En salle

04 octobre 2012

Pigeons : la réaction du Gouvernement aurait-elle pu être plus rapide ?

Dans un bon billet, Versac (je ne savais pas qu'il bloguait encore !) revient sur l'affaires des pigeons et s'étonne de la lenteur de la riposte gouvernementale. Des copains des leftblogs semblent d'accord avec lui. Moi, je ne sais pas mais, en bon blogueur de gouvernement, je vais faire l'avocat du diable. 

Revenons sur l'affaire. Des entrepreneurs ont cru qu'avec la nouvelle loi de finances, ils allaient payer 60% d'impôts sur la plus-value en cas de revente de leur entreprise. L'affaire a rapidement buzzé sur le web, notamment dans Facebook, sur le thème "la gauche pénalise ceux qui créent des emplois".  Parallèlement, un autre buzz est parti à propos des auto-entrepreneurs à qui on a fait croire que leur statut allait être supprimé, ce qui est faux. 

Il est probable que les seconds se soient imaginés potes des premiers alors qu'ils ne sont, pour la plupart, que des travailleurs pauvres, obligés d'utiliser un statut un bancal créé par la droite pour permettre à ces gens de travailler, pour quelqu'un ou pour une boîte, sans contrat de travail (et donc sans droit du travail). 

Le deuxième buzz a fait plus de bruit que le premier mais a largement contribué à le faire monter. 

On sait maintenant deux choses. D'une part, à peu près toutes les informations alimentant ces buzz sont fausses. D'autre part, il semble que le premier buzz ait été démarré par des professionnels des réseaux sociaux, proches de la droite. On peut donc légitiment penser que le buzz des pigeons est une manipulation politique. On pourrait même imaginer que l'autre ait été créée pour l'alimenter. 

Toujours est-il que ce pataquès (les informations erronées : la fin du statut et la gauche qui pénalisent les créateurs d'emplois) ont fait la une de la presse lundi !

Le gouvernement aurait-il du ou pu agir plus rapidement ?

Voyons d’abord les blogs, d'abord. Beaucoup de blogs de gauche (mais pas moi) ont consacré des billets aux machins des auto-entrepreneurs. Les blogueurs de gauche ont mis plusieurs jours à faire des billets sur les pigeons, tant ils étaient occupés avec l'autre affaire. 

Moi, au contraire, c'est l'affaire des pigeons qui m'a intéressé. Je ne me jette pas des fleurs, je connais personnellement un des principaux agitateurs des pigeons, à savoir Pierre Chappaz, le patron d’une boite qui bosse avec les blogs et avec qui j’ai souvent échangé. Je m’intéresse donc aux billets qu’il écrit. 

Pendant que j'étais occupé avec les pigeons, mes copains des leftblogs s'occupaient des auto-entrepreneurs, histoire que j’ai partiellement zappée. J'ignore quelle a été la riposte du gouvernement à l'histoire des auto-entrepreneurs...

Ainsi, la réaction des blogueurs de gauche à l'affaire des pigeons a pris plusieurs jours. Dans, ce contexte, je vais donner un élément de réponse à la question qui justifie ce billet : peut-on reprocher au gouvernement d'avoir tardé quand on a nous-mêmes tardé ?

Je vais poser une seconde question : est-il légitime de penser que l'affaire des auto-entrepreneurs ait aussi été délibérément lancée pour faire diversion ?

Les deux affaires sont arrivées un week-end et ont fait la une le lundi. Pour qu'une riposte du gouvernement soit efficace, il aurait fallu qu’elle puisse être analysée par la presse alors qu’elle avait trois sujets en stock. Rétablir la vérité est très compliqué pour l'histoire des pigeons : je ne pense pas que des journalistes spécialistes de fiscalité soient de permanence le dimanche dans la presse grand public. 

Je pense donc qu'une riposte du gouvernement aurait été inefficace le dimanche, les journaux avaient trois bons sujets à traiter. 

Je pense aussi qu'elle aurait été matériellement impossible à organiser (il aurait fallu d'immenses cellules de surveillance des réseaux sociaux, alors que les temps ne sont plus à ce genre de gabegie pour détecter ça avant, plus des ministres, hauts fonctionnaires et autres disponibles et efficace un dimanche). Impossible. 

Ainsi, lundi, la presse avait trois sujets de choix :
-         la (fausse) fin du statut d'auto-entrepreneur,
-         la (fausse) taxation à 60% des revenus et donc la gauche qui tue ceux qui créent des emplois,
-         la (vraie) belle mobilisation par les réseaux sociaux des pigeons.

Le mal était fait ! Belle orchestration. 

Le gouvernement aurait pu répondre aux pigeons dès lundi. Cette réponse aurait généré deux lignes dans la presse. C'était trop tard.

En outre, réagir dans la précipitation est la meilleure solution pour faire des gaffes. 

La polémique à propos des auto-entrepreneurs est morte étouffée devant l'immensité du mensonge. Il reste donc deux sujets : la gauche qui défavorise la création d'emplois et les pigeons qui se mobilisent par les réseaux sociaux. 

Une opération de communication auprès du grand publique aurait été négative puisqu'elle aurait remis "un problème" en une. Il restait donc à se remettre bien avec les entrepreneurs et les sympathisants du PS. Ça a été fait à froid de trois manières :
-         la très bonne tribune de Fleur Pellerin dans Libération ce matin,
-         les propos de Pierre Moscovici, ce matin, indiquant que tout pouvait être corrigé,
-         une diversion avec l'annonce d'un plan de réduction du coût du travail avec un transfert certaines charges pesant sur le travail vers la CSG.

L'impact auprès du grand public sera presque nul, peut être vaguement positif : "mais non le gouvernement ne veut pas ruiner les créateurs d'emplois, il est à l'écoute". 

J'étais l'avocat du diable...

Je ne sais pas si le Gouvernement aurait pu réagir plus vite mais je suis persuadé qu’il aurait pu faire bien pire.

Il n’empêche que l’affaire n’est pas finie. La presse titre maintenant sur le recul du gouvernement devant les entrepreneurs.

D’ici à ce qu’elle titre « le gouvernement recule suite à une mobilisation sur les réseaux sociaux », ça va nous générer un beau bordel. Dès la fin de ce billet, je vais aller créer une page Facebook contre l’augmentation des taxes sur la bière.

Et les quelques milliards concédés à ces entrepreneurs bourrés de pognon (ben oui, s’ils payent des plus-values…) devront bien être récupérés quelque part…

La communication aurait pu être meilleure en y mettant plein de moyens (je parlais d'une grosse cellule de surveillance des réseaux sociaux, par exemple). Mais on a suffisamment critiqué Nicolas Sarkozy pour se mettre maintenant à une gabegie phénoménale.

Surtout, la communication n'a pas été franchement positive pour le précédent Président de la République.

Que François Fillon se taise (bis) !

En recevant le commentaire de mon copain FalconHill sur mon billet à propos de François Fillon, je me suis rendu compte que je n’avais pas été assez direct dans mon billet. De mémoire (ce qui avec moi, n’ai jamais une garantie), jamais dans l’histoire de la cinquième République, un ancien Premier Ministre, responsable d’une débâcle de son camp à des élections nationales, n’avait été aussi arrogant que François Fillon actuellement.

Ca ne m’empêche pas de souhaiter un bon anniversaire à FalconHill (dans la vraie vie, on ne s’engueule pas, on boit des bières !) !

Jamais un ancien Premier Ministre, responsable de la débâcle en question, en outre co-responsable de la ruine de la France, n’avait pris autant de haut la nouvelle majorité, ne lui avait dit ce qu’il fallait faire.

Hier matin, François Fillon a déclaré : « Dire à sa majorité que le traité n’est pas contraignant et qu’il n’oblige en rien la France à une politique de rigueur, c’est absolument irresponsable. » Ce qui est irresponsable, c’est d’avoir laissé exploser les déficits et la dette en étant Premier Ministre alors qu’on est déjà contraint par la constitution (qui intègre les traités Européens) à limiter le déficit à 3% du PIB et la dette à 60%.

Ce qui est irresponsable, c’est de négocier un traité à la va-vite avant une échéance électorale majeure en imposant des règles plus contraignantes que celles qu’on n’a pas été fichus de respecter. Ce qui est irresponsable, c’est d’avoir voulu faire croire aux Français que modifier la Constitution allait permettre de sauver la Nation.

Maintenant, qu’on me trouve dans l’histoire de la Cinquième République (ou même avant, si ça vous amuse) un ancien Premier Ministre responsable d’un échec à des élections Nationales être aussi irresponsable, donneur de leçon et arrogant.

Après, on en reparlera.

Que François Fillon se taise !

La politique est comme un jeu : le Gouvernement critique les actions de ses prédécesseurs et défend les siennes pendant que l'opposition critique le Gouvernement et dit ce qu'il faudrait faire. C'est une sorte de routine mais on n'était plus habitués car il n'y avait pas eu d'alternance depuis 2002. Que des mecs qui étaient au Gouvernement il y a quatre mois nous disent à longueur de journée ce qu'il faut faire est insupportable.

Cette année, il y a deux éléments en plus, par rapport aux périodes "postprésidentielles" précédentes.

Le premier est, somme toute, assez anecdotique pour mon billet, mais un texte est à l'étude, le traité Européen, qui entraîne une espèce de clivage dans la majorité mais aussi un rapprochement de la majorité de la majorité de l'opposition. Du coup, la majorité de la majorité est autant occupée à se défendre de la minorité de la majorité que de la minorité tout court. Ouf...

Le deuxième est tout aussi anecdotique dans l'histoire mais est essentiel dans l'ambiance du moment. Le grand parti d'opposition cherche un nouveau chef. De fait, les deux candidats en lice sont obligés de décliner des éléments de leurs projets. Ainsi, trois ou quatre mois après une période électorale intense, on se retrouve à nouveau "en campagne" pour des projets.

Je m'intéresse intensément à la politique depuis que j'ai des blogs (bientôt 7 ans, je vous garantis qu'il y a un monde entre parler politique au comptoir et donner en pâture un écrit). Toujours est-il que je n'ai pas souvenir d'une telle situation. En 2007, l'opposition était en bordel, occupée à définir des responsabilités. En 2002, elle était anéantie. En 1997, l'opposition était quasiment dirigée par le Président de la République. En 1995, Jospin étant arrivé en tête au premier tour, il me semble qu'il était resté légitimement chef de l'opposition.

En 2012, la situation est nouvelle. Celui qui était encore Premier Ministre, il y a quatre mois, affronte celui qui était alors le chef du principal parti de la majorité, pour en prendre le leadership. Et il paraît à peu près sûr qu'il va gagner. Il a le vent en poupe.

François Fillon est en campagne. Il ne se passe pas une journée sans qu’on parle de lui. Tiens ! Le Figaro nous dit qu’il décline son projet de redressement national !

C'est insupportable ! Le gars explique qu’il va redresser la nation alors qu’il était le chef du Gouvernement qui a mis la nation dans cet état. Le gugusse disait il y a cinq ans qu’il était à la tête d’un état en faillite, il l’est resté pendant cinq ans et il nous dit maintenant qu’il a un projet pour dans cinq ans pour la redresser.

Quand on rentre dans le détail, c’est de plus en plus affligeant. Hop ! Je cite : « La France que nous aimons ne s'est pas construite avec des gens qui travaillent 35 heures ». Ca fait 10 ans qu’il nous sort le même argument. Il a occupé tous les postes possibles pour faire bouger les choses. Il n’a touché que des bricoles à la marge, encourageant des mesures qui ont été dramatiques pour l’emploi, telles que la défiscalisation des heures supplémentaires et il continue. On les entend, avec Valérie Pécresse, depuis une semaine, faire une espèce de méa culpa, du genre « oui, on aurait du mais on ne savait pas » alors qu’ils s’alarmaient déjà de la situation (l’état en faillite et tout ça)… remettant (probablement à juste titre) les responsabilités sur le dos de Nicolas Sarkozy mais n’oubliant pas d’ajouter « Et si Nicolas Sarkozy veut revenir, naturellement, on l'accueillera. »

C’est insupportable ! Voir ce gars décliner un programme me rend malade (heu…). Et je me répète, depuis des années et des années, j’ai tout entendu des « nouvelles oppositions », jamais je n’ai vu un ancien Premier Ministre dire ce qu’il fallait faire pour redresser le pays cinq après alors qu’il était au pouvoir juste avant et qu'il venait de se prendre une baffe à des élections nationales.

J’aimerais bien avoir une opposition saine, qui tape sur le Gouvernement. Il y aurait tant à dire, nous aurions tant à répondre. Ils pourraient oser : « Ah ah ! Vous expulsez des Roms, quand c’était nous, c’était mal… » On serait alors comme des cons à bredouiller : « heu, oui mais c’est pas pareil on ne stigmatise pas on ne tient pas le discours de Grenoble. » Ils pourraient aussi dire : « Ah mais vous ne vous rendez pas compte avec votre budget vous allez ruiner les entreprises » on répondrait « ah mais alors c’est vous qui avez creusé la dette et qui avez augmenté la TVA, ruinant les ménages et freinant la consommation, il a bien fallu annuler cette hausse et la compenser », ils auraient rétorqué « oui, mais la TVA antidélocalisations est bonne puisque qu’elle permet de maintenir des emplois en France en rendant les entreprises plus compétitives. » Nous : « Mais non ! C’est du pipeau, elle n’a d’antidélocamachin que le nom, vous allez voir, nous on a un projet pour renforcer la compétitivité des entreprises en transférant 40 milliards de charges qui pèsent sur le travail vers l’impôt qui pèse sur les revenus. »

Bref ! La routine !

Ben non. Nous avons des loustics qui nient toutes leurs responsabilités dans le mauvais état de la France et disent ce qu’il faut faire, c'est-à-dire ce qu’ils n’ont pas fait.

C’est odieux.

Alors ce matin, en lisant cet énième article dans le Figaro (en gratuit sur le web, hein !) à propos de François Fillon, après un été de matraquage où on a tout vu, y compris ce pauvre candidat avec des béquilles, ma pauvre dame, il se donne bien du mal, je me disais que, finalement, il est pire que Jean-François Copé.

Et pourtant, je ne l’aime pas, celui-là ! Mais au moins, on risque d’en être débarrassés dans quelques semaines !

Si, dans l’attente, François Fillon pouvait se taire…

03 octobre 2012

Mediavox : proposez vos sujets, des journalistes s'en emparent !

Mediavox est un nouveau pure player (journal exclusivement en ligne). Le principe est « simple » : ce sont les lecteurs qui proposent des sujets et des journalistes enquêtent pour réaliser des vrais reportages d’investigation (pas des billets de blogs ou des éditoriaux fumeux !).

C’est à suivre et je m’abonne ! N’hésitez pas à relayer, pour une fois qu’on a un nouveau type de média vraiment intéressant.

Et je souhaite une bonne réussite à toute l’équipe !

Comment ça marche ?

Tout d’abord, inscrivez-vous au site… Ensuite, si un sujet vous intéresse et si vous voudriez que de vrais journalistes enquêtent à ce sujet, vous le proposez.

Les différents sujets proposés par les utilisateurs sont présentés  aux personnes inscrites qui peuvent voter pour les sujets qui les intéressent le plus.

Une fois que le projet a trouvé un financement (ben oui !), les journalistes commencent leur travail. Les utilisateurs peuvent le suivre dans un carnet de bord pendant ses travaux.

Si vous avez contribué financièrement, vous avez droit au reportage en avant-première. Sinon, il est diffusé une quinzaine de jours après (mais seuls les contributeurs auront accès au carnet de bord).

Le financement ?

Nous y voila ! Ce sont bien les Internautes qui vont payer les reportages par un système de « Vox » (une monnaie fictive… dont le stock de chaque internaute s’achète en euros…).

Charges aux journalistes de trouver le financement en motivant ces Internautes ou d’autres contributeurs.

Par exemple, deux reporters lancent aujourd'hui la recherche du financement pour faire un reportage sur la formation de milices roms en hongrie en réaction aux ratonnades répétés de groupes d'extrême droite. Ils veulent passer une semaine avec eux pour comprendre cette évolution, l’organisation, …

Un autre sujet en cours de financement apparaît sur la une à propos des Israéliens à Berlin. « Longtemps destination taboue, Berlin connaît aujourd’hui une vague d’immigration israélienne sans précédent depuis la création de l’Etat hébreu. Artistes, étudiants, jeunes salariés se pressent dans cette capitale de l’Avant-garde si trendy vue de Tel Aviv. Qui sont ces enfants de l’Holocauste qui bravent les malaises familiaux ? Portrait d’une nouvelle génération. »


Et les blogs ?

Médiavox travaille aussi avec des blogueurs politiques de différentes obédiences (une par jour) afin de commenter l’actualité. Cela permet « d’agiter » le site en attendant que les reportages de fond soient publiés. Il y a notamment ma copine Elooooody. C’est elle qui est en une, aujourd’hui, lisez son édito. Il y a aussi l’ignoble Amiral Woland.

Si j’ai bien compris, le lundi, c’est un centriste, le mardi, un UMPiste, le mercredi, un socialo, le jeudi, un gauchiste (le Cri du peuple) et le vendredi un réactionnaire. Le week-end, les sujets seront plus variés.

Chaque occasion est bonne de se moquer des blogueurs de droite.

Celui qu’ils ont retenu a rédigé l’éditorial d’hier. J’y relève de belles perles !

Tiens ! « Augmenter les impôts ne sert à rien si l’on ne baisse pas la dépense publique, si l’on met un frein à la révision générale des politiques publiques et que l’on enterre l’idée des Conseils Territoriaux. »

Ca pourrait figurer sur les Modernoeuds ! J’aurais tendance à penser à peu près l’inverse, notamment que si on baissait la dépense, ça ne servirait à rien de l’augmenter les impôts…

Un peu après : « l’immigration dérégulée doit être stoppée » Il faut encourager l’immigration régulée ? « le traitement de la violence et de la récidive des jeunes délinquants doit être revu » Oui, il est très mauvais après dix ans de sécurité aux mains de Nicolas Sarkozy ! «  la fiscalité sur les entreprises doit être mise au goût du jour » On ne parle que de ça depuis quelques jours… Pourtant, ils n’ont pas l’air contents, à droite…

« De toutes les mesures que je viens d’évoquer, aucune ou presque n’est envisagée sérieusement par ce Gouvernement ! Il serait grand temps qu’il abandonne les paroles et qu’il se décide enfin courageusement à passer aux actes ! » Pour gueuler dès que quelque chose est fait ?

J’imagine que pendant cinq ans, il a dit de Nicolas Sarkozy : Ah ! Voila un homme qui agit…

J’espère que notre ami blogueur de droite se ressaisira (de même que le centriste). Je pense que les lecteurs de Médiavox seraient plus intéressés par des sujets d’actualité vus par des blogueurs engagés que par de la politique politicienne…

Mais s’ils persistent, on continuera à rigoler !

Une opposition face à des engagements

Il paraît que je suis un "blogueur de gouvernement". Je ne sais pas ce que ça veut dire mais ce n'est pas très grave. Il se trouve que j'ai commencé à soutenir progressivement François Hollande 18 mois avant son élection. Cela me place dans une position assez confortable pour observer les critiques qui viennent de tous les bords en souriant bêtement. 2 ans maintenant à entendre les mêmes âneries. 

La position est également particulièrement confortable pour défendre la plupart des orientations même s'il me faut parfois ranger mon objectivité au fond de ma poche. 

Par exemple, je me suis engueulé hier dans Twitter avec un locdu qui avait traité François Hollande de menteur parce qu'il n'avait pas renégocié le traité Européen. 

Le clown n'était pas content parce que je l'ai traité d'abruti (voir l'illustration à droite). Pourtant, ça me parait moins grave de traiter un clown anonyme et menteur d'abruti qu'un Président de la République de menteur. Il y a des coups de pied au cul qui se perdent. 

À propos du traité Européen, qu'a promis François Hollande ? C'est dans l'engagement 11. A-t-il promis de le faire immédiatement ? Peut-être avant qu'il ne soit signé par Le Président de la Republuque quelques mois avant sa propre élection ? 

Voir l'engagement 12 : les projets Européens commencent en 2014. Ça nous laisse deux ans pour raconter des conneries dans les blogs. Et objectivement, 2 ans aussi avant de pouvoir commencer à dire que les engagements ne sont pas tenus. 

Tiens ! Si tu viens au bistro avec moi et que je m'engage à négocier la tournée du patron, je vais le faire. Je ne me suis pas engagé à obtenir la tournée du patron. S'il ne l'offre pas alors que j'ai lancé la négociation, j'aurai échoué dans ma négociation mais j'aurai tenu mon engagement. 

Toi y en avoir compris ? Je résume : toujours est-il que je suis sûr que j'aurai la tournée du patron le lendemain sans rien demander. Des années de comptoir...


Je n'ai jamais cru une seconde qu'on allait obtenir quelque chose de Madame Merkel immédiatement alors que le traité avait déjà été négocié. D'ailleurs je n'ai jamais pensé qu'on pourrait obtenir quelque chose de l'Allemagne tant que Mme Merkel serait au pouvoir. À nous d'oeuvrer pour montrer aux Allemands qu'ils peuvent "élire" quelqu'un d'autre. Pour ça, une seule solution : mener une politique exemplaire. J'y reviendrai. 

Toujours est-il que si tu as cru qu'on aurait tout eu en claquant des doigts, tu n'es qu'un lapin de six semaines mais ça ne te donne pas le droit de traiter un Président de menteur au bout de 4 mois alors qu'il a été élu pour 5 ans... Les français ne s'y trompent pas. Les récents sondages ont montré qu'ils souhaitent massivement la ratification du traité pour qu'on puisse continuer à aller de l'avant (au pied du mur ou au bord du gouffre, c'est au choix). 

Je parlais d'une politique exemplaire. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Le projet de budget est sorti. Il sera prochainement débattu au Parlement. A droite, on ronchonne vaguement. Pas trop. J’y reviendrai aussi.

A gauche de la gauche, on gueule. Ca serait de la folie de baisser les déficits en période de crise. Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser à peu près la même chose. Il n’empêche que c’était l’engagement numéro 9. François Hollande s’était engagé à réduire les déficits à 3% en 2013. Il va le faire (au moins à un poil près). Pour cela, il avait dit qu’il fallait récupérer une trentaine de milliards. Ca va être fait. Un peu plus, peut-être, mais le texte n’est pas encore passé au Parlement. On pourra regretter que par rapport à l’engagement initial, les niches fiscales ne sont pas assez rabotées mais on pourra constater que ce sont les plus aisés qui trinquent.

Il n’empêche qu’à la gauche de la gauche, ils gueulent contre « l’austérité » (comme si les riches consommaient vraiment autrement que sur les marchés financiers…) mais ils ont tendance à oublier les aspects positifs de ce budget, c’est-à-dire la remise en place d’un peu de justice et de progressivité dont l’imposition, pas seulement avec ce projet de budget mais aussi avec la suppression de la hausse de la TVA.

Bah !

Les critiques à droite sont plus amusantes. Je ne vais pas refaire un énième billet à propos des « pigeons » : ils manipulent, mentent, se font manipuler. Je ne vais pas refaire un billet à propos des déclarations des ténors de l’UMP. Ils sont en pleine campagne électorale interne et se foutent totalement de la loi de finances. Ils ont surtout oublié qu’ils sont responsables de la situation. On suivra avec délectation les passes d’armes à l’Assemblée puis au Sénat…

C’est sur le blog de mon copain FalconHill que je note des propos amusants. Le billet a pour titre : « Déprime à gauche ». Pas moi merci. Il y relève des propos de Toréador : « […] la Gauche est en train de faire la politique nous promettait la Droite… c’est à dire donner le plus sérieux coup de vis de son histoire avec un matraquage fiscal sans précédent. […]. Comment la Gauche, élue sur le tempo « pas de rigueur, pour une Europe de la croissance » en est arrivée, au bout de six mois d’exercice gouvernemental, à renier son programme, ses valeurs, son passé ? A embrasser le programme de Sarkozy sans vergogne, quitte à faire repasser les plats épicés au traité européen ? »

Quand, j’étais moi-même dans l’opposition, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy, notamment au moment de la loi TEPA, je critiquais chacune des mesures individuellement parce que je les jugeais mauvaises. Je ne critiquais pas Nicolas Sarkozy parce qu’il reniait son programme : il avait tout annoncé.

De même que là, François Hollande avait tout annoncé ou presque, notamment les 3% et les 30 milliards « à trouver ». Il serait assez sympathique que des blogueurs aussi expérimentés lisent les programmes des partis politiques avant de dire que le Gouvernement renie ses promesses. Il serait sympathique qu’ils ne fassent pas de l’opposition sur ce genre de connerie mais sur le fond.

Enfin, il serait aussi sympathique que les blogueurs expérimentés de droite arrêtent de confondre les politiques de la droite et de la gauche : la droite augmentait les impôts sur la consommation de tous, la gauche augmente les impôts de ceux qui gagnent le plus de pognon. Sinon, ce n’est pas vraiment la peine de tenir un blog politique. A raconter des mensonges, on limite forcément l’intérêt du débat.

Il n'est pas inutile de s’inquiéter du fait que les Français s’intéressent de moins en moins à la politique... Delà à relayer dans les blogs que deux politiques fiscales à l’opposée sont identiques ne me parait pas aller dans le sens du progrès. Cela étant, je veux bien continuer la polémique : s’il y a un matraquage fiscal, c’est parce que le Gouvernement qu’ils avaient soutenu (au départ…) a fait un tas de conneries.

Cela étant, ce sont les commentaires que j’ai eu avec un éminent blogueur dans les commentaires chez le Faucon qui m’amusent. Il me semble bien que le gars en question était un des premiers à dire, dès octobre 2010, qu’il fallait que François Hollande soit le candidat du Parti Socialiste pour que la gauche gagne. C’est d’ailleurs lui qui m’a convaincu en premier qu’effectivement, François Hollande serait le seul à pouvoir gagner contre Nicolas Sarkozy (je ne sais pas si j’ai eu raison : on n’a pas essayé une autre solution et, à l’époque, c’était Dominique Strauss-Kahn qui était favori des sondages). Toujours est-il que vous pouvez fouiller les archives de mon blog, aux alentours du 15 octobre 2010, si ma mémoire est bonne. C’est bien après que j’ai été convaincu par le positionnement politique de François Hollande, au point de faire un parfait soutien en août 2011 puis un blogueur de gouvernement, maintenant.

Il me dit maintenant : « Il serait, tout de même, intéressant, constructif, qu'au lieu de vous enfermer dans votre "groupitude", vous soyez un peu plus critique et, je dirais même : cohérent. »

Ben oui, je suis parfaitement cohérent, moi.

Les critiques qui viennent de la gauche de la gauche sont ainsi. Elles durent depuis des années. J’observe, toujours amusé, les nombreuses erreurs commises. Quand ils ont raison, j’écoute. J’ai surtout écouté une fois, il y a presque deux ans : François Hollande venait de sortir un projet et il devenait le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy.

Il l’a battu en prenant des engagements qu’il respecte, pas forcément au rythme que l’on voudrait. Ses opposants de gauche ne voient pas tout ce qui a déjà été fait. Pourtant, la liste est longue. Ses opposants de droite ne voient pas le lourd bilan de celui qu’ils ont porté au pouvoir, en 2007.

Je suis zen.

Finalement, c’est bien, blogueur de gouvernement… 5 ans comme ça, ça me va.

02 octobre 2012

L'intoxication aux pigeons de ball-trap !

L’affaire des pigeons fait beaucoup de bruit depuis quelques jours dans les médias, dont les blogs et les réseaux sociaux mais elle ressemble de très près à une gigantesque escroquerie. Tout d’abord, les données brutes sont fausses : personne ne sera taxé à 60%...

Il parait que Bercy a transmis une notice explicative aux médias. Mon ami Pierre la diffuse sur son blog. Elle est totalement incompréhensible et je suppose que les médias en question ont la flemme de reprendre la chose.

Il faut croire que la taxation en question n’intéresse pas les gens (notamment les commentateurs de mes blogs...). Le seul truc qu’on peut en retirer est la démarche des « pigeons » qui semblent se prendre pour des révolutionnaires de Twitter ! C’est en effet très drôle.

Toujours est-il qu’en lisant ce machin, j’ai cru comprendre que la CSG était déductible. Le calcul de base 45+15 sorti pour générer polémique est sans fondement. Le seuil pour attendre ces 45% est de 150 000 euros, soumis au quotient familial et seule la tranche du haut sera concernée par les 45%, sans compter qu’il existe un tas de conditions d’exonérations.

Je suppose qu’on comprendra mieux dans quelques jours… et que tout retombera. Ces chiffres rejoignent ceux de cet article de Libé (que m’envoie Louis).

Dans ce billet de blog, rédigé par un entrepreneur, on peut lire « Au cours de la journée de vendredi, un mouvement d'apparence spontanée a enflammé la toile, autour du slogan "nous ne sommes pas des pigeons". Je dis "d'apparence spontanée" car, à bien y regarder, il émane d'une poignée de personnes qui étaient en charge de la communication élyséenne sous la présidence de Nicolas Sarkozy. »

Des spécialistes des médias et de ces machins de communication politique pourront nous en dire plus.

Cet autre article, que m’a transmis Melclalex, montre que le nom de domaine defensepigeons.org « est géré par YOPPS, une petite agence de communication Parisienne, spécialisée dans les réseaux sociaux (Yopps – Agence media digital, expérience utilisateur, web et mobile). Une rapide balade sur Yopps.fr et le pot aux roses est découvert. Des pages entières y sont développées sur les moyens de manipuler les utilisateurs des réseaux sociaux comme Facebook pour les rendre actifs et « rentables ». » On comprend tout de suite mieux le succès apparent de cette campagne.

L’affaire qui a été monté en parallèle, celle des autoentrepreneurs, a bien permis de faire monter la mayonnaise (le statut d’autoentrepreneur n’est pas réellement modifié contrairement à ce qu’on peut lire un peu partout).

C’est lamentable. Tout cela ressemble donc à une gigantesque manipulation.

Et c’est d’autant plus lamentable que cette bande de pigeons de balltrap fait passer un message : n’investissez pas en France.

Et ça mérite des baffes !

  • 5 millions tout compris de personnes sans emploi, 
  • 8,5 millions de pauvres, 
  • 1600 milliards de dette, 
  • un déficit abyssal »
Ne nous laissons pas faire…

Ils vont ruiner la France en décourageant les investissements des honnêtes gens tout en se laissant manipuler par des lascars qui aimeraient bien profiter du crime. !





Pigeons sauvages

« Les pigeons semblent penser d'être entrepreneur c'est créer et revendre son entreprise ». J'ai trouvé cette belle "définition" dans Twitter. On a un autre nom pour ça : la spéculation. Vous vous rappelez du discours du Bourget ? Notre ennemi c'est la finance. 

Nous y voilà. 

J'ai bossé pour un de ces lascars qui ne vivent que pour réaliser des plus values confortables. Il avait monté une boîte et avait proposé à sept salariés d'une société de conseil d'intégrer sa société informatique pour y développer une activité de conseil. Nous avions accepté puis acheté pour 1500 euros d'actions avant de nous mettre au taf. Nous étions enthousiastes ! Nous allions développer une activité. Enfin quelqu'un nous avait fait confiance. 

Tu parles ! Il ne nous a jamais donné les moyens de ce développement. Nous passions nos journées à faire notre travail de consultant et nos soirées à faire des propositions commerciales, des supports de formation, ... Rapidement, nous sommes passés de 7 à 19 puis nous avons stagné, passant trop de temps à maintenir l'activité sans avoir les moyens de toucher d'autres clients. 

Au bout de 5 ans, j'ai appris par la presse que notre « structure », celle en charge du conseil, avait été vendue. Le patron n'avait eu aucune considération pour le personnel (nous ne pouvions légalement pas être prévenus à l'avance ; une histoire de réglementation boursière). Il se foutait totalement de ce que nous pourrions devenir, de l'activité que nous aurions pu développer, de l'utilité économique et sociale de sa boîte... Il nous avait fait bosser comme des dingues sans investir le moindre centime et a réalisé une confortable plus-value, au nom de la maison mère, celle qui était cotée en bourse...

Une plue-value ? Elle ne serait pas touchée par les mesures fiscales annoncées récemment. Elle ne touche pas un particulier mais une entreprise. Les pigeons pleurent pour rien. D'ailleurs, il n'est pas inutile de rappeler que ce taux de 60% n'est pas exact. L’imposition est soumise au système de quotient et décroit progressivement en fonction de la durée. La somme ne sera pas imposable si le vendeur investit le pognon dans une autre boîte. 

Quand j'ai eu digéré cette vente à une autre entreprise (ça prend du temps puisqu'il faut apprendre à connaître la nouvelle), je me suis juré de combattre ce système économique qui n'apporte rien à l’économie et à la société.

Tiens ! Je ne serais pas honnête en ne disant pas que les 1500 euros du départ avaient fait de belles culbutes. Une année de salaire, en gros, avant de fondre de moitié dans les aléas de la bourse. Mais je m'en foutais. C'était de l'argent virtuel, placé sur dans un PEA, j'étais là, comme entrepreneur de pacotille, pour développer un cabinet de conseil, pas pour assurer un an de retraite...

La nouvelle boîte qui nous a achetés une fortune a fait une mauvaise affaire. Notre structure avait fusionné avec elle (nous n'avions donc pas été achetés pour être à nouveau vendus !) mais n'avait pas compris notre état d'esprit. De fait, la plupart d'entre nous (les 7 du départ) ont démissionné dans les deux ans, quittant définitivement ce monde du conseil ! Pourtant, je les aimais bien. Ils voulaient réellement développer une activité de conseil pour s’asseoir en partie dessus pour accroître le volume de leurs activités plus traditionnelles.

Ainsi, il existe deux sortes d’entrepreneur. Ceux qui veulent monter une activité pour la revendre et ceux qui veulent réellement développer une activité, faire du chiffre d’affaire, du bénéfice, embaucher du monde, …

Pour ne pas être grossier, je me contenterai de dire que je n’ai strictement aucune considération pour les premiers. Ils méritent d’être ruinés, taxés, … Ce sont des nuisibles. Ils vont pleurer au nom du risque mais n’en prennent souvent quasiment aucun. Ils pleurent parce qu’ils risqueraient d’être imposés pour de l’argent gagné avec ce qu’il faut bien appeler de la spéculation.

Les seconds, je les connais mieux. Vous aussi, d’ailleurs. Ce sont ces commerçants, ces artisans, …

On les croise au quotidien et on a besoin d’eux.

Surtout les bistros.

Le tweet que je citais en introduction finissait par "Mais qui fait vivre les entreprises, alors ?"

On attend la réponse des pigeons.

01 octobre 2012

60% ? Mon Dieu !

Je n’aime pas devoir reprendre un billet mais celui que j’ai fait a midi génère des réactions bizarres (dans Twitter et dans les commentaires) parce qu’il n’a pas été compris. Je n’avais qu’à pas prendre un exemple idiot (mais ça justifiait mon joli titre...), ça fait toujours réagir des pseudos spécialistes à deux balles. J’évoquais l’évolution de la fiscalité qui fait que les propriétaires de startups allaient être fortement taxés en cas de revente, jusqu’à 60%.

En fait, un de mes commentateurs résume la situation en quelques mots : « la plupart des entrepreneurs ne veulent pour rien au monde vendre leur boîte. » Tout est dit. Au moment de créer une boite, l’entrepreneur n’est pas nécessairement obnubilé par le prix qu’il va pouvoir en vendre mais par le fait de savoir si elle va marcher, s’il va pouvoir en tirer des revenus,…

Comme le dit Antoine, le débat est ailleurs… Lisez son billet. « Jamais je n'ai entendu un entrepreneur dire : « j'ai monté ce projet, parce que si j'arrive à le revendre dans 7 ans, avec tel taux d'imposition et tel montage fiscal, je peux en tirer telle somme ». On ne monte pas une entreprise par pure philanthropie, évidemment. L'objectif est bien sûr que le projet réussisse et d'en tirer profit. C'est normal. Mais le taux d'imposition en cas de réussite et de sortie n'est pas ce qui motive un entrepreneur à se lancer. »

« Dire qu'équilibrer l'imposition du capital et du travail va tuer l'innovation semble donc un peu réducteur et alarmiste. »

En faisant quelques recherches, sur le net, je suis tombé sur cet article de l’Usine Nouvelle, qui nous dit que : « A noter toutefois que la mesure ne concernera pas les dirigeants de PME partant à la retraite, ni les "actionnaires réinvestissant une part substantielle de leur gain dans une entreprise", selon le PLF 2013. A priori, le cas d’une star du numérique qui a 35 ans aurait touché le gros lot et qui réinvestirait sa fortune dans des entreprises  passerait entre les gouttes. »

Ca relativise… En gros, la mesure ne concernerait que ceux qui auront fait fortune et voudraient partir « au soleil ».

Je me demande si les « pigeons » qui braillent depuis l’annonce par le gouvernement en montrant du doigt des pertes d’emploi ne pensent pas plutôt à défendre une fortune qu’ils ont déjà acquise ?

C’est vilain.

Sans compter qu’ils ne font en plus que rebondir sur la la polémique qui enfle à propos des auto-entrepreneurs qui n’est aussi qu’une tempête dans un verre d’eau…

Quelqu'un va-t-il, oui ou non, monter une entreprise en fonction des impôts qu'il paiera s'il veut la vendre au bout de 5 ou 10 ans ?

Les startups de l'économie du vent

Faut-il s'associer à la peine de ces entrepreneurs qui pleurent aujourd'hui parce qu'ils seront imposés à 60,5% s'ils vendent leur entreprise ? On nous explique que les startups vont disparaître de France. C'est mal. Que les créations d’emplois se feraient à l’extérieur. L’horreur…

Imaginons un étudiant qui invente un réseau social un peu par hasard. Ce réseau social marche bien. Il lève des fonds (il fait appel à des investisseurs). Il arrive à avoir près d'un milliard d'inscrits, faisant vaciller les deux géants mondiaux Apple et Google. Imaginons que huit ans après, il décide l'introduire en bourse. Des spécialistes évaluent la boîte à 100 milliards. Le type décide de vendre ses actions. Il est propriétaire de la moitié de la boîte. L'action perd la moitié de sa valeur en peu de temps. Le type récupère 25 milliards. Il est taxé à 60%. Il lui reste donc 10 milliards tout rond pour la moitié d'une boîte qui fait 500 millions de résultat. 

À vos calculatrices ! Une entreprise qui vaut 50 milliards et qui fait 500 millions de résultat, ça fait 1%. Je connais des investissements plus rentables.

Tu parles d'une réussite ! C'est ce que j'appelle l'économie du vent. Un lascar repart avec 10 milliards, sur la base d’une valorisation potentielle d'une boîte pour un chiffre d’affaire totalement dérisoire.

Ce qui ne retire rien à la valeur du fondateur de la boîte. Il a créé un truc pour rigoler avec des copains et se retrouve avec 10 milliards. 

Ceci ressemble à l’histoire de Facebook mais ce est une fiction : le fondateur n'a pas vendu ses parts et je suppose qu'il n'en a pas la moitié. 

On nous dit que la mesure du gouvernement va faire fuir des emplois. Tu parles ! Nous avons une valorisation totalement ubuesque. De l'ordre de 50 milliards pour une boîte qui emploie entre 2 et 3000 personnes tout au plus ! C'est complément délirant... Nous avons une entreprise qui ne vit que pour sa valorisation boursière et qui n'apporte rien à l'économie. 

Du vent. 

Que l'on taxe quelqu'un qui monte une boîte rien que pour toucher le fruit de sa vente pour un montant estimé sur la base d'hypothèses foireuses, le tout grâce à des investisseurs qui ne pensent en fait qu'à spéculer ne me choque pas spécialement. On nous vante ce modèle économique depuis 10 ou 15 ans mais le fond reste le même : du vide.

La valorisation boursière de Facebook est de 47 milliards de dollars soir 36 milliards d’euros. La boite française la plus proche est GDF Suez avec une valorisation de 40 milliards d’euros pour un chiffre d’affaire (2010) de 84 milliards d’euros et un résultat net de 4,6 milliards. Le chiffre d’affaire de Facebook (2010) était de 1,2 milliards d’euros pour un résultat de 486 millions de dollars pour un résultat de 384 milliards. Je ne connais pas le nombre d’employés de Facebook mais la dernière fois que je me suis renseigné, c’était 1 600. GDF Suez en compte 220 000 soit 137 fois plus.

Je prends Facebook au hasard : c’est la startup la plus connue. Je n’ai rien contre. J’ai même créé une nouvelle page pour y déverser mes billets. Aller y faire un « like », ça fait toujours plaisir et vous ne louperez plus aucun billet.

Toujours est-il que Mark Zuckerberg pourrait tenir le rôle de mon histoire qui vend pour 25 milliards et s’en retrouve avec 10. Peut-on m’expliquer ce que ce gugusse a apporté à l’économie ?

A-t-il monté sa boite pour la revendre ? Ou l’a-t-il fait pour s’amuser en espérant en toucher un revenu plus ou moins régulier ?

En tant que blogueur geek, je reçois un tas de sollicitations pour faire la promotion de nouveaux services géniaux sur le web. Tiens ! J’ai encore fait deux billets vendredi, un pour un machin de réseaux sociaux pour les enfants et un autre pour un réseau social centré autour des passions. Ce matin, j’ai fait un billet pour un type qui avait un site web pour des « jeux à boire ». J’ai trouvé ça rigolo.

Je fais toujours ça. J’aime bien aider les boites qui démarrent. Et je souhaite qu’elles réussissent. Cela veut dire, pour moi, dégager un chiffre d’affaire qui permettra de « rembourser les investisseurs », payer les serveurs et tout ça, dégager du pognon pour les patrons et pour verser des salaires aux salariés.

Je ne crois pas que les patrons en question montent leurs boites pour autre chose que la passion pour leur projet, pour la réussite. Je ne crois pas un seul instant qu’ils pensent réellement au montant qu’ils espèrent tirer de leur boite tout simplement parce qu’ils n’en savent rien. Alors penser maintenant aux impôts qu’ils vont avoir à payer…

J’imagine les libéraux crier devant mon incompétence économique mais il se trouve que je suis informaticien, spécialisé dans certaines applications grand public et surtout que je suis en contact, grâce à mon blog geek avec des dizaines de patrons de startups (je pense pouvoir dire une bonne centaine par an).

Vous pensez réellement que Mark Zuckerberg s’imaginait à la tête d’une boite qui a été estimée à 100 milliards de dollars quand il a monté ça ?

Voilà qu’il se fait coter en bourse mais qu’il est obligé de ramer pour trouver des revenus pour justifier la valeur que peut avoir sa boutique.

C’est le monde à l’envers. C’est l’économie à l’envers.

François Hollande voulait s’attaquer à la finance. Il commence par s’attaquer aux valorisations fictives directement issues de la spéculation et pas génératrices d’emplois au regard des milliards immobilisés.

Amen.

Ce qui ne m'empêche pas de souhaiter une bonne réussite à chacun de mes contacts, à tous ces patrons qui m'envoie des mails et avec qui un éphémère dialogue s'installe quand je les pousse à me donner des raisons valables de parler d'eux.

Week-end politique

L'actualité politique était chargée, ce week-end. Trop : j'ai failli louper l'espèce d'université d'été du Modem. On a en vrac : la manif contre le traité, la présentation du budget, les libéraux qui couinent et François Fillon qui parle. 

Je trouve ce dernier assez gonflé dans ses explications. Comme s'il avait oublié qu'il était le Premier Ministre qui a laissé la France dans cet état ! Il gueule contre les augmentations d'impôt en oubliant que la gauche avait annulé l'augmentation de la TVA. 

D'ailleurs Valérie Pecresse a confirmé que le Gouvernement précédent a fait des erreurs. Cela étant, elle a aussi comparé Nicolas Sarkozy à Jésus. Ca nous a bien fait rigoler dans Twitter. Enfin, c’est nous qui portons la croix….

Autre sujet : Jérôme Cahuzac est interviewé par le quotidien Métro, ce matin. J'ai même l'impression qu'il a été interviewé un peu partout ce week end. Toujours est-il que c'est une petite phrase qui retient mon attention. La mise en place d'une imposition du même niveau entre les revenus du travail et du capital semble être la première étape d'un rapprochement entre la CSG et l'impôt sur le revenu. Bonne nouvelle. 

Tiens ! À propos de cette imposition, les libéraux ont beaucoup gueulé ce week-end. Les entrepreneurs sont considérés comme des pigeons. Néanmoins, ils n'ont toujours pas réussi à me convaincre des raisons qu'ils auraient d'échapper à l'impôt. 

Le régime des auto-entrepreneurs a également beaucoup fait parler de lui. Les gens (et surtout ses supporters) racontent n'importe quoi. Je vous laisse lire mes confrères Gabale, Politeeks, Romain et Seb Musset à ce sujet. 

Les manifs ? C'est bien. Il faisait beau. 

Je n'ai pas vu un seul blogueur du Front de Gauche donner son avis sur le budget. 

C'est ballot !

Le Modem, maintenant...

Je trouve quand même que ça sent drôlement le sapin, tant ils sont divisés sur la direction à prendre. 

D'une lecture en diagonale de la presse, je retiens que le Modem voudrait une primaire ouverte entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo pour l'élection de 2017 alors que l'UDI (le nouveau parti de Borloo) voudrait une primaire avec toute la droite, donc l'UMP. 

Ce qui nous confirme, donc, que l'UDI n'a pas la vocation à présenter un candidat à la Présidentielle. 

Toujours est-il qu'on n'a pas fini de rigoler.