En salle

05 janvier 2013

Faudrait pas boire

Hier soir, j’ai diffusé une vidéo que j’avais prise au comptoir d’un type bourré qui s’engueulait avec le loufiat et qui a fini par tenir des propos homophobes et racistes envers un pote à moi (envers moi, je m’en fous).

La vidéo commence à buzzer. J’espère arriver rapidement au milliard de visiteurs, on est déjà à 1300.

Sarkofrance a repris cette vidéo mais c’est un de ses billets précédent que je vais citer. Il y évoque une petite dame licenciée pour avoir dit du mal de sa boite dans Twitter. Je trouve ça relativement normal : pour ma part, j’ai un contrat avec ma société, on appelle ça un contrat de travail. Je ne dis pas de mal de ma boite dans les réseaux sociaux. Par contre, je pourrais en dire du mal dans les bistros (mais je n’ai jamais eu l’occasion de le faire et je n’ai d’ailleurs aucune raison).

Toujours est-il qu’il me parait important que l’entreprise du lascar sache comment se comporte en public ses employés. Il ne mérite pas de blâme, contrairement à ce que j’ai écrit, mais que sa direction réfléchisse bien au moment de la répartition des primes de fin d’année.

J’ai pris cette vidéo parce que je sentais que ça allait dégénérer, ce qui n’a pas été le cas, afin d’apporter un témoignage en cas de problème.

J’ai diffusé cette vidéo dans mon blog politique pour rigoler parce que le lascar disait qu’il allait diffuser ça dans le Parisien. En temps normal, je l’aurais diffusée sur http://aubistro.com pour montrer comment certains peuvent être cons et prétentieux quand ils sont bourrés.

Par contre, l’affaire buzze un peu et on me parle déjà de l’affaire Galliano. Alors je vais donner le fond de ma pensée : on ne va pas faire un procès à chaque type qui dit des conneries quand il est bourré. Celui là dépasse les bornes de ce que j’ai pu entendre au cours de ma longue carrière mais ça n’est qu’un type bourré.

Alors, je vais virer la vidéo dans quelques jours.

Ce type a simplement gagné le droit d’être connu sous son vrai jour : con, prétentieux, raciste, arrogant et homophobe. Il est aussi méprisant envers les braves gens qui habitent en banlieue, ce qui me gêne presque plus que tout le reste. Les gens bourrés qui sont cons, racistes et homophobes, j’en ai vu d’autres.

Mais méprisants, prétentieux et arrogants à ce point, jamais.

Il a gagné le droite mais dans ma grande mansuétude, je ne dirais pas qu’il l’a mérité. Il n'a pas dit de conneries dans les réseaux sociaux, ce n'est pas un personnage célèbre comme Galliano, il ne représente donc pas son entreprise en permanence. Il a uniquement eu la malchance que je sois là au mauvais moment.

Amen.

Cette fois, je diffuse une photographie pour prouver que je suis aussi piètre photographe que caméraman et que s'il y a un procès à faire, c'est au patron de la Comète et à celui d'Apple : on ne peut pas faire une photo correcte avec un iPhone au comptoir de la Comète.

Le "journaliste" bourré du à la Comète

La vidéo dure dix minutes. Vous aurez le plaisir d’entendre ma douce voix. Au bout d’une minute, environ, le type menace qui se prétend journaliste au Parisien, dit: « demain vous serez dans le Parisien ». J’invite cet honorable journal à licencier très rapidement ce journaliste alcoolique qui fout la merde dans les bistros en se prétendant comme salarié dans cette honorable maison.

Edit le 5/12 à 17 heures :  le type dont je parle n'est pas journaliste au Parisien contrairement à ce que pourrait laisser entendre par la suite de ce billet.
Je résume… J’étais peinard avec mon pote Ramdane au comptoir et j’ai vu par hasard qu’il se passait un truc. Le ton montait entre le serveur, Christian, et un type. Un client. Normal. La routine. L’ivrogne négocie la note. J’ai quelques heures de comptoir à mon compteur donc je m’en fous. A un moment, j’entends ce grand con prétentieux sortir une connerie et je sens le truc bizarre. Je le sentais prêt à agresser physiquement Christian. Je range mes lunettes dans ma poche pour être prêt à intervenir et sors l’Phone pour prendre des photos. Je mitraille et ça commence à me gonfler. Je pose mon coude sur le comptoir et me décide de prendre la scène en vidéo au cas où ça dégénère vraiment et que Christian soit emmerdé.

Ils sont beaux nos journalistes !

Cela étant, je n’ai rien contre le Parisien que je lis tous les jours. Je ne sais pas si cet abruti homophobe, raciste, handicabophobe (heu…) bosse bien pour le journal, mais dès qu’il a dit « demain vous serez dans le Parisien » Je lui ai répondu « ah bon ! Dans ce cas, dans deux heures vous êtes dans mon blog ».

Dont acte.

Ca fait trente ans que je fréquente les bistros. Un peu moins. Je n’avais jamais vu de tels cons. Ils méritent bien la une de mon blog, non ?

Edit 8/1/13 : Je supprime la vidéo à la demande des patrons de la Comète, ils avaient peur qu'on tombe dessus en cherchant leur établissement...

A part ça, je tiens à me présenter moi-même mes propres félicitations : c'est la première fois que je diffuse dans mon blog une vidéo prise par moi-même. Merci de RT ce billet, un connard mérite qu'on fasse sa réputation même si j'ai expliqué pendant 15 minutes à Christian qui a 40 ans de métier qu'il ne fallait pas blâmer les ivrognes...

04 janvier 2013

Prix des demis de bière

Catastrophe ! Le 2 janvier, j’arrive à l’Amandine et le patron m’annonce une augmentation du prix de la bière de 10 centimes à cause de l’augmentation de la taxe votée par les socialos, les fameux droits d’assise. J’ai protesté pour la forme : « Ah ! Salopard, tu vends encore ton stock de l’an dernier et tu appliques déjà les augmentations des taxes ». Pendant ces dernières périodes, on a beaucoup discuté sur le web de répercussion sur le prix du demi. Les producteurs de bière et les fédérations de bistro parlaient d’une augmentation de 40 centimes par demi. Certains socialistes très optimistes parlaient de 1 ou 2 centimes.Maintenant que la taxe est appliquée et que les considérations politiques sont écartées, nous pouvons revenir sur ce sujet avant l’aller au bistro.

J’ai refait mes calculs aujourd’hui et j’en étais arrivé à une augmentation théorique à la base (pour le producteur) de 8 ou 9 centimes par quart de litre de bière à 5°. J’avais peur de me tromper avec la TVA, mais on n’est pas à une bricole près.

L’espèce de pure player « Quoi » a fait le calcul pour nous. Effectivement, je ne m’étais pas trop trompé. On va donc dire qu’une augmentation de 10 centimes par demi de bière est raisonnable mais ce n’est pas si simple.

Je suis un blogueur de gouvernement, certes. Il n’empêche que pendant les cinq ans de présidence de Nicolas Sarkozy, j’ai pesté contre toutes les augmentations de taxes qu’il avait mises en place. Surtout, j’ai horreur des taxes qui pèsent, finalement, sur les consommateurs. Je n’ai pas trop ronchonné pour la TVA mais je n’en pense pas moins. Enfin, je n’aime pas les usines à gaz fiscales et il se trouve que ce machin, les droits d’accise, en est une (pas nouvelle, les socialos n’ont fait que l’augmenter de manière non négligeable).

Et il m’arrive de boire une bière.

J’étais donc opposé à cette hausse. Voilà pour le volet politique.

Dans la pratique

Nous avons un brasseur qui va acheter de l’eau et des céréales. Je sais, c’est assez déprimant ce qui rentre dans la composition de la bière mais c’est ainsi. Ainsi, c’est le prix des céréales qui fait le prix de la bière… J’ai bien fait d’arrêter les corn flakes très jeune…

Si on s’intéresse à la bière, il faut s’intéresser au marché des céréales. Par exemple, il y a une grosse sécheresse en Amérique donc la production baisse et les cours flambent. En France, par contre, la production est très bonne avec un rendement à l’hectare fabuleux. Les prix devraient donc baisser mais, pour résumer, c’est le marché Américain qui fixe les prix (les céréaliers n’ont pas de raison de vendre moins cher ici que là-bas). Entre 2012 ou 2013, il est fort probable que les céréales augmentent de plus de 20% ce qui provoquera une grave famine en Afrique.

Mais, plus grave encore, le prix de la bière devrait encore augmenter.

Les premiers responsables de l’augmentation du prix de la bière ne sont pas les députés socialistes mais les céréaliers et le libéralisme international.

Depuis 2002, le prix des céréales a doublé, environ. Vous pouvez vérifier sur Internet mais c’est difficile, il y a d’énormes variation en fonction de la production. L’Insee constate une augmentation du prix du demi de bière depuis 2002 de 23%. Ca correspond à l’augmentation à la Comète parce que la bar a été entièrement refait à neuf et a changé de « catégorie ». Par contre, l’augmentation est bien moindre dans les autres bistros que je fréquente, de l’ordre de 15%.

N.B. : Je prends 2002 parce que je me rappelle des prix lors du passage à l’Euro, passage à l’Euro, d’ailleurs, qui n’avait eu aucun impact sur le prix de la bière.

Ceci correspond à une augmentation du prix d’environ 1,9% par an. Ce qui est inférieur au taux d’inflation moyen sur cette période, me semble-t-il.

Ce soir, en rentrant chez vous, arrêtez-vous au bistro en bas de chez vous. Buvez un coup à la santé du bistro, de son fournisseur de bière et du gouvernement qui le taxe : ces braves gens ont fait en sorte que leurs produits augmentent légèrement moins que l’inflation moyenne alors que la principale matière première a augmenté à peu près trois fois plus.

Pour se faire, il fallu renier sur les marges : c’est la seule solution.

Et c’est le patron du bistro qui a pris dans la gueule parce que le brasseur lui a répercuté les hausses des prix.

C’est simple. Le patron de bistro applique généralement « un coefficient de 4 ». Il vend 4 euros ce qu’il a acheté 1 euro. C’est un standard de la profession reconnu par l’administration fiscale. Si un patron déclare avoir vendu 3 euros ce qu’il a acheté 1 euro, le fisc va considérer que le commerçant s’est mis 1 euro dans la poche pour lui échapper. Ce n’est pas aussi simple, c’est une moyenne entre les différents produits.

Toujours est-il que demandez à votre patron de bistro l’évolution de son « coef » entre 2002 et maintenant sur la bière il vous dira qu’il est passé de 4 à 3. Afin de maintenir un prix raisonnable pour la bière par rapport aux autres produits, le patron de bistro a vu sa marge baisser à cause de l’augmentation du prix des céréales qui a fait que son fournisseur de bière a augmenté les prix.

Finalement, ne buvez pas un coup à la santé du fournisseur de bière.

Pourquoi le patron n’a-t-il pas plus augmenté sur la bière (certains l’ont fait mais  je parle des petits bistros) ? Il y a un tas de raisons qui ne sont généralement connues des gens de Bercy et des partis politiques… Vous n’avez qu’à aller au bistro pour comprendre…

Revenons à notre taxe qui augmente.

Le brasseur va vendre le litre de bière environ 22 centimes de plus avec la nouvelle bière ce qui devrait donc faire une augmentation de l’ordre de 20 centimes par demi en comptant la TVA.

Si dans votre bistro, ça augmente plus, engueulez franchement le patron mais n’oubliez pas qu’il a pris sur lui les augmentations précédentes.

Si ça augmente, entre 10 et 20 centimes, engueulez le légèrement en lui expliquant qu’il n’est pas obligé d’incorporer à son calcul de marge l’augmentation de la taxe (s’il paye le demi 10 centimes de plus à son fournisseur parce que le fournisseur a ajouté 10 centimes de charges, il n’est pas obligé de vous piquer 10 centimes supplémentaires). Mais il risque bien de vous répondre que c’est de la faute de l’administration fiscale qui lui impose d’appliquer un coefficient. Il n’aurait pas tort.

Si ça augmente de moins de 10 centimes, laissez l’adresse en commentaire de ce blog.

(photo : aucune relation avec ma Comète)

Free vs. Google : et nous ?

« Aussi sidérant que cela puisse paraitre, Xavier Niel semble en train, avec un culot monstrueux, de basculer sur le mode de fonctionnement d'Apple, en circuit fermé, où c'est lui et lui seul qui aura accès à l'internaute et à ses coordonnées bancaires, le seul à pouvoir le faire payer. Bien évidemment, l'accès à l'internaute sera possible, mais ne sera pas gratuit. Pour moi, ça va bien au delà d'une simple affaire de différend commercial avec Google, qui n'est que le paravent, le prétexte qui permettra de revenir en arrière si jamais un vent de refus se lève. […] » Telle est la conclusion du billet de mon confrère Authueil à propos de "l'affaire Free" qui a agité le web hier soir.

Au cas où vous débarqueriez de la lune (ou de la Comète), je vais vous résumer l'affaire. L'opérateur Internet Free a déployé sur certaines des box de ses clients un machin qui bloque les publicités Google. L'affaire fait scandale sous deux angles :
-         ça fout en l'air l'économie du gratuit et tous les services qui ne gagnent de l'argent que grâce à la pub,
-         ça met en cause la neutralité du net.

Je vais revenir brièvement sur ces deux points au cas où, en plus de tomber de la lune, vous auriez abusé de l’apéro à midi.

L'économie du gratuit

On l’oublie souvent mais tout le monde profite. Mon blog est accessible par tout le monde gratuitement (y compris pour moi) et sans publicité. Il hébergé par Google qui ne gagne pas d'argent avec mais se rémunère autrement. L'intérêt pour Google ? Bah ! Je vous laisse imaginer... Le modèle économique est abscons. Toujours est-il que si mon blog n'était pas chez Google, il serait ailleurs.

La neutralité du net

Le réseau « physique » d’internet ne doit pas s'occuper de ce qu'il transporte. Donc votre opérateur n'a pas le droit d'intervenir dans le contenu de ce qui arrive jusqu'à vous (sauf, je suppose, sur décision de justice, des sites pédophiles et autres saloperies). Sinon, ça serait comme si vous n’auriez pas le droit de tout dire au téléphone.

Le non respect de la neutralité du net serait un peu comme si Cofiroute était autorisé à bloquer les voitures Europcar sur l’autoroute de l’Ouest. Je serais bien emmerdé pour rentrer en Bretagne. Je serais contraint de changer de loueur. Devant la perte de chiffre d'affaire, Europcar serait obligé d'aller négocier avec Cofiroute et finirait par lui payer une redevance... qu'il imputerait à ma facture.

Revenons à nos moutons

Je ne sais pas quels sont les motifs de Xavier (on parle tellement du patron de Free que je vais l'appeler par son prénom). Authueil a une idée qu'il développe dans son billet : Free développerait un nouveau modèle propre de celui d'Apple. Je suis assez persuadé qu'il a raison avec quelques nuances qui importent peu.

La presse titre sur le machin de Free qui bloque les pubs. Le grand public pourrait s'extasier. Il est de notre ressort d'être extrêmement vigilant même si, à notre niveau, on pisse surtout dans des violons. Fleur Pellerin rencontre prochainement Xavier pour évoquer la question. Je ne suis néanmoins pas sur que l'Etat (en tant que législateur) puisse faire grand chose... à part fermer la porte à Free pour des appels d'offre. Je pense que c’est aux consommateurs d'être vigilants et aux concurrents de Free de claironner que Free bloque du trafic.

Si Free s'octroie le droit de bloquer les pubs Google (et de ralentir les vidéos YouTube, filiale de Google, selon Authueil), on peut s'imaginer qu'ils auront le droit de bloquer plein de choses ce qui pourrait provoquer la nécessité pour l'utilisateur de payer des services en plus ou, plus probablement, pour les boîtes qui offrent des services en ligne. Un exemple : vous êtes abonné à Médiapart (étrange idée !). Free pourrait bloquer Médiapart obligeant ces derniers à leur verser une redevance ce qui se traduirait sur vote abonnement chez Médiapart.

Mais vous continueriez à penser que Free est moins cher…

Le modèle Apple ?

C’est la théorie d’Authueil et je disais que je n’étais pas loin de penser qu’il a raison. Néanmoins, il dit un truc dans la conclusion que j’ai citée sur lequel je voudrais revenir.

Free est en train « de basculer sur le mode de fonctionnement d'Apple, en circuit fermé, où c'est lui et lui seul qui aura accès à l'internaute et à ses coordonnées bancaires, le seul à pouvoir le faire payer. »

Concrètement, tous les achats que vous faites sur iPad et iPhone (musique, presse, livres, applications, …) passent par l’iStore. Ils captent tous les flux financiers des paiements, notamment à la place des banques de ceux qui pourraient vendre en direct. C’est un sujet que j’aborde souvent mais avec l’économie du web, les flux financiers ne passent plus par nos banques nationales mais par des multinationales étrangères. C’est mal et dangereux pour l’économie.

Modèle économique du web

C’est aussi un sujet que j’aborde souvent notamment pour ce qui concerne la presse d’information. Je suis persuadé que le modèle va se tourner vers des applications pour tablettes, avec une partie gratuite (pour les informations disponibles sur tous les sites web), payée par la pub (ou pas, peu importe), et une partie payante sur abonnement ou à la pièce (pour des informations plus spécifiques).

Ainsi, les sites web de presse se détournent progressivement de Google News en voulant faire facturer les liens vers leurs sites ce qui nous parait à tous une hérésie. Tiens ! A lire chez Korben : « Mon Dieu que c'est ridicule ! La presse irlandaise, qui a un peu d'avance en matière de connerie sur la presse française vient de publier le tarif à payer pour faire un lien vers l'un de leurs articles. »

Le point de vue geek

Au fait, Korben revient aussi sur cette histoire de Free : « Si vous acceptez d'être chez un FAI qui commence à prendre certaines largesses avec le contenu que vous consultez sur le net ou vos requêtes, c'est votre choix. […] Il n'est pas très normal qu'un FAI modifie le contenu de mes paquets […] que ce soit de la pub ou autre chose. Demain, je vais donc me désabonner de Free et je switcherai totalement chez [biiiip]. Et pour le mobile, je pense qu'un autre opérateur comme [biiiip] ne fonctionnera pas pire... »

Libéralisme en peau de fesses

Free, ne serait-ce que par son nom, mais aussi parce qu’il a réussi à faire plier quelques opérateurs puissants passent pour un symbole du libéralisme. Cette affaire montre que c’est de la foutaise : l’usager n’aura plus la possibilité de naviguer comme il veut. Je vois déjà les objections qui pourront être faites (l’usager est libre de changer d’opérateur et tout ça). C’est aussi de la connerie : quand l’usager verra qu’une vidéo YouTube fonctionne mal, il mettra ça sur le dos de YouTube et passera chez DailyMotion…

Tout ceci nous montre encore une fois que le libéralisme est une vaste connerie. L’entreprise a la liberté de faire ce qu’elle veut.

Néanmoins, cette histoire doit nous permettre de rappeler quelques principes qui nous tiennent à cœur. A partir du moment où un service à l’usager impose ou presque un monopole géographique, il doit y avoir un « contrat » entre l’état ou la collectivité territoriale et l’opérateur. Beaucoup de choses imposent un monopole géographique. L’accès à Internet impose un monopole géographique. Vous ne pouvez pas choisir quel fil va acheminer les données jusqu’à chez vous (enfin si, vous avez le choix entre le câble et le téléphone si vous avez de la chance, mais une seule ligne de téléphone…).

Pour la téléphonie mobile, c’est quasiment pareil. : il y a bien des contrats de concession entre l’état et les opérateurs.

Ainsi, tous ces braves entreprises qui acheminent Internet jusqu’à votre maison réalisent des missions de service public.

Service public et débat politique

On a beau faire des théories sur un tas de choses, le dégroupage, l’internationalisation et un tas de conneries : l’acheminement de l’Internet jusqu’à chez vous est une mission de service pubic, disais-je.

Nos braves législateurs vont probablement coller des pansements à droite ou à gauche, mais rien ne sera satisfaisant. On va assister à une hégémonie d’acteurs américains (disons Google, Apple et Facebook) sur le net et sur toute l’économie qui va avec (y compris les flux financiers), donc toute l’économie du futur. Les pansements ne serviront pas à grand-chose. Les tergiversations de Xavier non plus, d’ailleurs, même s’il a bien raison de donner un coup de pied dans ce bazar pour rigoler.

L’économie numérique et donc l’économie mondiale est en pleine révolution. Il est temps que ce débat se tienne sur la place publique, indépendamment des volets techniques ou juridiques. Le débat doit se tenir en Français, pour que tout le monde puisse comprendre les enjeux. Il est temps d’arrêter de s’enfoncer dans un libéralisme idiot masqué par une phraséologie incompréhensible, encore pire qu’un blog politique de gauche.

Free a vraisemblablement entamé un bras de fer avec Google. C’est deux zozos vont discuter. Il ne me semble pas qu’il revienne à deux acteurs privés de définir totalement comment je vais pouvoir visiter des films de cul.

Dans le temps, on avait un opérateur public – France Télécom - qui s’occupait de tout entre vous et le serveur de minitel rose. Il vous fournissait même le matériel. Je ne refuse pas le progrès technologiques liés à une libéralisation de l’économie mais il faut bien qu’avec les joies du libéralisme, on n’y comprend plus rien.

Concluons

Petit 1 : tout cela n’est pas simple.

Petit 2 : par exemple, mon billet est charge contre Free mais une hégémonie de Google est bien plus inquiétante. D’ailleurs, on ne sait pas trop ce que cherche à faire Free mais si c’est bien de réellement concurrencer Google, on ne pas lui jeter la pierre.

Petit 3 : la neutralité du net doit être garantie absolument et ne doit être sous contrôle que de la force publique et des états.

Je présente mes excuses à mes trolls libéraux si je les ai choqués avec cette dernière phrase, mais il faut aussi faire quelque chose contre les actions illégales sur le web, pas seulement le téléchargement de séries vidéos mais aussi de la pédophilie et l’incitation au terrorisme. La « force publique » doit donc avoir le pouvoir de bloquer des sites internet « aux frontières » (c’est un autre sujet).

Petit 4 : n’oublions pas dans la discussion qui doit devenir politique qu’il s’agit aussi d’une mission de service public.

Petit 5 : le cumul des petits 3 et 4 pourrait nous faire faire des conclusions. N’hésitons pas plutôt que de s’enfoncer dans des usines à gaz libérales où le consommateur ne comprendra plus rien. Tant qu’il passe à la caisse…

Petit 6 : n’oublions pas la pub sur Internet qui permet de payer des services. Le français n’aime ni la pub ni payer : tant pis pour lui.

Petit 7 : ne nous affolons pas. Ce n'est peut-être que Free qui est en train de tester les réactions du public et de Google...

Complément :

Il semble que Google Friend Connect (le machin qui gère les membres du blog) et Google Analytics (le machin qui fournit les statistiques de visites) soient coupés par Free, selon quelques rumeurs que j’ai vu circuler.

03 janvier 2013

Le blogueur politique face à l'immensité du web

Le blogueur politique a ses trucs. Il va prendre l'actualité politique et donnera son avis dessus. Parfois il développera certains points plus précis parce qu'il a des connaissances spécifiques ou qu'il a eu envie de fouiller un sujet. D'autres fois, il fera des billets plus personnels ou, au contraire, plus institutionnels avec des thèmes d'actualités propre à sa formation politique. Quelques fois (souvent chez moi), il parlera des médias ou des blogs.

Nous y sommes.

Un 3 janvier au soir, j'aurais pu regarder l'actualité et constater que Depardieu est Russe. J'aurais pu faire un billet sur le thème. Deux heures plus tard, j'aurais constaté que le sujet a fait le buzz dans la journée six heures plus tôt. J'aurais alors trouvé mon billet profondément ridicule et inutile.

Ne rigolez pas. Ça m'arrive réellement de faire l'impasse sur un buzz et d'être persuadé d'avoir fait un billet original. Surtout, des blogs de droite vont continuer à faire des billets sur le thème "Depardieu est Russe à cause des Staliniens Français"...

Ils seront ridicules. On se consolera en se disant que les blogs de gauche ont été ridicules quand ils étaient dans l'opposition. On se consolera aussi en trouvant des billets de qualité au fond de ce bordel : des billets originaux, drôles, bien écrits,...

Mon confrère Sarkofrance par exemple se fout intelligemment de la gueule de notre ancienne idole passée à l'est. Je n'irai pas jusqu'à dire que son billet est utile. Au moins, il soulage. C'est utile.

Le blogueur politique se rendra compte que ce qu'il fait en commentant l'actualité ne sert à rien, sauf à son propre plaisir ce qui n'est pas rien ! Néanmoins, le blogueur politique se demandera comment il peut être utile dans ce bazar...

La première réponse est qu'il peut produire du "contenu" avec une vraie information, une vraie recherche documentaire, une vraie réflexion qui dépasse la simple intuition personnelle. Ça ne parait pas mais un blogueur comme moi en fait un tous les quatre jours mais ils sont noyés dans la masse de billets que je fais centrés sur les blogs, les rencontres de blogueurs, le foutage de gueule des personnalités politiques (regardez le nombre de billets que j'ai faits à propos de l'UMP), la propagande batave et les réactions sans intérêt aux dépêches d'information. Ou centrés sur moi-même.

Il faudrait qu'on trouve comment populariser ce bon contenu. A noter qu'il y aurait un long travail d'édition, de lecture. La plupart des bons billets sont difficiles à faire parce qu'il faut rechercher des informations, des liens, une articulation. Bilan des courses : on n'a pas le courage de relire alors qu'un demi heure de travail en plus aurait fait un chef d'œuvre. Un exemple : le présent billet. J'ignore s'il sera bon ou mauvais (et je ne le mets pas dans la catégorie des billets utiles). J'ai 40 minutes de métro pour le rédiger avec un iPhone, après je le mets en ligne et je bois une bière avec les copains. Alors la relecture, hein !

La première réponse au blogueur politique qui s'interroge : fais à l'occasion des billets "utiles". Continue à produire des billets idiots, ils permettent de populariser le blog.

Après, je n'ai aucune autre réponse. D'ailleurs, je ne sais plus quelle était la question.

Le blogueur politique qui n'a toujours pas compris que finalement son billet sur Depardieu chez les Russes n'a pas grand intérêt fera d'autres constats : le buzz se fait dans Twitter ah la la qu'est ce que je vais pouvoir faire pour mon blog. Je vais lui répondre : rien. Laisse tomber. De toute manière on ne sait pas ce que Twitter sera devenu dans trois ans. Continue à faire des bons billets, bordel, et à prendre du plaisir.

Tiens ! Ça te permettra d'être repéré par des médias sympathiques qui mettent les blogs en avant, comme News Republic ou Mediavox.

Ensuite, fais une réflexion complète sur l'état de la blogosphère et du politique sur internet. C'est ce que je me suis dit à moi-même cette après midi mais j'ai pondu mes réflexions dans un autre blog.

Les conclusions sont :

Le net reste dominé par les blogs de gauche. Mais ça, le Monde l'a dit la semaine dernière.

La deuxième est qu'on s'en fout. Le web politique est surtout dominé par des sites "industriels" tels que Atlantico, Contrepoints et Opposition Républicaine sans compter l'innommable.

On a donc d'un côté des blogs de gauche et de l'autre des sites d'information de droite.

Tout ça n'est pas réjouissant.

On se consolera en observant que les blogs politiques de droite tendance UMP sont masqués par des mastodontes et qu'ils sont incapables de produire du contenu "utile". Désolé, je n'ai pas trouvé d'autre mot. "De fond", peut-être ? Chers amis blogueurs de droite, vous pouvez ronchonner mais vous feriez mieux de démontrer le contraire. Pour ma part, j'ai apporté des éléments de preuve dans le billet que j'ai mis en lien.

On se consolera aussi en constatant qu'on a un bon gisement de "contenus".

Encore faudra-t-il qu'on sache le mettre en avant !

Mais la première étape sera de retrouver du plaisir à bloguer, plaisir qui s'éteint en plusieurs phases successives. Ça fera l'objet d'un autre billet, peut-être.

Pour l'instant il reste le plaisir d'écrire et la et rigoler avec les copains. Et la passion des blogs !

La cravate de travers

Chercher sur Internet les réactions des gens à propos de la personne de François Hollande est époustouflant. Le nombre de commentaires à propos de sa tenue vestimentaire est délirant. Il n’y a pas que la cravate de travers qui y passe. Il y a les manches qui sortent de la veste et le fait que son costume soit en « prêt-à-porter ». On trouve même des glandus scandalisés parce qu'il n'avait déboutonné sa veste en s'asseyant sur un plateau TV. 

Je suppose que ces braves sont ceux qui critiquent également le faible niveau du débat politique en France. 

Toutes les remarques sont négatives mais il ne sera pas dit qu'un fier représentant de la batavosphère ne viendrait pas à la rescousse du Président de la République dans un billet qui fera date dans l'histoire de la blogosphère politique des 3 janvier. Surtout que ce blogueur est un éminent spécialiste des cravates à chier et est doté d'une légère surcharge pondérale qui l'empêche de mettre des costards en prêt-à-porter. 

Regardez autour de vous. Ne trouvez-vous pas, en effet, que les gros en costume sont généralement ridicules. Notamment si, comme moi, ils achètent leurs chemises en supermarché : elles sont alors trop courtes et sortent du pantalon. Vous me diriez que je pourrais acheter des chemises de luxe. Je préfère acheter mes chemises à 10 euros et garder le reste pour les choses essentielles. Surtout que la bière augmente au premier janvier. Je suis un mec normal. 

D'ailleurs, François Hollande est un Président normal. Déjà qu'il a fait baisser son salaire et a fait augmenter les taxes sur la bière... 

Première remarque : s'il achetait des costumes à 8000 euros, on trouverait probablement des crétins pour le lui reprocher ! J'imagine les réactions : "ah ! Il veut passer pour près du peuple, il dit s'attaquer au monde de la finance mais il se paye un costume qui vaut huit mois de SMIC". Je connais même des abrutis qui seraient capables de dire qu'il fait passer ses caleçons dans les frais généraux de l'Elysée. 

Il vaut mieux être critiqué pour une cravate de travers. Les pauvres s'en foutent. Alors qu'un costume à 8000 euros… 

A noter que je parle de caleçon pour l'exemple. J'ai beau être proche du Président, j'ignore si M. Hollande porte des slips ou des caleçons. Je vais lui donner un conseil : mettre un slip quand il est en costume et en caleçon quand il est en jean. 

N'oublions pas que François Hollande est un ancien gros. Il garde des réflexes. Moi même qui suis un ancien maigre (mais ça fait longtemps), je suis parfaitement habilité pour donner mon avis.

Deuxième remarque, donc : Monsieur Hollande est un ancien gros et en porte les stigmates. Il fait toujours soigner les détails qui se voient pour pas que les gens voient les vrais défauts. 

Moi, par exemple, j'ai la chemise qui sort du pantalon volontairement. Les passant focalisent sur ce détail et ne voient pas si ma braguette est ouverte. Du coup, je ne ferme plus ma braguette, ce qui me laisse plus de temps pour m'occuper des affaires de la France. 

Troisième remarque : un peu de sérieux. Vous croyez réellement qu'on en a quelque chose à cirer ? Vous pensez vraiment qu'il y a des types qui ne sont pas payés pour s'intéresser à ce genre de détail qui s'intéressent à ce genre de détail ? Vous pensez réellement que la République va payer un salaire à M, Sérillon pour qu'il donne des formations à propos des doubles nœuds de cravates ? Vous pensez que la mère d'un pompier mort au service à qui le Président de la République vient rendre hommage va vérifier que sa braguette est bien fermée ? Vous croyez réellement qu'un type au chômage depuis deux ans va être scandalisé par la taille des manches de la chemise de celui qui explique un 31 décembre au soir que l'année suivante sera encore plus dure ?

Je me rappelle de la période qui suivait l'élection. Le Président passait son temps sous la pluie à un point où je me demandais s'ils n’avaient pas coupé l'eau dans la salle de bain de l'Elysée. Dans l'euphorie, on trouvait ça génial. Il y avait même des observateurs avisés qui comparaient Hollande à de Gaulle. Le grand Charles était toujours suivi par un type qui portait un parapluie. S'il commençait à pleuvoir, le lascar lui proposait le parapluie mais il le refusait ostensiblement. Ainsi, il donnait l’impression d’être près du peuple, d’affronter les intempéries avec lui, …

Je ne voudrais pas choquer mes lecteurs gaullistes mais je me demande s’il ne nous prenait pas un peu pour des cons. Je dis « nous », remarquez, mais c’est une façon de parler. A cette époque, je n’étais pas encore très né.

Toujours est-il que les andouilles qui disaient en mai qu’Hollande était un génie disent maintenant qu’il était grotesque et auraient du prendre, au moins, un imperméable. Finalement, il aurait pu s’abstenir d’aller faire le guignol sur les Champs Elysées et aller bouffer avec ses potes au Fouquet’s. De toute manière, vue la durée de l’état de grâce…

Quatrième remarque : non seulement les gens se foutent totalement de la tenue vestimentaire présidentielle mais, en plus, les spécialistes de la communication changent d’avis selon ce qui fait vendre. Ce sont des guignols. Je le sais, j’ai été consultant pendant plus de vingt ans.

J’ailleurs, je vais vous révéler un scoop : Sérillon n’a pas été recruté par l’Elysée pour s’occuper de la communication mais parce que le directeur de cabinet adjoint joue à la belote comme un pied ce qui gonflait le Président de la République. M. Séguillon joue très bien à la belote, parait-il. J’avais également postulé, ayant de bons atouts avec ma cravate à chier, mais, justement, je joue uniquement à la belote de comptoir « tous atouts ». Les points montent plus vite et c’est plus rigolo. Par contre, il est conseillé d’attendre qu’un type perde deux fois pour exiger une tournée sinon on est saouls trop vite.

Bien que n’étant pas rémunéré, je vais donner des conseils au camarade François Hollande.

Cher Camarade,

Conseil 1 : si, comme moi, tu portes des caleçons avec le jean et des slips avec le costume, n’oublie pas de prendre un slip avec toi si tu vas acheter des costumes alors que tu es habillé en jean. Ca permet de mieux juger comment on se sentira dans les nouvelles fringues.

Conseil 2 : cet été, pendant tes vacances à Brégançon, tu portais une chemisette blanche (je crois) avec un pantalon en toile beige pour te promener dans la rue sous les regards émerveillés des passants et des photographes habilités. Je te conseille d’éviter ces pantalons beiges : ils sont moches. Surtout, évite-les car si tu as un problème de dernière goute, ça se remarque plus facilement. Vive les pantalons noirs !

Conseil 3 : je porte toujours la même cravate. Personne ne l’a jamais remarqué. Tout le monde s’en fout. Fais pareil. Prends un machin foncé sans motifs visibles…

Conseil 4 : le conseil 1 étant très compliqué, je ne me l’applique pas. Je n’en fais qu’à ma tête. Tu devrais faire pareil. De quoi se mêlent ces gens qui se permettent de faire des remarques ? En plus, j’en connais qui mettent des chaussettes blanches.

Friendly,
Nicolas

La vraie galette des rois

Depuis le début de l’année (c’est récent…), je ne fais que des billets à propos des blogs, ici. C’est normal, j’ai pris des résolutions, comme arrêter d’aller au bistro et bloguer autrement. Ce matin, je fais le point sur les réactions à mon billet d’hier dans lequel je priais pour que l’on retrouve un peu de respect.

Je note que trois personnes m’ont donné des conseils ou des avis sur la manière de tenir mes blogs. Aucune des trois n’a de blogs. Les trois se basent sur des erreurs manifestes.

A titre d’exemple, il y en a un qui me dit qu’en activant la modération des commentaires et en virant les commentaires désagréables, je vais perdre des lecteurs. Des erreurs manifestes ?

La première : je me fous du nombre de lecteurs.
La deuxième : avec ce titre, ce billet pourrait être le billet d’un blog politique d’un simple quidam le plus lu de ce début d’année car il pourrait recueillir les faveurs des moteurs de recherche. On se retrouve dans une semaine pour un bilan ?

Une autre personne, la seule sympathique, me dit qu’il est incohérent de censurer les commentaires courtois mais argumentés qui contredisent les propos du billet, pratique que je n’ai pas par ailleurs. Il n’y a aucune incohérence. « Mon » blog est « mon » lieu d’expression, pas celui des autres.

Les blogs sont « des services de communication au public en ligne édité à titre non professionnel au sens de l'article 6, III, 2° de la loi 2004-575 du 21 juin 2004 ». Je tiens des blogs pour communiquer avec des passants, pas pour leur permettre de communiquer à ma place.

Chaque blogueur fait ce qu’il veut de son blog. Quelqu’un qui ne tient pas de blog et donc ne connaît pas les contraintes devrait réfléchir avant de donner son avis. Pour ma part, j’ai décidé de faire de mes blogs un comptoir de bistro où les gens papotent. Dans cet esprit, je vire les gens qui m’importunent ou importunent mes « clients ».

Pour les recettes de galette des rois, vous pouvez consulter Marmiton. Ceci est un blog politique.

Non mais sans blague.

02 janvier 2013

Un peu de respect, bordel !

J’ai commencé mes billets de l’année 2013 par un appel au respect en guise de vœux. Didier Goux raconte dans son journal un déjeuner avec l’Amiral Woland et nous deux. Eux réactionnaires affreux et moi sympathique gauchiste : « Déjeuner parfaitement agréable avec Nicolas et l'amiral Woland. M'amuse beaucoup le fait que ni eux ni moi n'avons finalement rien à foutre d'être de gauche, ou de droite, ou de rien. C'est d'ailleurs Nicolas qui a protesté le premier lorsque j'ai abordé un thème, un sujet de conversation, qui, en effet, avait des allures “politiques”.  Il n'avait pas envie d'en parler. Ça tombait bien, Woland non plus, ni moi. »

Le respect, c’est évidemment cela, ce qui permet de passer un moment agréable à table et dans les blogs.

FalconHill qui avait beaucoup inspiré mon billet d’hier dit aussi ceci : « Donc des billets et des réflexions cons, d’un sectarisme consternant, je m’en suis pris. Ces grands tolérants de gauche ont en parti réussi : j’ai ressenti clairement du dégout à bloguer. »

Le respect, c’est aussi cela, ce qui ne décourage pas le blogueur de donner son avis, ce qui permet à la blogosphère de vivre.

Le respect, c’est également ce qui permet de maintenir un débat politique de qualité, notamment parce qu’il permet de comprendre les autres, ne serait-ce qu’en les lisant. Lire, dans la blogosphère, ne me parait pas inutile.

Je vais donc revenir sur le respect.

Le respect de l'orientation politique des gens

En France, on a la droite et la gauche, on a leurs extrêmes qui ne sont pas comparables, on a le centre, on a quelques libéraux qui tentent d’exister, des anars et plein de trucs. Il y a même des gens qui ne croient pas en ces clivages et qui pensent que tout le monde devrait travailler ensemble ne se rendant même pas compte qu’ils ne font qu’un clivage supplémentaire…

Dans les blogs de droite, je lisais des andouilles qui expliquaient que les « blogueurs de gouvernement » allaient vite comprendre que la politique de la droite était meilleure que celle de la gauche. Certaines disaient même que les électeurs reprochaient au Gouvernement d’être trop à gauche, tendance sectaire et communiste avec du poil dans les oreilles, ce qui explique que la popularité soit retombée à 40% ce qui est une preuve et tout ça. Pourtant, il suffit de lire un peu de commentaires, de billets, d’articles de presse, … pour comprendre que les électeurs de Hollande lui reprochent surtout de ne pas mener une politique plus à gauche.

A partir du moment où l’interlocuteur, dans les blogs (ou ailleurs), se trompe à un tel point, le débat politique a peu d’intérêt. Peu importe.

Le respect, c’est aussi de ne pas se mettre dans le cerveau des autres, de comprendre les différences, … C’est ce qui permet de faire vivre la politique. Je donne l’exemple de ce que pourraient croire des blogueurs de droite mais je m’en fous. Je suis plus effrayé parce que pensent mes congénères de gauche de l’opinion publique.

Le respect et la capacité à comprendre la position des autres sera au cœur de la vie politique française à droite, cette année. L’UMP va mener un débat pour une orientation politique, débat qui va se traduire par une guerre des chefs. Et au cœur de ce débat, on aura ce que pensent les militants de l’état de l’opinion publique, de la pensée des autres. On aura des militants qui vont expliquer ce qu’ils savent ce que pensent les français plutôt à droite.

On n’a pas fini de rigoler en voyant un tas d’andouilles dire qu’elles ont raison…

Le respect des personnalités

Je sais. Mes confrères blogueurs de gauche ne sont pas toujours des exemples. Mais vous pouvez fouiller les archives de ce blog, je n'ai jamais traité Nicolas Sarkozy de nain ou de nabot. Je n'ai jamais critiqué ses tics. Je n'ai jamais de mal de sa compagne. J’ai critiqué ses discours, sa politique, … J’ai parlé d’erreurs qu’il faisait : porter « ostensiblement » des talonnettes montre qu’il veut cacher une taille dont je n’ai rien à cirer, par exemple.

Pour en revenir à l’UMP, j’ai beaucoup critiqué Jean-François Copé. J’estime qu’il fait une grosse erreur en ratissant sur sa droite. La critique porte sur le positionnement politique, pas sur la personne. Ce positionnement politique fait qu’il exaspère « les spectateurs », ce qui revient à une critique de la personne mais indirectement.

Au début du quinquennat précédent et même par la suite, les critiques portées par les blogueurs de gauche sur la personne de Nicolas Sarkozy ont été dommageables parce qu’elles ont masqué le reste. Néanmoins, les blogueurs de droite qui évoquent la taille de François Hollande sont très drôles : ils ont passé des années à nous dire qu’on dépassait les bornes…

Le respect des blogueurs et l’écoute des autres

Depuis longtemps, quand je lis les critiques de ma personne et de mon blog, il en ressort souvent que je fais des billets en éructant dans un état d’ébriété avancé. Il en ressort aussi des critiques sur mon égo et un tas de conneries.

Les gens ont le droit de le penser mais par respect, ils pourraient éviter certains billets ou commentaires.

Ils ont le droit de le penser même s ils ont tort, je fais mes billets politiques le matin, à froid (je les rédige dans le métro et je les publie du bureau après relecture quand j’ai fini de traiter les affaires urgentes - aujourd’hui, c’est la rentrée, c’est le bordel) et sans avoir bu. Mais peu importe.

Ils ont le droit de le penser, de moi comme d’autres blogueurs d’ailleurs, mais en lisant les billets, ils ne cherchent que des failles. Ils font le procès à charge avant d’avoir lu le billet. Et ils omettent le fait qu’on puisse avoir raison. Par manque de respect, ils en reviennent à ne pas savoir ce que pensent les gens tout en étant persuadés du contraire, ce revient à ce que je disais plus haut mais surtout, ils omettent le fait que l’autre puisse avoir raison. Et ils s’enferment dans un raisonnement crétin.

Tiens ! Une anecdote personnelle pour tacler mes copains de gauche, pour changer. Par le passé, j’avais été scandalisé par des propos du pape et j’en avais fait un billet. Quelqu’un m’avait alors répondu que critiquer les propos du pape était lui reconnaître une autorité… Du coup, j’ai changé d’avis. Effectivement, je n’ai strictement rien à cirer de ce que dit le pape (sauf dans des cas précis mais discutables) à titre personnel. J’ai lu un commentaire alors que j’aurais du l’envoyer chier… Par pur respect. Un type prend la peine de dire quelque chose, je prends la peine de le lire parce que je n’avais encore rien absorbé sur le thème : "un non catholique.doit-il s'occuper de ce que dit le pape ?"

Le respect sans jugement

L’anecdote a un rebondissement récent. Mon dernier billet porte sur le pape (il s’attaque au monde de la finance, le bougre). Du coup, j’ai des « protestataires laïcs » qui interviennent pour lui reprocher ses propos (qui sont pourtant assez gauchistes). De quoi se mêle-t-il ? semblent-ils dire… Du coup je leur réponds : « mais qu’est-ce que tu en as à foutre, tu le reconnais comme une autorité morale, maintenant ? » Par contre, ça m’intéresse beaucoup de savoir ce qu’une autorité morale dit à ses ouailles, alors j’écoute le pape en tant qu’autorité morale pour les électeurs catholiques. Je ne juge pas.

Ou alors, si je juge, c’est sur un point de vue politique. Par exemple, avec le mariage pour tous, le pape (ou plus précisément les autorités catholiques françaises) a une occasion inespérée de ressouder « ses équipes ». Ca n’est pas spécialement idiot de sa part de se rapprocher des catholiques de gauche par des propos frisant le trotskisme. Ou alors, c’est crétin de se fâcher avec une partie de la droite française alors qu’il a l’occasion de lutter avec eux… Chacun jugera…

Je parle souvent des nombreux procès de blogueurs qui sont faits dans Twitter ou dans d’autres blogs. Alors je juge moi-même les juges et ces autoprocureurs proclamés et je leur dis : vous feriez mieux de respecter ce que les autres ont à dire plutôt que de les condamner sur la voie publique.

D’autant que le jugement à l’emporte pièce décrédibilise toujours celui qui le fait.

Le respect en commentaire

J’ai activé la modération des commentaires de ce blog. Je supprime les commentaires qui me manquent de respect ou manquent de respect à d’autres commentateurs. Avant, j’avais une fâcheuse tendance à traiter leurs auteurs de trous du cul ou de connard mais « on » me le reproche. Certain en déduisent que je ne supporte pas la contradiction. Ils se plantent.

Je ne supporte pas :
-         d’une part ceux qui pensent que leur avis a plus de valeur que le mien (d'autant que c'est mon blog, bordel),
-         d’autre part ceux qui ne sont pas aimables avec les gens qui prennent la peine de commenter mes billets.
Pour le deuxième point, c’est une question d’ambiance, de savoir-vivre, de tenue de mon blog, … Le premier est plus intéressant et on en revient à ce que je disais au départ : certains gagneraient à tenter d’admettre que les autres ont des avis différents sans être nécessairement timbrés.

Le respect…

Je tiens un blog politique. On peut être d’accord ou pas avec moi, je m’en fous. Je fréquente toutes sortes de blogs politiques. Je peux être d’accord ou pas avec les gens. Je m’en fous. Les blogueurs politiques participent, à leur niveau, au débat démocratique. Ce débat doit être encouragé. Je défends les blogs depuis toujours. J’ai peut-être tort. Je m’en fous aussi. J’aime voir des gens exprimer des opinions.

Tout commentaire manquant de respect va dans le sens inverse de la défense des blogs et de l’expression de l’opinion. J’ai donc toutes les raisons valables de le supprimer sans le moindre état d’âme. C’est la liberté d’expression qui me pousse à la censure des critiques irrespectueuses. Faut le faire, non ?

Le respect exemplaire ?

Je ne prétends pas montrer l’exemple. J’ai même un blog où je tombe souvent sur le poil d’autres blogueurs et surtout de twittos. Souvent, j’ai raison de frapper : je suis publiquement insulté, je riposte. Parfois, j’ai moins raison : une personnalité est publiquement attaquée, je riposte alors que je devrais n’en avoir rien à foutre. Parfois, j’ai totalement tort. Ici, par exemple, je tombe sur le poil d’un lascar qui raconte des conneries dans Twitter. Les propos m’ont amusé et méritaient un billet pour rigoler mais j’aurais du masquer le nom et l’avatar du gugusse. Je n’ai rien de personnel contre lui.

Je ne prétends surtout pas avoir été spécialement exemplaire quand j’étais un jeune blogueur et je reconnais qu’il m’arrive de m’emporter. A contrario, avec l’expérience, on finit par se foutre d’un peu de tout.

Le respect

Il est temps de conclure. Le manque de respect :
-         fait qu’on se coupe des autres, de l’électorat, en ne comprenant pas ce qu’il a à dire,
-         fait qu’on fait des grossières erreurs en ne sachant pas écouter une contre-argumentation,
-         fait qu’on décourage les blogueurs d’exprimer leurs avis.

Il est temps de conclure mais je vais citer un dernier exemple. Lisez mes billets de novembre et décembre à propos de la construction de l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes. Lisez aussi les commentaires qui essayaient de m’expliquer que j’avais tort et comptez-les.

Comptez ainsi ceux qui sont passés uniquement pour charger mes billets sans même s’intéresser à ce que je pouvais avoir dire. Sans le moindre respect pour les considérations des usagers potentiels de Notre-Dame-des-Landes. C’est affligeant. Un combat politique est mené par des militants politiques à partir des seules argumentaires fournis par le parti.

Et ils n’ont même pas le respect de laisser s’exprimer ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.

Après, ils perdent les élections. C’est ballot. Le respect n’est pas rien. D'autant qu'on se retrouve après avec des aéroports un peu partout...

01 janvier 2013

Vil communiste !

Finalement, ce début d'année a quelque chose de réjouissant.

2013 : une bonne année pour le changement (dans les blogs)

C'est la première année sans élections depuis 2006. Dans les blogs, on va pouvoir souffler un peu même si on sait que l'année sera dure, qu'il faudra continuer à défendre le Gouvernement, sortir de polémiques stériles sans le moindre intérêt. On sait que les coups viendront plus de notre gauche que de notre droite. Mais on peut rêver : et si l’année 2013 redevenait celle du respect entre blogueurs ?

A droite ? J'en parlais hier. En l'absence de projet politique, la droite est pitoyable. C'est quand même fort de voir l'UMP incapable de sortir un projet autre que la seule sortie des 35 heures. Dans leur rôle d'opposants, ils sont pires, étant directement responsables du mauvais état du pays. Cela étant, il faudra qu'on trouve autre chose que le coup de l'héritage, avant la fin de l'année. 

Les blogueurs de droite ne sont pas aidés par leur grand parti. Ce matin, j'ai écouté les vœux de Jean-François Copé et ceux d’Harlem désir, après avoir écouté les vœux de François Hollande, hier. Le contraste entre MM. Désir et Copé est saisissant. Même si la tâche est plus facile pour Désir (son parti est au pouvoir), on sent qu'il s'adresse à tous les Français alors que Copé ne parle qu'aux militants. Le discours de Désir est deux fois plus court que celui de Copé. Les deux donnent la même feuille de route à leur parti : allez au devant des Français, mais seul Désir propose quelque chose de concret. Écoutez les deux et couchez sur le papier ce que vous avez retenu. 

François Hollande a montré, hier soir, qu'il avait un cap. Personnellement, je l'ai trouvé beaucoup plus clair que lors de sa récente conférence de presse. Les goûts et les couleurs…

Ce cap, il nous reviendra de le soutenir, dans les blogs, avec nos différentes sensibilités, certains étant plus critique que d’autres envers le Gouvernement. J’en profite pour saluer les copains de « notre sphère » et leur souhaiter une bonne année.

Lors de nos combats, il nous faudra être juste. Ce n’est pas facile. Je disais hier que nos confrères blogueurs de droite n’avaient que l’adjectif « sectaire » pour « nous » qualifier. C’est quand même fort que nous, qui défendions l’égalité, soyons traités de sectaires. En janvier, nous allons mener la bataille pour le mariage pour tous. C’est quand même fort que ceux qui se battent pour que les couples homosexuels puissent avoir les mêmes droits que les couples hétéros soient qualifiés de sectaires par ceux qui refusent ces droits.

Il nous faut être juste et rentrer dans le lard à bon escient. Mais il nous faut être juste. Les opposants au mariage pour tous ont une conception du mariage, de la famille, … qui n’est pas la nôtre et nous n’avons pas le droit de le leur reprocher. C’est nous qui avons fait le choix d’opérer une modification majeure d’un des fondements de la société et nous avons toute la légitimité pour le faire puisque « nous » avons été élus. Mais nous ne pouvons pas leur refuser le droit d’y être opposés. Le texte passera parce que la démocratie est ainsi faite mais ne renforçons pas un clivage de la société. Nous utiliserions alors des méthodes que nous avons tant décriées.

Je saluais plus haut les copains de notre sphère mais c’est évidemment à tous mes lecteurs et à tous les blogueurs, qu’ils soient politisés ou non, que je saluais et à qui j’adresse mes vœux pour une excellente année.

Ce matin, je pense particulière à certains, comme Gabale et Sarkofrance parce qu’ils sont des piliers de la blogosphère batave et que ce sont leurs billets de vœux que j’ai lus en dernier. Je pense à un tas d’autres, à tous.

Je pense à mon copain FalconHill qui n’a pas le même engagement que moi mais qui est une des personnes qui a la vision de la blogosphère la plus proche de la mienne. Son billet d’hier m’a touché. Il s’interroge sur l’état des blogs en 2012. Quelques extraits de l’introduction : « J’ai détesté l’ambiance sur les blogs. » « Et que dire de l’ambiance post-électorale, et de ces 6 mois de présidence Hollande ? Elle est loin, cette "république apaisée" qui était promise... »

C’est à méditer. Je crois que la France est réellement apaisée. Mon confrère Bembelly a laissé un long commentaire à un de mes récents billets. Je vous le livre ici (il n’avait qu’à en faire un billet, cette feignasse) : « Je me sens bien dans la France de François, personne ne m'agresse à la télé, chez moi devant mes gosses. Mes origines "étrangères" ne sont plus l'alpha et l'oméga de la politique du gouvernement, je ne suis plus l'excuse, ni la "cause" des mots de la république, Enfin libre...

Et cette liberté porte un nom : François Hollande. Pour moi, le rêve se lit aussi sur le volume quiétude gagné au jour le jour, depuis ce jour historique du 06Mai2012.

Blogueur de gouvernement ? Oui. Au nom de la liberté, de l'égalité (on verra pour la fraternité), je confirme le fait que "le rêve français" est déjà en marche. La perception de ce rêve est à géométrie variable en fonction des attentes des uns et des autres...

Ce rêve, je l'espère pour tous. Il faut du temps, celui du changement pour bâtir, dans le respect, une France toujours plus belle, toujours plus prospère, et prête pour le grand rendez-vous de la croissance. Chantier gigantesque.
 »

Il a raison. Mais FalconHill aussi. Il règne une très mauvaise ambiance sur Internet. Je cite la suite de ses propos : « On ne peut rien dire de mal sur ce gouvernement, sous peine de voir sous Twitter ou dans les blogs se déchainer une meute. Et d’un autre côté, on ne peut rien en dire de positif non plus : c’est d’autres meutes, aussi enragées et fanatisées, qui déferlent… C’est du grand n’importe quoi, ça m’est insupportable : ce n’est pas ça la politique pour moi.
En résumé, on ne peut plus rien dire. Pénible... » Je ne suis on ne peut plus d’accord et je me plains d’ailleurs depuis plusieurs jours.

C’est de notre responsabilité de blogueurs de faire en sorte que le débat puisse être mené. Pour ma part, par exemple, je n’en peux plus d’être suspecter de défendre le Gouvernement à tout prix par des lascars qui se croient plus intelligents que tout le monde.

Ensuite, FalconHill tire un bilan chiffré de son blog. Il est mauvais : moins de billets, moins de visiteurs ! Ce n’est pas grave. Ce qui importe dans la blogosphère est d’une part les relations entre les copains et d’autre part la satisfaction que l’on peut avoir à exprimer des idées. Les chiffres ne sont que des chiffres. Mon année aura été sauvée parce que mon billet à propos du Père Noël aura eu les faveurs de Google…

Il faut que 2013 redevienne celle du respect réciproque. Parmi mes relations de blogueurs, j’ai plusieurs blogueurs réactionnaires, avec des idées radicalement opposées aux miennes, comme, bien sûr, Didier Goux, mais aussi Jacques Etienne qui était ma cible hier et l’Amiral Woland. J’arrive à échanger avec eux bien plus cordialement qu’avec certains blogueurs dont je suis beaucoup plus proche politiquement. Quand on n’est pas d’accord, on s’en tire avec une pointe d’humour et on se donne rendez-vous pour une prochaine bière.

FalconHill dit : « je suis convaincu qu’on peut faire de la politique et qu’on peut débattre sans s’insulter, sans se caricaturer. » On devrait. C’est peut-être pour ça que je pense que je vais être beaucoup plus méchant, en 2013, notamment dans Twitter et dans mon annexe où je raconte certains de mes échanges avec des fous. Pas plus tard que hier matin, en me réveillant, j’ai encore constaté que j’avais été la cible de crétins sans savoir ce que je venais foutre dans la conversation. Un type a dit « J’connaissais pas @jegoun. Bon, j’viens d’voir qu’il tweetait ce qu’il bouffait me midi » tout en citant mon tweet en question qui datait de plus de trois semaines. Sachant que je fais entre 50 et 100 tweets par jour, je vous laisse calculer le temps qu’il a passé pour repéré un tweet que j’avais fait avec une photo d’un plat que je bouffais au comptoir de la Comète. Ces petits inquisiteurs ou procureurs me donnent la gerbe.

C’est un type du Front de Gauche qui s’en prend à un gros blogueur de Gouvernement. C’est nul. C’est petit. Et c’est une atteinte à la liberté d’expression, la mienne, en l’occurrence. Il faudra qu’on fasse le ménage, en 2013, et j’invite tous les copains blogueurs ou twittos qui ont la même vision que moi de ce que devraient être les blogs à bloquer ces cons.

Il est quand même incroyable que je doive m’attendre à prendre plus de coup de la part de blogueurs et Twittos du Front de Gauche que de la part de blogueurs et Twittos de droite.

FalconHill évoque enfin l’affaire « Ebuzzing ». Sarkofrance en parle également : « Une cinquantaine de blogs politiques amateurs ont quitté l'un des rares classements qui existaient, Ebuzzing. Ce n'était pas un caprice. Mais le site nous mélangeait avec des agrégateurs collectifs et des blogs d'hommes politiques (Mélenchon, etc) ou d'éditorialistes. » Je suis parfaitement d’accord avec lui : ce n’était pas un caprice. En modifiant progressivement ses algorithmes, la société en question a fait en sorte que les blogs de « simples citoyens » se sont retrouvés mélangés avec des sites plus professionnels.

On pourra juger l’affaire comme on veut mais notre blogosphère, celle des copains, était morte, au profit d’un recentrage vers le buzz engendré dans Twitter. Nous étions devenus fous. Il fallait tweeter les billets des copains, répondre dans Twitter aux billets des moins copains, … Nous n’en étions plus à citer les billets des copains pour donner envie aux gens de les lire ou pour saluer ces copains mais par une espèce de réflexe crétin.

Alors je souhaite que 2013 redevienne l’année de cette blogosphère. FalconHill dit : « Cette histoire a renforcé mon sentiment : aujourd’hui, j’ai l’impression de bloguer tout seul. » Je ne suis pas dans son cas mais je comprends très bien ce qu’il ressent. Le blogage bon enfant que nous avons connu est presque mort. Il y a ce phénomène de dilution des blogs dans Internet mais aussi ce que j’évoquais plus haut : le manque de respect de la part des blogueurs, parfois du même camp politique.

FalconHill date ce bordel de l’élection. En fait, il date de début 2011 mais peu importe. Il nous faut maintenant tourner cette page.

2013 peut être cette année du changement, dans les blogs. Le retour des copains, du respect, …

Bonne année 2013 à tous ! Et bon changement !

Pour moi, ça doit commencer par Twitter et par les commentaires dans les blogs.

Geneviève, une fidèle commentatrice m’a souhaité les vœux en commentaire de mon précédent billet. Un crétin lui a répondu : « Bonne année soc traite (et pas qu'un peu!!) ». C’est crétin, pas français et ça n’apporte rien : dans les spams. Directement.

J’encourage chacun des mes confrères blogueurs à faire pareil. Ne nous laissons plus marcher sur les pieds : si une commentatrice ne peut plus présenter ses vœux sans recevoir une charge, les blogs vont crever.

Prenons-y garde.

Au boulot !

Bonne année 2013.