Mon billet d’hier matin portait sur une publication du Parti de Gauche qui désignait le Modem comme l’ennemi pour les régionales. Il me faut remettre le couvert. Les débats furent enflammés et je crois que je me suis trompé d’ennemi…
Enflammés mais à côté de la plaque, souvent. J’ai d’ailleurs bien aimé le commentaire du
Coucou, qui comme Dedalus (j’y reviendrai) et moi, appelons à du pragmatisme, comme dirait Nicolas Sarkozy.
Les premiers commentaires vinrent de mes copains blogueurs Ségolistes, notamment
Marc et Dagrouik qui appellent aussi au pragmatisme mais se méprennent sur mes intentions. Dagrouik a d’ailleurs fait un billet avec pour titre : «
Number one vote modem ! » (pour se foutre de ma gueule) avec
en introduction : «
Stupeur et persuasion dans la blogosphère lefto-pg-verte: Nicolas J devient partisan d'une grande coalition arc en ciel pour les 2nd tour de régionales ». Ce n’est pas ce que j’ai exprimé. Je n’ai pas parlé de coalition (ni d’ailleurs d’alliance). J’ai juste dit qu’au deuxième tour, dans une région, si le total des voix des partis « ancrés à gauche » ne suffit pas à battre l’UMP, il faudra bien se regrouper avec le Modem. Cela se fera en quelques jours dans des négociations (préparées à l’avance mais dépendant du poids de chaque liste au premier tour). Je ne peux donc pas cautionner un parti qui exclurait, d’emblée cette possibilité.
Se regrouper avec le Modem nécessite, par ailleurs, de respecter ses militants même si on ne peut pas blairer son chef.
Claudio (digne représentant de cette formation politique) est d’ailleurs intervenu, en fin de débat, pour nous le rappeler.
Mais je vais laisser Dedalus préciser
sa position, que je partage.
Je vais néanmoins répondre à Marc qui commente : « belle conversion Nicolas :) depuis le temps que certains s'échinent à dire cela sur le même raisonnement ». Il n’y a aucune conversion. On ne peut pas monter un projet avec le Modem mais on peut se causer et se respecter, comme pour toute formation politique avec qui nous pourrions nous rapprocher en vue d’un deuxième tour.
La discussion s’est poursuivie, dans les commentaires, avec la venue d’un illustre troll Ségoliste se sentant autorisé à donner son avis suite aux interventions de Dagrouik et Marc. C’est ainsi que j’ai découvert que Asse42 avait un blog puisqu’il me recommande la lecture
d’un billet. Je n’ai malheureusement pas réussi à le lire,
la première phrase me laissant dans un état d’hilarité sympathique : «
Actuellement les leaders socialistes sous les feux des projecteurs sont soit DSK soit Martine Aubry. » Un troll Ségoliste ne voit jamais que sa préférée fait plus souvent la une de la presse que la patronne du PS.
Ainsi, le débat est parti sur Ségolène Royal qui n’avait rien demandé dans cette affaire. C’est le problème avec les trolls Ségolistes, ils ne savent pas dire autre chose que « oui, mais Ségolène, elle, parle du fond ».
Un autre troll est arrivé, visiblement supporter du Front de Gauche bien qu’il s’en défende plus ou moins. Un seul argument : « le Modem est de droite ». Un troll politique (par opposition aux trolls réactionnaires) est con pénible. Celui là fut exemplaire de pénibilité. Je vais parler poliment : une fois que les désaccords sont exprimés, il faut en faire le constat et, putain de bordel de merde, arrêter de casser les couilles au taulier du blog, surtout si, comme moi, il s’efforce de répondre à à peu près tout le monde. Juste une question de politesse. D’autant que c’est mon blog et que j’y ai, par nature, toujours raison.
L’argument final est « tu refuses le débat ». Quand un troll n’arrive pas à convaincre un type, c’est forcément que le type refuse le débat. Jamais que le troll n’a que des arguments vaseux à exprimer. Jamais que le troll ne veut pas débattre mais imposer sa position. Mes commentaires d'hier sont à garder dans les archives de la trollitude.
Et,
enfin, j’ai eu mes copains partisans du Front de Gauche, Des Pas Perdus et Rébus, illustre membre des leftblogs (te voilà dénoncé, tu fricotes avec le PS). Il ne manquait plus que
lui.
Faut que j’arrête de faire le con avec les liens, moi ! Avec le nouvel algorithme Wikio, on va se retrouver avec Asse42 et Gauche de Combat en tête du Wikio Politique.
Des Pas Perdus, dans la journée, m’avait déjà répondu dans
son billet du jour : «
la droite ne se réduit pas à l'UMP... elle comprend aussi le MoDem dont les députés ont voté par exemple l'ultra-libérale directive "services". Le MoDem est un parti de droite, il n'y a qu'à lire le programme. Alors oui, espérons que la voie que le PS choisira ne sera pas la même que celle de ses partis frères du PSE. Enfin, une élection, même au 2d tour, ne se réduit pas à une équation... »
On a le droit considérer le Modem comme un parti de droite vu que son chef est de droite. A force de fréquenter les militants, dans les blogs, je n’en suis plus très sûr... mais un regroupement du PC au Modem a un barycentre bien à gauche. C’est quoi cette manie de penser qu’une région ferait une politique de droite parce que son axe central a du aller chercher 10% d’électeurs au centre ? Attendons donc les négociations de second tour.
« Une élection, même au 2d tour, ne se réduit pas à une équation... » : peut-être, mais l’équation est importante. On pourrait parler de projet, de programme, … Mais j’attends les textes pour l’Ile de France. Dans l’attente, la seule question est « voulons-nous maintenir la gauche dans une majorité de région pour faire barrage à la toute puissance de l’UMP ? »
Rappelons-nous les régionales de 2004 : Centre, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Ile-de-France, Lorraine, Basse-Normandie, Picardie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes. 9 régions dirigées par la gauche sans qu’elle obtienne 50% des suffrages au deuxième tour des élections. Elle ne doit la Présidence de ces régions qu’à la présence de listes du Front National.
Les équations comptent beaucoup. Une triangulaire, c’est mathématique !
Ce matin, je suis tombé sur
la vidéo d’un débat, chez Dagrouik, entre Daniel Cohn-Bendit et Jean-Luc Mélenchon. Regardez-là ! Et trollez Dagrouik, ça me fera des vacances.
Cohn-Bendit résume assez bien ma position mais mieux que moi, c’est son job. Par contre, Melenchon est très clair ; il propose à Cohn-Bendit une alliance entre Europe Ecologie et le Parti de Gauche pour battre le Parti Socialiste.
Je disais hier que le Parti de Gauche, par un communiqué de presse, avait désigné le Modem comme ennemi. Son chef vient de désigner le véritable ennemi : le Parti Socialiste.
Avant de commenter, écoutez bien Mélenchon. Et faites des équations… Europe Ecologie sera logiquement devant le Parti de Gauche (ou le Front de Gauche) aux élections. Mélenchon propose de faire campagne avec Europe Ecologie pour donner la Présidence au candidat Europe Ecologie pour faire sauter le PS.
Et on me parle d’équation, de tripatouillage, de fond, … C’est à ça que vous voulez jouer ? Alors, sans moi.
Heureusement, Daniel Cohn-Bendit est un homme avisé.