Manuel Valls donne une interview au Nouvel Obs. Il sera à
lire dans son intégralité dès demain. Un extrait est disponible onezehouaibe.
Il dit notamment : « Il faut en finir
avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique,
hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La
seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer
l’émancipation des individus. » Le moins que l’on puisse dire est
qu’il ne va pas de main morte avec la fraction de la gauche qui critique le
gouvernement. Et je suis d’accord avec lui.
Le premier ministre a dit plein de trucs que vous lirez dans
la presse. Par exemple, il est favorable à une fédération des partis de gauche
ou un machin en commun, voire au changement de nom. Je pense qu’il n’a pas
entièrement tort.
En préambule, avant de raconter les conneries d’usage, je
rappelle que je ne suis pas membre du parti socialiste ni d’aucune autre
formation politique. Si je tiens ce blog, c’est par habitude, pour le reste, qu’ils
se débrouillent, tous ces braves gens.
Je crois tout d’abord qu’il est temps de faire exploser
quelque chose. Il se passe un événement par jour qui assombrit le parti. Hier,
nous avions le Gégé qui disait des conneries dans Twitter. Aujourd’hui, c’est
Benoît Hamon qui raconte des âneries du genre : la politique du
gouvernement menace la république. Il y a eu un débat : Hamon doit-il être
exclu du PS ? Hier, c’était : Filoche doit-il être exclu du PS. Je m’en
fous. Gérard Filoche doit comprendre qu’un responsable politique doit savoir
fermer sa gueule ou, du moins, respecter quelques conventions. Hamon joue un
jeu, on ne sait pas lequel. Il était jeune, occupait un de ministère les plus
importants. Il a décidé d’arrêter tout pour revenir confortablement dans une
espèce d’opposition qui ne le mènera à rien. Il va se retrouver complètement
marginalisé, avec cette histoire.
Je me demande si Filoche et Hamon se rendent compte qu’ils
viennent de torpiller leur propre courant, l’un passant pour un vieillard
sénile et l’autre pour un enfant gâté qui mérite un bon coup de pied au cul.
Faut-il renommer le parti socialiste ?
J’aurais tendance, à titre personnel, à dire oui. J’en ai
marre de voir la gauche passer pour de ringards collectivistes et être rejetée
uniquement parce qu’un mot fait peur. J’en ai marre de tous ces débats avec des
andouilles qui cherchent à définir des mots, à mettre des étiquettes… D’ailleurs
l’année avait commencé par des débats sur le social libéralisme, la sociale démocratie
et tout ça.
Je suis attaché au socialisme en tant que machin visant à un
monde meilleur, la justice sociale et tout ça. D’ailleurs, qui pourrait être
contre ?
Je ne suis pas attaché à un mot.
L’autre jour, je parlais de Jean-Luc Bennahmias qui se
disait, dans le même entretien, soutien de François Hollande et pas socialiste.
Pareil ! Je soutiens Pépère et je ne me suis jamais présenté comme étant
socialiste. Ce qui ne veut pas dire que je ne me sente pas socialiste. Tout
cela est bien compliqué. S’il fallait définir le socialisme en tant que machin
visant à une propriété collective des moyens de production (ben oui, entrons dans
le concret), je dirais que c’est bien joli mais inefficace.
Nicolas Sarkozy est sur le pont pour 2017. Il a fait un
discours à Nice, hier, très à droite, la plus grande partie axée sur l’immigration,
pour bien s’adresser au cœur des militants UMP. Il refera un virage au centre
après l’élection interne. Nul doute que s’il gagne la présidence du parti, il
gagnera aussi la primaire. Le Front National est en pleine forme. Ca n’est pas
récent. Marine Le Pen a fait un bon score à la présidentielle. Soral et
Dieudonné ont annoncé la création d’une nouvelle formation politique, forcément
à la droite de la droite.
Une partie du Parti Socialiste ne vote pas le budget. Benoît
Hamon dit que le gouvernement met en danger la République.
Qu’est-ce qu’ils veulent ?
Est-il vraiment idiot de s’interroger sur ce que doit être
le Parti Socialiste, sur ce que doit être son avenir, sur ce que doivent
devenir ceux qui ont mangé la soupe pendant deux ans et se placent maintenant
aussi froidement dans l’opposition ?
Je vois des types qui ronchonnent dans les blogs, dans
Twitter et tout ça. Ils sont à gauche, n’aiment pas spécialement ce que fait le
gouvernement et s’étonnent que Cambadélis et Le Foll tombent sur le paletot des
dissidents en culote courte.
Les gars, il faudrait peut-être se réveiller… Le Parti
Socialiste existe-t-il encore ?







