26 septembre 2006

Georges Marchais

Né dans une famille catholique, Georges Marchais devient mécanicien ajusteur dans l’industrie aéronautique juste avant l'invasion allemande. Il part ensuite travailler en Allemagne dès 1940, avant même l'instauration du STO. Cet épisode de sa vie a fait l'objet de polémiques et d'une procédure judiciaire en 1979-1980.

Oui ! Je fais un billet sur Georges Marchais. Ca change. Mais ça ne fera pas progresser mon classement dans bonvote.com.

Cette introduction (que je pique sans vergogne à http://www.wikipedia.org/) nous montre déjà que Marchais était un grand Européen, puisque dès 1940, il est parti faire un stage en Allemagne.

Promis ! Cette plaisanterie de mauvais goût sera la dernière de ce billet.

Pourquoi faire un billet sur Georges Marchais ? Pourquoi pas ? Loïc en a bien fait un lui et est en train de lire le programme commun pour traiter le sujet dans son blog.

En 1946, il est secrétaire du syndicat des métaux d’Issy-les-Moulineaux. Secrétaire du centre intersyndical CGT dans la même commune en 1951, secrétaire de l'Union des syndicats de travailleurs de la métallurgie de la Seine de 1953 à 1956.

C’est très bien Issy-les-Moulineaux. J’y parfois pour le boulot. Je prends le bus 323 devant l’aéro.

Membre du Parti communiste français (PCF) depuis 1947. En 1956, il est membre suppléant du comité central du PCF et secrétaire de la Fédération de la Seine-Sud, puis en 1959 membre du * comité central et du bureau politique. À partir de 1961, il est secrétaire à l'organisation puis secrétaire général adjoint en 1970.

C’est très courageux d’être secrétaire. Maintenant, dans les bureaux, il n’y en a plus beaucoup. Il y a des assistantes. Par exemple, Marie-Georges Buffet est maintenant assistante générale du PCF.

Ca y est, j’ai cité un homme politique (un homme, c’est une façon de parler, mais la langue françaises a parfois certains travers), mon classement de politisation va recommencer à croître dans bonvote.

En 1968, il s'oppose à la grève étudiante et attaque Daniel Cohn-Bendit, qu’il qualifie d’ « anarchiste allemand ». Il garde le silence en public lors du Printemps de Prague et approuve en privé l'invasion de la Tchécoslovaquie par les blindés de l'armée soviétique.

Moi qui croyais que le Printemps était de Vivaldi ! Non, il est de Prague. Intéressante cette rubrique culturelle.

Cosignataire du Programme commun de gouvernement avec le PS et les Radicaux de gauche en juin 1972.

A l’époque, il n’y avait qu’une seule chaîne de télé, c’est pour ça qu’on parlait du programme commun.

Il y avait six émissions :
- L'amélioration des conditions de vie et de travail avec la semaine de 40 heures
- De lutter contre le chômage
- La nationalisation de secteurs clés de l'économie française
- Une politique de paix avec l'abandon de la force de frappe nucléaire, la réduction du service militaire à 6 mois, et la dissolution de l'Otan et du pacte de Varsovie sources de tensions internationales.
- Un remaniement de l'Education nationale...

On en fera un bilan plus tard.

En décembre 1972, il devient secrétaire général du PCF, succédant à Waldeck Rochet, qui démissionne pour raisons de santé. Il reste partisan d'une ligne dure de dictature du prolétariat et de liens étroits avec la direction du Parti Communiste d'Union Soviétique. Élu député de la Ire circonscription du Val-de-Marne (Arcueil-Cachan-Villejuif) en mars 1973, et régulièrement réélu à chaque scrutin jusqu'en 1997.

Au Kremlin-Bicêtre, on n’est pas passés loin ! Ca aurait été la gloire. Quand je pense que j’ai acheté mon appartement en 1994 et qu’à 300 mètres j’aurais eu Marchais comme député !

Tête de la liste du PCF aux élections européennes de 1979, il est élu député européen jusqu'en 1989. À cette époque, il soutient l'invasion soviétique de l'Afghanistan et affirme que les pays communistes ont « un bilan globalement positif ».

Il y en a bien maintenant qui soutiennent l’action des US en Irak.

Candidat communiste à l'élection présidentielle en 1981, il obtient 15,34% des voix. Ce résultat confirme le déclin de son parti au profit du Parti socialiste.

15,34 % ! On croit rêver. Pour les prochaines élections, tel que c’est parti, le type qui dépasse les 15%, il est sûr d’être au deuxième tour !

En 1994, à l'occasion du 28e congrès du PCF, il cède son siège de secrétaire général à Robert Hue mais reste membre titulaire du bureau politique (renommé bureau national). La même année, il devient président du comité du PCF pour la défense des libertés et droits de l'homme en France et dans le monde.

Ce n’est pas très gentil de la part de Robert Hue. Moi, dans le métro, je laisse mon siège aux personnes âgées. Et hop ! Voilà un deuxième nom d'homme politique contemporain cité dans le billet.

Georges Marchais meurt le 16 novembre 1997 à l’hôpital Lariboisière, à la suite d’un malaise cardiaque. Grand passionné de jazz, il est enterré au son de Bitches Brew de Miles Davis.

Le 16 novembre, il ne faut pas que j’oublie ça. C’est la fête de ma mère et l’anniversaire de ma belle sœur.

Heureusement qu’il n’est pas mort à l’hôpital Georges Pompidou, ça aurait fait tâche. Surtout que l’hôpital en question n’existait pas à l’époque. Pompidou, à l’époque ce n’était qu’un machin avec des tuyaux.

Par contre, il aurait pu mourir à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, ça aurait fait plus sérieux pour un communiste. Surtout que notre hôpital est tristement célèbre depuis le week-end dernier, vu que trois personnes y sont mortes de maladies neusocotruc.

Mais le sujet n’est pas là.

Contrairement à ce que dis la rumeur, Georges Marchais n’a jamais dit "taisez-vous Elkabbach". C’est Pierre Douglas, dans une excellente imitation, qui l’a fait.

Heureusement que wikipedia est là, pour faire cesser toutes les rumeurs sur les communistes.

Par exemple, les communistes ne mangent pas les enfants.

15 commentaires:

  1. Merci Nicolas de faire un papier sur Marchais et de faire remarquer que cela ne fait que 9 ans qu'il nous a quitté. En fait il ne me manque pas beaucoup, mais j'avais l'impression qu'il était décédé depuis beaucoup plus longtemps, tellement le monde a évolué depuis et tellement il semblait faire partie d'un autre monde (déjà!)

    L'anecdote que je retiens de Marchais, remonte à la rupture du programme commun dans les années 70, rupture en direct live notamment d'avec les Radicaux de gauche emmené par le paisible Robert Fabre, pharmacien de Villefranche de Rouergue. Ce dernier avait du s'imposer en direct pour expliquer les raisons de son retrait, Marchais voulait parler à sa place. Scène étonnante que l'on peut difficilement voir de nos jours, tellement tout est calculé médiatiquement parlant.
    Mais c'était aussi typique de Marchais, et de son sens de la démocratie.

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  2. J'ai affiché sur mon blog une photo de Georges Marchais il y a quelques temps:

    http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2006/08/29/vanite-d-auteur-et-web-2-0.html


    Qu'est-ce que j'ai voulu dire? Je n'en sais rien. J'ai voulu faire oeuvre de surréalisme...

    Marchais, Aragon, Duchamp... l'art... le communisme... et la barbarie.

    J'ai des souvenirs de Georges Marchais, quand j'étais enfant (j'avais 10 ans en 81). Il me faisais moins rire que Barre, le nounours, mais il ne me faisait pas peur.

    Aujourd'hui, j'avoue que Marchais je l'imagine toujours en compagnie de Ceauşescu...

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolae_Ceau%C5%9Fescu

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  3. Moi, en 81, j'avais 15 ans (on rentre dans les détails intimes !). Le bon age pour s'intéresser à la politique. On n'est pas encore électeur mais on comprend ce qu'il se passe.

    Stop ! Je ne suis pas un vieux con. Le gugusse né en 1980 et qui a eu 15 ans en 95 a pu avoir des sentimments analogues aux miens (et politiquement inversés). J'arrête donc tout sentimentalisme.

    Mais avoir 15 ans en 1981, c'était quelque chose. J'en reviens à Marchais (pourquoi ais-je diffusé un billet sur lui aujourd'hui alors que je voulais juste raconter mes bêtises habituelles ?).

    Marchais, pour moi, était à la fois un clown et quelqu'un qui représentait l'espérance d'un peuple... Comment expliquer ça ? Heu...

    En 2002, le 22 avril, lendemain du 21, donc, j'étais à Brest pour le boulot. Nuit à l'hotel, et déjeuner dans une brasserie en bas de la rue de la Siam. J'ai vu tous ces jeunes défilés contre JMLP. Ca m'a fait bien plaisir.

    Je suppose que JLS, tu dois avoir en gros mon age... Le seul qu'on puisse avoir pour respecter Marchais.

    J'espère que les gugusses qui ont défilé à Brest ce soir là s'en rappeleront toute leur vie.

    Je n'arrive pas à voir Marchais avec Nicolas machin. Joli prénom me disait Sarkozy.

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  4. Retour sur image...

    Pourquoi ai-je fait un article sur Georges Marchais ?

    Je l'ai dit dans le billet : j'ai pompé l'idée à Loïc. Il parlait de ce gars-là et du programme commun.

    Je me suis donc dis, je cite : "au fait, ça en est où le programme commun. Qu'est ce que ce truc est devenu ? Au fait (je me répète) c'était quoi ce truc ?"

    Je fonce sur Wikipedia, et me disant que c'était plus facile de trouver l'information en tapant "Georges Marchais" qu'en tapant "le programme commun".

    Je survole... Je tombe sur le truc sur Issy-les-Moulineaux. Et je pense immédiatement à l'attente du bus 323. Et me voila à relire le reste pour chercher une source de rigolade.

    Il faudrait faire, un jour, un billet sur la génèse des... billets.

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  5. Nicolas, pour répondre à ta question en 1981( on se repère comme on peux) j'avais 19 ans, je suis donc un peu plus âgé que toi. Le respect que j'ai ou avais de Marchais est somme toute assez relatif.
    En 1979, j'avais eu une discussion très animée avec mon beau frère de l'époque, communiste et fils de député communiste (membre de la direction du PCF) sur l'invasion soviétique en URSS. Lui qui était très actif dans des combats de défense des droits de l'homme, me justifiait l'injustifiable.
    Il représentait l'aveuglement typique de ces communistes pour qui l'URSS était un modèle de société. C'est pourquoi j'ai vis à vis des personnalités communistes de premier plan, beaucoup de réserves (doux euphémisme) maintenant je sais aussi faire la part des choses et reconnaitre leur action dans les quartiers populaires, action qui manque certainement dans nos cités actuelles.

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  6. JLS74,

    Merci d'avoir répondu à une question que je n'ai pas posé... Tu ne ferais pas un peu de politique.

    Ca me rappelle un truc que j'ai vu sur wiki hier dans la page de Georges Marchais. Un journaliste (M. Bach, je ne sais plus si c'est Jean Sébastien ou Elka), lui dit "Ce n’était pas ma question", Georges Marchais: "Oui mais c’est ma réponse !"

    Bref...

    Je bosse dans un patelin communiste de banlieue et je suis tout à fait d'accord avec ta conclusion.

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  7. "Marchais, pour moi, était à la fois un clown et quelqu'un qui représentait l'espérance d'un peuple... Comment expliquer ça ? Heu..."

    Non, pour moi, à l'époque, il ne représentait rien.
    Mitterrand, oui, mais pas Marchais.

    C'est sans doute dû à sa rhétorique. Je suis sensible à ça: quelqu'un qui crie m'intéresse moins...

    Mais je me suis senti proche du PC à l'époque Hue...
    Aujourd'hui, il ne reste plus rien (?) du PC et c'est bien dommage. Les cocos d'extrême gôche, postiers ou pas, qui les ont remplacé ne valent pas les militants PC qui se dévouaient pour une cause. La rhétorique, toujours: celle de Besancenot ou d'Arlette n'est pas à la hauteur. S'il n'y avait que ça...

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  8. C'est pour ça que j'aime bien la fête de l'huma. Voir des vrais militants dans cette ambiance particulière.

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  9. Excuse moi Nicolas, en lisant sur ton message "je suppose ...." que c'était une manière indirecte de me demander mon âge.
    Tu as remarqué que je ne t'ai pas répondu directement et que pour obtenir la réponse, il faut faire un effort intellectuel.

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  10. JLS, je plaisantais... C'était une manière d'introduire le truc sur Elkabach.

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  11. Le truc le plus bizarre sur Georges Marchais dans ton article Nicolas, c'est que c'est un mec qui avait un vrai métier ! Maintenant, ils sont juste "homme politique" et bientôt de père en fils (ou fille un jour, pourquoi pas !)…
    Quant aux communistes de l'époque (et tu le soulignes très bien), c'est facile maintenant de voir en quoi ils avaient tort !
    Aragon, à ce propos a écrit (dans "la nuit de Moscou" en 1956, je crois) :
    «Comme il est facile, après coup de conclure
    Contre la main brûlée en voyant sa brûlure»
    Bien dit, non ? :-)

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  12. je ne sais ni lire ni compter donc je n ai pas d'age mais affaires intimes :
    j'étais responsable d'un service municipal à falaise et à l'époque j'allais souvent à la hoguette gérer des endroits pour que la population falaisienne se retrouve, campe, méchouitissent,...
    et à la hoguette georges marchais avait une maison avec sa famille - j'avais du negocier avec les habitants quaisment en porte à porte pour les sensibiliser à un eventuel changement pendnat les vacances et week-ends et j'ai eu l'occasion de le rencontrer regulierement - il était pour "ca lui rappellait les premiers congés payés" - il était complétement sénile vers la fin de sa vie mais toujours vivace dans ses commentaires...

    bon son service militaire douteux!
    et contrairement à filaplomb : georges marchais une fois resposnable de secteur avait un emploi dans un syndicat ou un salaire du pcf il n'a fait que de la politique!!!!!!

    c'est bien ces rappels historiques

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  13. Olive,

    Vous n'êtes pas avare de commentaire. Merci pour votre visite systématique.

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  14. "normal accompagné avec du rien!" quand c'est bon je consomme!
    j'ai passé une bonne heure de rigolade!

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