicolas Sarkozy n’aura pas le choix. Pendant sa campagne, il sera obligé de dire qu’il conserve les 35 heures, durée légale du travail à partir de laquelle s’applique les heures supplémentaires. Il apparaitra comme un sage qui défend le peuple et pourra à loisir taper sur le PS…

C’est aussi maintenant qu’il faut casser les propositions de l’UMP. Le PS ne doit pas rester avec les yeux rivés sur DSK. Il faut refaire de la politique.

Les 35 heures doivent être maintenues et la gauche doit y montrer son attachement. Surtout aujourd’hui quand on parle encore d’augmenter le nombre d’années de cotisation pour la retraite.

Quand est-ce que je vais trouver le temps d’aller au bistro, moi ?

24 janvier 2011

Michel Rocard et la réduction du temps de travail

Je n’ai pas l’habitude de dire du bien de Michel Rocard mais je suis bien content de sa déclaration au Monde (je n’ai pas lu l’interview, juste des dépêches l’évoquant) : il y a enfin un dirigeant socialiste qui dit qu’il faut poursuivre la réduction du temps de travail, avec quelques chiffres à l’appui.

« "Nous travaillons quelque 38 milliards d'heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs - près de 2,9 millions - il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d'heures collectivement", relève-t-il.

"Mais pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c'est d'autant plus nécessaire que la durée de vie s'allonge", poursuit-il. »

Cette baisse du temps de travail hebdomadaire doit être la contrepartie du relèvement de l’âge de départ à la retraite récemment fait par le gouvernement.

« Par ailleurs, alors que le gouvernement veut réformer avant l'été la fiscalité du patrimoine, l'ancien Premier ministre se prononce pour la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "A condition qu'on le remplace par un impôt annuel sur l'ensemble du capital des entreprises, et que cela se fasse à un niveau tolérable", dit-il. »

Je ne sais pas ce qu’il entend par un impôt sur le capital des entreprises mais la proposition mérite d’être étudiée.

Cela dit, il faut être vigilant : la baisse du temps de travail ne doit pas s’accompagner d’une perte de revenus pour les gens, cela serait dramatique.

17 janvier 2011

Les vieux et le travail

Après avoir lu le billet de Dagrouik, j’ai été voir la présentation qu’il nous propose, à propos d’un sondage. Je ne vais pas refaire le billet de Dagrouik, z’avez qu’à le lire. Mais, les résultats ont quelques chose de surréaliste : ce sont les retraités qui pensent les salariés ne travaillent pas assez et qui voudraient supprimer les 35 heures.

De quoi se mêlent-ils ?

05 janvier 2011

La Valls des trolls

Hormis l’histoire de Séguéla qui nous explique que les Chinois sont heureux avec 100 euros par mois et Eric Woerth qui remet tous les torts sur François Fillon dans l’histoire de Compiègne, l’actualité politique est encore dominée par les propos de Manuel Valls (le pearltrees est chez Yann qui vient d’y ajouter le Faucon et son point de vue « de droite »).

C’est sur le billet d’Elmone que je veux rebondir, ce matin. Je tiens néanmoins à présenter mes excuses à Monsieur Valls, au nom du peuple Français, pour tous les titres de billets idiots avec des jeux de mots idiots avec son patronyme.

Elmone nous propose de débattre et il pose des bonnes questions. Pour ma part, je ne veux pas débattre. J’ai encore été trollé, hier, par une andouille anonyme qui m’expliquait les vertus du travail et qui pensait que les Français voulaient travailler plus pour gagner plus. Pauvre taré anonyme qui s’imagine que le "travailler plus" est la préoccupation des Français, comme tentent de le faire penser de pitoyables sondages. La préoccupation des Français est d’avoir un niveau de vie correct, de pouvoir entretenir leurs familles dans des conditions décentes, d’acheter une Kinect pour le Noël des petits.

Pauvre taré anonyme qui s’imagine que je pourrais soutenir un responsable politique qui mentirait à ce point aux Français en leur expliquant que leurs conditions de vie immédiates pourraient être améliorées par trois heures de plus par semaine.

Ca fait des années, peut-être trois, depuis que mon blog est un peu connu, que je n’avais pas été trollé par un taré anonyme s’imaginant qu’il allait pouvoir me convaincre d’abandonner l’idée que travailler plus est une régression et une très mauvaise idée économique. Pauvre taré anonyme qui n’a pas compris que certaines discussions ne sont pas utiles ailleurs que derrière un comptoir parce qu’il le faut bien.

Je ne veux pas débattre de la réduction du temps de travail avec des gens de droite. Je veux bien discuter avec des copains de droite, comme FalconHill, Corto ou Vlad, parce qu’ils sont devenus des copains et que c’est toujours un plaisir de discuter avec eux, mais je ne veux pas débattre avec des tristes abrutis?

Je veux juste que les hommes politiques s’expliquent clairement, devant les Français ; c'est-à-dire pas dans des tribunes du Monde ou du Figaro ou de sombres émissions politiques du dimanche écoutées par des gens fortement impliquées dans le débat politique ; c'est-à-dire au journal de 20 heures, à la une du Parisien, voire de l’Equipe ou de Paris Turf !

Je veux que Manuel Valls explique aux Français qui font des heures supplémentaires qu’ils perdront de la rémunération, notamment les « 25% » de bonification sur trois heures par semaine.

Je veux que Manuel Valls explique aux Français comment, à l’embauche, on pourra réellement choisir sans subir de contrainte si on veut un contrat à 35 ou à 38h. Je veux qu’il explique aux Français, au cas improbable où un employeur laisse le choix, comment on pourra refuser de choisir 38h histoire de mettre du beurre dans les épinards.

Je veux que Manuel Valls explique comment il donnera des incitations fiscales alors que les 35 heures coûtent déjà une fortune avec les exonérations. Je veux que Manuel Valls jure aux Français que les 5 ou 10% que gagneront en plus les gens ne seront dépensés immédiatement à la caisse de chez Auchan ou Carrefour à cause de la TVA sociale qui compte mettre en œuvre.

Je veux que Manuel Valls explique aux Français que les patrons accepteront qu’on revienne sur ce qu’ils ont obtenu pendant les négociations, ne serait-ce que par la flexibilité, si on se remet à travailler plus. Je veux que Manuel Valls explique aux nombreux Français dont le travail est annualisé qu’ils vont perdre 10 ou 20 jours de congés par an, qu’ils ne pourront plus poser de RTT pour garder leurs gamins malades (ou aller voir leur mère en Bretagne…).

Je veux que Manuel Valls explique aux Français que la France perdra mécaniquement sa première place au classement de la productivité horaire occupée actuellement.

Je veux que Manuel Valls explique aux Français en quoi c’est mal de regarder 10 ans en arrière alors qu’il veut nous faire faire la plus grosse régression sociale depuis des centaines années, en confirmant l’augmentation de la durée du travail déjà entamée par la réforme des retraites.

Je veux que les hommes politiques en général nous expliquent en quoi ils peuvent être fiers de nous enfermer dans un système économique qui n’en finit pas de s’effondrer depuis 40 ou 50 ans.

Je veux que les hommes politiques nous expliquent pourquoi tout en consommant toujours plus, en améliorant toujours la productivité, en augmentant chaque année la production, on continue à se taper une dette incroyable, à frémir devant un AAA mal embouché et surtout à avoir des millions de chômeurs et de pauvres.

Une fois qu’on aura toutes les explications, droit dans les yeux, et, surtout, droit dans les yeux des Français, pas uniquement dans des forums ou blogs politiques, alors, je voudrais bien débattre.

04 janvier 2011

Des vérités sur les 35 heures

Je vous invite à lire (entièrement) cette intéressante note de Gérard Filoche (trouvée chez Slovar) à propos des 35 heures.

L’heureux récent retraité (nous papotons parfois dans twitter) est un spécialiste du droit du travail et rappelle ainsi un certain nombre de vérités, la première étant que la plupart des dirigeants politiques (de droite comme de gauche) racontent n’importe quoi tout comme, d’ailleurs, les blogueurs, dont un gros frisé avec une cravate à chier. Les 35 heures n’ont pas à être déverrouillées (comme le dit Manuel Valls) : « 35 heures » correspond à la durée légale du travail, point barre.

Les heures effectuées en plus sont des heures supplémentaires.

Tout le reste tourne autour de :
-         la durée maximum de travail hebdomadaire (48 heures),
-         le contingent annuel d’heures supplémentaires autorisées (déjà énorme, porté à 220 heures par François Fillon),
-         le taux de majoration des heures supplémentaires (à 25%).

N.B. : A mon avis, il faudrait y ajouter une donnée dont parle souvent Monsieur Filoche dans twitter : 1600 heures de travail par an, c’est ce que représentent 35 heures par semaine sur une année ; on ne peut pas appliquer strictement 35 heures dans tous les domaines, notamment par ce qu’on appelle les cadres au forfait (quand on bosse 8 heures par jour avec 10 jours de RTT, ça nous fait 2135 heures : je veux bien être payé en heures supplémentaires pour 535 heures).

Toucher à ces 35 heures en « les augmentant » reviendrait à baisse de la rémunération des salariés (ils perdraient les 25% supplémentaires et la défiscalisation) : je ne sais pas si Manuel Valls et l’UMP ont prévu d’expliquer ça aux salariés.

Sinon, qu’ils m’expliquent quel autre « chiffre » ils souhaitent modifier ?

S’il y a un ménage à faire par la loi, c’est de supprimer – ou au moins étudier – toutes les dérogations diverses qui permettent à des employeurs de ne pas majorer les heures de 25% quand le salarié dépasse 35 heures par semaine…

Lisez donc cette note…

N.B. :
- vous pouvez lire également Marc Vasseur qui nous a trouvé un rapport remis au Président des Etats Unis, indiquant que le nombre d'heures travaillées aux USA est en moyenne de 33 heures,
- vous pouvez lire aussi Romain Blachier qui nous montre comment il est devenu ridicule, aujourd'hui, de raisonner en "quantité de travail".

02 janvier 2011

L'oligarchie vous salue

L’année est repartie !

L’UMP parisienne recommence à ressembler à n’importe quoi. Les blogueurs font leur bilan. Je prends des résolutions, dont celle de mettre des photos de cul, dans ce blog. Je commence avec des photos de moi avec des copains et des copines, presque à poil, au bord de la piscine, cet été, n’ayant pas d’autre modèle sous la main. Et les chaînes de blog redémarrent !

C’est Yann qui commence à me taguer. « Nicolas Sarkozy peut être remplacé, y compris par un(e) leader socialiste, en préservant les intérêts essentiels de l'oligarchie. » La question est très compliquée pour un dimanche matin, on n’y comprend rien. Je vais répondre « oui et non ». Quel que soit le président élu, il sera obligé de ménager la chèvre et le chou. On est mal barrés.

Je vais donc répondre à Alain Lambert, mon copain de Twitter mais visiblement pas de politique. « Nous avons été anesthésiés par les 35 heures, les RTT, le RMI, le RSA, et autres tromperies du même genre. » dit-il ! Je vais répondre rapidement : non. Trop facile. Nous avons été anesthésiés par des années de politique imbécile à la botte d’une oligarchie qui n’a pas probablement rien demandé : la France est la troisième destination préférée des investisseurs, la presse nous le rappelait récemment.

La dette que vous dénoncez sans cesse et qui réduit toute les marges de manœuvre n’a pas commencé avec les 35 heures ou le RMI : elle n’a pas vingt ans, elle croit progressivement depuis près de 40. Vous n’aviez pas trente ans, vous n’étiez pas vieux. Nous avons été anesthésiés par des personnalités politiques qui n’ont pas vu un changement, qui ont continué à puiser dans la caisse pour faire des conneries.

Je vais avoir 45 ans cette année ; je vis dans une France en crise depuis l’âge auquel on commence à s’intéresser à l’actualité. Pour vous dire, je me rappelle même quelques interventions de Pompidou, à la télé. Ce n’est pas ma génération, celle des 35 heures, du RMI, des radios libres et du Sida qui a créé la merde dans laquelle nous sommes.

Ma génération, elle, elle est dans la merde. C’est presque la première génération a subir les effets de cette gestion inconsidérée. Ce n’est pas de savoir que mes copains plus jeunes connaîtront pire qui me rassure.

La France est riche : c’est la cinquième puissance économique mondiale, avec devant nous un pays de cinq fois plus d’habitants et un autre de 10.

Ce n’est pas de travail dont nous avons besoin, c’est de justice.

Alors, dans les blogs, nous continuerons à dénoncer cette politique inique.

Je vais répondre à Yann : je me fous de l’oligarchie. Elle continue à gagner plein de pognon et en a gagné plein quand nous sommes passés aux 35 heures. La dette n’est qu’un transfert de fond entre notre poches et les leurs. Les exonérations de charges, lors du passage aux 35 heures ont continué à profiter à l’oligarchie.

Nous allons continuer, dans les blogs.

Nous somme dimanche, la vie reprend son cours après les agapes rituelles.

26 mai 2010

C'est de la faute à Mitterrand !

On le sait ! Quand ce n’est pas de la faute aux 35 heures, c’est celle de Mitterrand. Nicolas Sarkozy l’a dit aujourd’hui : Il « a regretté que l'ancien président François Mitterrand ait abaissé l'âge de la retraite de 65 à 60 ans, estimant qu'"on aurait eu beaucoup moins de problèmes" s'il s'était abstenu, a dit mercredi un élu UMP à l'AFP confirmant des propos rapportés dans la presse. »

Ah ! Ma manie de commencer mes billets de blog sur une intuition, avant d’avoir lu la totalité de la dépêche. Il n’a pas oublié les 35 heures.

« "Il faut quand même se rappeler que c'est François Mitterrand qui a abaissé l'âge de la retraite de 65 à 60 ans. Entre ça et les 35 heures, on aurait eu beaucoup moins de problèmes" si François Mitterrand, puis les socialistes, s'étaient abstenus, a dit M. Sarkozy, selon un élu UMP qui assistait au meeting. »

Nous allons quand même rappeler que les gouvernements successifs de droite sont « comptables » de 63% de la dette (vous pouvez compter). Je ne vous parle pas de celle à fin 2010. Tiens ! Pour rigoler (source), on pourrait faire des calculs intéressants sur le taux de chômage.

1981 : 6,5%
1986 : 9%
1988 : 9%
1993 : 11%
1997 : 11%
2002 : 7%
2009 : 9%

Et il faudrait qu’on travaille plus longtemps, maintenant… A cause de Mitterrand et des 35 heures.

(plus de lecture chez le Grumeau)

17 septembre 2009

Le progrès technologique détruit des emplois. Et alors ?

Seb est un blogueur de droite ou libéral. Rayez les mentions inutiles. Non, andouille. Ne raye pas les deux. Toujours est-il qu’il fait un bon billet, ce matin. Enfin, plus exactement, il aborde un thème intéressant et je partage son constat, que je vais résumer : « les caisses automatiques qui se développent dans les supermarchés détruisent des emplois, et alors ? ».

Je t’entends bien, toi, là, dernière ton clavier, te disant : « Ah ! Les fumiers ! Ils défendent le chômage… ». Ca n’a rien à voir. D’ailleurs, toi-même, que fais-tu ? Tu boycottes les magasins avec des caisses automatiques ? Tu boycottes les stations service sans pompiste ? Ah non ! Les pompistes n’existent plus ! Tu boycottes, alors, les stations service où on paye par carte sur un automate ? Tu boycottes les parkings où on ne peut payer que sur des bornes ? Tu vas boycotter le nouveau système de rechargement de passe Navigo par Internet, récemment annoncé par la RATP ? Tiens ! Tu boycottes les bornes de rechargement Navigo ? Pour te loger, tu as choisis un immeuble avec gardien ? Tu boycottes la déclaration de revenus par Internet ? Tu boycottes la réservation de spectacle, de voyages, … par Internet ? Tu boycottes le distributeur automatique de café au bureau ? Tu boycottes les sanisettes quand tu as une envie pressante ?

Hop ! Avant d’insulter les gens en les traitant de fumier pour une parole politiquement incorrecte, que tu sois de droite ou de gauche, fais donc attention à ton propre comportement ! Trop facile de lancer des idées…

Pour ma part, ça fait 10 ou 12 ans que j’ai un abonnement Navigo avec le pognon directement prélevé sur mon compte ce qui m’évite de faire chier un pauvre préposé. Et que je boycotte certains automates (notamment les stations services et les péages d’autoroutes). Mais pour d’autres raisons. Ce n’est pas l’objet du billet.

Nous avons, d’un côté, le progrès technologique. Dans 10 ans, tous les produits que nous achèterons seront équipés d’une puce RFID (ou autre), nous passerons le caddie devant une borne qui calculera automatiquement ce que nous devons puis passerons devant une caméra qui par « reconnaissance faciale » nous identifiera automatiquement pour débiter immédiatement notre compte en banque. Le tout sous le regard médusé d’autres caméras, pour éviter la fraude avec un brave vigile devant une dizaine d’écrans.

On ne lutte pas contre le progrès. Il y a dix ans, je ne savais pas que je serais number one d’un machin de blogs en l’animant à partir d’un iPhone posé sur le comptoir d’un bistro pendant que je raconte des bêtises avec les copains.

Nous avons, de l'autre côté, des boulots chiants. La vie évolue ainsi. Des emplois disparaissent. Les pompistes ont disparu. Les caissières disparaîtront. Désolé, Mesdames. Et Messieurs, pardon. Ce sont des boulots chiants. Avec des horaires chiants. Par exemple, les caissières vont bosser de 11h à 14h30 et de 1730h à 21h30. Tu le ferais, toi ?

Des boulots chiants en moins… C’est l’autre facette du progrès ! Il n’y a plus de poinçonneur dans le métro.

Il y a l’aspect social ! Que vaut-il mieux ? Passer un caddie devant une borne et sortir en trois minutes ou faire la queue pour passer devant une caissière qui vous dira « Bonjour » parce que si elle le fait, elle sera virée par ses chefs ?

C’est sur la suite du billet de Seb que je ne suis franchement pas d’accord avec lui !

« C'est un fait, les caisses automatiques détruisent des emplois. Ce qu'il n'est pas totalement stupide de dire, c'est qu'elles en créent, aussi, peut être même plus que ce qu'elles n'en détruisent... ». Si, c’est stupide. Désolé. Si le patron d’une chaîne de supermarché achète des caisses automatiques pour se débarrasser, par exemple, de 1000 caissières au SMIC, ce n’est pas pour payer les charges correspondant à 300 ingénieurs à 3000 euros et 700 mainteneurs à 1500…

Les caisses automatiques détruisent des emplois. Point barre. C’est leur but. L’argument qu’elles en créent à côté est utilisé par les libéraux pour se donner bonne conscience et penser qu’ils peuvent continuer à promouvoir des conneries.

Seb a raison : « De tout temps la technologie s'est emparée de tâches auparavant aux mains des hommes. Poinçonneurs, Secrétaires (avant l'informatique), Standardistes... Ceux-ci détruits, d'autres, se sont créés, directement liés à l'innovation ou indirectement, construisant petit à petit l'évolution des sociétés. » Mais il se trompe : « Le plus triste dans cette affaire n'est pas vraiment la défense des emplois en dangers. Ce qui l'est, c'est l'incapacité chronique de nos systèmes éducatifs et de notre formation professionnelle à "recycler" les emplois détruits dans le système économique. ».

Non ! Le plus triste est que le système économique n’évolue pas en fonction des évolutions qu’il engendre.

Ca ne se jouera pas en interne d’une entreprise mais pour caricaturer, nos 1000 caissières ci-dessus pourraient rejoindre les 2000 autres salariés de la chaîne de supermarché, à d’autres postes, en permettant une réduction du temps de travail… Ce qui ne serait bien sûr possible si une grande partie du pognon économisé par le patron est utilisé pour verser des salaires corrects à tous ces gens qui travaillent moins.

Ainsi, les fruits des progrès technologiques bénéficieraient à l’ensemble de la population, pas uniquement aux « milieux financiers ».

Ce qu’il y a de déprimant c’est que Seb a environ vingt ans de moins que moi et n’envisage pas une société meilleure pour chacun. Il est au pied du mur et ne pense qu'à faire un grand pas. Que fera-t-il au bord du gouffre ?

Mais il a raison : « Pour le reste, on pourra boycotter ce que l'on veut, cela ne changera rien. »

Mais le progrès technologique va se poursuivre. Dans trente ans, si la cirrhose nous laisse en paix, nous aurons tous des voitures électriques qui se rechargeront pas induction (d'une électricité produite à partir de l'eau de mer) et qui nécessiteront une visite chez le garagiste tous les 50000 km. Je sais. Je suis optimiste. J’imagine un monde meilleur.

(photo).

N.B. : Vous avez remarqué ? Aucune perle n’a été lâchée dans ce blog aujourd’hui. Juste une caisse.

21 août 2009

Les Français : le peuple le plus productif au monde

On le savait déjà, j'en ai déjà parlé dans le blog. Mais c'est le résultat d'une nouvelle étude étudiée par Gaël (dès que Maxime l'a trouvée).

Je vous livre le résultat en anglais et en italique : "This puts the French Labor Alpha at about $0.50 GDP/Capita/Hour over the US. It may sound small at first, but add that up across millions of people, and a few decades. Now you've built a lesson for the rest of the world to learn. Winning is not about working hard. It's about working smart... and less. As the French know well."

Maintenant, vous m'expliquerez pourquoi la droite au gouvernement tient tant que ça à changer notre modèle social, à réformer notre droit du travail. Pour nous rendre moins productif ?

Ensuite, vous m'expliquerez pourquoi la droite au gouvernement tient tant que ça à nous faire travailler plus, pourquoi, depuis 2002, veut-elle "remettre les Français au travail" alors que c'est notre heure de travail qui est la plus productive !

Merci Gaël et Maxime !

20 août 2008

Créations d'emplois : les chiffres parlent

Il y a des dépêches AFP repérées au cours des nuits qui mettent de bonne humeur pour la journée des blogueurs gauchistes et noctambules comme moi. « L'emploi dans le secteur privé a progressé de près de 4% entre 2002 et 2007 en France, tiré par la construction et dans une moindre mesure par les services, un chiffre nettement inférieur à la hausse de 14% enregistré entre 1997 et 2001, selon un bilan publié mercredi. »

Cette dernière me met en joie car elle donne l’occasion de rappeler la nullité totale des projets économiques et sociaux menés par la droite au pouvoir depuis 6 ans et surtout du programme de Nicolas Sarkozy. Il n’arrive qu’à promettre une diminution du chômage au prix d’une précarité grandissante avec un seul résultat au final : un pouvoir d’achat en berne et une incapacité du gouvernement à intervenir. La réunion de quelques ministres autour de François Fillon, lundi, a encore une fois été grotesque. On peut en résumer facilement la conclusion : c’est à l’Europe de se démerder pour relancer l’économie. Mais je m’égare (tout en restant dans le deuxième de mes thèmes favoris, après le temps de travail : ce n’est pas en mettant n’importe quoi sur le dos de l’Europe qu’on fera aimer cette dernière aux Français).

Avec les copains des left_blogs, nous n’avons cesse de rappeler que la situation de la France vis-à-vis de l’emploi par rapport aux autres puissances économiques prouve que la politique actuelle d’allongement du temps de travail est mauvaise. Le nombre d’heures travaillées en France par salarié est supérieur à celui de nos amis étrangers. Favoriser encore plus les heures supplémentaires est une hérésie si on se place d’un point de vue de lutte contre le chômage et la précarité.

Il y a pourtant une évidence mathématique : on n’arrive pas à faire bosser tout le monde, faire bosser chacun plus est forcément contreproductif d’autant que l’augmentation des revenus tirée individuellement est engloutie dans l’inflation ou l’immobilier (ou les gadgets électroniques importés). Des pseudos intellectuels blogosphériques ne cessent de nous trouver des théories diverses pour nous prouver qu’il faut augmenter le temps de travail.

Pourtant, les chiffres sont là…