Extrait de mon dernier billet : «
Pas plus tard qu’hier, j’ai fait un billet à charge contre Ségolène Royal. Ses partisans sont venus becs et ongles pour la défendre. Tout ce qu’ils ont réussi à faire, c’est me motiver pour faire un nouveau billet (d’ailleurs il faut que je conserve cette phrase pour introduire mon prochain billet). »
C’est chose faite. Voila le prochain billet.
J’ignorais qu’il existait encore tant de fans de Ségolène Royal. Ils ne sont pas objectifs. D’ailleurs, leur principal argument contre moi est que je ne suis pas objectif. Je vais leur avouer : non, je ne suis pas objectif, je tiens un blog politique engagé. S’il fallait être objectif, on aurait du mal à faire de la politique.
Ils ne sont pas objectifs car l’autre argument qu’ils utilisent : « qui d’autre que Ségolène Royal est capable de battre Nicolas Sarkozy aux prochaines élections présidentiels ? » Ils ne sont pas objectifs car la seule question à se poser pourrait être « qui pourrait battre Nicolas Sarkozy… ? ». Je n’ai pas la réponse mais je suis intiment (et objectivement…) convaincu que Ségolène Royal n’en est pas capable. Ils sont convaincus du contraire. C’est bien pour eux, ça leur laisse de l’espoir, mais ça ne fait pas une stratégie politique viable.
Je vais aussi répondre à mon collègue et néanmoins ami Juan, de Sarkofrance, qui, dans
son annexe, se demande «
Est-il difficile d’être segoliste aujourd’hui ? ».
Je pense que oui. Mais il dit surtout « Ségolène Royal ne parlait pas au cercle parisien. Elle parlait au peuple. » Cette dernière phrase semble tronquée. En fait, elle parlait d’elle-même au peuple. Elle parlait d’elle-même.
Je me bats presque au quotidien contre la manière dont Nicolas Sarkozy a fait évoluer la République avec cette hyperprésidentialisation. Je crois qu’il faut qu’on cesse avec ce mythe de l’homme providentiel. Or toute la stratégie de Ségolène Royal est de passer pour la femme providentielle. Ca n’est pas ce que je veux pour mon pays, pour mon parti, je veux qu’il démontre qu’il est capable de démontrer ses compétences à gérer l’état.
En outre, avant de passer pour l’homme providentiel, Nicolas Sarkozy avait réussi à convaincre une large partie de son parti qu’il l’était. Ségolène a convaincu 29% du PS (selon la police, 50% selon les manifestants).
Ségolène Royal, en une petite intervention suivie de quelques passages télévisés arrive à foutre en l’air tout le travail mené pour démontrer la capacité des gens à travailler. Si je la croyais capable de gagner un deuxième tour, je la suivrais avec entrain car il faut bien récupérer le pouvoir pour changer la gouvernance mais je ne l’en crois pas capable.
Elle incarne à peu près le même style que Nicolas Sarkozy, ce que nous voulons combattre.
Je vais citer un seul exemple, fourni dans en commentaire par
Flèche. «
Avec le pass contraception Ségolène Royal s'est comportée une nouvelle fois en réelle opposante au gouvernement et à la politique pratiquée par ce dernier. Evidemment elle sait très bien utiliser les medias et communiquer et c'est un point commun avec N.Sarkozy. »
Je note qu’elle a communiqué pour elle, pas pour son parti. Je ne suis pas intervenu à propos de ce « pass contraception » car on rentre immédiatement dans l’affectif (« ces pauvres jeunes filles qui se retrouvent en cloque… ») sans regarder au-delà.
Ségolène Royal a montré qu’elle avait pris une décision toute seule, sans concertation, pour préparer un coup politique, comme Nicolas Sarkozy, par exemple quand il imposait la lecture de la lettre de Guy Moquet…
En outre, par cette décision, elle signe l’acte de mort du planning familial (la bonne décision à prendre aurait été de se battre pour l’augmentation de son budget) et prend acte d’un transfert de compétence entre l’état et la région, mettant à mal, au passage, la solidarité nationale, au moment même où Nicolas Sarkozy prend, tout seul ou presque, la décision de torpiller une des principales ressources des collectivités locales.
Laissons tomber, un peu, les bons sentiments…