En salle

01 octobre 2012

60% ? Mon Dieu !

Je n’aime pas devoir reprendre un billet mais celui que j’ai fait a midi génère des réactions bizarres (dans Twitter et dans les commentaires) parce qu’il n’a pas été compris. Je n’avais qu’à pas prendre un exemple idiot (mais ça justifiait mon joli titre...), ça fait toujours réagir des pseudos spécialistes à deux balles. J’évoquais l’évolution de la fiscalité qui fait que les propriétaires de startups allaient être fortement taxés en cas de revente, jusqu’à 60%.

En fait, un de mes commentateurs résume la situation en quelques mots : « la plupart des entrepreneurs ne veulent pour rien au monde vendre leur boîte. » Tout est dit. Au moment de créer une boite, l’entrepreneur n’est pas nécessairement obnubilé par le prix qu’il va pouvoir en vendre mais par le fait de savoir si elle va marcher, s’il va pouvoir en tirer des revenus,…

Comme le dit Antoine, le débat est ailleurs… Lisez son billet. « Jamais je n'ai entendu un entrepreneur dire : « j'ai monté ce projet, parce que si j'arrive à le revendre dans 7 ans, avec tel taux d'imposition et tel montage fiscal, je peux en tirer telle somme ». On ne monte pas une entreprise par pure philanthropie, évidemment. L'objectif est bien sûr que le projet réussisse et d'en tirer profit. C'est normal. Mais le taux d'imposition en cas de réussite et de sortie n'est pas ce qui motive un entrepreneur à se lancer. »

« Dire qu'équilibrer l'imposition du capital et du travail va tuer l'innovation semble donc un peu réducteur et alarmiste. »

En faisant quelques recherches, sur le net, je suis tombé sur cet article de l’Usine Nouvelle, qui nous dit que : « A noter toutefois que la mesure ne concernera pas les dirigeants de PME partant à la retraite, ni les "actionnaires réinvestissant une part substantielle de leur gain dans une entreprise", selon le PLF 2013. A priori, le cas d’une star du numérique qui a 35 ans aurait touché le gros lot et qui réinvestirait sa fortune dans des entreprises  passerait entre les gouttes. »

Ca relativise… En gros, la mesure ne concernerait que ceux qui auront fait fortune et voudraient partir « au soleil ».

Je me demande si les « pigeons » qui braillent depuis l’annonce par le gouvernement en montrant du doigt des pertes d’emploi ne pensent pas plutôt à défendre une fortune qu’ils ont déjà acquise ?

C’est vilain.

Sans compter qu’ils ne font en plus que rebondir sur la la polémique qui enfle à propos des auto-entrepreneurs qui n’est aussi qu’une tempête dans un verre d’eau…

Quelqu'un va-t-il, oui ou non, monter une entreprise en fonction des impôts qu'il paiera s'il veut la vendre au bout de 5 ou 10 ans ?

Les startups de l'économie du vent

Faut-il s'associer à la peine de ces entrepreneurs qui pleurent aujourd'hui parce qu'ils seront imposés à 60,5% s'ils vendent leur entreprise ? On nous explique que les startups vont disparaître de France. C'est mal. Que les créations d’emplois se feraient à l’extérieur. L’horreur…

Imaginons un étudiant qui invente un réseau social un peu par hasard. Ce réseau social marche bien. Il lève des fonds (il fait appel à des investisseurs). Il arrive à avoir près d'un milliard d'inscrits, faisant vaciller les deux géants mondiaux Apple et Google. Imaginons que huit ans après, il décide l'introduire en bourse. Des spécialistes évaluent la boîte à 100 milliards. Le type décide de vendre ses actions. Il est propriétaire de la moitié de la boîte. L'action perd la moitié de sa valeur en peu de temps. Le type récupère 25 milliards. Il est taxé à 60%. Il lui reste donc 10 milliards tout rond pour la moitié d'une boîte qui fait 500 millions de résultat. 

À vos calculatrices ! Une entreprise qui vaut 50 milliards et qui fait 500 millions de résultat, ça fait 1%. Je connais des investissements plus rentables.

Tu parles d'une réussite ! C'est ce que j'appelle l'économie du vent. Un lascar repart avec 10 milliards, sur la base d’une valorisation potentielle d'une boîte pour un chiffre d’affaire totalement dérisoire.

Ce qui ne retire rien à la valeur du fondateur de la boîte. Il a créé un truc pour rigoler avec des copains et se retrouve avec 10 milliards. 

Ceci ressemble à l’histoire de Facebook mais ce est une fiction : le fondateur n'a pas vendu ses parts et je suppose qu'il n'en a pas la moitié. 

On nous dit que la mesure du gouvernement va faire fuir des emplois. Tu parles ! Nous avons une valorisation totalement ubuesque. De l'ordre de 50 milliards pour une boîte qui emploie entre 2 et 3000 personnes tout au plus ! C'est complément délirant... Nous avons une entreprise qui ne vit que pour sa valorisation boursière et qui n'apporte rien à l'économie. 

Du vent. 

Que l'on taxe quelqu'un qui monte une boîte rien que pour toucher le fruit de sa vente pour un montant estimé sur la base d'hypothèses foireuses, le tout grâce à des investisseurs qui ne pensent en fait qu'à spéculer ne me choque pas spécialement. On nous vante ce modèle économique depuis 10 ou 15 ans mais le fond reste le même : du vide.

La valorisation boursière de Facebook est de 47 milliards de dollars soir 36 milliards d’euros. La boite française la plus proche est GDF Suez avec une valorisation de 40 milliards d’euros pour un chiffre d’affaire (2010) de 84 milliards d’euros et un résultat net de 4,6 milliards. Le chiffre d’affaire de Facebook (2010) était de 1,2 milliards d’euros pour un résultat de 486 millions de dollars pour un résultat de 384 milliards. Je ne connais pas le nombre d’employés de Facebook mais la dernière fois que je me suis renseigné, c’était 1 600. GDF Suez en compte 220 000 soit 137 fois plus.

Je prends Facebook au hasard : c’est la startup la plus connue. Je n’ai rien contre. J’ai même créé une nouvelle page pour y déverser mes billets. Aller y faire un « like », ça fait toujours plaisir et vous ne louperez plus aucun billet.

Toujours est-il que Mark Zuckerberg pourrait tenir le rôle de mon histoire qui vend pour 25 milliards et s’en retrouve avec 10. Peut-on m’expliquer ce que ce gugusse a apporté à l’économie ?

A-t-il monté sa boite pour la revendre ? Ou l’a-t-il fait pour s’amuser en espérant en toucher un revenu plus ou moins régulier ?

En tant que blogueur geek, je reçois un tas de sollicitations pour faire la promotion de nouveaux services géniaux sur le web. Tiens ! J’ai encore fait deux billets vendredi, un pour un machin de réseaux sociaux pour les enfants et un autre pour un réseau social centré autour des passions. Ce matin, j’ai fait un billet pour un type qui avait un site web pour des « jeux à boire ». J’ai trouvé ça rigolo.

Je fais toujours ça. J’aime bien aider les boites qui démarrent. Et je souhaite qu’elles réussissent. Cela veut dire, pour moi, dégager un chiffre d’affaire qui permettra de « rembourser les investisseurs », payer les serveurs et tout ça, dégager du pognon pour les patrons et pour verser des salaires aux salariés.

Je ne crois pas que les patrons en question montent leurs boites pour autre chose que la passion pour leur projet, pour la réussite. Je ne crois pas un seul instant qu’ils pensent réellement au montant qu’ils espèrent tirer de leur boite tout simplement parce qu’ils n’en savent rien. Alors penser maintenant aux impôts qu’ils vont avoir à payer…

J’imagine les libéraux crier devant mon incompétence économique mais il se trouve que je suis informaticien, spécialisé dans certaines applications grand public et surtout que je suis en contact, grâce à mon blog geek avec des dizaines de patrons de startups (je pense pouvoir dire une bonne centaine par an).

Vous pensez réellement que Mark Zuckerberg s’imaginait à la tête d’une boite qui a été estimée à 100 milliards de dollars quand il a monté ça ?

Voilà qu’il se fait coter en bourse mais qu’il est obligé de ramer pour trouver des revenus pour justifier la valeur que peut avoir sa boutique.

C’est le monde à l’envers. C’est l’économie à l’envers.

François Hollande voulait s’attaquer à la finance. Il commence par s’attaquer aux valorisations fictives directement issues de la spéculation et pas génératrices d’emplois au regard des milliards immobilisés.

Amen.

Ce qui ne m'empêche pas de souhaiter une bonne réussite à chacun de mes contacts, à tous ces patrons qui m'envoie des mails et avec qui un éphémère dialogue s'installe quand je les pousse à me donner des raisons valables de parler d'eux.

Week-end politique

L'actualité politique était chargée, ce week-end. Trop : j'ai failli louper l'espèce d'université d'été du Modem. On a en vrac : la manif contre le traité, la présentation du budget, les libéraux qui couinent et François Fillon qui parle. 

Je trouve ce dernier assez gonflé dans ses explications. Comme s'il avait oublié qu'il était le Premier Ministre qui a laissé la France dans cet état ! Il gueule contre les augmentations d'impôt en oubliant que la gauche avait annulé l'augmentation de la TVA. 

D'ailleurs Valérie Pecresse a confirmé que le Gouvernement précédent a fait des erreurs. Cela étant, elle a aussi comparé Nicolas Sarkozy à Jésus. Ca nous a bien fait rigoler dans Twitter. Enfin, c’est nous qui portons la croix….

Autre sujet : Jérôme Cahuzac est interviewé par le quotidien Métro, ce matin. J'ai même l'impression qu'il a été interviewé un peu partout ce week end. Toujours est-il que c'est une petite phrase qui retient mon attention. La mise en place d'une imposition du même niveau entre les revenus du travail et du capital semble être la première étape d'un rapprochement entre la CSG et l'impôt sur le revenu. Bonne nouvelle. 

Tiens ! À propos de cette imposition, les libéraux ont beaucoup gueulé ce week-end. Les entrepreneurs sont considérés comme des pigeons. Néanmoins, ils n'ont toujours pas réussi à me convaincre des raisons qu'ils auraient d'échapper à l'impôt. 

Le régime des auto-entrepreneurs a également beaucoup fait parler de lui. Les gens (et surtout ses supporters) racontent n'importe quoi. Je vous laisse lire mes confrères Gabale, Politeeks, Romain et Seb Musset à ce sujet. 

Les manifs ? C'est bien. Il faisait beau. 

Je n'ai pas vu un seul blogueur du Front de Gauche donner son avis sur le budget. 

C'est ballot !

Le Modem, maintenant...

Je trouve quand même que ça sent drôlement le sapin, tant ils sont divisés sur la direction à prendre. 

D'une lecture en diagonale de la presse, je retiens que le Modem voudrait une primaire ouverte entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo pour l'élection de 2017 alors que l'UDI (le nouveau parti de Borloo) voudrait une primaire avec toute la droite, donc l'UMP. 

Ce qui nous confirme, donc, que l'UDI n'a pas la vocation à présenter un candidat à la Présidentielle. 

Toujours est-il qu'on n'a pas fini de rigoler. 

30 septembre 2012

La gauche réac et les baffes aux libéraux

Les officines libérales se sentent pousser des ailes, dans la blogosphère. Je ne sais pas si c’est depuis que Pierre Chappaz a lancé son appel, somme toute pitoyable, pour que les blogs libéraux s’aident mutuellement à obtenir la consécration : une bonne place au classement Ebuzzing des blogs politiques. Voila les lascars de Contrepoints qui me tombent sur le poil, dans Twitter, à 23 heures 30…

Ca fait suite au cri de rage d’un médiocre que j’ai traité de crétin dans les commentaires chez El Camino (les commentateurs étaient en forme, hier, voir chez Melclalex !), comme s’il lançait un appel à l’aide, tout seul, petit blogueur de droite sarkozyste perdu dans l’infini du web.

Les libéraux viennent à sa rescousse ! C’est beau, c’est émouvant… Ils tâcheront encore de nous expliquer moult fois qu’ils ne soutiennent pas la droite en France.

Ils sont furieux, les pauvres libéraux. La gauche au pouvoir a rétabli un peu de justice dans l’impôt. Ce sont les riches qui vont payer. C'est affreux. 

Il faudra quand même bien un jour qu’ils se rendent compte que personne ne veut de leur libéralisme, ni à droite, ni à gauche, ni au centre. Ils sont infichus d’exister au-delà de quelques blogs invisibles et dispersés. Ils ne sont pas capables de s’organiser en force politique crédible.

Mon confère Sarkofrance revient ce matin sur la gauche réac, ce machin que nous avons vaguement lancé vendredi soir avant de passer au dessert. « La Gauche Reac croit au progrès de l’homme et des esprits comme la Gauche Morale. Mais quand ce progrès ne vient plus ou si certains en abusent, c’est deux baffes et au lit ! Elle ajuste le niveau de ses attaques et de ses baffes à celui de l’adversaire. La gauche réac se moque surtout de la droite bête. » Il aurait pu ajouter « et des libéraux prétentieux ».

Incapables de se faire référencer correctement par Google, ils reprennent leurs propres publications de blogs en blogs et viennent critiquer les blogs de gauche : « Ce bel effort d'ensemble aura permis de propulser quelques blogs dans le haut des classements réguliers de la blogosphère politique française, nonobstant leur qualité qu'on dira pudiquement ouverte aux fortes marges de progression. » Ils n’ont rien compris à l’essence même des blogs, ce gigantesque réseau social où papotent les internautes entre eux. Mais ils se prennent pour les meilleurs.

Dans le haut des classements machin ? Ils se trouvent que les candidats qu’on a soutenus ont réussi à occuper le haut des classements des élus et c’est à peu près tout ce qui importe. On va pouvoir augmenter les impôts des plus riches. Vous pouvez toujours manifester.

La gauche réac se moque de la droite bête et des libéraux réunis dans l’échec.

Tiens ! La « conscience de quelques blogs sans audience etc. » a plus de followers dans Twitter que Contrepoints.

C’est presque drôle.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas plongé dans une blogowar, moi !

Vive la gauche réac !

Un nouveau mouvement politique est né, vendredi soir, à peu près au moment où notre hôte est allé chercher une bouteille de Gevrey-Chambertin : la gauche réac. Le manifeste de la gauche réac est en cours de rédaction par d’éminents spécialistes. Le blog est ouvert. Le projet politique viendra. Ou pas. On s’en fout, l’objectif est de donner des baffes et de rigoler.

Tiens ! Nous avons un groupe d’entrepreneurs qui a décidé de manifester contre les augmentations de leurs impôts. Ils auront des baffes. Et un joli graphique (piqué sur le Facebook de Politeeks) : l’année de ma naissance, le taux marginal de l’impôt sur le revenu était de 80% alors qu’il est de 40% maintenant (certes avec la suppression de l’abattement de 20%).

C’était mieux avant.

La gauche réac ne doit pas être confondue avec le mouvement de la gauche populaire né récemment. Nous ne sommes pas là pour aller récupérer des voix de quelques andouilles de gauche qui pourraient être tentées de voter pour le Front National pour marquer leur opposition. Qu’ils se démerdent. Ils auront des baffes.

C’était mieux avant quand on pouvait aller à la plage reluquer les gonzesses. Maintenant, des andouilles ont inventé le burkini (illustration) permettant à des femmes de ne pas montrer leurs poils quand elles vont se baigner. Auront des baffes ceux qui nous traitent de facho ou d’islamophobe alors qu’on veut simplement éviter de sombrer dans une tristesse généralisée qu’il nous faudrait accepter en raison d’un principe de tolérance pour les intolérants qui nous échappe.

C’était mieux avant qu’une droite tente de nous faire croire que c’est le progrès de travailler plus, de partir à la retraite quand on sucre les fraises, …

C’était mieux avant quand nos campagnes n’étaient pas recouvertes d’immondes zones commerciales et que les centres villes étaient encore vivants. C’était mieux avant quand les bistros fleurissaient dans chaque pâté de maison. Tiens ! Auront des baffes ceux qui augmentent les taxes sur la bière sans même se rendre compte qu’ils tuent progressivement le tissu social généré autour des bistros.

Auront des baffes ceux qui vont nous expliquer comment et avec qui on doit vivre dans nos quartiers ou nos banlieues populaires. Auront des baffes ceux qui traitent de racistes les gros cons au comptoir qui gueulent contre les mecs en djellaba. Auront des baffes les gonzesses qui se promènent dans la rue en survêtement avachi. Auront des baffes les types qui se promèneront en sandalettes avec des chaussettes.

Comment sera structurée la gauche réac ? Nul ne le sait. A priori, je devrais être responsable des relations avec la droite réac non pas pour définir un projet politique commun ou un quelconque rapprochement mais pour organiser des orgies dans des bistros et des attaques contre les andouilles qui voudraient qu’on défende des conneries au nom d’une modernité ou de je ne sais quel principe qui n’existent que dans leur cerveau. Une première rencontre entre un de mes adjoints et un digne représentant de la droite réac aura lieu demain au large de Bréhat.

La gauche réac aura des courants. Autant de courants que de membres, d’ailleurs. Il est hors de question que nous donnions des baffes au nom d’idées qu’on s’auto imposerait d’avoir en commun.

Le siège de la gauche réac sera à la Comète et les réunions des dirigeants auront lieu autour de verres de bières et d’entrecôtes grandes comme deux fois ma main ou de saumon en papillotes avec des pates vertes et de la ratatouille mais on n’oubliera pas le fromage, ça la fout mal pour la gauche réac. Les réunions en question seront nommées « Kremlin des Blogs » et tous les fous gauchistes de la terre y seront invités.

Le prochain Kremlin des Blogs aura lieu jeudi.

C’était mieux avant mais c’est encore meilleur pendant.

28 septembre 2012

Et si on augmentait les impôts des journalistes, plutôt ?


Le Gouvernement a sorti son projet de budget. Comme il contient une augmentation des taxes sur la bière, je vais confirmer que c’est un budget de rigueur. Néanmoins, les réactions de la presse sont largement ridicules : il faut vendre.

Politeeks relève le cas du Nouvel Obs, qu’on aurait pu penser qu’il était vaguement favorable au gouvernement. Non. Cet honorable canard nous sort l’exemple d’un couple modeste avec deux enfants. Pour lui, un couple qui gagne 52 000 euros (brut) par an est un couple modeste. Comme dit mon confrère : « au moins 70% des ménages ont moins de revenus mensuels que la famille “modeste” du nouvel obs. »

Restons modestes… D’autant que d’après les calculs du Nouvel Obs, ces braves gens vont voir baisser leurs impôts très légèrement. On peut donc en conclure qu’environ 70% des gens les plus modestes vont voir leurs impôts baisser.

Un peu plus chez les buveurs de bière.

Moi, c’est avec l’Expansion que j’ai découvert l’information. On ne pourra pas rétorquer, non plus, que c’est un canard de gauche.

Il nous dit : « Les classes moyennes ne sont pas épargnées » ! Ah ! Cette joie que peuvent avoir certains médias à démontrer que la gauche est nocive pour les classes moyennes. Je suppose que ça fait vendre.

« Mais les classes moyennes n'échapperont pas à l'effort fiscal. Ni les plus modestes. Ainsi, les ménages les plus aisés ne seront pas les seuls à souffrir du durcissement du plafonnement global des niches fiscales, à 10.000 euros contre 18.000 euros + 4% du revenu jusqu'à présent. Parmi la vingtaine de niches concernées, il y a par exemple l'emploi d'un salarié à domicile, la garde d'enfants, ou les travaux de rénovation du logement. »

C’est bien connu, les classes moyennes dépensent plus de 10.000 euros par an pour la garde des enfants ou l’emploi d’un salarié à domicile.

L’Expansion a fait son article.

Aucun chiffre à l’appui.

Le Nouvel Obs a au moins le mérite de sortir quelques simulations…

Le Figaro nous sort comme à son habitude un sondage pour démontrer ce qui va caresser son électorat dans le sens du poil ! « Croyez-vous que neuf ménages sur dix ne subiront pas de hausse d'impôt ? » J’ai voté oui mais nous ne sommes que 6,05%. Et encore, je suppose que les autres ont lu la question à l’envers à cause de la négation… « Croyez-vous que seuls 10% des ménages paieront plus d’impôt ? » m’aurait paru simple.

Dans son article, le Figaro ne trouve qu’à parler d’un recul de l’état qui ne parle pas de retour à l’équilibre en 2017 mais d’un retour à 0,3 qui pourrait bien être 0,9. Je suppose que les revenus modestes ne lisent pas le Figaro. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent. Quant aux remarques du Figaro sur les prévisions économiques à moyen terme, je m’en tape le machin, à peu près autant que des prévisions en question.

Pourtant, le Figaro a fait une une bien trash…

Surprenant, le Point ! Ils ne font pas la une de leur site web pour torpiller le Gouvernement. Les mesures ne sont pas assez fortes pour eux ? Juste un article pour présenter quelques mesures.

Ils faiblissent ?

C'est de la faute à ceux d'avant !

« L’élément de langage au pouvoir du jour est de dire « c’est la faute à ceux d’avant ». Ceux d’avant utilisaient les mêmes éléments de langage », nous dit mon copain FalconHill, ce matin (entre autres), parlant du Gouvernement qui ne manque pas une occasion pour mettre toutes les difficultés que connaît le pays actuellement sur le dos de leurs prédécesseurs.

Quel rapport avec la photo de Madame Chirac, me demanderez-vous ? Aucune, elle devait illustrer le billet que je devais faire ce matin suite à son passage sur Europe 1.

FalconHill a raison ! Ca ne sert pas à grand-chose de se renvoyer les difficultés à la tronche, sans fin. Pourtant, il ne faut pas fermer les yeux, il ne faut pas oublier l’origine des problèmes. J’écoutais François Fillon sur RTL, dimanche. Il a dit plein de trucs intéressants mais je retiens deux passages.

Le premier est ce moment où il a daté le début de la crise au début des années 80, « peut-être un peu avant » a-t-il rajouté (de mémoire). Pourtant, ce n’est pas un peu avant, ça date de 1973 ou de 1974. Si l’on regarde la courbe du chômage ou celle de la dette, c’est flagrant. Pour la dette, la date communément admise est 1978 mais les déficits publics ont bel et bien commencé à dériver vers 1973.

On assimile ça, souvent, aux chocs pétroliers. A tort ou à raison, je m’en fous. Il se trouve que la politique monétaire a radicalement changé en 1973, date à laquelle le Ministre des Finances de l’évoque, Valéry Giscard d’Estaing, a fait passer une loi pour interdire à l’état d’emprunter à sa banque centrale (et donc de faire marcher la planche à billets…), règle reprise dans les traités fondateurs de l’Europe.

Quelles qu’en soient les causes, nous allons prochainement fêter les 40 ans de la crise dans la quelle nous sommes englués et on ne m’ôtera pas de l’esprit qu’elle est liée à de mauvaises décisions de ceux qui nous gouvernent depuis. Madame Chirac est la bienvenue ici, finalement, puisque Jacques Chirac a été un des premiers Premier Ministre de cette crise…

Le deuxième est ce moment où il a évoqué son projet politique. Ce dernier se résume en un point. En finir avec les 35 heures… Ca fait plus de dix ans qu’ils nous sortent ce thème. Ils sont été dix ans au pouvoir sans être capable de remettre en cause ces 35 heures tout en disant tout le temps qu’ils vont le faire.
S’ils ne le font pas, c’est qu’il y a évidemment une raison. D’une part, les salariés ne seraient pas totalement réjouis, d’autant que ça revient à remettre en cause le paiement des heures supplémentaires 25% en plus. D’autre part, c’est une hérésie au niveau économique de faire travailler plus les gens quand il y a tant de gens au chômage. Ils vont finir par le reconnaître même si ça fait mal au cul quand on est à droite.

Toujours est-il que le seul projet économique à droite est de remettre en cause les acquis sociaux refilés par les prédécesseurs en mettant tous les maux du monde sur des mesures qu’ils ont prises.

Quand on est de droite, on peut reprocher beaucoup de choses au Gouvernement de gauche mais leur reprocher leur manque d’action en quatre mois (ce que ne fais pas mon copain FalconHill) est totalement grotesque.

Il n’empêche que non seulement la gauche dit que c’est de la faute au Gouvernement précédent mais la gauche fait en sorte d’annuler différentes mesures prises par les précédents. Les mesures les plus emblématiques sont évidemment l’annulation de la hausse de la TVA et la refiscalisation des heures supplémentaires. Une des mesures qui me tient le plus à cœur est l’annulation de la réforme territorial qui ne visait qu’à diminuer le nombre d’élus donc le contrôle que peuvent avoir les électeurs sur cette espèce d’hydre qu’est l’état.

Voilà que je vire libéral, moi. Je vais aller reprendre un café.

Ainsi, la gauche a dit que la situation était due à ceux d’avant tout en étant revenu sur une partie des mesures qu’ils prétendent mauvaises, le tout au bout de quatre mois. La droite critique une mesure de la gauche, les 35 heures, mais a eu tout son temps pour les annuler et elle n’a rien fait.

Cela étant, si on fait le bilan de l’action des gouvernements au cours des 40 dernières années, on trouvera de positif pour la droite la légalisation de l’IVG qui date du début de cette période mais aucune mesure sociale ou économique favorable. Par contre, je vous laisse chercher des mesures positives de la gauche et vous en trouverez facilement des dizaines, comme la diminution globale du temps de travail, la possibilité qu’ont les pauvres de se soigner, voire de vivre, …

La gauche a accompagné le progrès technologique des 40 dernières années alors que la droite nous a enfoncés dans le mur.

Je reconnais que ce billet n’est pas spécialement objectif et qu’on pourrait se rejeter les fautes les uns sur les autres assez longtemps. 

Pourtant, il faut bien constater que la droite était au pouvoir au début de la crise depuis longtemps et qu’elle l’a été pendant 25 ans au cours de ces 40 années. Il faut bien constater que la dette et le chômage ont le plus augmenté pendant les années où la droite était au pouvoir.

En fermant les yeux sur les responsabilités du passé, on les ferme aussi sur le futur.

On ne m’empêchera pas de penser qu’il y a des claques qui se perdent (pas à toi, le Faucon ! à toi, ce sont les bières qui se perdent !).

Cela étant, je n'enlève pas le droit à la droite de critiquer les 35 heures. Mais elle n'a plus que ça à critiquer.

Alors que nous avons de lourds dossiers...

27 septembre 2012

L'anonymat des blogueurs [le retour !]

Mes blogs auront sept ans dans un mois. S'il n'y avait qu'un seul sujet à revenir régulièrement, ça serait celui là : l'anonymat des blogueurs. Ou des twittos, maintenant. Il faut vivre avec son temps. 

Je résume : le lascar passe son temps à faire des conneries sur le web et il ne veut pas qu'on sache que c'est lui. Notons bien que je me moque beaucoup de mes confrères, ici, mais j'ai moi-même tenu à mon anonymat pendant des années avant de me rendre compte que c'était raté et surtout que je m'en foutais totalement. 

Vous cherchiez mon blase sur Google, vous tombiez directement sur mon blog politique. Du coup, j'ai crée un autre blog à mon nom. Il arrive premier, maintenant. Le type qui va me rechercher dans Google sera perdu. Surtout que j'ai un tas d'homonymes, c'est bien pratique. 

Vous m'objecterez que si un employeur potentiel veut faire une enquête sur moi, il paiera un cabinet et il saura tout. Je répondrais que si un employeur potentiel se base sur des critères non professionnels pour m’embaucher, il ne me mérite pas (mais je bosse dans un secteur qui ne connait pas la crise, je comprends facilement ceux qui balisent).

Il va payer la peau des fesses un cabinet spécialisé pour faire une enquête. Moi, cherchant du travail, j’aurais pris soin de supprimer le blog politique (ou du moins, j’aurais supprimé la moitié des billets). Du coup, le cabinet va rendre sa conclusion à l’employeur potentiel : le type est surement de gauche, passionné par les réseaux sociaux et il boit de la bière. L’employeur va lui répondre : « ah mais vous vous foutez de ma gueule ! Dans notre secteur, 90% des cadres sont à gauche. Je l’ai rencontré, j’ai bien vu qu’il ne boit pas que de l’eau, avec son bide et sa trogne. Surtout qu'il refoule un peu du goulot. Et à la fin de l’entretien nous avons discuté des réseaux sociaux… »

Soyons sérieux.

Les gens prennent le sujet à l’envers. Ils voudraient connaître l’identité réelle des blogueurs ou twittos alors que la seule chose plus ou moins importante est qu’on ne retrouve pas le pseudo à partir de l’identité réelle de manière à ce que le blogueur ou twittos puisse faire le con sans que ça se sache.

Prenez un blogueur influent au hasard : Gaël Detoutderien. Il a fait son "outing" récemment et s'appelle en fait Marcel Bichon. 

Les braves gens vont se demander qui est Detoutderien. Ils vont faire une recherche sur Google. Je ne sais pas s'ils vont trouver. A priori non, il a probablement laissé tant de traces sur le net qu’il est impossible de retrouver « Marcel Bichon » en cherchant « Detoutderien ». Toujours est-il qu'on se fout totalement de la vraie identité de Detoutderien ! Seuls d'idiots trous du cul rancis peuvent se poser la question, de petits gestapistes qui méritent le plus profond mépris. Surtout que Gaël a fait le choix de se présenter à nous avec le nom « Detoutderien », je ne vois pas au nom de quoi nous devrions le connaître autrement !

Du coup, les blogueurs ou twittos qui ne veulent pas qu’on sache leur vrai nom me font généralement rigoler. Je me fous de leur nom. Ceux qui veulent savoir le vrai nom des autres, par contre, me font gerber. De même que ceux qui donnent le nom de ceux qui voudraient rester anonyme.

Mais peu importe.
Ce que voudrait éviter Marcel Bichon, c’est qu’un individu (un collègue, son employeur, …) tombe sur une trace de son activité numérique en cherchant « Marcel Bichon » sur Google.

C’est raté. J’ai fait cette recherche ce matin pour préparer ce billet. Son blog arrivait en deuxième position. Je viens de la refaire, il est en bas de la deuxième page.

Ainsi, un collègue de travail de Marcel, s’ennuyant ferme, trouvera le blog de Marcel et son identité numérique en quelques clics.

Un twittos ou un blogueur aura un tas de raison d’avoir une activité numérique qu’on ne puisse pas retrouver à partir de leur identité réelle. Moi, par exemple, je ne voulais pas que les collègues de bureau voient l’intensité de mon activité et me regardent comme une bête sauvage en tant que numberwane du classement machin.

Il n’empêche que la plupart des raisons invoquées par les internautes concernés sont ridicules. Je vais me limiter à trois exemples.

Le premier est une internaute que j’ai connue. Elle ne voulait pas que sa famille (parents, conjoint, enfants, …) sache qu’elle tient un blog et regarde ce qu’elle fait. Je suis sûr, d’ailleurs, que certains de mes lecteurs ou de mes lectrices sont dans ce cas et vont me haïr en voyant que je me fous de leurs gueules. Il n’empêche que si tu en es à cacher ce que tu fais de tes loisirs à tes proches, tu peux aussi t’interroger.

Le deuxième concerne une majorité de gens qui ne veulent pas que leurs patrons découvrent qu’ils passent leurs journées de travail à faire les cons sur Internet. La meilleure façon pour éviter ça est de ne pas passer son temps sur Internet et de faire ce pour quoi on est payés… En outre, le patron demande à un bureaucrate du résultat, pas un décompte de ce qu’il fait heure par heure. Ou alors, change de patron.

J’ai oublié le troisième.

Ce n’est pas grave.

Je vais donner un conseil. Si tu veux avoir une activité numérique secrète, le mieux est d’avoir aussi une activité numérique visible à ton vrai nom, comme ça, le type qui te cherche te trouve rapidement et ne comprend rien. Pour ma part, j’ai un blog avec mon nom complet dans l’URL : http://www.nicolasjegou.com ! Hop ! Premier sur Google. Vous pouvez aussi me retrouver sur Twitter avec @nicolasjegou et sur Google+… Il n’y a que sur Facebook où mon activité secrète de blogueur est liée à mon vrai nom…

Je n’ai malheureusement pas le temps de l’entretenir. Je passe trop de temps à faire le con sur Internet.

Que faites-vous pour la Saint François ?

Saint François d'Assise terrassant la finance devant le public du Bourget
Vous ne savez pas... Venez donc au Kremlin des Blogs, à la Comète, au Kremlin-Bicêtre, à partir de 19h30.

D'Assise, le François, ce qui ne nous empêchera pas de prendre l'apéro debout au comptoir.