18 janvier 2017

Abordons très sérieusement la relation au handicap

Mesdames, Messieurs, je vous préviens. Si vous connaissez un type comme moi qui est momentanément obligé de marcher avec des béquilles, arrêtez les conseils médicaux et les plaisanteries idiotes même si elles sont faites pour remonter le moral, même si le tout est fait avec gentillesse. Ne lui demandez pas ce qu'il a, comment il a fait,... s'il n'y a pas un minimum d'intimité entre vous. 

La raison est simple : ce sont trente ou cinquante personnes qui sortent les mêmes trucs chaque jour. Voire beaucoup plus si l'imbécile raconte ses déboires dans les réseaux sociaux. C'est usant. Réellement. 

En plus, les remarques sont généralement condescendantes, discriminatoires et inégalitaristes. Attention, hein ! Ce n'est pas chaque remarque individuellement. C'est le cumul qui lasse. Ou les circonstances. Tenez ! Je suis au comptoir, avec l'iPhone dans une main et le verre dans l'autre. Un copain entre et me demande : alors, ça va mieux ? Paf ! Il me rappelle que je suis handicapé. 

Il y a d'autres réflexes à avoir. Par exemple, ce midi, à la cantine, un collègue m'a pris mon plateau des mains pour que je ne galère pas à le porter. 

Pour les conseils médicaux, ne les donnez que si vous avez réellement une valeur ajoutée. J'ai eu 35753 conseils mais un seul judicieux, celui du chefs des agents de sécurité de la tour où je bosse. Je suppose qu'il a un minimum de formation. 

Pour les plaisanteries, c'est délicat. C'est un peu comme avec Twitter : la plupart des conneries que vous pourrez dire ont déjà été sorties. Même si c'est un très bon pote et que vous DEVEZ la faire. Ça lasse.

D'un autre côté, c'est formateur. Tenez ! J'ai deux copains en fauteuil roulant, Jacques et un client de la Comète. On plaisante de leurs handicaps. Du genre : alors, ça roule ? Au bout de trois jours, j'ai compris ce qu'ils peuvent parfois ressentir. Genre : bon ! Ça suffit. 

Cela n'empêche pas les marques de gentillesse et de compassion. Vous ne pouvez pas être indifférent. C'est difficile. Une des directrices de ma boite, alors que je sortais du hall d'entrée pour rejoindre mon bureau, m'a dit : "c'est dans ces cas-la qu'on remarque que le couloir est long." Très sympathique, discret,... 

Je ne peux pas vous donner de Conseil. Par exemple, dites : "j'espère que ça va mieux". Ne dites pas : "alors, ça va mieux ?"  

Mon dernier Conseil ne vaut pas pour toute discrimination. Ne dites JAMAIS à un noir ou un homosexuel : "j'espère que ça va mieux".

15 commentaires:

  1. Pour les lecteurs qui ne sont pas au courant (je raconte mes déboires dans Facebook pas dans mon blog politique et mon blog perso est à l'arrêt).

    Dimanche soir, j'ai glissé sur une plaque de verglas. Je suis tombé sur le genou en me tordant la cheville. Lundi matin, je ne pouvais plus marcher. J'ai réussi à sortir de chez moi et j'ai croisé la concierge. Elle m'a prêté une canne anglaise. J'ai pu aller doucement jusqu'à la Comète puis à prendre taxi pour aller au boulot (en montant dans le taxi, c'était plus avec l'idée d'aller à l'hôpital mais il y a un cabinet médical à côté du bureau). Depuis mon état s'améliore progressivement.

    Par exemple, ce matin, je n'ai pas eu besoin de la béquille jusqu'à la porte de l'ascenseur. Il était en panne. Il a fallu que je descende 7 étages à pied. Arrivé en bas, ma cheville était à nouveau niquée.

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    1. Tu aurais pu te mettre en arrêt de travail. Sinon je connais bien la béquille, je suis souvent dessus le matin au réveil.

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  2. J'espère que ça va mieux (que ce matin) Nicolas !

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  3. À mon avis, ce n'est que le premier pas vers l'amputation.

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    1. Comment pourrai-je faire un pas vers l'amputation alors que je ne peux pas marcher ?

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  4. BRAVOOOOO !!!!!
    Vive Armel le Cleac'h !!!!
    Vive les Bretons !!!!!!!
    Vive les voileux !!!!

    Nicolas, je ne sais pas où ce message serait mieux que chez toi🙂

    Pour le reste puisqu'il faut rien dire je dis rien 😉

    Hélène dici

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  5. heureusement que t'es pas gaucher.

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  6. Une nouvelle version de l'ïle au Trésor en vue ?

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  7. J'avais particulièrement souffert lors de mon entorse y a 7 ans (déjà !).

    Sinon je dis rien puisque faut rien dire (mais bon courage, et gaffe quand même)

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