29 décembre 2017

2017 : comment Hamon devint président de la République

"Madame, je peux aller faire pipi ?"
En ce début avril 2017, Marine Le Pen comprit, d’une part, que mon blog aurait 12 ans le 29 décembre et que j’allais probablement raconter des conneries et, d’autre part, qu’elle serait très certainement présente au second tour mais qu’elle n’avait aucune chance d’être élue et qu’elle n’arriverait jamais à monter plus. C’était la pire des configurations. Fillon pourrait être élu malgré toutes ses casseroles et celles du Front National lui empêcheraient de submerger. Macron élu, elle ne pourrait pas représenter l’opposition qui viendrait de Mélenchon. Ce dernier président, elle n’avait plus vocation à représenter le peuple.

C’était une catastrophe, presque incroyable, alors que le Front National était à peu près certain de faire le meilleur score de son histoire, que la droite républicaine et la gauche socialiste étaient aux fraises, faisant presque les pires scores de son histoire, si on omet 2002. Elle ne ferait donc que flirtait avec les scores de son père et ne pourrait jamais retrouver les moyens de rebondir, d’autant qu’elle était prise en étau entre Marion MLP et Florian Philippot. Il fallait trouver autre chose, éviter qu’un de ces scénarios convenus arrive, car ils étaient tellement convenus qu’elle n’aurait plus aucune prise sur la suite.

Il lui fallait donc éliminer François Fillon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Il lui fallait donc un nouvel adversaire, un qui avait une chance, un qui avait une formidable force politique derrière lui et c’était évidemment Benoît Hamon qui restait. Peu importait le scénario, il fallait griller les trois autres, Macron et Mélenchon en tant que personnes et Fillon en tant que représentant d’une droite rabougrie.

L’idéal aurait été évidemment qu’elle se retrouve face à Hamon au second tour. Vu qu’il ne faisait pas sérieux et représentait la gauche dont plus personne ne veut, elle pourrait même gagner mais s’il arrivait à rassembler et à l’emporter, tout pourrait se rétablir : jamais le FN n’a été aussi fort qu’avec la gauche socialiste au pouvoir. Si Hamon était opposé à un autre au second tour, elle pourrait facilement mobiliser ses électeurs pour faire, mine de rien, barrage à l’extrême gauche, au centre européiste ou à la droite qui a trahi la droite.

Il n’y avait que deux thèmes importants pour cette élection : les questions identitaires et celles liées à l’économique ou social. Le FN serait forcément opposé au PS sur les premières qui devaient donc être gardées pour le second tour, le FN barrant la droite classique au premier et les insoumis racontant n’importe quoi, prônant probablement la GPA racisée et inclusive. Macron ne dirait rien du genre : ces pauvres migrants ont le droit d’être protégés et en même temps ils ne peuvent pas trop nous casser les couilles.

Les experts du Front National épluchèrent le programme économique du candidat du Parti Socialiste. Il y avait deux thèmes importants. D’un côté, la taxe sur les robots qui ne revient en fait qu’à une TVA sociale, visant à taxer la valeur ajoutée hors charges salariales. D’autre côté, le revenu universel était un truc hyper libéral : on file du pognon à des pauvres en faisant cotiser les classes moyennes pour les faire dépenser de l’oseille qui irait dans la poche des actionnaires, masquant le tout sous une espèce de verni social.

Les cadres du FN, dans les deux semaines qui restaient ne parlèrent plus que de cela. Au prétexte de lutter contre, ils montraient à l’électorat que seul le programme d’Hamon était réellement dangereux mais en assurant ainsi la promotion auprès des forces de gauche et des libéraux. C’était une idée géniale.

Et ça a fonctionné. Les chiffres ont commencé à s’inverser. Les cinq premiers candidats sont arrivés dans un mouchoir de poche, avec entre 16 et 17% chacun, dans l’ordre : Hamon, Mélenchon, Le Pen, Fillon et Macron. Les deux derniers étaient ridiculisés. Hamon gagna le deuxième tour grâce à une espèce de Front Républicain, la droite ayant trop peur de se retrouver avec les communistes au pouvoir. De même, Marine Le Pen participa à ce Front Républicain ce qui fit devenir son parti un parti comme les autres. Grâce à cette manœuvre désespérée – elle-même ne savait pas trop où elle voulait en venir – elle se retrouvait dans la norme et aurait toute sa place dans les prochains scrutins.

C’est après que ça a mal tourné. Benoît Hamon ne comprenait rien à ce qu’il lui était arrivé. Il avait tout fait pour torpiller sa candidature dans l’espoir de… ah oui, de quoi, au fait ? Il décida donc de nommer quelqu’un d’expérimenté à Matignon. Il fallait une femme.


Il choisit Ségolène Royal.

20 commentaires:

  1. Je n'ai rien compris mais je retiens l'essentiel Ségolène Royal.😂

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    1. Ça fait vraiment froid dans le dos, cette histoire de zombis. Vous devriez proposer vos services aux producteurs de Walking Dead.

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  2. Ségolène ? Vous voulez une révolution. Hamon et Royal, tandem fou furieux. Je me demande quel serait l'état de la France aujourd'hui.
    Tiens je vais raconter ma petite histoire aussi.

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  3. Bon anniversaire !!!
    Mais ton récit, ce n'était pas en 2017?
    Bon bout d'an.

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  4. Bon anniversaire de blog🎂. je me demande comment tu fais pour te rappeler tout ces noms de politiques disparus 😎

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  5. "Il choisit Ségolène Royal". Là c'est le coup de grâce..!

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  6. C’est qui qui postule pour le “verni social” ?

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  7. (voir au dessus)
    "D’autre côté, le revenu universel était un truc hyper libéral : on file du pognon à des pauvres en faisant cotiser les classes moyennes pour les faire dépenser de l’oseille qui irait dans la poche des actionnaires, masquant le tout sous une espèce de verni social.”

    Un rôle de composition peut-être ?

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    1. Hé ho ! Je ne suis pas obligé de lire tout ce que j'écris, non plus !

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  8. Il faudrait peut-être penser à freiner sur le rôti d'autruche. ;+)

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