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17 mars 2014

Quand internet tue le travail

Homme moderne utilisant les nouvelles techno pour faire des conneries selon Bosch.
Nos joyeux investisseurs, économistes et autres libéraux aux pieds plats nous expliquent gaillardement qu’internet crée de l’emploi et qu’on ne devra notre salut qu’aux nouvelles technologies. Cela m’a toujours paru complètement ridicule et mensonger et j’ai du affronter des hordes (au moins deux) de trolls m’expliquant le contraire. Pourtant, ma thèse est en train de prospérer et c’est à lire dans Equilibre Précaire qui existe encore.

Pour les auteurs d’une étude, « les technologies de l’information arrivent à un niveau de maturité, de développement et de puissance qui fait basculer l’économie dans un nouvel âge. »

Ils prennent l’exemple de Kodak qui avait 140000 salariés, remplacé par Instragram qui n’en a qu’une vingtaine.

« "Le capital se substitue au travail", résume Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barack Obama. » Voila… L’économie d’une société comme Instagram est basée sur la valorisation boursière qui dépend du nombre d’usager et de la capacité à monétiser le produit et aucunement sur le travail de salariés.

C’est presque une évidence : quoi que vous fassiez ou presque, de nos jours, il faut moins de salariés pour le faire. Et c’est très bien ainsi. Le travail, c’est chiant, sauf dans quelques métiers dans une palette très variée où il y a une vraie satisfaction du travail accompli, ce qui est le cas, notamment, dans tous ces métiers où la création est importante, que cela soit du maçon qui pourra contempler la maison qu’il a construite avec des procédés qu’il a appris dans sa jeunesse que de l’informaticien qui conçoit une application smartphone qui permet de se moucher le nez dans le train discrètement quand on a oublié son mouchoir et qu’on peut difficilement utiliser les doigts.

Ainsi, beaucoup de militants politiques se trompent de combat quand ils défendent le travail, qu’ils soient de droite comme de gauche. L’industrialisation de la France est importante que nous puissions produire ce dont nous avons besoin plutôt que de l’acheter à l’étranger mais la rémunération du travail n’est qu’une manière de répartir les produits de la vente.

Nicolas Sarkozy avait gagné son élection avec le slogan « travailler plus pour gagner plus » mais c’était une erreur économique. Il faut moins de travail pour produire la même chose. Les erreurs commises à gauche au nom de la défense des travailleurs sont les mêmes : il faut défendre les gens. Peu importe qu’ils gagnent de quoi vivre de leur travail, l’important est qu’ils aient de quoi vivre.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles je suis un farouche défenseur de la diminution du temps de travail. Depuis l’ère moderne, on continue à foncer vers un mur…

Le travail diminuera au gré des progrès technologiques et c’est aussi bien, je ne suis pas né pour travailler.

03 avril 2012

Travailler moins pour gagner plus !

Alors que l’UMP nous a sorti une infographie, déjà commentée par la presse de droite (en l’occurrence Atlantico) pour dire combien va coûter le programme du PS aux classes moyennes et que le Président de la République n’arrête pas de dire que tout ce qu’on retient du programme de François Hollande, il est temps de rappeler quelques chiffres.

Le Parisien s’y employait, ce matin, avec cette magnifique infographie montrant que ce sont bien les plus riches qui ont le moins bénéficié des mesures fiscales sous Jospin contrairement aux gouvernements de droite qui lui ont succédé.

« Résultat, si la pression fiscale a légèrement diminué, les baisses d’impôt se sont concentrées sur une catégorie bien précise de la population : les très riches rentiers. Contrairement aux très riches entrepreneurs qui, eux, ont vu leur imposition s’alourdir, les rentiers n’ont pas été touchés par la « contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ». Et ils ont profité à plein de la baisse de l’impôt sur la fortune décidée en 2011. »

Alors rappelons à Nicolas Sarkozy la seule promesse de campagne de 2007 dont on se rappelle : « Travailler plus pour gagner plus ».

Et bien ! Non ! Adieu la valeur travail et tout ça. Seuls les rentiers, à savoir ceux qui touchent des revenus sans travailler, ont bénéficié des mesures fiscales mises en œuvre par Nicolas Sarkozy.

Travailler moins pour gagner plus.

N.B. :
- A lire également chez mon confrère Melclalex.
- Il n'y a pas que les sondages qui sont sympathiques dans le Parisien (voir mon précédent billet).

13 mai 2010

La vie est mortelle

Je viens de voir qu'un jeune était décédé suite à l'apéro géant de Facebook. Il est rentré chez lui avec d'autres personnes, probablement toutes en état d'ébriété voisin de celui de Didier Goux lors de sa dernière visite à la Comète.

J'imagine que le monde va s'émouvoir, utiliser ce prétexte pour lutter contre les apéros géant, pour dénigrer Facebook et j'en passe. Je ne suis moi-même pas spécialement pour ces grandes fêtes mais je dois avouer que je m'en fous. Je trouve ce genre de truc rigolo.

Le type est tombé d'un pont. Que foutait-il sur la rambarde d'un pont, comment a-t-il réussi à la franchir ? Facebook n'y est pour rien. Le côté « géant » de la fête non, plus d'ailleurs.

Il y a d'autres informations que je ne vois pas en Une de la presse. Tiens ! Les heures supplémentaires aggravent les risques d'accident cardiaque. En français : elles sont mortelles. Tout est mortel. La vie est mortelle. Travailler plus pour gagner plus aussi.

Tiens ! Une autre information que je n'ai trouvée que dans les blogs : « la pollution de l'air apparaissait comme étant la cause de 31700 morts par an dont 17600 imputables au trafic routier ».

Plus que les apéros facebook.

24 août 2009

TEPA : deux ans déjà [pour gagner plus ?]

Joyeux z’anniversaire ! Joyeux z’anniversaire ! Joyeux z’anniversaire, loi TEPA.

Je sais, je suis en retard. C’était vendredi dernier que la loi du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), le fameux « paquet fiscal » fête ses deux ans. Arnaud en tire un bilan.

Les heures supplémentaires du « Travailler plus pour gagner plus » : paf ! Moins 10%. Elles ont pris la crise dans la gueule !

Le bouclier fiscal permettant de plafonner les impôts à 50% des revenus : paf ! Johnny Halliday reste installé à l’étranger.

Le tout pour 14 milliards. Excusez du peu.

Vous gagnez plus, vous ?

15 juin 2009

La retraite à 67 ans : n'importe quoi !

Et voilà ! L’âge de la retraite repartirait à la hausse ! C’est bon, les élections sont passées. On peut s’attendre à en prendre à nouveau plein la gueule. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont une fenêtre de tir ouverte jusqu’à début 2010, il faudra alors préparer les élections régionales !

Comme le constate Elmone, c’est incompréhensible : on a le taux de chômage des jeunes qui galope. « Il n'est pas un homme politique en France, de gauche comme de droite, qui ne jette l'opprobre sur les entreprises qui refusent d'embaucher des jeunes. » « On a d'un côté des anciens qui ont travaillé entre 30 et 40 ans qui veulent se reposer mais ne le peuvent pas. De l'autre côté, on se retrouve avec des jeunes diplômés en pleine force de l'age, qui veulent travailler mais n'arrivent pas à entrer sur le marché de l'emploi. »

D’une manière générale, quand le taux de chômage est très fort, il est grotesque et contreproductif de vouloir faire en sorte que ceux qui travaillent le fassent plus. On en revient toujours au mensonge du « travailler plus pour gagner plus » (Dagrouik revient sur une autre facette aujourd’hui : l’échec des heures supplémentaires).

13 mars 2009

Travailler plus pour perdre son job

A lire chez Pas Perdus qui nous rappelle l'histoire ! Les salariés de Continental avaient été invité à voter, il y a deux ans, pour un choix sur le repassage de 35h à 40h car la survie de la société était en jeu. Les salariés avaient accepté. La droite, notamment Xavier Bertrand qui était ministre du travail, s'était félicitée de cette décision. Continental annonce maintenant la fermeture de l'usine en 2010.
Les salariés se seraient-ils fait entubés ?

03 mars 2009

Travailler plus rend idiot

Une nouvelle étude (communiqué par mon copain Poireau) montre que « Le travail intensif peut altérer les capacités mentales. »

Quand je pense que le slogan de Nicolas Sarkozy était « travailler plus pour gagner plus ». Il voulait nous rendre idiot ou quoi ?

« Les scientifiques n'ont pas pu déterminer pour quelles raisons précises la surcharge de travail affectait les facultés mentales. Ils ont toutefois relevé un faisceau de facteurs explicatifs, parmi lesquels figurent une qualité de sommeil inférieure, de la dépression et, d'une manière générale, une hygiène de vie moins bonne. »

Heu… Scientifiques ? Je me demande s’ils n’ont pas oublié, une raison : la fatigue.

« Le travail intensif peut altérer les capacités mentales. » A mon humble avis, c’est le contraire, n’en déplaise à mes trolls de droite, il faut avoir les capacités mentales altérées pour vouloir travailler plus. Au moins, Nicolas Sarkozy, dans son slogan, ne parlait pas spécialement pour lui : c’est NOUS qu’il voulait faire travailler plus. J’ai toujours pensé que c’était une hérésie : le progrès technologique fait que la quantité de travail nécessaire pour produire plus diminue, ça ne sert à rien de produire plus (ça détruit même la planète), on n’arrive déjà pas à faire bosser tout le monde et, enfin, le taux de chômage est maintenu artificiellement pour permettre de maintenir la pression sur les salariés.

J’espère que les trolls qui polluaient mon blog au moment de la campagne passeront ici et comprendront que c’est un cercle vicieux. Travailler plus rend con. Etre con est de vouloir travailler plus.

02 décembre 2008

Nadine Morano travaille trop

Ce matin, je parlais un peu par hasard de Nadine Morano dans mon billet… Le hasard fait bien les choses puisque je peux en parler une deuxième fois aujourd’hui.

« Interrogée par Canal+ sur les difficultés que pourraient rencontrer les familles si les parents doivent travailler le dimanche, Nadine Morano a répondu: "la famille, elle s'organise". "Tout cela s'organise", a-t-elle répété, avant d'ajouter qu'"on a beaucoup (...) de temps, on a beaucoup de vacances dans notre pays". »

C’est sûr que ça va s’organiser, une famille ! Madame caissière chez Ikéa le dimanche et Monsieur barman de repos le jeudi et le vendredi… Pour peu qu’ils travaillent l’été, ils vont beaucoup apprécier une semaine de congés fin janvier pour voir les enfants le soir.

06 novembre 2008

Travailler plus à hachette

Franssoit a décidé de donner une orientation politique à son blog. Il vient de faire un billet expliquant comment un nos plus célèbres éditeurs de livres scolaires se met au service de la pensée Sarkozyenne et prône le Travailler plus pour gagner plus.

26 mai 2008

Travailler plus : retour sur un mensonge

En une semaine, grâce aux chiffres de l’OCDE, j’ai fait deux billets pour comparer le temps de travail hebdomadaire en France par rapport ceux des pays qu’on nous montre en exemple. D’une part, le temps de travail d’un Français est supérieur et, d’autre part, le taux de personnes travaillant moins de 35 heures par semaine est supérieur dans ces pays voisins.

J’ai reçu plusieurs critiques autour du thème : « on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres » ou « vous voulez démontrer quoi ? » ou « il est évident qu’on ne s’en sortira pas sans travailler plus » ou « avec des raisonnements comme le vôtre, on va se faire bouffer par les pays émergents ».

Je vais dire « Heu… ». Je ne veux pas démontrer grand-chose, ce sont des chiffres bruts, réels, issus d’un site officiel. Je voulais juste démontrer que quand on nous dit « les autres travaillent plus, les 35 heures ont été une erreur qui nous a fait perdre de la compétitivité », c’est un mensonge.

Par ailleurs, la France est depuis toujours ou presque dans les six premières puissances économiques mondiales. Je crois d’ailleurs qu’elle est actuellement cinquième (on échange régulièrement la cinquième et la sixième place avec les Anglais). Il n’y a presque aucun changement dans cette hiérarchie depuis des décennies (la réunification de l’Allemagne lui a permis de s’asseoir en tête et les Chinois se sont mis à 1,3 milliards pour nous passer devant).

La France ne connaît pas le déclin économique dont me parlaient mes trolls avant les élections. Travailler plus ne règlera rien. La solution est ailleurs.

Investissement, recherche, innovation, rééquilibrage revenus du capital et du travail, … Avec, en ligne de mire, aussi, une augmentation du pouvoir d’achat. Que sais-je ? Je ne suis pas politicien ou économiste.

J’entendais ce matin que Nicolas Sarkozy allait faire des propositions aujourd’hui autour de la fiscalité pour augmenter l’investissement et la participation. Je ne suis pas persuadé que s’occuper de ce genre de détail soit de la responsabilité du Président de la République (remarque… il y a quinze jours, il s’occupait du RER A). Mais en faisant ça, il diminue les recettes de l’état et les cotisations retraite des salariés… tout en privant les entreprises d’une part de capital qu’elles pourraient investir. On appelle ça aussi « liquider les bijoux de famille ».

Ca n’est qu’un exemple. Le sujet du jour entendu à la radio ce matin. On arrive à une politique du pire : une annonce économique par jour pour faire croire aux Français qu’ils vont toucher du pognon. Demain, on trouvera autre chose. Le seul intérêt est de donner de la matière aux blogueurs politiques qui peuvent montrer tous les jours leur mauvaise humeur.

Ainsi, les Français vont peut-être toucher un peu d’oseille à court terme… Mais au nom des sacro-saintes réformes, toute la structure économique de la France est torpillée.

Et tout est parti d’un mensonge : les Français ne travaillent pas assez.

(photo)

23 mai 2008

La France : un pays de fainéants

A l’instar de l’ami Dagrouik, il est temps pour moi d’exploiter les chiffres de l’OCDE pour démontrer les mensonges trop fréquents sur ces fainéants de Français qui ne travaillent pas assez.

A mes lecteurs qui attendaient avec impatience depuis ce matin mon billet en prenant leur café, je signalement aimablement que le voilà mais qu’il est temps d’aller bosser. Les petits billets de la journée étaient là pour passer le temps. Maintenant, je suis calme mais ça va chier.

Voilà les chiffres bruts, pour 2006, du taux de salariés travaillant moins de 35 heures par semaine dans une sélection de pays choisis au cours d’un comité de rédaction particulièrement houleux mais habilement dirigé (je plaisante mais les chiffres des USA ne sont pas disponibles sur ce site).

République Tchèque - 5,07%
Portugal - 6,27%
Pologne - 11,49%
Espagne - 15,20%
Italie - 20,26%
France - 20,55%
Autriche - 22,38%
Suède - 25,28%
Allemagne - 27,54%
Royaume Uni - 28,76%
Norvège - 28,94%
Belgique - 29,06%

Les célèbres trolls qui envahissent nos blogs de gauchistes prennent souvent en exemple certains pays pour illustrer leurs propos sur le fait qu’il faut qu’on bosse plus et qu’il est temps que la Gauche Française se modernise ! En aparté, je précise que ça m’a toujours étonné qu’il puisse être moderne de bosser de plus…

Ces pays sont pris en exemple pour différentes raisons. Il s’agit de la Suède, la Norvège, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ils sont tous les quatre derrière la France dans cette liste.

Je traduits : dans ces pays de rêve, il y a beaucoup plus de gens qui travaillent à temps partiel qu’en France. Tiens, je vais profiter de la maison Microsoft pour vous en faire un joli histogramme.

Je traduits donc nos trolls : il faudrait qu’on travaille plus pour imiter nos voisins qui travaillent moins que nous.

C’est évidemment une immense supercherie.


Bien sûr, pour être objectif, il faudrait prendre l’ensemble des gens à l’âge de travailler, pour tenir du compte de l’âge de départ en retraite chez nous qui est relativement bas… mais le résultat serait sans doute le même : on travaille déjà plus en France que dans beaucoup de pays.

Les personnalités politiques qui nous poussent à travailler plus chaque semaine doivent dorénavant être qualifiées de fous furieux désireux de pousser le pays à sa perte. Je pourrais même en rajouter sur le fait qu’il est urgent de généraliser les 35 heures voire de passer à 32.

J’invite d’ailleurs les personnalités du PS à se positionner sur le sujet plutôt que de dire, je cite : « heu… c’est la faute à Aubry, DSK et Jospin… nous on en voulait pas… heu… ça a été mal fait… heu… on n’était pas au gouvernement à cette époque… ».

Outre ses moqueries sur la faiblesse de l’argumentation de nos collègues blogueurs de droite, il convient de s’interroger plus longuement sur la signification de ses chiffres en considérant que le taux de chômage est plus faible là-bas. Ca devrait faire un rapide billet sur Equilibre Précaire.

Ces pays ont un taux de chômage inférieur au nôtre et un taux de temps partiel largement supérieur.

Cette phrase est parfaitement logique et claire. C’est une ode aux 35 heures. Pour que plus de gens travaillent, il faut que chacun bosse moins.

Mais c’est surtout révélateur : dans tous ces pays qui affichent un joli taux de chômage, le niveau de précarité est supérieur au nôtre.

Ben ouais… ne me dites pas que ces braves qui subissent vraisemblablement un temps partiel imposé sont payés 1500 euros par mois.

16 mai 2008

Temps de travail et croissance

L’OCDE a la bonne idée de nous donner gracieusement et joyeusement un joli tableau avec le nombre d’heures travaillées par employé et par semaine (cliquez sur « Labour Force Statistics » puis « Hours Worked » puis « Average usual weekly hours worked on the main job »).

Ce n’est pas sans une certaine ironie que nous constatons joyeusement qu’en bossant en moyenne 38 heures par semaine, nous bossons plus qu’en 1997.

Et que les Australiens, les Belges, les Canadiens, les Dannois, les Finlandais, les Allemands, les Irlandais, les Luxembourgeois, les Hollandais, les Norvégiens, les Suédois et les Anglais, autant d’habitants de pays du tiers-monde qu’on aime bien travaillent moins que nous.

Les Autrichiens, les Tchèques, les Grecs, les Hongrois, les Islandais, les Coréens, les Polonais, les Portugais, les Slovènes et les Espagnols, quant à eux travaillent plus.

La droite devrait consulter plus souvent le site web de l’OCDE ou mon blog, qui est probablement plus drôle, avant de nous sortir des théories bidons visant à nous faire travailler plus ce qui s’apparente à peu près à un retour au 19ème siècle ou au moyen âge !

La droite est néanmoins très sympathique puisqu’elle permet à l’ensemble des journalistes économiques de la radio d’être pliés de rire ce matin en narrant le satisfécit du gouvernement devant les nouveaux chiffres de croissance. Cette dernière serait de 2,1% et donc supérieure aux prévisions.

Christine Lagarde a beaucoup parlé dans le poste de radio, le poste de télévision et le poste de PQR pour exprimer sa joie de voir la loi TEPA porter ses fruits. Rappelons que la loi TEPA visait à relancer la consommation des ménages… et que cette dernière fait en fait pâle figure – on sait bien qu’on n’a plus de pognon dans les poche – la croissance étant tirée par les exportations et les investissements de entreprises.

C’est d’autant plus grotesque que notre croissance est inférieure à celle de nos voisins, vous savez ? Ceux qui travaillent plus ou moins que nous selon qu’ils soient riches ou misérables.

29 avril 2008

Antilibéral et antitravail

Il est temps de redéfinir ce qu’est mon blog. C’est un blog antilibéral. Ca pourrait être un blog de droite si je n’étais pas anticatholique, favorable aux régularisations massives de sans-papier, défenseur des services publiques, de l’avortement, opposant à la peine de mort.

Il ne me reste plus que la gauche et l’écologie.

Antilibéral, de plus en plus. En fait les libéraux n’existent pas dans la vraie vie. O16o nous explique ce matin que Nicolas Sarkozy fait juste semblant d’être libéral quand ça arrange ses électeurs, le reste du temps, il est interventionniste pour faire croire aux braves gens qu’il y a un fond de gaullisme en lui.

Il en résulte une politique complètement illisible qui a réussi à dégouter les blogueurs de droite, la palme ayant été atteinte suite à son interview de jeudi. En fait, les militants de droite auraient presque disparu de la toile s’il ne reste pas quelques libéraux doctrinaires.

Je les ai rencontrés virtuellement, ça fait déjà quelques temps. Comme c’est un machin doctrinaire qu’ils défendent, ils ont de très beaux théoriciens, parfaits pour argumenter dans les commentaires… A la limite, leurs théories seraient parfaites s’il n’y avait pas quelques hics. Seules leurs oeillères les empêchent de constater qu’ils fuient dans une impasse.

Mes dernières discussions avec ces braves gens, dans la blogosphère, suivent le projet de Xavier Bertrand de nous faire travailler un an de plus. Ca part d’un bon sentiment : il faut payer les retraites. Cela dit, quand on est libéral, on devrait s’opposer à la réforme pour sauver un système auquel ont s’oppose.

Héhé ! Il y a toujours moyen de rigoler avec les libéraux. Soit ils sont dans la théorie, presque l’imaginaire, soit en voulant défendre l’absurde ils repassent bien à droite… C’est bien ça un libéral. Il est contre la retraite par répartition mais ne peut s’empêcher de vouloir la sauver.

Comment ?

Une seule solution : augmenter les recettes du système. On est presque d’accord sur ce point : certaines retraites sont tellement basses qu’elles en sont indécentes. Il faut plus de pognon.

Nous autres, pauvres gauchistes primaires, ne sommes pas spécialement inquiets : il y a assez de richesses produites pour pérenniser le bastringue. Il suffit de rééquilibrer tout ça, et hop ! Tiens, le paquet fiscal : on le supprime et basta, les retraites sont sauvées.

Eux : non. Il faut travailler plus pour que ça rapporte plus de pognon. Sinon, ça nuit à la compétitivité : on ne peut pas augmenter les charges.

La question qui me vient est « Diantre ! Quelle compétitivité ? ». On est la cinquième puissance économique mondiale au niveau du PIB, c'est-à-dire le cinquième pays au niveau du pognon brassé. Ca ne change pas depuis des décennies à part les Chinois qui nous passent devant mais ils sont 20 fois plus nombreux et nous qui nous battons avec les Anglais, seul pays à peu près comparable.

On va se faire bouffer par les Chinois. Ah ? Et on pourrait être plus compétitif ? Ils sont quinze fois plus nombreux mais touchent individuellement quinze fois moins. Ca coûtera toujours moins cher de fabriquer les petites culottes là-bas. Désolé. L’argument de la compétitivité ne tient pas, ou alors on tolère une régression sociale catastrophique. Je n’ai pas envie de revenir au 19ème.

Cela dit, ceci n’est qu’une question de mathématiques. Le plus surprenant dans cette histoire est le « travailler plus ». La seule raison avancée est donc la compétitivité, personne ne s’intéresse au travail en question. Travailler pour produire quoi ?

Des téléphones mobiles ? J’en ai déjà 2. Avec nos millions de précaires et de chômeurs divers, on a largement assez de main d’œuvre pour « produire » tout ce qu’on pourrait imaginer. C’est un autre problème me direz-vous. Oui : remettre tout le monde au boulot ne sera pas facile… mais ajouter une classe d’âge dans les travailleurs potentiels n’arrangera pas le problème.

Travailler pour produire quoi ? Vaste sujet. Ras-le-bol de produire. Tiens ! Il y a même des blogueurs zinfluents qui envisagent de basculer dans la décroissance. Il faut dire que détruire la planète pour le simple plaisir de renforcer la compétitivité pour produire nous-mêmes nos petites culottes n’est pas jouissif !

On va droit dans le mur…

L’autre jour, un ex-libéral basculé dans le traditionnel droitisme me disait (je cite de mémoire) : « oui mais il y a la démographie qui fait que le chômage baisse naturellement ». Nous étions dans des commentaires et il aurait été de mauvais ton que je me fâche rouge.

Tiens ! Ca me donne l’envie de ressortir le premier vrai billet de ce blog. C’était en 2005. La plupart des vigilants n’étaient pas encore nés. C’est cette haine du travail qui exigeait que je fasse ce billet – ne le lisez pas, je vais résumer – ce qui a motivé la création de ce blog : je suis ému.

Je résume donc : l’évolution de la société et les progrès technologiques font qu’il y a besoin de moins de travail pour produire ce dont on a besoin. Je me rappelle encore le temps où il y avait des pompistes pour remplir nos réservoirs de voitures et nos enfants se rappelleront le temps où il y avait des caissières dans les supermarchés ou des conducteurs dans les métros.

Vouloir travailler plus est une hérésie… Ca va tout simplement à l’encontre du sens du progrès. Et ce sont justement ces gens qui s’imaginent être dans le camp du progrès.

C’est bizarre… Ils n’avaient pas l’air spécialement heureux après le dernier passage de Nicolas Sarkozy à la télé.

Une hérésie car la seule justification au travail devient de faire marcher l’économie… Pas de produire des biens et des services. Pas un signe vers le progrès.

(illustration)

29 octobre 2007

Travailler plus pour gagner plus

Nicolas Sarkozy s'attaque enfin au problème du pouvoir d'achat. Enfin. Le sien ! Voilà qu'il s'accorde une augmentation de salaire de 140 000 euros par an.

Pour montrer l'exemple, probablement.

24 octobre 2007

Travailler plus pour gagner plein de pognon

Bonne nouvelle ! Les 50 patrons les mieux payés touchent en moyenne 3,8 millions d’euros par an, soit 316 années de SMIC, ce que nous apprend Challenges.

Les entreprises du CAC 40 cumulent un bénéfice de 100 milliards… ce qui n’équivaut qu’à peu près dix fois le déficit de la sécu… et 30 fois le coût pour la communauté des retraites de la SNCF, le truc qui semble urgent de réformer à nos chers gouvernants.

Combien de ces patrons sont des entrepreneurs, des vrais, qui feraient la fierté de tout libéral de ce nom ? Combien d’entre eux ont gagné leur vie en prenant des risques ?

Louis Schweitzer, le premier d’entre eux est un ancien haut fonctionnaire. Il entre à Renault grâce à ses relations, après l’échec de la gauche en 1986. Il était directeur de cabinet de Laurent Fabius, alors Premier Ministre.

Daniel Bouton, le deuxième, est un ancien haut fonctionnaire. Il devient un des patrons de la Société Générale alors qu’il était directeur du budget, en 1987.

Bernard Charlès, le médaillé de bronze, est moins connu et sa fiche Wikipedia est trop légère pour que je puisse en rigoler. Une recherche sur Internet nous apprend qu’il aurait effectué l’intégralité de sa carrière dans la maison Dassault. C’est bien.

23 mai 2007

Tout le programme : du pipeau !

Comme l’indique le journal Les Echos, la mesure phare du programme de Nicolas Sarkozy (les exonérations de charges et d’impôts des heures supplémentaires, au nom du « Travailler plus pour gagner plus ») est anticonstitutionnelle et même dangereuse. C’est Gilles Carrez (député UMP, ancien rapporteur général du budget, si ma mémoire est bonne qui le souligne).

Il a beau dire que c’est une excellente mesure pour sauver son poste, il confirme qu’elle serait contreproductive sur l’emploi en pénalisant les temps partiels et ne respecterait pas le principe d’égalité devant l’impôt de la constitution (comme d’ailleurs les exonérations d’impôts du travail étudiant, annoncé récemment).

M. Carrez avait déjà souligné que cette mesure coûterait la peau des fesses au budget de l’état.

Des promesses, toujours des promesses !