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19 octobre 2015

Dray - Mélenchon : la castagne - journaliste et blogs : heu ?

C'est une des informations politiques de la journée : Dray et Mélenchon se jettent à la figure des vieux enregistrements.

Cela étant, tout le monde s'en branle, si je puis me permettre une vulgarité dans ce blog de haute tenue.

Toujours est-il que je tiens à préciser à nos amis journalistes que les propos de Dray, s'ils ont été tenus, hein !, l'ont probablement été lors d'une rencontre avec des blogueurs. Nananère.

Je tiens aussi à préciser qu'un des blogueurs présents, si fier à l'époque de participer à des rencontres avec des personnalités politiques, qu'elles soient initiées par le groupe des leftblogs ou d'autres andouilles, vient de diffuser un enregistrement qui n'était pas fait pour cela (on enregistre pour faire des billets de blogs avec des comptes rendus par pour les diffuser, sinon nous ne sommes plus des blogueurs).

Ce n'est pas joli joli. C'est un traître qui sera tondu à la libération sauf s'il paye une tournée générale.

Tous les moyens ne sont pas bons à être utilisés d'autant que le niveau des débats n'en sort pas grandi. On aimerait, aujourd'hui, parler des propositions de chacun pour les régionales, de travaux menés pour aboutir à une plateforme commune et éviter à la droite de prendre des régions, dont la mienne, celle de Dray,... : l'Île de France.

14 avril 2014

2017 : une primaire à gauche ?

Julien Dray s’est déclaré favorable à une primaire à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017, y compris si François Hollande est candidat à sa propre succession. Moi pas. Il faudrait que François Hollande entre en campagne un an avant la fin de son mandat, de même que les autres candidats, dont probablement Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Ca serait du grand guignol.

Il est trop tôt pour parler de 2017. C’est bien pour ça que je vais le faire. Après tout, quand j’évoque des sujets sérieux comme la réforme territoriale, personne ne lit.

Manuel Valls a annoncé dans son discours de politique générale une baisse des dépenses de l’Etat de l’ordre de 50 milliards. Il va le faire. Et cela va faire mal. Tiens ! On parlait ce week-end d’une baisse des APL pour les étudiants non boursiers. Ca va faire mal. Pas seulement au portefeuille des étudiants. Ils vont descendre dans la rue et on va avoir un gros bordel.

Pourtant, sur le fond, je suis d’accord avec cette baisse. Ne me dites pas que je suis opportuniste : relisez l’historique de mon blog. L’aide au logement va alimenter la spéculation immobilière. Ben oui ! Si les étudiants sont aidés pour payer, les locataires de logements n’ont aucune raison de ne peut pas en tenir compte en fixant les loyers. La politique du logement doit se focaliser sur la construction de logements (ou la transformation des bureaux vides en logements, ce qui était dans le programme d’Anne Hidalgo, il me semble).

Ce qu’il y a de rigolo, c’est que la droite avait proposé cette mesure en 2010. La gauche hurlait. Maintenant, la gauche propose. La droite hurle.

Toujours est-il qu’on va sentir passer une partie des 50 milliards. Précisément, voila ce que Manuel Valls a déclaré : « Je vous propose un changement de rythme pour éviter tout recours à l’impôt et financer le redressement de notre économie : 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans de 2015 à 2017. L’effort sera partagé par tous. L’Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d’euros. 10 milliards proviendront de l’assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales. Le reste viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations. »

On verra, unitairement, chacune des mesures et il nous reviendra de juger de l’état de la France en 2017, ce que ne manqueront pas de faire les électeurs.

La presse titrait sur l’écart de popularité en François Hollande et Manuel Valls, ce week-end. 40 points selon l’institut en question. François Hollande serait le président le plus impopulaire et Manuel Valls le premier ministre qui arrive au cours d’un quinquennat le plus populaire. A noter que si l’on prend le site de l’IFOP, les informations sont différentes.

Si les 50 milliards font mal, la cote de popularité de Manuel Valls va diminuer. Dans quelques mois, nos deux compères seront probablement à égalité, sans doute plus près du score de François Hollande que celui de Manuel Valls… Il est probable que François Hollande va tenter de se faire plus ou moins oublier, ou, du moins, laisser Manuel Valls faire les grandes annonces.

Si la France va mieux (si le déficit est inférieur à 3% et si la courbe du chômage va dans le bon sens), il est probable que le bénéfice en ira à François Hollande plus qu’à Manuel Valls. Ce dernier pourrait très bien connaître ce qui est arrivé à Edouard Balladur à une époque où l’économie allait très mal, aussi, il a réussi à maintenir une popularité supérieure à 50% pendant la presque totalité des deux ans qu’il a passés à Matignon (tout comme Lionel Jospin pendant cinq ans mais avec une conjoncture économique plus favorable). On notera d’ailleurs la très grande volatilité de la popularité des ministres (ils ont tous gagné 10% en avril, sauf Christiane Taubira qui était déjà à un haut niveau).

Toujours est-il que dans l’histoire de la Cinquième, les présidents ont toujours attendus le dernier moment pour annoncé s’ils se représentaient ou pas et que seul Valéry Giscard d’Estaing a connu une baisse de sa popularité en fin de premier mandat.

Ainsi, début 2017, François Hollande verra l’état du pays, de l’opinion, de l’opposition,… et verra s’il est opportun ou non de se représenter. S’il a un bon bilan, il se représentera. Il ne prendra pas le risque de se représenter devant les sympathisants…

Sans compter qu’il en aura probablement ras la casquette.

23 février 2014

Aidons François Hollande à préparer le remaniement

Hier, nous avions invité Julien Dray à la Comète, avec les copains blogueurs. Il n’est pas venu. N’y voyons qu’une explication : il prépare le remaniement que va annoncer François Hollande au lendemain des municipales. Le changement de gouvernement semble acquis par la presse même si je me dis que c’est une belle connerie. Je n’arrive d’ailleurs pas à y croire, je le verrais plutôt dans 18 mois.

Le départ de Valérie Treirweiler de l’Elysée a ouvert la porte à un retour de certains proches de François Hollande qu’elle ne pouvait pas piffer, comme Ségolène Royal et Julien Dray. Pépère peut difficilement nommer Ségolène Royal comme première ministresse vu que c’est son ex. A ma connaissance, par contre, il n’a pas couché avec Julien Dray : il pourrait entrer à Matignon. Nous ferons préventivement tous les jeux de mots possibles, tel que : c’est bien, il nous montre le chemin. Moi, j’aime bien Julien Dray même s’il est moins bien coiffé que Jean-Marc Ayrault.

Ne croyant pas au remaniement, je pense que peu de ministre gicleront. On va rentrer dans le détail, poste par poste. Mais, en résumé, doivent partir : Mmes Filippetti et Pellerin et M. Moscovici. Je propose de mettre Ségolène Royal pour remplacer Mosco. Il lui faut un truc important, tant pis si elle n’y connaît que dalle.

Nous ne retiendrons pas de force Mmes Pinel et Touraine. On trouvera bien d’autres gonzesses pour les remplacer, si elles servent à quelque chose. Mme Benguigui par exemple, dont je me fous comme de la première fois où j’ai du m’arrêter pour pisser en rentrant à la maison, a un ministère qui ne sert à rien. Elle pourrait remplacer une des deux.

Les ministères avec un nom con seront renommés. Montebourg aura l’industrie. Point barre. C’est quoi ce ridicule « redressement productif » ?

Quelques ministères seront supprimés. Pas trop, il faut des gens pour faire le job. Mais les trucs inutiles ne servent à rien comme les lapalissades qu'on répète deux fois.

Dans le détail et par ordre alphabétique du prénom.

Alain VIDALIES. Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. Je ne vois pas pourquoi le virer. Pour recaser Ayrault.

Anne-Marie ESCOFFIER.  Ministre déléguée auprès de la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, chargée de la décentralisation. Pour moi, la décentralisation est incarnée par Marylise Lebranchu. Que Mme Escoffier s’occupe de la fonction publique.

Arnaud MONTEBOURG. Ministre du Redressement productif. Intouchable aussi. Changeons le nom de son gouvernement.

Aurélie FILIPPETTI. Ministre de la Culture et de la Communication. Je ne peux pas la blairer. Dehors !

Benoît HAMON. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation. Il est très bien là. On pourrait peut-être lui filer une promotion. Changeons le nom de son ministère, pour commencer.

Bernard CAZENEUVE. Ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget. On pourrait le remplacer par Jérôme Cahuzac. Nan. Je déconne.

Cécile DUFLOT. Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement. Elle est écolo et fait le job. On la garde.

Christiane TAUBIRA. Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ah ! Premier cas intéressant. Elle est adorée par la droite et détestée par la gauche. Son remplacement aurait un sens mais ferait hurler. C’est ballot. Bon courage à Pépère. Je souhaite qu’elle reste pour qu’on puisse continuer à se foutre de la gueule des réacs.

Dominique BERTINOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la Famille. Elle me plait bien, elle. Néanmoins, faut-il conserver un ministre de la famille ? Le mariage pour tous est passé et François Hollande ne doit pas avoir envie de déclencher une nouvelle guerre avec les réacs. Il n’empêche qu’il reste du boulot à faire : le droit des beaux-parents et tout ça.

Fleur PELLERIN. Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique. Elle, je ne peux pas la blairer. Je ne sais pas pourquoi. Ca date de la campagne pour la présidentielle.

François LAMY. Ministre délégué auprès de la ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, chargé de la Ville. On ne sait pas trop ce qu’il fait…

Frédéric CUVILLIER. Ministre délégué auprès du ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. Ministère trop large. Laissons lui uniquement les transports. Supprimons « la mer » et foutons la pêche à l’agriculture.

Geneviève FIORASO. Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Je m’en fous.

George PAU-LANGEVIN. Ministre déléguée auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la Réussite éducative. Commençons par renommer son ministère. L’intitulé est grotesque.

Guillaume GAROT. Ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, chargé de l'Agroalimentaire. Oui ! Nous avons un ministre qui s’appeler Guillaume Garot. Vous l’ignoriez ? Pareil ! Viré…

Hélène CONWAY-MOURET. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger. Mon côté con : ils sont Français ou étranger ? Pourquoi leur faut-il un ministre ? Encore une mode imposée par Nicolas Sarkozy.

Jean-Yves LE DRIAN. Ministre de la Défense. Il est très bien là. En plus, c’est un Breton copain du président…

Kader ARIF. Ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants. Tiens ! Je l’avais oublié, lui. Ce ministère ne sert à rien à part à remplacer Le Drian pour inaugurer des chrysanthèmes.

Laurent FABIUS. Ministre des Affaires étrangères. Aucune raison de le virer. Il fait le job et est un pilier. Il faut des vieux sages.

Manuel VALLS. Ministre de l'Intérieur. Intouchable ?

Marie-Arlette CARLOTTI. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Encore un ministère à virer. Néanmoins, il me semble qu’elle fait un vrai boulot. On n’a qu’à la garder.

Marisol TOURAINE. Ministre des Affaires sociales et de la Santé. Je n’ai jamais réussi à accrocher. Je ne sais pas pourquoi. Je suppose que des Français sont comme moi. D’ailleurs, on leur demanderait qui est le ministre de la santé mais pas des pieds qu’ils ne sauraient pas. On remplace. Je n’ai pas de nom en stock. Faudrait une gonzesse.

Marylise LEBRANCHU. Ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique. On la garde. C’est une loudéacienne. Il n’empêche que je la verrais bien ne plus s’occuper que de la réforme de l’Etat et de la décentralisation. Laissons sa collègue se débrouiller avec la fonction publique.

Michel SAPIN. Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. C’est un copain du président. Il est très bien à son poste. On est habitués à le voir expliquer que le chômage évolue positivement dans la négative qui décroit.

Michèle DELAUNAY. Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie. Tiens ! Elle pourrait remplacer sa chef. Supprimons son ministère dans la foulée. Inaugurer les maisons de retraite n’est pas un job à plein temps…

Najat VALLAUD-BELKACEM. Ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement. Elle est très bien comme porte parole du gouvernement mais comme ministre des gonzesses, elle m’énerve. Supprimons ce ministère.
Nicole BRICQ. Ministre du Commerce extérieur. Encore une avec qui je n’accroche pas.

Pascal CANFIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement. Ce n’est pas un écolo, lui ? Il faut donc le garder.

Philippe MARTIN. Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Il vient de commencer.

Pierre MOSCOVICI. Ministre de l'Economie et des Finances. Lui, il doit partir. Il est trop impopulaire dans tous les sens et communique très mal. On va mettre Ségolène Royal à la place. Elle n’y connaît peut-être rien mais il faut bien la caser quelque part ça ne peut être que dans un ministère important.

Stéphane LE FOLL. Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Je ne savais pas qu’on avait un ministre de la forêt. Pourquoi pas un ministre des bocages ou des alpages ? C’est un copain du président. En plus, c’est un ministère dont personne ne veut.

Sylvia PINEL. Ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme. Virée ! Je ne la connais que pour le merdier qu’elle a foutu avec les taxis.

Thierry REPENTIN. Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes. J’avais oublié son existence.

Valérie FOURNEYRON. Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative. On va la garder mais je ne sais pas trop à quoi ça sert, un ministre des sports.

Victorin LUREL. Ministre des Outre-Mer. Il faut le laisser, lui. J’ai dîné une fois avec lui à la Comète. Il a le gosier en pente.

Vincent PEILLON. Ministre de l'Education nationale. On peut difficilement le virer : il porte une réforme importante en cours.

Yamina BENGUIGUI. Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Qui est l’imbécile qui a eu l’idée de ce billet de blog ?


03 octobre 2013

Face au Front National, ne pas s'égarer à gauche

« Quand la gauche s’égare » est le titre du billet de Julien Dray, aujourd’hui. Rien qu’en voyant le titre, je savais que j’allais probablement être d’accord avec lui. Par exemple, à propos du débat sur les Roms, « Poser des « marqueurs de gauche » en flattant sa conscience avec son indignation n’a jamais fait une politique cohérente, ni d’ailleurs contribué au succès de la gauche dans son ensemble. » Il a raison.

Il ajoute : « On ne peut compenser la faiblesse de son propre parti par une contestation frontale et médiatisée de l’action d’un autre Ministre. » Il a aussi parfaitement raison. Je ne sais pas si Cécile Duflot se rend compte du ridicule qu’elle fait courir au gouvernement. Ce matin, je devais faire un billet (mais je n’ai pas eu le temps) à propos de la nouvelle procédure pour les ministres pour pouvoir répondre aux sollicitations de la presse. Je suppose que les lascars de Matignon ont bien réfléchi : il n’empêche que ce qu’ils ont mis en place est ridicule. Mais de toute manière, les propos de Cécile Duflot ne pouvaient générer qu’une réponse ridicule. Mais je m’égare, tout comme la gauche.

Dans son billet d’hier, Suzanne parle du discours du Front National à propos de l’Education Nationale. Elle constate : « Le discours de Marine Le Pen est, grosso modo, un discours de gauche qu'une énorme majorité d'enseignants soulagés  applaudirait s'il émanait de leur ministre. » Je vous invite à lire son billet et les liens qu’elle propose pour vous rendre compte du discours du Front National.

La gauche s’égare. Poser des « marqueurs de gauche » à l’école risque de foutre en l’air cette école mais aussi de faire fuir les électeurs traditionnellement à gauche. Il y a actuellement un débat sur les rythmes scolaires qui ne m’intéresse pas spécialement mais il me semble qu’il y a plus important pour l’école. Lisez le discours de Marine Le Pen en pensant que c’est un candidat de gauche qui le tient et vous serez conquis.

Julien Dray continue avec les grandes surfaces. On (y compris moi) avons tendance à confondre les sujets. Par exemple, on parle de Séphora comme des grandes surfaces de bricolages alors que les questions posées ne sont pas les mêmes. On ne peut pas traiter un magasin des Champs Elysées comme tous les autres commerces de France. Ensuite, Juju tiens des propos similaires aux miens. Se promener dans une grande surface de bricolage ne peut pas être un idéal de société.


Pendant que l’on s’occupe de ses conneries, on ne va pas au bistro et on se trompe de combat. « En France, le cas du Front National sert, régulièrement, à épouvanter le chaland et camoufle l’ampleur du problème qui celui de notre société. Or, il faut comprendre les dynamiques sociales et idéologiques profondes qui traversent notre pays et cesser d’être obsédé par le seul FN. La droite parlementaire montre fréquemment qu’elle est déboussolée au point de s’extrémiser et laisse la France dans un état d’incertitude quant à la solidité de la concorde républicaine. »

Il faut une ligne politique ferme et cesser les petites phrases et les conneries diverses. Il faut une gauche unie.

Un nouveau sondage de popularité est sorti, aujourd’hui. Marine Le Pen est au plus haut et François Hollande est au plus bas.

Je citais Suzanne, plus haut. Juste après, elle dit : « On parle de confiscation, comme si des idées et des idéaux  pouvaient être confisqués, mais à dire qu'on est d'accord avec un discours prononcé par le chef d'un parti d'extrême droite, on risque l'opprobre immédiat (voire la rélégation !) donc on hésite, on tergiverse, on met quinze "mais" ou "cependant" dans une phrase où il y a déjà un "nauséabond", un "populisme" et un "national-socialisme", jusqu' à la discussion prochaine. »

A méditer. Surtout, ses propos m’inspirent une vague conclusion après avoir lu le billet de Julien Dray et le sien.

Il faut qu’on arrête de penser qu’on luttera contre le Front National en utilisant des qualificatifs divers et en traitant de facho le ministre de l’intérieur.

Surtout quand c’est le ministre le plus populaire.

08 août 2013

Mes personnalités politiques préférées

Pour le redémarrage de son blog, Guillaume dresse la liste des personnalités politiques qu'il préfère. Excellente idée de billet. Je la lui pique ! Je pourrais aussi lui piquer une partie de son introduction mais je vais le dire autrement.

Petit 1 : j’ai horreur de la logique des courants au sein du PS, logique complètement absconse pour toute personne qui n’adhère pas au parti (ni aux parties comme le calbute quand il fait très chaud dans le métro). Ce que l’on retient d’un congrès du PS, c’est soit les batailles internes, soit le nom du type qui a été élu Premier secrétaire, pas le texte des motions…

Petit 2 : je me fous des personnes en tant que telles sauf que je n’oublie pas que ce sont elles qui vont dans les médias et ont en charge de recueillir les suffrages, ce que la gauche, contrairement à la droite, a souvent tendance à oublier. D'ailleurs, je pense que les militants du PS votent pour des motions en fonction de ceux qui les porte et pas de leur contenu. Dans les blogs, je trouve toujours rigolo les analyses des motions par les blogueurs engagés derrière une personne. Ca frise le grotesque.

Trois précisions en préambule :
-         pour faire ma liste, je ne prends pas en compte la ligne politique ! Je vais même citer deux types de droite,
-         pour beaucoup des gens que je cite (tous sauf deux), il y a une histoire personnelle qui fait que je me suis intéressé à elles avant qu'elles ne soient au premier plan au niveau national. Ces anecdotes personnelles n'ayant pas d'intérêt, je ne les raconte pas nécessairement ici.
-         il n'y a pas de hiérarchie dans la liste ci-dessous, sauf pour le premier.

François Hollande

Il y a plein de raisons pour le mettre dans cette liste. Je ne vais en citer que deux.

La première : c'est lui qui a permis le retour de la gauche aux manettes, ce qui est d'autant plus méritoire que personne n'aurait parié sur lui 18 mois avant son élection, sauf peut être des andouilles comme moi (mais j'ai hésité avec Martine Aubry).

La deuxième : je l'ai toujours apprécié pour ce que les militants socialistes pouvaient lui reprocher, comme d'être l'homme du consensus mou... C'est indispensable en politique et c’est avec ça qu’il a gagné la présidentielle.

Ségolène Royal

Mes vieux lecteurs seront peut-être surpris de la trouver là. D'ailleurs, je l'ai presque détestée pendant longtemps (contrairement à son pacte présidentiel que j’ai préféré aux 60 engagements). Un jour, tout a changé. Probablement pendant la primaire. Peut-être avant. L’anecdote de la législative à La Rochelle a renforcé cette impression. Pour moi, elle a été victime d’une injustice, voire d’un manque de respect.

Allez savoir ! Les sentiments, ça ne se discute pas...

Toujours est-il que c'est, actuellement, avec Martine Aubry et, peut-être Julien Dray, la seule personnalité d'envergure au PS qui ne soit pas au gouvernement et qui a des propos qui sonnent juste quand elle cause dans le poste.

C'est elle qui devrait être à la riposte contre la droite. Et ça nous changerait d'une quiche à la tête du PS.

Martine Aubry

Tout en n'y croyant pas, j'ai longtemps rêvé qu'elle succède à Nicolas Sarkozy. A l'époque je disais dans mon blog qu'elle pourrait incarner "la République apaisée".

Je n'oublie pas non plus qu'elle était la première secrétaire du PS pendant le long processus qui a permis au parti de conquérir le pouvoir avec ses alliés. Même si le processus d’accession à la tête du parti n’a pas été très clean, on peut dire qu’elle a fait un bon boulot : elle a fait gagner la gauche, c'est ce qu'on lui demandait...

Marylise Lebranchu

Les raisons de sa présence dans cette liste sont essentiellement personnelles. J'en ai déjà parlé ici et elles viennent du fait que nos familles (et nous…) soient originaire du même patelin. On a un tas de connaissances communes…

Il en découle, par exemple, que c’est la personnalité du PS de référence, pour Loudéac, un peu comme si elle était marraine de la section, alors qu'elle n'habite plus là !

Dans le cadre de son activité au gouvernement, c’est probablement la ministre qui en chie le plus : avec sa double casquette, elle doit se fader les syndicats de fonctionnaires et les élus locaux… Rien que pour ça, elle mérite beaucoup de respect !

Christiane Taubira

Je l’ai détestée, aussi, lui mettant sur le dos la défaite de 2002 mais j’ai appris à la connaître depuis (un de mes copains a milité en même temps qu’elle en Guyane et m’en parle souvent ; d’ailleurs, un jour où il était saoul, je lui ai piqué son portable et j’ai pu récupérer « le 06 » de la ministre)(je l’ai perdu depuis). Elle me semble faire un très bon boulot au ministère mais je ne suis pas persuadé d’avoir moi-même les compétences pour juger de celles d’un ministre, surtout de la justice ! Pourtant, beaucoup ont des avis. Surtout dans les blogs de droite.

C’est une des seules personnalités politiques à pouvoir faire un long discours structuré, avec des références historiques et tout ça, sans consulter ses notes.

Depuis sa nomination, j’adore comme elle sert de punching ball à la droite, cette pauvre droite qui n’a rien à se mettre sous la dent à part taper sur « une femme noire qui incarne le laxisme de la justice avec la gauche au pouvoir ». Je dis cette pauvre droite car elle est en train de se prendre les pieds dans le tapis et donne l’occasion à la gauche de démontrer qu’elle n’a pas échoué uniquement dans les domaines économiques, la gestion de l’immigration, la sécurité… : il y a aussi la justice. On va bientôt pouvoir s’occuper de l’Education… Un type de droite objectif finirait presque par voter à gauche, d'autant que la politique du gouvernement n'est pas spécialement gauchiste...

Ainsi, j’aime bien comment Christiane Taubira répond à la droite.

Tout ça devrait être l’objet de mon billet d’après déjeuner.

Manuel Valls

Lors de l'université d'été du PS, pendant la primaire, je glandais en salle de presse en regardant une interview de Martine Aubry par je ne sais quel journaliste célèbre. Nous étions deux, debout, Valls et moi. Il devait passer après Titine et avait visiblement le trac. Faisant le double de son volume, j’avais envie de le réconforter, presque de lui taper sur l’épaule en lui disant : « c’est pas grave, va, mon gars, c’est une étape à passer dans ta carrière politique. » C’était d’autant plus grotesque qu’il est plus vieux que moi et savait ce qu’il faisait.

C’est important de reconnaître que les raisons qui font qu’on suit des personnages politiques sont grotesques. Beaucoup de militants devraient faire pareil, ça permet de reprendre de l’objectivité à l’heure de faire des choix (voir l’introduction de ce billet : on choisit des gens dans les partis pour faire gagner le parti, pas parce qu’on les aime bien ou qu’on apprécie ses idées, finalement peu différentes des autres mais qu'il ne mettra pas en application, au final, à cause de compromis ou de contraintes extérieures).

Depuis, j’observe son parcours…

Par ailleurs, comme pour François Hollande, je l’apprécie pour des raisons qui font que d’autres ne l’aiment pas. Je me rappelle par exemple de son discours à l’université d’été de la Rochelle, l’année suivante, alors qu’il était ministre. Les militants-socialistes-qui-tweetent-en-se-croyant-plus-intelligents-que-tout-le-monde se foutaient de sa gueule, de la fermeté de son discours. Ils ne se rendaient même pas compte qu’il était normal qu’un ministre de l’intérieur parle de la République, de sécurité,...

Un autre exemple : on évoque souvent les expulsions de Rom : c’est son job. Les recaser ailleurs ne lui revient pas. Il est là pour faire respecter l’ordre sur le territoire de la République. Si on a des reproches à faire à quelqu’un, c’est à François Hollande qui avait promis qu’on n’expulserait personne sans les recaser ailleurs. Autre exemple, j’ai vu des types de droite lui mettre sur le dos les émeutes à Trappes, c’est profondément ridicule et du pur ressort de la posture politique.

Julien Dray

Allez savoir pourquoi, quand il était à l’Assemblée, avant que je ne le connaisse personnellement, c’était déjà un des députés de référence. Depuis, il a rencontré les blogueurs, dont moi au moins trois fois, et a su me séduire d’autant plus facilement que c’était la première personnalité politique de ce niveau que je rencontrais. Tous les chefs socialos que j’ai rencontrés ensuite m’ont aussi parlé d’une anecdote avec Mitterrand. Dray était le premier. Pour les autres, je me foutais de leur gueule.

Néanmoins, j’ai deux raisons supplémentaires de l’apprécier.

La première : c’est le premier homme politique à s’intéresser réellement à un de mes loisirs préférés, le blogage, et à penser que les réseaux sociaux (c’était avant le boum de Twitter) avaient de l’avenir en politique.

La deuxième : encore plus qu’Alain Juppé, je le considère comme victime des affaires judiciaires dans le sens où elles ont eu un impact démesuré sur sa carrière.

Dominique Strauss-Kahn

C’est cette histoire d’affaire judiciaire qui m’y fait penser (à cause de la cassette, quand il était ministre, pas du Sofitel et du Carlton !). Il n’est plus une personnalité politique donc n’en parlons pas mais si j’avais fait ce billet entre 2003 et 2007, il aurait probablement été largement en tête pour la pédagogie qu’il mettait en œuvre. Les personnalités politiques disent souvent qu’il faut faire preuve de pédagogie pour faire passer des mesures ce qui est grotesque : quand une mesure est nulle, elle est nulle. Par contre, DSK avait un réel don, ce qui lui a donné cette impression de « compétence » (comme si, un simple quidam pouvait juger de la compétence d’un ministre, voir ce que je disais à propos de Christiane Taubira et de ses compétences comme Garde des sceaux).

François Baroin

En 1995, je partais pour un week-end faire la fête avec un copain. Je conduisais et c’est avec la radio qu’on a appris que François Baroin était nommé ministre. Vu qu’on a à peu près le même âge (Baroin a un an de plus), 30 ans à l’époque, on rigolait avec mon pote, on partait faire la fête comme des types de 18 ans alors que d’autres allaient être ministre. On ne savait pas encore qu’il allait être viré six mois plus tard… Depuis, je me suis toujours intéressé à ce qu’il a fait.

Avec Alain Juppé (et peut-être Dominique de Villepin mais il a disparu), il est un des représentants de cette droite que j’estime hautement respectable (même si je ne suis pas d’accord politiquement). Je ne comprends d’ailleurs pas qu’il soit redevenu un des ministres de Nicolas Sarkozy. C’est le seul (bizarrement, je considère que Juppé avait sa place dans ce gouvernement, en tant que vieux sage).

Alain Juppé

J’en parlais à l’instant… Je dirais en plus que j’aime bien ce côté vieux sage de la droite qu’il représente. Je dirais aussi, d’une part, que la plupart de mes collègues bordelais de gauche reconnaissent qu’il fait du bon boulot comme maire et, d’autre part, que, comme Julien Dray, il est victime de ses affaires judiciaires.

On va dire que dans les affaires du RPR, il a payé pour d’autres et ça lui a coûté sa carrière puisqu’il était successeur désigné de Jacques Chirac.

Je considère en plus que Nicolas Sarkozy lui a piqué le job ce qui me le rend encore plus sympathique. Il aurait été le dernier rempart contre cette droite insupportable.

Mais aussi

J’aurais pu faire une liste des personnalités politiques que je déteste, il m’aurait suffi de copier l’organigramme de l’UMP.

J’ai probablement oublié du monde et il y en a certains que je n’ai pas cités pour des raisons précises. Par exemple, Jean-Luc Laurent, le président du MRC, aurait eu toute sa place ici (parce que je le connais bien, beaucoup mieux que les autres, mais aussi parce que j’aime bien le travail parlementaire qu’il a fait au moment du Grand Paris non pas sur le fond mais comme il ne fait pas partie du groupe socialo, il mené tout seul l’opposition de gauche au projet ou presque !). Mais il n’est pas connu par l’opinion (de même que Marylise Lebranchu que je cite pourtant)…

Je n’ai évidemment cité personne du Front National puisque je ne peux pas les blairer mais Marine Le Pen mérite une mention spéciale dans un billet sur l'efficacité des personnalités politiques vu que son parti est au top.

Je n’ai cité personne chez les écolos. J’aurais pu citer Cécile Duflot que j’aime bien mais il aurait fallu que je cite tous les ministres que j’aime bien, Benoit Hamon, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem, Stéphane Le Foll, Victorin Lurel, voire Arnaud Montebourg mais, au contraire de beaucoup d’autres, c’est une anecdote personnelle qui fait qu’il me gonfle, voire aussi Jean-Marc Ayrault, mais je trouve qu’il passe mal. A le faire, il aurait fallu que je prenne la liste des élus que j’aime bien comme Bruno Leroux et tant qu’à être objectif que je prenne les lascars de droite, y ajouter Alain Lambert (on est copains de Twitter). Et que j’aille voir plus loin : Anne Hidalgo et Jean-Luc Roméro, par exemple, à la mairie de Paris, de même évidemment que Bertrand Delanoë, Gérard Collomb. J’aurais fini par citer les copains blogueurs élus…

Je n’ai cité personne au Front de Gauche et c’est regrettable. Les militants et cadres devraient se poser des questions. J’espère que des gens comme Pierre Laurent pourront figurer dans cette liste dans quelques années. Jean-Pierre Brard aurait figuré dans cette liste quand il était à l’Assemblée, c’était mon député préféré.

Lecteur, si tu as un blog, à toi de jouer !

28 juin 2013

La gauche face à un nouveau bloc droitier

Très intéressant billet de Julien Dray (signalé par Politeeks), sur son blog, où il évoque la montée du FN, le rapprochement des droites (avec ce qu'il appelle le nouveau bloc droitier),... et la stratégie que doit adopter la gauche. J'avais déjà tenu – en moins bien – une partie de ses propos. Pas plus tard qu'hier, d'ailleurs, je disais que le candidat du FN à Villeneuve était un petit jeune propre sur lui. Julien Dray, lui, viens jusqu'à sous entendre que son opposant UMP à plus une tronche d'ancien collabo que le jeune. Il fait donc naturellement plus confiance à "nos électeurs".

Juju fait le rapprochement avec l'époque du père de Marine Le Pen. Les jeunes de l'époque, comme Karl Lang, avaient plus la dégaine d'un type issu des jeunesses Hitlériennes que d'un gars sympa sur qui tu peux t'appuyer, ne serait-ce que par le discours, le costume, la coiffure... Je ne suis pas allé à Villeneuve et n'ai jamais vu le candidat. Je n'ai vu que des photos : le type même du jeune étudiant détendu avec lequel on aimerait prendre une bière, au comptoir, pour oublier son propre âge !

La stratégie de diabolisation que mène la gauche ne sert à rien si elle n'est pas capable de donner une autre vision de la société.

Je vais faire un aparté. Dans les commentaires à mon billet, hier, Didier Goux m'engueulait parce que j'abordais trop de sujets, dans mon blog, pour me battre avec les réacs et que mon blog en devenait chiant. Je vais donc l'écouter, parce que, je crois qu'il a raison et que le blog pourrait en pâtir. Je vais néanmoins y répondre.

D'une part, il me parait important de lutter contre la propagande réactionnaire. Mais, je ne vais pas recommencer aujourd'hui. Je le ferai dorénavant sur mon blog annexe.

D'autre part, il n'a visiblement pas compris mon billet d'hier. Je ne m'adressais pas aux blogueurs de droite. D'ailleurs, quand je fais un billet de blog, je ne m'adresse jamais à des électeurs de droite (sauf aux potes, pour l'intérêt de la discussion) : je sais que je n'arriverai pas à les convaincre.

Hier, je m'adressais aux blogueurs de gauche. Mais j'ai passé tellement de temps à faire l'étude que j'ai loupé la rédaction et plus précisément la conclusion. Alors je vais refaire cette conclusion :

Petit 1 : les blogueurs de droite passent énormément de temps à défendre leur vision de la société, voire à faire de la propagande (donc, nous devons les contrer, à l'échelle des blogs).

Petit 2 : ils se foutent totalement des sujets économiques et sociaux tels que nous les entendons. Quand ils les abordent, ils se vautrent neuf fois sur dix.

Alors, il faut en tirer les conclusions qui s’imposent. Nous avons fait notre révolution sociétale du quinquennat : le mariage pour tous. Les gens favorables à ce mariage n’ont jamais compris à quel point ce mariage est important pour les catholiques et des gens de droite. Nous leur avons parlé de droit, ils nous ont parlé de famille, de filiation,… Nous avons donné le droit à tous d’avoir la même famille. Beaucoup à gauche n’ont pas compris que c’était un problème de valeurs et que les valeurs ne se limitent pas à la solidarité ou des trucs comme ça. Je ne regrette pas d’avoir défendu ce texte mais je comprends les opposants…

Dans notre défense de ce mariage, nous avons été très loin et les petits mots ont fusé, « homophobe » en tête. Lors des prochains combats, laissons ces braves gens mariner dans leur caca et limitons nous au droit : la loi n’a pas à obliger une famille d’être composée d’un homme et d’une femme.

Ceci est profondément libéral : l’Etat n’a pas à définir ce qu’est une famille. Nous avons retiré un sujet du domaine de l’Etat. Quand nous voulons diminuer les exonérations d’impôt en fonction du nombre d’enfants, c’est aussi une mesure libérale : l’Etat n’a pas à inciter les gens qui à avoir des mômes (d’autant que je ne vois pas comment quelqu’un pourrait avoir envie d’avoir un môme pour la seule raison qu’il paiera moins d’impôt). C’est une mesure sociale sur le fond puisque l’on n’aide plus les riches et on favorise la redistribution par l’impôt mais avec un fond libéral.

J’insiste sur ce mot parce qu’à gauche, on l’utilise à toutes les sauces. J’ai encore une espèce de troll de la gauche de la gauche qui m’a présenté ça comme une insulte. Il ne faut pas confondre libéralisme et capitalisme financier. L’ennemi, c’est la finance, disait l’autre, pas la liberté d’entreprendre. Si je reste « anti-libéral », c’est parce que je suis pour la primauté de la loi par rapport au contrat.

C’était un aparté mais si on continue à crier dans les médias que le libéralisme c’est mal, le candidat du FN va progresser, d’autant que le programme du Front National est profondément libéral. Lisez-le avec attention, notamment le volet économique.

Je vais faire quelques citations de Wikipedia : « Il s'agit d'un programme de politique générale pour la France qui donne les grandes orientations. Il s'agit de fermer la parenthèse de l'hyper-libéralisme et du mondialisme, et de redonner à la France son indépendance en matière diplomatique, monétaire, économique, commerciale, industrielle, sociale, démographique, culturelle, de défense, d'éducation et d'organisation institutionnelle. Le but étant de mettre en place une politique qui inverse le mouvement de désindustrialisation et de délocalisation afin de revenir au plein emploi, à l'équilibre de la balance commerciale et du budget de l'État. » « Les mesures phares étant, du côté des recettes, la sortie de l’euro et le retour à une monnaie nationale, l’instauration de taxes sur les marchandises et les services importés, la baisse de la contribution française au budget communautaire, […], la lutte contre la fraude fiscale et sociale, et du côté des dépenses une augmentation importante des budgets de la fonction publique de l'État […], de la formation professionnelle, des budgets d'investissements d'infrastructures (SNCF) et de recherche pour les énergies alternatives, une aide au financement et à l'installation des TPE et des PME, l’augmentation de 200 euros net de tous les salaires inférieurs à 1,4 fois le SMIC […], l'augmentation de la prise en charge de santé pour les plus pauvres (régime de base), pour les zones rurales (soins de proximité), pour la lutte contre les maladies de Parkinson et d'Alzheimer (recherche), et une réévaluation de l'allocation adulte handicapé (AAH). »

Cette page Wikipedia reprenait le programme de Marine Le Pen pour la dernière présidentielle. Nous pouvons nous moquer des libéraux qui la soutienne mais arrêtons de taper sur les électeurs qui votent pour le candidat sympathique qui soutiennent ce genre de projet, d'autant que nous défendons aussi certains de ces éléments de programme.

Oups ! J’ai oublié de recopier les volets relatifs à l’immigration qui nous rappellent pourquoi il faut nous battre contre elle. Mais ils doivent nous rappeler qu’il ne faut pas botter en touche sur le sujet.

Ce qui nous amène directement à la suite : les prochaines municipales.

Si nous voulons faire passer nos évolutions de société, il nous faut gagner ces prochaines municipales ne serait-ce que pour avoir une majorité des trois cinquièmes au Parlement pour faire passer la prochaine au programme le droit de vote des étrangers aux élections locales. Or, si nous promettons de le faire, nous sommes sûrs que l’argument sera repris par la droite et nous perdrons (encore plus sûrement…) ces élections. La seule solution est que nous y renoncions ! Réellement.

Julien Dray, dans son billet, souligne un point très important : « De plus en plus, pour les cadres, comme déjà pour une bonne partie de l’électorat, les frontières doivent être abolies entre l’extrême droite et le reste de la droite, on a fait ensemble quelque chose dans la rue, on est plus des adversaires irréductibles. » On peut dénoncer la manifestation ensemble des cadres et on l’a fait. Mais les sympathisants aussi. Notre réforme sociétale a été un des éléments qui fait que les sympathisants « des deux droites » ont manifesté ensemble. Le bon côté des choses est que ça fout la merde à l’UMP. Il n’empêche que les « deux droites » marchent ensemble.

Julien Dray conclut avec la vision de la société que nous devons présenter aux gens pour qu’ils reviennent voter pour nous. J’y reviendrai.

Dans un billet, ce matin, mon confrère Sarkofrance se plaint des expulsions de Roms. Faisons le constat froidement : un maire qui a réussi à se débarrasser des camps de Rom insalubres de son coin aura plus de chance d’être réélu (il faudrait qu’on pousse les Roms vers les communes de droite…). Si la gauche perd les prochaines élections nationales, les Roms seront plus mal traités que si elle gagne. Donc il faut supprimer les campements insalubres et leurs éventuelles nuisances. Nous devons résoudre la quadrature du cercle. Comme dit Sarkofrance, en évoquant le sujet, on risque de prendre des baffes. Le candidat qui dira « nous allons expulser les Roms » ne sera pas élu. Celui qui dira « nous allons les loger aux frais des contribuables » perdra également. Je vais donc me contenter de rappeler à François Hollande : « Dis donc, Pépère, z’aviez pas promis de leurs fournir des hébergements ? N’oubliez pas trop vos promesses parce qu’un de ces jours, on va finir par perdre patience. Votre job est de résoudre la quadrature machin truc. »

On va laisser le mot de la fin à Julien Dray : « Face à ce bloc électoral droitier, il nous faut d’abord refaire une unité à gauche… mais pour cela il faut repenser la politique menée par la social-démocratie en France et en Europe en rapport avec la crise, la mondialisation et la globalisation… Il faut être capable de redonner un sens à l’histoire, au progrès et à l’action publique, il faut opposer un projet, une modernité rassurante, une ambition culturelle émancipatrice et il faut le faire vite… la bataille idéologique doit avoir lieu. Aggiornamento disais-je plus haut ! »

23 mars 2011

Cantonales : pavoiser ou pas ?

Captain Haka nous rappelle que toute la politique est de la communication et s’en désole. En fait, il rappelle que la plupart des électeurs du Front National ont voté pour un candidat qui n’a mené aucune campagne et juste sur le nom de Marine Le Pen.

Julien Dray estime que la gauche n’a pas à pavoiser. On ne va pas non plus pleurer. Comme le dit Captain Haka : « En ce qui me concerne les deux uniques conclusions qu'il faut tirer de ce premier tour : 1/ La droite a perdu. 2/ La gauche a gagné. »

Néanmoins, je suis assez d’accord avec le reste des propos de Julien Dray reportés dans la dépêche en lien ci-dessus et détaillés dans son dernier billet.

Ne pavoisons que le temps de savourer cette éphémère victoire.

08 septembre 2010

Woerth brouillé ?

J’ai mis mes chaussettes ce matin et le monsieur dans le poste de radio en a profité pour annoncer que les socialos avaient arrêté leur stratégie pour le débat sur la réforme des retraites à l’Assemblée Nationale : il ne faut pas attaquer Eric Woerth pour ne pas brouiller le message.

Je ne sais pas de quel message il s’agit, probablement de montrer aux français que le Parti Socialiste a des propositions à faire, pourrait sauver les retraites, patati, patata… Je me demande ce qu’ont à foutre les Français des propositions que peut faire le PS deux ans avant les élections en sachant que la réforme passera de force sauf si Nicolas Sarkozy se dit qu’il va trop loin et qu’il perdra l’élection en question.

En gros, je pense que la position du groupe PS à l’Assemblée n’est pas la bonne. Le pire est qu’ils vont présenter des amendements dont certains seront acceptés. J’imagine les titres de la presse : « Le gouvernement accepte un amendement de l’opposition à propos de la pénibilité au travail ».

Sur le fond, c’est peut-être très bien mais ça équivaut à titrer « Alors, vous voyez, hein ? Le gouvernement n’est pas si mauvais et fermé que le dit l’opposition ! »

Globalement l’image reçue par l’électorat est que le PS n’est pas trop mauvais pour coller des rustines mais qu’il n’a aucune proposition de réforme importante à faire, qu’il est juste bon pour faire un peu d’antisarkozysme primaire…

Julien Dray déclarait récemment que l’antisarkozysme ne fait pas un programme. Il a raison. « "L'unité du parti est nécessaire, mais ne peut pas être un programme", a-t-il ajouté. "Quand le PS n'a pas affiné son projet politique, même s'il a un bon candidat, cela explose dans la campagne électorale". » Parfaitement ! Par contre, le projet politique doit être global et porter sur le renoncement aux orientations politiques pseudo-libérales prônées par Nicolas Sarkozy au profit d’une meilleure justice sociale donc fiscale.

Tiens ! Le débat sur les retraites a masqué la préparation du budget 2011 par le gouvernement et deux informations fortes à propos des niches fiscales et du bouclier du même métal :
  1. les incitations fiscales seront maintenues pour les investissements dans les PME,
  2. les exonérations pour les « investissements verts » seront diminuées.

Traduction en clair : la première mesure favorisera ceux qui sont capables de montages financiers complexes alors que la deuxième lèsera les gens qui travaillent notamment les patrons, artisans qui fabriquent des fenêtres à double vitrage, qui installent des velux ou des panneaux solaires, des ouvriers qui remplacent des chaudières, …

Sans parler des aspects liés à l’environnement et des braves gens qui se saignent pour entretenir leurs bicoques.

Alors même si l’antisarkozysme n’est pas un programme mais il faut continuer à dénoncer l’enfumage qu’a représenté la campagne 2007, le bouclier fiscal, le travailler plus pour gagner plus.

La réforme des retraites est l’occasion de démontrer que le « travailler deux ans de plus » rentre dans cette stratégie d’enfumage au nom du pragmatisme (ben ouais, c’est le patron qui gagne de l’argent avec notre travail, c’est la base de l’économie, même).

Et rappeler la « collusion » entre l’UMP et les « riches » dans ce contexte n’est pas inutile. La position d’Eric Woerth, le pauvre, devrait en faire une cible privilégiée pour l’opposition.

Et c’est ainsi que le PS pourra ensuite présenter un vrai projet de société qui ne sera pas qu’un catalogue de rustines qui lui permettrait de tenir, si par hasard il est élu, avant une débandade en 2017.

Enfin, je crois... Surtout avec les trois millions de manifestants d'hier (selon ma concierge) qui attendent avec impatience le retour de l'opposition.

21 juin 2010

Du mal à suivre

J’ai l’impression que l’actualité de ce lundi est composée uniquement du bazar de l’équipe de France. Pourtant, comme le rappelle Julien Dray dans le JDD, il y a plus important ! Ca n’est qu’un match de foot.

La dernière information tombée concerne Anelka. Il est arrivé à Londres. Je m’en fous.

C’est incroyable le nombre de dépêches et de billets de blogs que j’ai pu lire ce matin, sans compter les propos des collègues. Il y a des dizaines de versions. Tiens ! Julien Dray dénonce le matraquage du métissage de l’équipe issue de 1998. Trublyonne aussi !

Un de mes collègues, ce matin, m’a longuement expliqué que tout ça était organisé par « les médias » qui voulaient que Escalettes démissionne et soit remplacé par un pantin, la présence des anciens de 1998 dans tous les médias en serait la preuve, Laurent Blanc, futur entraineur, aura les mains libres et pourra filer des informations à ses anciens coéquipiers.

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à suivre.

11 mai 2010

Prendre le temps

Ce matin, j’étais dans le métro occupé à lire cet article du Monde. Je vais vous le résumer mais que ça ne vous empêche pas de le lire. « La première chose qui frappe l'observateur, c'est la formidable accélération du temps médiatique. Les nouvelles du jour se succèdent et effacent plus vite encore celles de la veille. » Globalement, on reçoit l’information rapidement, presque sous forme de flux, comme dans twitter. Une information chasse l’autre. Marseille est champion de France puis l’Europe trouve 750 milliards à injecter dans les tuyaux. Ce soir Raymond Domenech annonce la liste des 23 élus et l’actualité en une est l’euphorie des bourses hier.

Le phénomène est renforcé par la communication de Nicolas Sarkozy et son omniprésidence. Tout va plus vite.

J’étais donc penché sur mon iPhone à lire Le Monde quand je remarque, à côté de moi, une splendide jeune fille. Une petite vingtaine d’années, les cheveux réunies en une petite queue de cheval étaient blond et tendaient au roux. Ses joues rappelaient la douceur de l’abricot et la trique me pendait au nez. D’ailleurs, je vais arrêter immédiatement la description : des lecteurs me lisent au bureau où une érection serait mal venue. En outre, elle était trop proche de moi pour que je puisse observer toutes les parties de son corps. Aussi bien, elle avait des fesses d’une largeur telle que je n’aurais pas eu assez d’essence pour en faire le tour. Je me sens poète, moi, ce matin.

Elle était visiblement étudiante et révisait son cours, pris à l’encre bleue sur une feuille A4. Le titre était inscrit en vert : « L’UE, une puissance économique en cours de construction ».

Ca m’a laissé rêveur : je lisais un article expliquant que tout va plus vite et des étudiants apprennent que tout va lentement, l’Euro est là depuis 8 ans, l’UE se construit progressivement et nous, on apprend, dans la presse, que des réunions de crise se succèdent en haut lieu pour trouver de l’oseille pour sortir de l’impasse.

Bien sur que ce prof d’économie à raison. On est là, nous autres blogueurs observateurs de la vie politique ou simple piliers de comptoir, à se dire que la seule solution est la sortie de la Grèce de la zone Euro, une dévaluation massive ou la cessation de l’Euro. Sauf qu’on ne peut pas prévoir l’avenir. Dans un an, l’actualité d’aujourd’hui aura été oubliée. L’Europe aura explosé ou se sera renforcé et on continuera à débiter des âneries sur l’actualité du moment.

Le député socialiste Julien Dray estime que « le problème pour la gauche est de sortir du rythme sarkozien [...] Il continue comme président ce qu'il avait parfaitement réussi quand il était ministre de l'Intérieur : bouger tout le temps, ne jamais rendre de comptes, ouvrir chantier sur chantier pour épuiser l'adversaire. Ce qui compte pour lui, c'est l'apparence d'action et l'effet qu'elle suscite sur l'opinion. Avant de passer à autre chose ».

Arg ! C’était il y a tout juste un an, dans les journaux du 11 mai 2009. Qui se souvient de l'actualité du 11 mai 2009 ?

30 avril 2010

Un peu d'Humanité pour la Grèce

Julien Dray nous donne son point de vue (que je partage globalement, notamment la conclusion) sur la situation en Grèce.

Il nous informe par ailleurs d’une pétition de l’Humanité : « Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc. Signez notre pétition en ligne.

La Banque centrale européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.

Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples. »

Ca va peut être clore une discussion… Merci Rimbus.

Je vous laisse, j’ai une pétition à signer.

26 mars 2010

Conseil Régional IDF : le délégué au Grand Paris au prochain Kremlin des Blogs

Sans trop de surprise, Jean-Paul Huchon est élu Président de la Région Ile-de-France. Deux autres nominations sont, pour moi, très sympathiques !

« Le dossier le plus exposé, celui de délégué au Grand Paris, a été confié à un élu MRC, Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre. Il devra reprendre le bras de fer face au secrétaire d'Etat à la région capitale, Christian Blanc. »

Voilà qui donnera du cachet au prochain Kremlin-des-Blogs puisque Jean-Luc Laurent m’a confirmé sa présence parmi nous le 8 avril au soir !

« Julien Dray […] s'occupera de la culture et des nouvelles technologies. »

Ce poste est très bien trouvé ! Julien Dray est déjà devenu deux fois à La Comète ce qui prouve qu’elle est un haut lieu de la culture (notamment de la vigne, du houblon et de l’orge).

En outre, je l’ai pris plusieurs fois en photo avec mon iPhone, il tient un blog et a souvent rencontré les blogueurs (trois fois pour ce qui me concerne) ! Ca en fait un spécialiste des nouvelles techno. Ben quoi ? J’ai bien un blog geek, moi !

Mes félicitations sincères à Jean-Luc et à Julien, ainsi qu’à tous les autres…

« Europe Ecologie arrive en force dans le nouvel exécutif régional en Ile-de-France. » « Jean-Vincent Placé, numéro deux et "stratège" politique des Verts, sera chargé des transports. » « Emmanuelle Cosse, obtient quant à elle le logement » « L'environnement est confié à […] Hélène Gassin, tandis que l'aménagement du territoire va à Alain Almedro, […]. Enfin, Laure Lechatellier obtient le développement social, santé et handicap. »

« Le PS s'est gardé sept vice-présidences. Marie-Pierre de la Gontrie, porte-parole de la campagne de Jean-Paul Huchon, obtient les finances, Jean-Paul Planchou, ancien président du groupe PS à l'assemblée régionales, sera en charge du développement économique. » « Abdelhak Kachouri sera en charge de la politique de la ville, de la citoyenneté et de la sécurité, Isabelle Thys Saint-Jean, de l'enseignement supérieur et de la recherche, et Michèle Sabban continuera à s'occuper de l'administration générale. »

On se revoit en 2014… et à la Comète le 8 avril !