En salle

09 février 2011

Cécile Duflot ne veut pas de désistement automatique, moi si !

Je suis tagué par Melclalex à propos de la déclaration de Cécile Duflot : «L'objectif n'est pas de faire élire le plus de socialistes pour prendre des départements. Mais de faire élire le plus d'écologistes. Il n'y aura donc pas de désistement automatique en faveur du PS. Les socialistes ont du mal à s'y habituer, mais c'est comme ça !»

La position de Cécile Duflot risque de faire perdre quelques cantons à la gauche et donc quelques départements.

J’espère que tout repose sur le « automatique » et que la position de chacun sera étudiée au cas par cas.

J’aurais préféré que la position soit inverse : « Il y aura un désistement automatique sauf d’éventuelles exceptions. » L’art de jouer sur les mots ?

Pas nécessairement dans le sens où je comprends très bien que dans un canton comme le mien (non renouvelable, cette fois), on puisse avoir quelques difficultés (le candidat communiste serait soutenu par le PS et le MRC – très fort chez nous – et le candidat des verts partirait tout seul, contre toute la gauche).

Le sujet est néanmoins important et rejoint la « problématique du vote utile », sujet primordial dans mes blogs puisque je reçois plein de commentaires de la gauche de la gauche qui m’expliquent que c’est une vaste connerie et qu’ils ne se laisseront pas piéger.

A mon avis, ils sont à côté de la plaque, d’ailleurs. On ne demande pas à des militants de ne pas voter pour leur candidat, on demande juste aux « électeurs lambda » de se demander s’ils ne feraient pas une connerie en ne votant pas pour le parti majoritaire. En d’autres termes, je ne vais pas demander à mes copains du Front de Gauche de voter pour DSK, je demande à mes copains de bistro, le vieux Joël et Tonnégrande, tentés par Méluche, de réfléchir aux impacts de leur vote dans une perspective de ne pas reproduire 2002… Donc, je continuerai à défendre le vote utile mais je ne m’adresse pas aux militants, juste aux électeurs. Les militants du Front de Gauche (par exemple) sont libres de s’adresser à leurs électeurs potentiels, tentés par le vote utile.

On ne fait pas de la politique pour satisfaire des positions intellectuelles des militants mais pour gagner des élections.

Néanmoins, le « vote utile » est une problématique de premier tour alors que le « désistement » en est une de deuxième. Le candidat de gauche en tête au premier tour « doit » être le seul candidat de gauche au deuxième tour.

La présidentielle de la cinquième république a un dicton : « Au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine. »

Pour les cantonales, c’est pareil. Les partis de gauche doivent se mettre en ordre de bataille pour éliminer les candidats de droite au second tour pour avoir une chance que la majorité départementale soit à gauche, même si ce n’est pas la gauche qu’on voudrait…

Et je dis ça en habitant un des départements qui risque d’être le dernier géré par les communistes après les prochaines élections…

Même si je n’ai pas l’occasion de voter, je suis ainsi avec tous les candidats communistes sortants.

Et je continue à être persuadé que le mode de scrutin pour une partie des élections n'est pas le bon...

Twitter et la politique

Le sujet du jour dans le quotidien gratuit Métro est la politique et Twitter. Les optimistes journalistes ont l’air de penser que les 2 millions de comptes Twitter, en France, feront l’élection présidentielle. Ca me fait penser aux blogs qui devaient faire l’élection en 2007.

Je ne voudrais pas casser Twitter ; j’aime bien ce truc, il me permet de franches parties de rigolade et d’avoir les informations importantes avant les autres.

Tiens ! C’est avec ce machin que j’ai appris l’affaire des vacances de la famille Fillon en Egypte mais je dois reconnaître que ça me fait une belle jambe de le savoir avant les autres. Le seul intérêt est que je peux donner des nouvelles fraiches de la politique à mes potes de comptoir, vers 19h30 tous les soirs. Cela dit, le vieux Joël et Tonnégrande sont d’irrémédiables gauchistes : je peux toujours leur annoncer oralement les informations que j’ai avant les autres, cela ne va pas faire bouger leurs choix électoraux. Ca nous permet juste quelques parties de rigolades pour nous moquer des personnalités épinglées.

Nous n’avions d’ailleurs aucun avis sur « l’affaire Fillon » sauf qu’ils ont complètement raté la communication. Ils auraient du « avouer » leurs vacances au moment de l’affaire « #MAM » pour éviter de se prendre une nouvelle baffe dans la gueule et déguiser ces vacances en voyage officiel plus facilement.

On dirait des débutants.

Du coup, je suppose que ces vacances feront la une de la presse aujourd’hui, que les journalistes ne sauront pas quoi dire donc seront bêtement factuels. Je vais leur donner une piste : ils n’ont qu’à dire que ce monsieur payé environ 20 000 euros par mois avec nos impôts pourrait éviter ce genre d’escapade, surtout avec sa famille. Je rejoints donc Martine Aubry « On voit jour après jour combien le gouvernement a perdu le sens de l'esprit public. »

Je crois qu’il faut le marteler auprès du public, rappeler aux citoyens combien le gouvernement est loin de nos préoccupations. Alors que pour les vacances de Noël, j’étais préoccupé par le fait de pouvoir rentrer chez ma mère (avec toute la neige qu’on a eue) pour le réveillon, notre Premier Ministre s’offre (ou se fait offrir…) des vacances en Egypte.

Par contre, je ne vois pas en quoi voir l’information fourmiller dans Twitter changera quoi que ce soit à la donne. Twitter ne fournit pas l’information, il permet juste de la faire circuler plus rapidement, voire de mettre en une certains faits qui auraient pu passer à la trappe. J’imagine d’ailleurs qu’une partie des « journalistes » passe leurs journées à regarder les twits passer. Ils feraient mieux d’enquêter sur le terrain. Heureusement qu’on a encore les gugusses du Canard Enchaîné pour bosser !

Métro parlait de deux millions de twittos. J’ai un doute mais absolument pas les moyens de vérifier. Toujours est-il qu’il faudrait étudier la sociologie des twittos et surtout ne pas oublier qu’il y a environ 42 millions d’électeurs qui n’ont pas de compte Twitter. Ca me rappelle un récent billet que j’ai fait dans mon annexe pour expliquer que 99,9946% des électeurs ne lisaient pas le présent blog.

Twitter a un gros avantage pour les gourmands d’information. Il permet, par exemple, à des gens comme Dadavidov, Melclalex, Ménilmuche ou Poireau de me signaler des dépêches d’information sur lesquelles ils sont tombés, par hasard ou pas, dans des domaines qui m’intéressent, y compris pour alimenter mon blog bistro, pas uniquement mes blogs politiques. Sans eux, je n’aurais pas eu l’information.

Mais, à part la possibilité de me permettre de faire des billets de blogs, quel est l’intérêt de ses informations ? Le fait de ne pas être courant aurait-il changé quelque chose pour moi ? Non. Rien.

Aussi, je crois que Twitter a un intérêt individuel mais ne sert à rien collectivement.

Il sera peut-être utile, à des personnalités comme Arnaud Montebourg (cité par Métro) en lui permettant de dialoguer avec les twittos de son « courant ».

Par ailleurs, il faudrait rappeler aux journalistes enquêtant sous Twitter que seul quelques Twittos ont une vague influence. Je vais illustrer ce billet par une copie d’un machin que j’utilise par fois, bit.ly, qui me permet de savoir combien de gens cliquent sur les liens que je propose. Je vous propose de l’observer. Le truc le plus cliqué (20 fois) est un lien que je mettais vers le blog d’un copain qui a cherche un coup de main pour son blog Wordpress. Rien à voir avec politique. Cette copie d’écran ne permet pas de faire des statistiques fiables, mais, a priori, chaque lien que je poste apporte en moyenne 10 visites aux sites concernés alors que j’ai 1900 followers (d’ailleurs, il faudrait vous bouger un peu pour que j’arrive à 2000). En fait, j’ai constaté que j’avais beaucoup plus de visites avec les liens vers mes propres blogs ce qui laisserait à penser que les gens sont abonnés à mon compte Twitter pour être informés des conneries que je sors dans mon blog, pas pour tout le reste…

Mais je suppose que les journalistes ne connaissent pas Twitter, comme ils ne connaissaient pas les blogs en 2006. Ils n’ont pas les moyens de se renseigner, à part auprès de quelques communicants qui gagnent de l’argent en disant que Twitter est influent.

Twitter fait peut-être le buzz, mais le buzz ne sert à rien, par rapport à un 20 heures de TF1 ou une une du Parisien.

08 février 2011

Vers 100% d'énergies renouvelables en 2050, c'est possible !

C'est mon homonyme qui relaie une intéressante étude du WWF : l'objectif d'atteindre presque 100% d'énergies renouvelables en 2050 est à portée de main.

C'est juste une question de volonté politique.

N.B. : A propos d'environnement, Eric a mis les mains dans le cambouis de son blog "environnement". Qu'il a migré chez Wordpress. N'hésitez pas lui donner quelques conseils.

Vive les curators !

Hier soir, il y avait une conférence sur les « curators » mais je n’ai pas pu y assister, c’était à 16h30. C’est un sujet qui m’intéresse, voire qui me fascine tant je suis à la recherche de moyens pour que le contenu des blogs (et pas seulement des miens) soit plus mis en avant par rapport à une actualité triée par des professionnels désirant accroître l’audience de leurs sites. Je ne leur jette pas la pierre puisque je cherche à faire pareil.

Les curators représentent une nouvelle fonction dans Internet et j’en parle souvent dans mon blog geek. Je vais résumer ici rapidement : il s’agit de personnes qui repèrent du bon contenu et les mettent en avant, soit par un simple message dans Twitter, soit en utilisant un outil dédié, soit, comme moi, en font un petit billet.

On parle beaucoup de Twitter, mais les gens ne savent pas ce que c’est. Mes collègues de boulot savent que je suis un utilisateur assidu et me posent un tas de question. Je ne peux pas leur dire d’ouvrir un compte et de suivre le mien, je ne tiens pas qu’il sache que je passe mes pauses non pas à utiliser Twitter mais à rédiger des billets de blogs.

Hier, nous faisions la queue à la cantine et je jouais avec l’iPhone, j’ai vu dans Twitter que Andrée Chédid était morte. Je ne sais pas pourquoi, cette information m’a fait réagir, peut-être des souvenirs qui me sont revenus. Je l’ai dit aux collègues qui étaient surpris (la plupart des gens consultent rapidement les sites d’information avant d’aller bouffer) et ils ont voulu vérifier et ont pris leur application préférée de leurs iPhone respectifs (je les ai tous contaminé) mais ils n’ont pas pu avoir confirmation.

Moi, j’avais une dépêche, sur mon iPhone, trouvée dans Twitter (sur un site belge, je crois).

Elle faisait encore la une de mon site d’information préférée, ce matin (mais plus maintenant), comme d’autres dépêche, à l’heure où je vous parle : un débat à l’Assemblée sur la bioéthique et la naissance du premier bébé médicament (je ne sais pas si quelqu’un a fait le rapprochement entre les deux…), les faux pères de Zora (je ne sais pas de quoi il s’agit, je m’en fous), François Fillon qui avive la colère des magistrats, un braquage d’un casino, les jumelles disparues, le PACS qui franchit la barre (d’un million), l’augmentation des fonctionnaires en Egypte, Demorand qui prend la tête de Libé, l’extradition de Julien Assange, une promesse de MAM, Internet pour 7000 euros par mois au Turkménistan, Annecy pas assez vert pour les JO.

Tiens ! Demorand à Libé. Je dois avouer que n’étant pas lecteur de Libé, je me fous totalement de son patron. Pourtant les Twittos étaient en émoi, hier, comme à chaque fois qu’une telle information arrive. Moi, j’ai juste découvert qu’on pouvait faire un tas de jeux de mots idiots avec son nom. Voire son prénom puisque j’ai osé, hier « Son prénom c’est Johnny, à Démorand. Ben quoi ? Johnny à Libé » et « moi ce n’est pas Nicolas Demorand mais Nicolas Rend demis quand il est saoul ». La bonne humeur régnait. Je n’ai perdu qu’un seul follower. Quand un twittos a dit que les électeurs, à Libé, ont voté pour qui « on » voulait qu’ils votent. J’ai alors osé « Les électeurs, à libé, en Demorand d’oignon ». Enfin, j’ai également osé « A Europe 1, ils ont Demorand, à Libé, Demorandini ». C’est amusant comment les gens imaginent un second degré, derrière ça, alors qu’il n’y a qu’un jeu de mot de circonstance. Certes, affligeant.

Toujours est-il que parmi toutes les informations en une, il y avait celle là, qui a passionné les twittos, hier soir, mais il en manquait une, que j’ai entendue à la radio, dans une chronique économique. J’en ai immédiatement fait un billet, tenant à ce que mes lecteurs ne passent pas à côté mais sans livrer la moindre analyse : le déficit de la balance commerciale atteint des sommets, à 51 milliards alors qu’elle était excédentaire quand la droite a repris le pouvoir, en 2002.

Pourtant cette annonce me parait très importante, par delà le fait qu’on peut l’utiliser pour taper sur la droite, il y a un vrai problème d’industrialisation en France et c’est sur ça que les politiques doivent agir, par une réforme fiscale, une aide au PME, … Je ne sais pas quoi… Mais bref…

Cette information, qui n’a rien de nouvelle, d’ailleurs, le déficit se creuse inexorablement depuis une dizaine d’années, devrait faire la une de la presse. Je sens Didier Goux gloser sur « les vrais problèmes » mais il a tort : le billet porte sur les curators. Avec FalconHill, on a d’ailleurs eu un débat, hier, à propos de l’objectivité du commentateur politique quite à un de mes billets, sur un autre blog.

Si je dis : l’information sur la balance commerciale est importante, je ne suis pas spécialement objectif, si elle n’intéresse personne, après tout, hein… Si je dis : elle me parait importante, je suis objectif.

Dans son billet de ce matin, en forme de farce, Yann présente les dix sujets qu’il voudrait voir aborder par le Chef de l’Etat, à la télé, jeudi. La question n’est pas de savoir s’il est objectif ou non mais de voir qu’il aimerait que dix sujets soient traités en priorité.

Est-il un curator en présentant 10 sujets ? Suis-je un curator en mettant un lien sont billet et « ma balance commerciale », ce matin ?

Je crois que oui. Chacun est curator à sa façon mais je ne vais pas refaire la conférence d’hier, je n’y étais pas…

Toujours est-il que je crois beaucoup à l’intérêt des outils qui sont disponibles pour mettre de l’information en avant, pour présenter l’information à un groupe de personnes qui vous suit. J’utilise, pour ma part, un peu twitter et beaucoup mes quatre blogs. Oui ! Même dans le blog bistro, mes lecteurs sont informés de toute l’actualité concernant Zac Efron et Justin Bieber. Un billet tous les deux jours, je présente une partie. Ils s’en foutent totalement mais ça nous amuse. Toujours est-il que je suis abonné aux alertes Googles News pour Zac mais plus pour Justin : ces deux gugusses font vraiment beaucoup parler d’eux. Alors je suis une forme de curator. Mes lecteurs, intéressés par la politique et mes conneries de bistro, sont aussi informés de quelques news pipole.

Par delà ses considérations, ce qui m’intéresse, je le disais en introduction, ce sont les outils disponibles pour mettre « notre information ou analyse importante » en avant. Wikio, par exemple, y contribue (c’est plus un portail d’information qu’un classement auquel on la réduit parfois).

Si trois blogueurs et cinq twittos pensent que le déficit commercial est important, ils vont propulser « mon information importante » dans twitter et dans les blogs : elle va monter « en une de Wikio ». En l’occurrence, ll ne s’agit pas déterminer quel billet de blog mérite de faire la une. Pas le mien. Il fait trois lignes. C’est l’information qu’il contient qui me parait nécessiter un peu plus de considération puisqu’elle devrait dicter une grande partie de la politique économique, voire la réforme fiscale à venir.

C’est pourtant une évidence. On a vu hier (mon billet d’hier soir) que les entreprises du CAC 40 ont battu un record de cotation, hier (depuis  28 mois, je crois) et on voit ce matin que le tissus industriel de la France est en rade. Les conclusions sont assez facile à tirer.

Si ça pouvait faire la une des sites d’actualité…

Déficit commercial : 51 milliards en 2010

C'est une information que j'ai vaguement entendue à la radio, ce matin, j'ai utilisé Google News et la nouvelle est confirmée. Je suis confus, j'ai fait hier un billet avec les chiffres montrant les mauvais résultats du gouvernement, j'avais oublié celui-là.

En 2003, le solde était excédentaire.

07 février 2011

Enfin une bonne nouvelle

Ce n'est pas sans joie (si, en fait) qu'on a appris que le CAC 40 avait fini en hausse, atteignant son plus haut niveau en 28 mois.

Le chômage aussi d'ailleurs, de même que la dette, mais on en parlera un autre jour. Juré.

Quant à la cote de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, elle est au plus bas. Il n'y a plus de justice en ce bas monde : ils ont réussi à faire redémarrer l'enrichissement en bourse sur la spéculation.

Doit-il changer ou est-ce trop tard ?

Très intéressant billet de Gabale qui nous rappelle que la méthode de communication de Nicolas Sarkozy n’a pas changé. « Il s’agit de pointer du doigt n’importe quel problème – de préférence tout problème qui agite l’actualité du moment – et d’affirmer péremptoirement que celui-ci résulte d’un dysfonctionnement provoqué par des responsables à retrouver et à sanctionner. » 

On pensait qu’il allait changer pour se « représidentialiser » mais il n’a pas changé. « L’affaire Laetitia » nous l’a encore montré.

Rassurez-vous, moi non-plus (à part que je réponds de moins en moins aux commentaires). Je rebondis sur un billet de blog pour raconter une anecdote de bistro.

C’était samedi midi, à l’Aéro, encore. Je prenais l’apéro avec Corinne et sa mère quand deux « clients historiques » de la Comète se sont pointés. Ils étaient clients avant les changements de direction successifs, depuis trois ans. C’était une époque où, un petit groupe prenait le petit déjeuner ensemble, tous les matins, à côté de la caisse où officiait le patron. Je me joignais souvent à eux, s’il y avait de la place au comptoir mais ils étaient de droite et parlait souvent politique. A 7h30, ce n’était pas supportable, d’autant que je sortais souvent d’une ou deux heures de blogage.

Samedi, un flash d’information est passé, à la télé, évoquant la grève des magistrats.

Un des deux s’est emporté contre les grévistes. J’aurais pu prévoir immédiatement chacun des mots qu’il sortait et m’apprêtais à argumenter (pas pour le convaincre lui, c’était impossible, juste pour semer le doute dans le cerveau de nos comparses).

Je n’ai pas eu besoin, il a été immédiatement mouché par son pote que je connais bien, aussi, et qu’on ne pourrait pas qualifier de gauchiste, bien au contraire. Je me rappelle des engueulades mémorables à plein de sujets. Il fait partie de ces gens de droite que j'aime bien, comme mon Faucon, tiens ! Je pense - je suis sur, même - qu'ils se trompent, qu'une politique économique "de droite" ou "libérale" nous amène droit dans le mur, mais ils sont attachés à des valeurs. Le travail en est une à leurs yeux. Pas aux miens, mais ça inspire le respect. Phiphi, puisqu'on l'appelle comme ça, travaille. Il avait d'ailleurs passé son samedi matin à travailler, pour rattraper le retard, chez des clients. Parce que seul son travail permet de le faire. Seul le travail génère des revenus. Etc, ... Je ne vais pas vous faire l'argumentaire de la droite, non plus...

Phiphi est à droite. L'électeur typiquement convaincu par Nicolas Sarkozy et ses slogans de type "Travailler plus pour gagner plus".

Je n’ai pas enregistré ses propos, plutôt soucieux de remettre la discussion dans le droit chemin des conneries à aborder pendant l’apéro mais dans les grandes lignes, ça donne « Il n’y a même pas 2% de récidivistes, ça fait presque dix ans qu’il prend toujours ce genre de cas pour tenir des discours mais pendant ce temps là, rien n’avance ».

L’UMP perdrait-elle ses bases ?

Et ça pourrait continuer…

Cinq ans voire plus

Pas de billet, ce matin, ou presque. Ce n’est pas que je me manque d’idée, contrairement à parfois, presque au contraire.

Je voulais revenir sur mon billet d’hier soir. C’était peut-être la première fois que je rédigeais un billet dans l’émotion. Du coup, j’ai raté mon billet. Vous allez me dire le contraire, je sais, mais je n’ai pas exprimé ce que je voulais exprimer, ou du moins ce que je me rappelle avoir voulu faire, hier. La manière avec laquelle Idir m’a annoncé la nouvelle. Le « Tu es au courant, Nicolas ? » Dans l’esprit du lecteur, c’est bien la deuxième partie de la phrase qui importe « j’ai perdu ma mère cette semaine. » Pourtant, le fait qu’il attende que je sois le dernier client, le fait qu’il me demande si je suis au courant, …

Ensuite, je voulais revenir sur ce billet de Florent. Il évoque la fiscalité et je crois qu’il se trompe beaucoup sur une partie.

Ne sachant pas comment choisir, j’ai commencé à lire les blogs. J’avais beaucoup de retard. Voir l’illustration. Je vais faire « marquer tous en lu ».

Je suis néanmoins tombé sur ce billet de Guy Birenbaum où, à l’occasion de ses cinq ans de blogage, il revient sur ses débuts.

Bon anniversaire !

N.B. : Je ne suis pas seulement en retard de lecture de blogs des copains mais également en retard de réponse aux commentaires, chez moi. Ca ne va pas s’arranger aujourd’hui. Rassurez-vous, je vous lis et j’apprécie !

06 février 2011

« T’es au courant, Nicolas ? j’ai perdu ma mère cette semaine. »

Il était un peu pochetronné, ce soir, le vieux Joël. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il faut dire que généralement, il ne sort que le soir et qu’aujourd’hui, il a débarqué à la Comète vers 14 heures. Je venais de passer à table (c’est une expression, j’ai mangé au comptoir). Patrice et le vieux Jacques ont mangé en salle.

Ce soir, j’ai répondu à son troisième appel, au vieux Joël vers 19h20. Il voulait encore boire un coup, à l’Aéro. Alors j’y suis allé, sortant de ma torpeur naturelle, une dimanche soir.

J’ai profité du trajet pour appeler ma mère. Au moins deux jours que je ne l’avais pas fait. Ce midi, j’étais à l’apéro avec Corinne et sa mère, dont je parle souvent dans mon blog bistro, voire ici. Ce midi, on parlait de choses et d’autres, avec Corinne et j’ai appris l’âge de sa mère. Elle marche péniblement, avec sa canne, buvant des Kir dans tous les bistros, en silence. Je l’aime bien. Je les aime bien. En fait, elle a le même âge que ma mère qui ne boit pas de Kir mais lit mon blog, je vais arrêter de raconter des conneries.

Alors je suis arrivé à l’Aéro. Le vieux Joël était un peu pompette. Il était 19h30. Un peu, pompette, il me faisait un peu chier. Sans plus. Le vieux Joël est un amour. Je vous conseille  d’avoir un vieux Joël dans vos bagages. Les autres clients étaient également saouls. Du coup, je suis allé boire un coup au PMU. Personne. Je suis revenu à l’Aéro. Le vieux Joël partait et les autres m’emmerdaient. Du coup, j’ai sorti l’iPhone et j’ai commencé à papoter avec Minijupe et Zette. C’est bien, l’iPhone, ça permet de jouer à l’autiste. Se faire oublier.

Vers 21h, j’ai levé la tête. J’étais le dernier. Le seul client. Je finis mon verre et je salue le patron. « Bois-en un dernier » qu’il me dit. Je dois reconnaître que ce genre de proposition ne me laisse pas indifférent,  d’autant que j’avais encore soif. El Camino, qui est au savoir vivre ce que la capote est à l’adultère, ne me démentira pas.

Il était 21h et le patron m’a servi une nouvelle bière.

« T’es au courant, Nicolas ? j’ai perdu ma mère cette semaine. »

Non, je n’étais pas au courant. Il m’a alors raconté. Ca fait moins d’une heure mais j’ai oublié. Il a foncé à l’aéroport pour assister à l’enterrement, a cherché un avion pour l’Algérie. N’a pas trouvé. Il a perdu sa nuit et a repris son service.

« T’es au courant, Nicolas ? j’ai perdu ma mère cette semaine. »

Non. Je ne suis pas au courant. Mes condoléances et tout ça. Je ne sais pas quoi dire.

« T’en rebois un autre ? » « heu le dernier alors, on est dimanche, j’ai école demain. »

Alors j’ai fini mon verre. Il m’en a servi un nouveau. Je l’ai bu. Je suis parti. Je suppose qu’il est rentré chez lui, tout seul, à l’appartement lié au bistro. Il ne verra sa femme et ses enfants que demain soir. Il a un bistro à ouvrir, à 5h30 demain.

Il n’a plus sa mère. Elle a été enterrée, sans lui, dans la semaine, en Kabylie.

« Bois-en un dernier »  qu'il m'avait dit. J'avais accepté. Évidemment. J'étais le seul avec qui il pouvait parler de sa mère.

Les affaires de la droite puent autrement plus que celles de la gauche.

Tiens ! Je déclencherais bien une blogowar avec FalconHill, moi ! Mais non. C’est un ami. Je vais juste lancer une chaîne de blogs, sans taguer personne, en taguant tout le monde. Lachez-vous sur vos claviers.

Dans un de mes derniers billets, je parlais des « affaires » qui touchent les partis politiques. FalconHill pense que celles de droite ne doivent pas étouffer celles de gauche. Je suis d’accord, les affaires sont lamentables. Mais il ne me parait pas possible que celles touchant l’UMP sont autrement plus graves que celles touchant la gauche.

Je pense qu’il faut le dire, c’est l’objet de la chaîne. Toi aussi crache ton venin.

Tiens ! Lyne Cohen Solal vient d’être condamnée, très très vaguement, presque à reculons, avec Pierre Mauroy, pour un vague abus de confiance, pas une prise illégale d’intérêt, pas pour emploi fictif, pas pour détournement de fonds. Elle aurait été trop aidée à avoir un emploi payé 1500 euros par mois, la belle affaire.

Quand Christine Boutin a quitté le gouvernement, l’Elysée, je crois, lui a confié une mission où elle était payée 9500 euros par mois. Je répète : 9500 euros par mois, au cas où mes sympathiques lecteurs lisent de travers. 9500 euros par mois.

Elle n’est pas inquiétée par la justice.

Lequel de ces deux faits provoque le sentiment de malaise, dans la population, ce petit truc qui fait que les Français se désintéressent de la politique, pensent « qu’ils » sont tous pareil, tous pourris, ne pensant qu’à leur gueule, … ?

Dans la semaine, nous avons eu l’affaire MAM, qui a pris un avion privé. Elle fait encore la une de la presse, aujourd’hui.

Tout l’été, nous avons eu l’affaire Woerth Bettencourt, montrant les connivence entre le pouvoir et les « riches », les magouilles officielles pour financer l’UMP, la campagne du Président. Depuis six mois, on nous parle de l’affaire Karachi, avec le soupçon qui pèse sur le Président de la République, la participation au financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur, en 95, débouchant sur la mort de 11 personnes.

Finalement, on se demande si elles n’arrangent pas l’UMP, ces affaires. Elles rejaillissent sur toutes la classe politique, les électeurs se détournent de la politique, ne vont pas aux urnes, ne lisent plus les projets, ne réfléchissent plus, ils ont trouvé la solution : ils n’y croient plus, ils ne votent plus.

Deux trois articles dans la presse, le « tous pourris » fait la une dans les cœurs ou les chœurs, la gauche en prend sa dose dans la tronche, les gens ne votent pas.

Alors s’il faut faire des billets pour montrer aux gens que les affaires sont sans commune mesure, faisons le ! Une élue Parisienne est condamnée parce qu’elle a eu un job à 1500 euros par piston, c’est lamentable. Mais c’est largement moins lamentable que cette ancienne ministre a qui on a créé un job à 9500 euros et qui n’est pas condamnée.

On aura beau jeu de se draper dans un voile moralisateur (ça veut dire quelque chose, ça ?) et de crier « tous pareils » de gueuler que les affaires sont aussi malsaines quand elles sont à gauche que quand elles sont à droite.

Ben non ! A droite, elles puent. Très fort. A gauche, elles sont anecdotiques. Elles puent d’autant plus, à droites, qu’elles émanent du Gouvernement, celui-là même qui remet en cause l’indépendance de la justice, celui-là même qui provoque actuellement une grève sans précédent des magistrats.

Alors crions-le, sans retenue, que les affaires de la droite puent beaucoup, infiniment, plus que les affaires de la gauche et que la seule solution qu’ont les Français pour que ça cesse est bien de porter la gauche au pouvoir pour qu’on entende plus jamais parler de cette collusion entre le pouvoir et « la finance », pour qu’on puisse rigoler, entre nous, de quelques ministres qui auront égaré par mégarde une cassette vidéo, parce que tout le monde s’en fout, d’une cassette vidéo. Pas des 11 morts des dommages collatéraux d’une campagne électorale de l’UMP.

Répète après mois, crie-le sur ton blog :

les affaires de la droite sont autrement plus graves que les affaires de la gauche.