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13 décembre 2013

Le coup de gueule de Jean-Marc Ayrault

Tweet de Matignon : « Monsieur Copé est un irresponsable et un menteur http://t.co/AoQRdSsLkn » ! Autant dire que c’est une belle soufflante que Jean-Marc Ayrault a balancé à Jean-François, à juste titre, à mon avis mais j’y reviendrais.

Je résume l’histoire au cas où certains n’auraient pas suivi l’actualité (cette engueulade fait la une des sites de presse : c’est l’information importante du jour… Voir mon dernier billet !). Un rapport a été remis au premier ministre au sujet de l’intégration et publié aujourd’hui. Il contient des trucs très bien et des âneries, d’après ce que je peux en juger. Je dis bien « ce que je peux en juger » : je suppose qu’un tas d’andouilles font des déclarations sans avoir lu ce rapport qui a été fait par des spécialistes et des gens qui ont longuement travaillé.

Parmi ces trucs bien, par exemple, il y a le fait de faciliter la régularisation des sans-papier qui ne sont pas expulsables. Ca me parait la moindre des choses que de leur donner une existence légale. Parmi les trucs que j’aime moins, il y a par exemple la préconisation d’arrêter d’interdire le voile dans les écoles et des trucs comme ça. Ce n’est pas l’objet du billet et je n’ai pas envie de recommencer un débat.

Toujours est-il que la droite s’est dépêchée de communiquer sur le fait que ces préconisations étaient en fait l’avais du gouvernement. D’où les propos de Jean-Marc Ayrault : « Ce n’est pas parce que je reçois des rapports que c’est forcément la position du gouvernement. » Il a raison de le rappeler. « Jean-François Copé est un irresponsable et un menteur parce que faire le procès au gouvernement de la République que je dirige que nous voudrions abandonner le modèle républicain d'intégration, celui des droits et des devoirs, celui de la République démocratique laïque et sociale, c'est une injure. Je le prends comme tel et je ne laisserai pas passer ce qui est en train de se faire", a déclaré Jean-Marc Ayrault devant la presse à l'Hôtel Matignon. » « Il va jusqu'à dire que nous voudrions réintroduire les signes religieux à l'école, le voile à l'école. Mais de quoi parle-t-il ? Est-ce qu'on a dit ça une fois ? A-t-on cette intention ? Evidemment pas. Moi-même, j'ai voté pour la loi interdisant les signes religieux à l'école", a ajouté celui qui fut député et chef de file du groupe PS à l'Assemblée en 2004, au moment du vote de cette loi. » « Copé a un problème, l'UMP a un problème. C'est son électorat qui file de plus en plus vers l'extrême droite et le FN. Il ne sait pas le retenir, au point de mentir »

Parmi les assaillants de droite qui balancent des conneries dans les médias, il y a le président de l’UMP, Jean-François Copé, qui a dit, par exemple « Notre République serait en danger si vous cédiez à cette tentation en mettant en œuvre, ne serait-ce qu'à minima, un rapport dont l'intention est de déconstruire (...) cette République. »

Notons que la suite est amusante puisqu’en réaction aux propos de Jean-Marc Ayrault, Jean-François Copé a déclaré : « Le premier ministre avait le choix entre rassurer ou assumer, il a préféré l'insulte, a déclaré le président de l'UMP au Figaro. Ce choix en dit long sur l'état de panique à bord qui règne dans l'exécutif. Jean-Marc Ayrault a oublié qu'en m'injuriant, il injurie les millions de Français scandalisés et indignés par le fait que le gouvernement ait pu commander et cautionner un rapport qui propose un plan complet de démantèlement de l'identité française. » Nous voila bien avec la droite française d’aujourd’hui : ils commandent des rapports dont ils connaissent déjà les conclusions.

C’est bien cette droite qui est totalement incompétente. Un décideur ne peut que demander des rapports et les étudier ensuite. Mais le décideur a d’autres critères pour choisir, outre le fait qu’il peut ne pas être d’accord avec les conclusions... Par exemple, Jean-Marc Ayrault a des considérations politiciennes : le cœur de son électorat, par exemple, est profondément laïque et favorable à l’interdiction des signes religieux à l’école. Il a aussi un certain bon sens… Il me parait évident que revenir sur cette loi, par exemple, serait une catastrophe en termes d’intégration. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête des auteurs du rapport. Et Jean-Marc Ayrault a des considérations électorales.

La presse est nulle.

C’était le thème de mon billet de ce midi. C’est pourtant bien elle qui a ressorti ce rapport aujourd’hui alors que les conclusions datent de plus d’un mois en en faisant le sujet du jour, sur un mode époustouflant !

Jean-François Copé est en période électorale.

 Il y a des élections dans trois mois. Il a remis le thème de l’immigration au cœur des propos de l’UMP au cours de la semaine (voir par exemple cet article du Parisien d’avant-hier). Comme le tweete, l’excellent @HumourDeDroite : « L’UMP a mis un mois pour découvrir un rapport public. Bientôt faudra leur annoncer que Mandela est mort ». L’UMP connaissait très bien ce rapport et tout cela est orchestré !

C’est le Figaro qui a ressorti ce rapport, pour vous dire !

L’UMP n’a aucune idée, aucun projet : tout ce qu’ils savent faire est parler d’immigration en accusant la gauche. L’élection est pourtant locale, le thème de l’immigration n’a rien à faire dans cette campagne sauf sur des problématiques spécifiques, comme l’hébergement des Roms,…

Les électeurs vont finir par s’en apercevoir que l’UMP ne fait que courir après le Front National, ce qui, à mon avis, est une prodigieuse erreur : elle n’avait que ça en 2012 et elle a perdu l’élection.

Le deuxième communiqué de Jean-François Copé, là où il parle de panique, est une erreur magistrale qui souligne son incompétence. La panique est au cœur de l’UMP qui avait un boulevard pour ces élections et qui se trouve dans une merde notoire en risquant de perdre Marseille et quelques autres villes à cause du Front National.

La presse est nulle.

C’était le thème de mon billet de ce midi. Je me répète. Quand se décidera-t-elle à diffuser cette information en une des billets : le rapport a plus d’un mois ? La droite est en pleine campagne électorale.

Elle est nulle parce que les lecteurs auront l'information et vont se rendre compte de la partialité dans le traitement de l'information.

Jean-Marc Ayrault a parfaitement raison de pousser ce coup de gueule.

Depuis dix-huit mois, maintenant, la droite met en avant des thèmes en se basant sur le mensonge. C’est très bien pour exciter ses propres sympathisants. On l’a beaucoup vu dans les réseaux sociaux avec différentes histoires, de la catastrophe de Brétigny à la théorie du genre qui est probablement le plus emblématique.

La droite dénonce des intentions qu’aurait le gouvernement alors qu’il n’en a pas.

En poussant son coup de gueule, Jean-Marc Ayrault remet au centre du jeu l’incompétence de Jean-François Copé et de cette UMP qui a totalement perdu pied depuis le 6 mai 2007. Il montre qu’il a de la voix et, pour qu’il tienne ces propos, il faut que le sujet soit grave.

J'aimerais le voir plus souvent offensif comme ça (une fois tous les deux ou trois mois ferait du bien). Et le Parti Socialiste manque toujours autant de répondant, faute de personnalité charismatiques à sa tête qui pourrait intéresser les médias...

Et le rapport dans tout ça ?

Vous devriez le lire. Je n’ai lu qu’une petite partie. Il y a quatre ou cinq documents. Je cherchais la partie sur le voile. Le document correspondant fait 93 pages.

La partie sur la suppression d’interdisant les lois sur le voile n’y prend que quatre ou cinq lignes et est parfaitement argumentée parce que l’auteur explique les conséquences négatives de cette loi. Ca ne m’empêche pas d’y être totalement opposé. Il n’empêche que je connais un tas de gens très bien qui devraient être d’accord.

La droite et la presse sont dans un délire total. Une incompétence de plus en plus notoire.

Qu’elle trouve donc un projet…

17 octobre 2013

L'expulsé arrosé ?

Selon Le Figaro, un document interne de la police écrit avant tout ce bordel dit que « une enseignante accompagnant la sortie scolaire de la jeune Kosovare et un membre de RESF ont «sollicité une prise en charge discrète» de l'adolescente. » Les « fonctionnaires de la PAF du Doubs ont récupéré la jeune fille en accord avec l'enseignante encadrant la sortie scolaire du 9 octobre mais aussi en parfait accord avec le représentant du Réseau éducation sans frontières (RESF) présent sur place, en bas du car, devant le collège Lucie Aubrac de Doubs. »

J’ai l’impression que l’enquête demandée par le gouvernement pour savoir exactement ce qui s’est passé dans les services sera vite réglée (dans la mesure où il semble y avoir des écrits). Par contre, l’enquête au sein de RESF pourrait être plus longue (mais voir aussi mon précédent billet, il semble que la personne de RESF à l’origine de cela soit en désaccord avec l’organisation).

Ce billet est court (j'en ai un autre sur le feu à propos de Jean-François Copé), un tas d’informations circulent (le père qui battait ses enfants et n’a jamais fait le moindre effort pour chercher du travail et ce genre de trucs). Je vais néanmoins signaler une rumeur vue dans Twitter. Seul le père serait Kosovar. Les autres membres de la famille seraient Italiens. Les enfants mentiraient donc sur leur nationalité. Pour protéger le père ? Je n’en sais rien et je suppose qu’on n’est pas au bout des surprises (allant dans un sens ou dans un autre).

Mais je me demande si je vais avoir des excuses.

Ce qui ne rendra pas les expulsions d’enfants scolarisés excusables.

Expulsion (de Twitter ?)

C’est vraiment dommage que j’ai peu le temps de bloguer, cette semaine, tant on voit tout et n’importe quoi dans les réseaux sociaux à propos de cette expulsion lamentable et certains manquer de recul… Ne voilà-t-il pas que je suis accusé, maintenant, de prétendre qu’il s’agit d’un complot.

Ils sont rigolos ces outils modernes qui permettent de suivre les « retweets » de nos propres billets de blog.

J’ai dit, en commentaire, que la mère était au courant de l’expulsion et qu’elle avait envoyé sa fille dormir ailleurs puis l’avait laissé partir en voyage scolaire. Je n’ai pas fait un billet, j’ai dit ça en commentaire. C’est probablement très mal.

Vous avez vu cet article du Monde ? Il est en première page de Google News, pourtant. Mais c’est plus facile de chercher l’information dans Twitter auprès de gens qui pensent comme vous.

Deux ou trois extraits : « Louis Philippe, ancien maire de Levier, où est hébergée la famille, se propose de l'appeler sur son portable, avec l'approbation du responsable du Comité de soutien aux demandeurs d'asile et sans-papier de Pontarlier, Gérard Guinot. » « Gérard Guinot se réclame de RESF, avec lequel il entretient des relations distantes, depuis peu exécrables. Le réseau, qui milite contre l'éloignement des enfants étrangers scolarisés, l'accuse d'avoir plaidé pour que les enfants de Resat Dibrani le rejoignent au Kosovo, et d'avoir validé l'interpellation de Leonarda, à laquelle il a assisté, en violation des principes fondateurs de RESF. »

Je résume : RESF tient à peu près les même propos que moi. Ca serait un de ses anciens membres qui aurait organisé tout ce cirque dans un département où le préfet est un des proches de Nicolas Sarkozy.

Si on pouvait attendre la fin de l’enquête administrative pour porter un jugement sur tout cela avant d’accuser Manuel Valls, la politique sortirait grandie.

Je ne suis pas adepte de la théorie du complot. D’ailleurs, ceux qui me reprochent d’hurler au complot sont probablement les mêmes qui me soutenaient quand je disais qu’il n’y avait pas de complot à Brétigny et qui crient au complot dès qu’on parle du 11 septembre.

J’ai pris une décision : je vais bloquer tous les twittos qui s’en prennent à moi d’une manière qui me déplait. Mon geste ne sera pas politique mais il me permettra d’avoir la paix. Hier soir, il y avait un Kremlin des Blogs, bien agité avec cette affaire. Pendant que nous étions à table, un twittos m’a accusé publiquement d’avoir censuré son commentaire.

Il portait une accusation mensongère relativement grave (et mensongère mais peu importe). Je dis relativement car cet imbécile pourrait aussi penser au fait que j’ai le droit de ne diffuser que ce que je veux sur mon blog. Si un type fait un tag sur le mur d’une maison, le propriétaire peut l’effacer. Personne ne criera à la censure.

En conséquence, je l’ai traité de connard et de menteur.

Un des participants au Kremlin des Blogs m’a engueulé à table quand il a vu mon tweet. Je ne suis pas persuadé d’avoir envie de l’inviter à nouveau. Je suis fatigué de tous ces gens qui ne savent pas faire la part des choses. Il s’agissait en l’occurrence de faire la différence entre Jégoun, le twittos, qui joue son personnage et traite de connard les types qui l’emmerdent et la personne physique avec qui l’on dîne.

Mais il s’agit surtout de prier notre honorable lectorat de faire le tri dans l’indignation sélective autour d’une expulsion lamentable.

La politique a réellement changé depuis le départ de Nicolas Sarkozy. Des circulaires ont été prises, notamment pour faciliter les régularisations. Le gouvernement n’a pas dit « cette année, on va virer 30000 illégaux ». Le ministre de l’intérieur n’a pas médiatisé une opération. Et il est interdit d’aller chercher des enfants à l’école qui est sanctuarisé.

Il faut donc une enquête précise et complète.

Ce n’est pas Manuel Valls qui a donné les instructions pour arrêter une jeune fille dans un car scolaire.

16 octobre 2013

Expulsion !

Elle est bizarre cette gauche qui diffusent mes billets de blog quand je défends la version officielle lors d'émeute en banlieue et qui me conchie quand je ne fais que diffuser un communiqué officiel lors de l'expulsion de sans papier. Elle est bizarre cette gauche qui applaudit la justice quand elle contribue à embastiller un ancien président mais qui la critique quand elle décide d'appliquer la loi pour les sans papier.

Je dois reconnaître que je ne suis pas à fond dans l'actualité à cause du boulot depuis quelques jours. Hier soir, quand j'ai diffusé le communiqué officiel, je ne savais pas que cette histoire faisait du bruit. Je me doutais seulement qu'une partie de la gauche allait s'indigner dans connaître les faits, les décisions de justice. Vous auriez vu ma tête, au réveil, ce matin, quand j'ai vu l'information en une de Google News avec ce bordel au PS !

On en voit des cadres du PS et des ministres tenter de se racheter un brevet de gauchitude. Elle est d'ailleurs étrange cette gauche qui fustigeait Nicolas Sarkozy qui virait des préfets et qui exige maintenant l'éviction d'un préfet qu'ils jugent à l'origine du scandale.

Pour autant, ai-je donné mon avis sur cette histoire ? Non. J'ai communiqué une version officielle en ironisant sur le fait que personne ne la lirait. Mon billet a buzzé. Merci. 25 RT pour un billet où je n'ai rien écrit. Pas mal. La plupart pour dénoncer ce que je pourrais représenter de la gauche alors que je ne revendique rien. Mon autre billet a moins marché. C'est ballot. J'y engueulais les abrutis qui font de la politique en 140 caractères.

Je vais donc donner mon avis : je n'aime pas qu'on expulse des braves gens et je n'aime pas non plus que la police aille chercher des jeunes filles dans des cars scolaires. C'est mal. Je n'aime pas non plus quand des bateaux avec des centaines d'immigrés clandestins périssent parce qu'on a laissé croire à des gens qu'ils pourraient vivre chez nous. Elle est étrange cette gauche.

Je vais faire un aveux : je n'ai pas la solution pour résoudre les problèmes d'immigration. Ni le chômage. Ni la fièvre jaune. Ni le prix de la bière.

Elle est étrange cette gauche qui accusait Sarkozy de faire une loi par fait divers et qui fait un scandale à chaque fait divers sous la gauche. Elle est étrange cette gauche qui accusait la droite de faire le lit du FN en médiatisant ce genre d'histoire et qui fait un scandale médiatisant une histoire en accusant Manuel Valls de faire le lit du FN.

Faire le lit du FN et le boire jusqu'à l'hallali (désolé, ça m'est venu en passant). C'est ce que me disait un copain en commentaires. On sort d'une période où on se demandait ce qui faisait monter le FN, où les gens de gauche commençaient à se demander si on n'avait pas tout faux... Et hop ! Au premier fait divers, on s'indigne.

Je ne sais pas à quel point cette gauche qui s'indigne quand la police fait respecter une décision de justice aboutissant à une reconduite à la frontière de personnes en situation illégale fait le lit du FN. Il faudrait se poser la question.

Je sais qu'il y a des gens en grande détresse chez nous et ailleurs. Et je sais que des gens en grande détresse d'ailleurs croient trouver l'eldorado, chez nous, et meurent par centaines en traversant la Méditerranée.

Pendant ce temps, la gauche fulmine dans les réseaux sociaux.

Et sur le HuffPost, tiens ! Guy Birenbaum parle de moi dans un billet. « J'ai lu aussi la gêne, palpable, de certains militants qui comprennent aujourd'hui Manuel Valls et cette expulsion, alors qu'ils n'avaient pas de mots assez durs (les archives seraient implacables), contre un autre ministre de l'Intérieur, devenu président de la République -un certain Nicolas Sarkozy- lorsque ses services agissaient avec aussi peu d'humanité. » Le « certains militants », c’est moi !

Guy, tu peux fouiller mes archives. C’est une perte de temps. Je ne sais pas si tu trouveras grand-chose. J’ai fait plus de 4000 billets, je crois, pendant le quinquennat précédent et je n’ai pas l’indignation très facile. Je me rappelle avoir fait des billets pour dénoncer un climat, une désorganisation de la police, quelques abus. J’ai critiqué une politique du chiffre, c'est-à-dire une politique où on donne comme objectif non pas une capacité d’insertion d’immigrés mais un nombre précis de pauvre gars à virer. Je n’ai pas critiqué de décision de justice. J’ai peut-être fait part de ma surprise mais je n’ai pas critiqué et je ne crois pas avoir critiqué d’actions de police pour faire appliquer une décision de justice. J’ai critiqué la médiatisation d’actions, la présence du président de la République partout, y compris avant qu’il le soit, d’ailleurs, tant il voulait montrer son efficacité.

Cette fois, le président de la République est au bout du monde et le ministre de l’intérieur à Lorient.

Des twittos mais surtout des élus, bien au chaud dans leurs palais de la République ou dans leurs placards sordides font du foin.

Ils feraient mieux de faire de la politique ce qui ne se résout pas à taper sur Valls pour lui piquer sa place… Mais à gagner les prochaines élections et à résoudre les problèmes liés à l’immigration.

26 septembre 2012

Quand Jean-François Copé veut doubler François Fillon sur sa droite

Allons bon ! Toute la presse est en émoi ! L’information est en une de Google News. Le Front National s’amuse du plagiat.

Les blogs de gauche se fâchent : « Après l’islamophobie la semaine dernière, place au racisme anti-blanc dans les quartiers, un sujet soit disant tabou mais que Monsieur Copé veut dénoncer pour promouvoir son livre manifeste pour une droite décomplexée ! Pas en reste, l’ancien Premier ministre, François Fillon, veut développer des brigades fiscales chargées de lutter, dans les quartiers, contre les fraudeurs délinquants dont le train de vie est sans commune mesure avec les revenus déclarés. »

Les blogs de la gauche de la gauche aussi : « Copé a dérapé. Grave. Au point qu’on puisse franchement souhaiter la désignation de Fillon à la tête de l’UMP plutôt que cette graine de facho. En effet, utiliser comme il l’a fait  l’expression de racisme anti-blanc ne saurait se passer de conséquences et de responsabilités. »

Qu’en penser ?

La dépêche AFP nous dit que Jean-François Copé a écrit : « Un racisme anti-blanc se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de +gaulois+ au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux. »

C’est mal. En plus, c’est faux. A Bicêtre les pas de souche m'aiment bien. Faut dire qu’ils sont souvent patrons de bistro.

Il dit aussi : « je sais que je brise un tabou en employant le terme de +racisme anti-blanc+ mais je le fais à dessein, parce que c'est la vérité que vivent certains de nos concitoyens et que le silence ne fait qu'aggraver les traumatismes. »

C’est toujours aussi mal mais ça en devient rigolo. Généralement, ceux qui prétendent lever des tabous me font rire. Pour Jean-François Copé, ça me fait ça aussi quand il parle de « langue de bois ». Mais je suis « langue de pute ».

Steeve Briois, secrétaire général du FN répond : « cela démontre que pour courtiser sa base militante et électorale, Copé est bien obligé d'adopter les thèses du Front national. »

Il a raison.
Ou pas : je ne sais pas si les militants et les électeurs de l’UMP vont particulièrement apprécier qu’ils ont des thèses proches du FN. D’ici qu’ils se mettent à militer pour le nouveau parti de Jean-Louis Borloo (dont j’ai oublié le nom)…

Il a raison, tout comme Jean-François Copé, de rappeler aux électeurs que les idées politiques de ce dernier se rapproche de celles du Front National.

Mes confrères de gauche sont scandalisés (à moins qu’ils n’adoptent une posture ce que je ne saurais imaginer même s’il m’arrive de faire semblant de m’intéresser à certains sujets mais ne le dites à personne). Ils feraient mieux d’être amusés, comme moi. L’hilarité a du bon, je vous assure.

On ne peut que constater que Jean-François Copé tente de doubler François Fillon sur sa droite en adoptant des thèmes haïssable (je dis ça pour énerver mes lecteurs réacs) digne du Front National en adoptant la même stratégie perdante que Nicolas Sarkozy pendant la campagne et une grosse partie de la droite à l’occasion des législatives.

A gauche, on pourrait s’inquiéter de le voir s’enfoncer ainsi, offrant un boulevard à François Fillon, adversaire qui me semble beaucoup plus dangereux politiquement mais, au contraire, on se réjouira à imaginer comment François Fillon va tenter de convaincre les quelques militants qui auront été satisfaits ou scandalisés par les propos de Jean-François Copé.

Et après, on pourra s’amuser des propos qu’il pourra tenir pour tenter de séduire l’électeur du FN pour éviter de couler définitivement l’UMP…

17 septembre 2012

Valls, les "n" députés et le Droit de vote des immigrés

Apparemment, ce sont 76 députés du Parti Socialiste qui signent cet appel pour que François Hollande mettent en place son cinquantième engagement : « J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. » Je dis apparemment parce que le nombre semble évoluer depuis ce matin… Quand Le Lab a fait son article, ce matin, ils étaient 38. Dans la matinée, il était à 57. Le Monde titre sur 75 mais indique 76 noms.

Toujours est-il que j’allais faire un billet pour donner mon point de vue mais j’ai vu que Le Lab a sorti un article à propos de l’avis de Manuel Valls, que je partage. « Est-ce que c'est aujourd'hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d'intégration ? Non. Ça n'a pas la même portée qu'il y a trente ans. Aujourd'hui, le défi de la société française est celui de l'intégration » et « Il faut bien évaluer les conséquences d'un référendum, pas seulement en termes de résultats, mais aussi de déchirure dans la société française. Ce débat risque de provoquer des fractures. Dans un moment de crise, on voit bien comment cela peut être utilisé, agité. »

Je pense que ces députés sont indécrottables.

Tout d’abord, je ne suis pas persuadé que le résultat d’un referendum serait positif. Je suis même persuadé du contraire. Et comme je suis persuadé du contraire, je pense qu’il faut laisser tomber dès à présent plutôt que de dépenser de l’énergie inutilement.

Je rappelle que François Hollande était donné vainqueur de l’élection avec 53 à 56% dans la plupart des sondages de l’entre deux tours et il n’a fait que 51,64 alors que Nicolas Sarkozy était haï par une grande partie de la population. La droite avait fait une fin de campagne essentiellement axée sur le thème du droit de vote des étrangers, de la perte de souveraineté.

Je n’ai pas envie que mon pays connaisse à nouveau les nombreux débats qui ont eu lieu pendant le quinquennat précédent avec les déchirures et autres stigmatisations. Il ne me semble pas très fin de donner une magnifique tribune à la droite et à l’extrême droite, tribune qui permettra à l’extrême droite de banaliser encore plus ses propos en tenant les mêmes que l’UMP.

Remarque ! Ca aura le mérite d’être clair…

En outre, le fond du dossier n’est pas bien net puisqu’il s’agit de créer un sous-statut de Français, une espèce de notion de sous-citoyen. En tant que type de gauche, j’ai un peu de mal à admettre ça. J’aurais tendance à dire qu’il faudrait faciliter l’acquisition de la Nationalité à ceux qui veulent… Les belles idées de la gauche…

Enfin, j’en connais qui pourraient me titiller parce que je recommande que François Hollande ne tienne pas un de ses engagement. Ben oui… Et comme de toute manière, il n’est pas fou, il ne le tiendra pas (voir le Canard Enchaîné d’une de ces dernières semaines), je m’en fous un peu.

Autant prendre les devants.

Amusant ! Ce sont probablement ceux qui accusent Manuel Valls d'être de droite qui veulent maintenant donner une tribune à l'extrême droite...

28 juin 2012

Les politiques et la délicate équation de l'immigration

Je ne pense pas spécialement grand-chose de la position de Manuel Valls à propos de l’immigration. Le sujet est très compliqué et il déchaîne des passions des deux côtés de l’échiquier politique entrainant des malentendus qui n’ont même pas le mérite d’être rigolos.

Il faut être pragmatique. D’un côté on ne peut pas accueillir toute la misère du monde et tout ça et de l’autre, il faudrait voir à ne pas oublier qu’il s’agit d’êtres humains et on ne peut pas blâmer des braves gens qui pensent qu’ils pourraient vivre chez nous que dans l’espèce de dictature tiers-mondiste d’où ils viennent. Amen.

Manuel Valls a parlé dans le poste ou plus exactement dans Le Monde. Il a dit des trucs qui ont énervé des gugusses de la gauche de la gauche qui ont probablement oublié de lire l’article en entier.

Nos camarades n’ont lu que deux phrases. Une de Manuel Valls : « être de gauche, ce n'est pas régulariser tous les sans-papiers » et une de Jean-Luc Mélenchon : « Manuel Valls valide une thèse du Front national ». Nous allons laisser Méluche temporairement. Il pourrait apprendre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. M. Mélenchon a échoué dans sa bataille contre le Front National et ça ne plait pas du tout à ses alliés du PCF qui pourraient commencer à préférer la stratégie du PS…

Donc, laissons Manuel Valls (et Madame Taubira) gérer l’immigration paisiblement, on verra l’état du Front National ensuite. Dans l’attente, j’invite tous mes camarades de gauche à lire l’ensemble des propos tenus par M. Valls dans Le Monde (ne serait-ce que pour me faire un résumé).

A propos de résumé, exceptionnellement, je vais donner la parole à Didier Goux qui a laissé une réponse à Dorham qui demandait un résumé : « en gros, il a dit que les sans-papiers seraient régularisés “au cas par cas” et non massivement comme le souhaitent les officines appointées. Et, du coup, il commence à se faire taper dessus. Je ne sais plus qui a dit qu'en partant, Sarkozy avait oublié un ministre sur place. Vous voyez l'ambiance ? »

Didier Goux n’est pas un mauvais bougre. Il a un copain noir. D’ailleurs, c’est moi qui le lui ai présenté, il s’agit de Tonnégrande. Il a fait un billet pour défendre pour Manuel Valls.

Restons sérieux.

L’immigration a été au cœur des campagnes en y rentrant par la porte et par la fenêtre. Elle est entrée par la porte avec la campagne de l’UMP (vous savez, celle qui a été « droitisée »…), au bout de plus années de stigmatisation de voleurs de poules et prieurs dans la rue. Elle est revenue par la fenêtre dans les campagnes des seconds tours pour terroriser l’électeur à propos du projet du PS d’accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales.

Il est temps d’apaiser les esprits.

Par exemple, se moquer de l’UMP permettra de réjouir les partisans de François Hollande.

Les pauvres. Ils ont commencé par taper sur Manuel Valls. C’est de bonne guerre. Mais ils ont fini par se rendre compte que leurs coups ne faisaient pas mouche puisqu’ils ne pouvaient critiquer que des aspects techniques dont tout le monde se fout. Par exemple, Jean-François Copé a déclaré, hier, que le « cas par cas » ne veut rien dire : « Ca peut cacher un projet d'une très grande rigueur ou d'un très grand laxisme, en fonction du nombre de cas et des critères retenus. » Ca va bien aider les électeurs, ça ! Eric Ciotti et Xavier Bertrand « avaient également critiqué les mesures sur l'immigration de Manuel Valls en parlant de "politique dangereuse" et de "double langage" pour le premier, de "rideau de fumée" pour le second. »

Etre dans l’opposition, ça n’est pas une sinécure, hein ! 6 ans et demi de blogueur d’opposition, j’ai fait. Je peux rigoler, maintenant… Il faut qu’ils se rendent compte, tout les trois, qu’ils viennent de dire aux électeurs, tous les trois, que la politique de Manuel Valls était probablement très bien mais qu’il fallait attendre pour juger.

Remercions-les… Parfois, il vaut mieux ne rien dire…

Heureusement que l’UMP a François Baroin… J’ai déjà dit ici que ce gars m’était très sympathique et expliqué les raisons « personnelles ». Toujours est-il que c’est le premier cador de l’UMP a avoir exprimé une position intelligente et presque compréhensible par les électeurs. « J'ai trouvé que les positions de Manuel Valls étaient à la fois courageuses et logiques ». « En tant que ministre de l'intérieur, il n'est pas là pour favoriser l'ouverture des frontières. La France, ce n'est pas l'hôtel des courants d'air. Donc, il est normal qu'il tienne ces positions, elles sont cohérentes avec sa ligne. » «la régularisation au cas par cas, c'est la méthode la plus logique, la plus naturelle, la plus humaine aussi parce qu'elle tient compte du parcours de la personne qui est venue chez nous et les critères qui sont retenus par Valls sont également excellents. » « Chacun a sa sensibilité dans son expression politique. Moi, il se trouve que j'ai été ministre de l'intérieur et ministre de l'outre mer et cette question de l'immigration clandestine, je la connais plutôt bien. Le cas par cas, c'est le seul moyen et j'ajoute qu'on l'a toujours fait. »

Les autres cadres de l’UMP sont restés dans la position qu’il fallait tenir avant les élections et sont maintenant dans une stratégie de reconquête de l’UMP pour un congrès à l’automne en vue de la Présidentielle de 2017, persuadés que l’immigration sera au thème de la prochaine campagne et que la droitisation est de plus en plus de rigueur.

Pendant ce temps, François Baroin montre qu’il est un gugusse raisonnable, posé, … Il rappelle aussi que le cas par cas est la seule solution possible (à part, bien sûr, les régularisations massives), ce qu’ont fait la plupart des gouvernements. Il rappelle surtout que parmi tous les prétendants, c’est le seul à connaître vraiment la question puisqu’il a fait un passage (éclair, il a remplacé Nicolas Sarkozy fin mars 2007, pendant la campagne).

Tiens ! Dans les propos qu’il a tenus, il a également dit que l’idéal était de ne pas dépasser 30000 régularisations par an… Et la seule année où cet « objectif » a été atteint depuis 2004, est celle où il passé 6 ou 7 semaines à l’Intérieur.

Tiens ! Alors que l’UMP qui perdait fixait des objectifs minimum d’expulsion favorisant une politique du résultat, François Baroin fixe des objectifs maximum de régularisation favorisant une politique plus réaliste, plus humaine…

Ca serait amusant que « la gauche modérée » parvienne à sauver une « droite modérée ».

Je ne sais pas comment Manuel Valls arrivera à gérer ce dossier, un des plus complexes que puisse avoir à gérer un ministre. Il deviendra peut-être seul contre tous dans son propre camp, tout en ayant à subir la logique opposition de Christiane Taubira, qui a aussi un job à faire.

J’espère que ces deux ministres phares sauront travailler ensemble !


25 avril 2012

L'immigration : l'utime cheval de bataille de l'UMP

L’UMP n’a plus rien d’autre à faire que de crier sur des parties du programme de François Hollande qui pourraient effrayer l’électeur du Front National, comme les régularisations massives et le droit de vote des immigrés.

Il n’a bien évidemment jamais été question de régularisations massives mais de régularisations au cas pas par cas. Le bon sens, quoi ! Voir l’engagement numéro 50. Et n’oublions de rappeler quand Nicolas Sarkozy draguait les musulmans en affrétant des cars spéciaux pour son meeting, pour bien montré qu’il accueillait des « représentants de la diversité. » Wikipedia nous rappelle d’ailleurs que l’immigration a bel et bien augmenté au cours de 10 ans de droite au pouvoir…

D’ailleurs, la proportion d’immigrés en France est inférieure à celui qu’il était avant la guerre. Mais les immigrés d’alors n’étaient pas Musulmans ! Un prétexte de plus pour la droite pour taper fort. Je m’en fous : je suis laïque, mes parents et mes grands battus se sont battus pour faire reculer la religion catholique ; ce n’est pas une autre religion qui va m’épouvanter, même si elle touche peut-être une partie de l’électorat.

A l’UMP, ils ne se rendent même pas compte qu’avec leurs incessantes outrances, ils font fuir les électeurs. La dernière que j’ai vu passer vient de Jean-François Copé qui demande que le temps de parole de la CGT soit ajouté à celui de François Hollande comme si quelqu’un pouvait en avoir quelque chose à cirer…

Pour ce qui concerne l’immigration, les deux derniers pontes de l’UMP à s’y coller sont Franck Riester et Eric Ciotti qui dénonce un soi-disant de 700 mosquées à voter pour François Hollande ce qui a été démenti par le CFCM.

L’UMP (Xavier Bertrand, cette fois) fustige la une de libération qui reprend les propos de Nicolas Sarkozy (« Le Pen est compatible avec la République ») en rétorquant « Autant l’imprimer en rose ». Xavier Bertrand ferait mieux de repeindre en bleu Le Figaro qui, dans un dossier sur les élections et les impôts sur le revenu, montrent ce que paieront les gens selon leurs revenus. Les « plus pauvres » sont un couple avec 4350 euros net par mois avec un patrimoine de 280 000 euros… Ils vont voir leur impôt sur le revenu progresser de 500 euros (Le Figaro a d’ailleurs oublié oublié de compter les autres impôts, notamment la TVA, et de préciser que ces 500 euros représentent moins de 1% de leurs revenus…). Pour les remercier, je vais illustrer ce billet avec une copie d’écran (13h30 aujourd’hui) de la page d’accueil du site du Figaro.

Trop d’outrance tue.

La question du droit de vote des immigrés mérite qu’on s’y attarde car les attaques de la droite sont lourdes, utilisant n’importe quels mots, comme « communautarisme » pour faire peur.  Je rappelle que le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) a été mis en place par Nicolas Sarkozy quand il était Ministre de l’Intérieur, suite à des travaux de Ministres de gauche…

C’est Eloooody qui s’y colle ! Dans son dernier billet, elle rapporte quelques subtilités à propos du droit de vote des immigrés. Elle commence par rappeler que Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour. Elle poursuit en rappelant que de nombreux pays le pratiquent, souvent sous condition de réciprocité…

Il faudrait rappeler que pour voter, les étrangers devront habiter en France depuis 5 ans (de mémoire) et y payer des impôts. Il faudrait rappeler qu’il faudra qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, ce qui est une excellente démarche d’intégration, une première étape avant la demande de nationalité. Il faudrait rappeler qu’ils ne pourront pas être élus à certains postes donc ne pourront pas conduire de listes électorales. Il y aurait tellement de choses à rappeler.

Pour ma part, je préfère rappeler les outrances et la panique qui règne à l’UMP…


04 décembre 2011

Lire Claude Guéant le dimanche matin...

Selon Claude Guéant « avec 2,8 millions de chômeurs, il est faux de prétendre que nous avons encore besoin de faire venir de la main-d'oeuvre. Essayons d'abord de trouver des emplois dans nos entreprises, à ceux - français ou étrangers installés en France - qui sont au chômage. »

Mes potes gauchistes ne manqueront pas de réagir à la teneur du propos et à la drague ouverte des électeurs du Front National mais il fait ce qu’il veut. Il est en campagne pour Nicolas Sarkozy…

Deux points me font réagir.

Le premier est le nombre de chômeurs. De quel chapeau sort-il ces 2,8% ? On apprenait il y a trois jours la sortie des chiffres pour le troisième trimestre avec « une hausse de 0,2 point par rapport au deuxième trimestre. »

Officiellement, « Au sens du Bureau international du travail (BIT), la France métropolitaine comptait au troisième trimestre 2.631.000 chômeurs. » Pas 2 800 000 ! Tant qu’à sortir des chiffres favorables, autant prendre le bon… Surtout que : « "Plus généralement en France métropolitaine", au troisième trimestre 2011, "3,4 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler, qu'elles soient ou non disponibles dans les deux semaines pour travailler et qu'elles recherchent ou non un emploi", précise l'INSEE. »

Je conçois que M. Guéant ne souhaite pas utiliser le chiffre de 4 millions, pourtant probablement plus proche de la vérité, mais un ministre ne devrait-il pas apprendre par cœur certains chiffres ?

Le deuxième est que si nous n’avons pas besoin de faire venir de la main d’œuvre étrangère (au fait, l’immigration choisie, c’est fini ?), nous n’avons pas besoin, non plus, de faire travailler plus ceux qui bossent déjà ni, d’ailleurs, d’augmenter l’âge de la retraite.

Je remercie chaleureusement Monsieur Guéant de confirmer ce que les blogs de gauche disent depuis des années…

Bon… Tant qu’à réagir aux propos de Claude Guéant, je finis la lecture de cette dépêche.

« "L'immigration sera l'un des enjeux de la campagne car les Français sont sensibles à ce qui touche à leur identité" et "demandent une meilleure maîtrise des flux migratoires", poursuit-il. »

Je ne sais pas si les Français ont quelque chose à cirer des « flux migratoires », ce qui ne veut pas dire qu’il se foute des immigrés.

« "La gauche préconise la régularisation et s'accommode du communautarisme", accuse le ministre. »

Parfaitement ! Régulariser n’est que donner une existence juridique à quelqu’un… Ca ne change strictement rien au nombre d’immigrés.

« "Tous les partis républicains devraient avoir pour objectif de faire revenir vers eux ceux qui ont voté Front national. C'est aussi une question que devrait se poser la gauche", selon lui. »

Parfaitement ! Mais ce n’est pas en tenant le discours de Madame Le Pen que la gauche y arrivera. Au contraire, en reprenant ses thématiques précises, on ne ferait que les avaliser, ce que fait M. Guéant.

« Il affirme ne pas croire "à un risque de voir Marine Le Pen présente au second tour". »

Il a raison d’être optimiste mais en disant qu’elle a raison sur des sujets où la droite a échoué depuis dix ans, il ne fait que renforcer sa position.

J’étais avec des copains blogueurs de gauche, hier soir. A un moment, ils parlaient du risque de voir Marine Le Pen faire un bon score. J’ai alors répondu que ce n’était pas un risque. Si les gens votent massivement pour Marine Le Pen, j’en serai attristé de voir l’état de la France et de mes congénères.

Il n’empêche que si elle arrive au second tour face à François Hollande, ça sera encore le meilleur moyen pour lui de le gagner…

Ne nous voilons pas la face…

« Claude Guéant se dit "choqué que la première urgence de la gauche sénatoriale soit d'accorder le droit de vote et la possibilité de faire élire des étrangers dans les conseils municipaux". »

Bah ! Si ça peut énerver l’électeur frontiste…

24 avril 2011

Immigration et message pascal

« Aux nombreux exilés et aux réfugiés qui proviennent de différents pays africains et qui ont été contraints de laisser leurs affections les plus chères, que se manifeste la solidarité de tous ! »

« Que les hommes de bonne volonté soient éclairés pour ouvrir leur coeur à l’accueil, afin que de façon solidaire et concertée il soit possible de répondre aux nécessités pressantes de tant de frères. »

J'aime bien Pâques, finalement. Mais il y a quelque chose qui cloche : je suis d'accord avec le pape.

18 mars 2011

On n'est plus chez nous !

Ma revue de blogs matinales me montre que Claude Guéant a fait scandale en déclarant : "les Français "ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux" du fait d'une "immigration incontrôlée"". Martine Aubry a raison de s'indigner.

Il n'empêche qu'il me faut maintenant être plus scandaleux que lui. Alors, voilà, je vais diffuser un tableau avec le nombre de naturalisations par an (et donc par gouvernement) depuis 1995 qui pourra aider nos confères du FN à démontrer ce qu'ils auront envie.


25 février 2011

L'UMP sur les pas du FN : s'indigner ou constater ?

L’UMP va relancer un débat sur l’Islam. L’UMP reprend les thèmes de campagne du Front National. Du coup, à gauche, on s’indigne. On est très fort, à gauche, pour s’indigner. Moi-même, pas plus tard qu’hier, je me suis indigné. Pourtant, je ne suis pas fort pour m’indigner. Je suis assez doué pour mettre les pieds dans le plat de l’économie ou pour émouvoir les braves gens avec les histoires des braves gens de mon quartier, mais pour l’indignation, bof. Il faut dire que je suis difficilement indignable et le seul truc qui puisse réellement m’indigner est quand la bière dépasse 2€50 au comptoir.

En fait, quand j’évoque « l’UMP qui marche sur les plates-bandes du FN », c’est plus pour évoquer l’aspect politique de la chose : le risque politique pour l’UMP, les tenants et aboutissements électoraux, la mutation de la société, la dédiabolisation du FN qui en découle (ben oui, si le plus grand parti de France prend les thèmes du FN, on peut difficilement blâmer le FN de prendre ses propres thèmes).

Et pourtant, la lecture des commentaires à mon dernier billet sur le sujet (notamment ceux de Romain et de Didier que l’on pourra difficilement accuser de connivence politique) finissent par me convaincre que le plus grave est l’échec perpétuel de la politique de l’UMP, échec qui permet au FN de marteler son argumentaire, obligeant l’UMP est à la traine.

L’échec le plus emblématique est cette « dalle de banlieue » que le Président de la République, alors Ministre de l’Intérieur, menaçait de laver au « nettoyeur haute pression ». Un quartier de banlieue, comme il en existe pas, devenu progressivement une espèce de ghetto social, zone de non droit, où les habitants vivent dans la peur, tous les jours, et qui finissent par rejaillir sur tous les pans de votre vie quotidienne, ne serait-ce que par la une de journaux qui nous font recracher le café, le matin.

Pourtant la recette est simple. Il y a trois volets à traiter :
-         un volet social, on ne pourra pas « calmer une banlieue » où 40% des jeunes sont au chômage, avec aucune perspective d’avenir, aucun rêve possible d’une vie meilleure, aucun exemple, même de vie meilleure,
-         un volet environnement, auquel je crois beaucoup, des transports en commun, des commerces de proximité, des établissements scolaires à taille humaine, des services publics, des immeubles vivables, loin des « barres » des années 60-70, …
-         un volet sécuritaire, pour garantir la sécurité des braves gens, pour casser les commerces occultes, rétablir le respect de la république, des forces de l’ordre, … Au gnouf, les délinquants !

Selon qu’on soit de droite ou de gauche, on poussera plus ou moins chacun des curseurs. Si on est un peu trop à gauche, on poussera les assistantes sociales pour expliquer aux mômes que c’est mal de voler les sacs à main des dames et si on est un plus à droite, on tapera sur les immigrés, les imams qui font la loi, …

J’ai dit que la recette est simple. Celle de l’omelette aussi. Pourtant si on n’a pas le coup de main, la bonne poêle et la cuisinière bien réglable, on n’y arrivera pas, on fera une passe de pâté d’œufs insipide. Mais on aura essayé.

Le problème de l’UMP est qu’elle n’a quasiment pas essayé, à part quelques coups de communication, … Le nombre de policiers dans les zones sensibles est probablement en baisse et le plan banlieue de Fadela Amara a disparu. La situation de nos banlieues est intacte, la république n’y est pas plus respectée.

Les lois sécuritaires se sont multipliées en 9 ans, les nouvelles cachant les précédentes avant même la parution de leurs décrets d’application, les histoires de récidive se poursuivent et le faits divers s’enchaînent (on a encore eu, en début de semaine, une histoire de policiers obligés d’abattre un pauvre type les menaçant avec une arme factice, je n’ai pas trop suivi).

Les gens ne sont pas dupes. Ils sont bien obligés de constater l’échec de l’UMP. L’UMP peut toujours renforcer son discours, les gens n’y croient plus, les gens ne croient plus à la politique. Alors ils viennent se réfugier derrière le Front National, sans même regarder le programme plus en avant – tout le monde s’en fout – tant il est évident que l’UMP ne peut plus rien.

Alors l’UMP invente de nouveaux trucs. J’imagine assez bien voir surgir un truc : « on va expulser tous les délinquants sans papier » sans même se rendre compte que les sans-papiers sont déjà expulsés et que la communication massive menée depuis cinq à propos des sans-papiers n’a strictement rien donné. Par définition, personne ne peut connaître le nombre de sans papier et expulser 25 000 gugusses par ans ne changera à l’état de nos banlieue peuplées par des millions de braves gens issues de l’immigration et peut-être en France depuis avant le rattachement de la Bretagne, pour vous dire à quel point je ne me sens pas plus français que quiconque.

Il nous reste une quinzaine de mois. Peut-être suffiront-ils à l’UMP pour se rendre compte de son problème principal : elle n’arrive plus à masquer ses échecs. Les électeurs vont voir ailleurs. Plus elle poussera en avant les thématiques de l’ennemi, à droite comme à gauche, plus elle assurera la promotion de l’ennemi puisque, au moins, l’ennemi est-il peut-être capable d’apporter des solutions.

(photo)

27 août 2010

Une justice à deux vitesses...

Les propositions d'amendements permettant la déchéance de la nationalité pour faire suite au discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy ont été présentées au gouvernement, nous dit France Info.

Par delà toutes les critiques qu’on pourrait faire – et qui seront faites – notamment sur le retour de la double peine, pourtant supprimée en fanfare par Nicolas Sarkozy, une bricole me surprend.

« Le second texte permettrait de déchoir de leur nationalité les étrangers naturalisés depuis moins de dix ans, et condamnés à "une peine d’au moins cinq années d’emprisonnement" pour "acte qualifié de crime ou délit" visant une personne dépositaire de l’autorité publique. C’est ce que Nicolas Sarkozy avait annoncé lors du discours controversé de Grenoble, fin juillet. Mais l’amendement va plus loin : il propose que les atteintes à la vie des sapeurs-pompiers, gardiens assermentés d’immeubles, jurés, avocats, ainsi que de "leur conjoint, leurs ascendants, leurs descendants" entraînent également la déchéance de la nationalité. »

En fait, je ne supporte plus qu’on divise sans cesse la France.

Ma concierge n’est pas assermentée. C’est moins grave de la tuer que le gardien du HLM d’un côté ?

C’est moins grave de menacer un prof débutant dans une zone quelconque qu’un gendarme sur les Champs Elysées ?

C’est moins grave de casser la gueule à un procureur ou un juge qu’à son avocat ?

Il faut que ça cesse…

10 mai 2010

"La France l'a tué", par Claudy Lebreton

Je voulais faire un article sur les 9% pris par le CAC 40 aujourd'hui, mais je vais faire comme mon ami Yann, relayer "Claudy Lebreton,  Président de l'Assemblée des Départements de France et Président du Conseil général des Côtes d'Armor [qui] vient de publier sur son blog un billet concernant la mort de Mohamed ALHASSAN un ami nigérien. Il avait 29 ans."

A lire ici. Ca serait sympa que tous les blogs politiques (ou divers fainéants) relaient ce texte.

08 avril 2010

Sans papier mais hors de prix ?

Je vais l’attendre avec impatience, ce rapport ! C’est Eric Besson qui l’a commandé. Il s’agit d’évaluer le coût de l’immigration irrégulière pour la société. Vous savez les braves qui viennent chez nous et qui mangent notre CMU, notre RMI, notre pain, …

« Sur cette question, "il y a deux rapports qui existent et qui l'ont chiffrée à (environ) 230 millions d'euros". » Dans mon premier billet, ce matin, je comparais des chiffres incomparables. Je vais recommencer. Sans le moindre scrupule ni le moindre regret. Juste une légère soif qui me rappelle que c’est l’heure du café digestif.

Supprimer toutes les niches fiscales permettrait de financer la multiplication par 300 de l’immigration clandestine.

Ce qui serait amusant, avec ce rapport, c’est qu’on constate que le pistage et le rapatriement des sans-papier coûte plus que les 230 millions en question. Ah ! Non ! Une partie de coût rentre dans les 230 millions. En gros, les immigrés coûtent « cher » parce qu’on veut les virer. Elle est bonne, non ? En supplément, les immigrés coûtent « cher » parce que leurs employeurs ne les déclarent pas...

Je n'invente rien : « Selon [Eric Besson], "on verra que beaucoup de bêtises sont racontées et que l'immigration irrégulière coûte cher mais pas dans le sens qui est dit". Selon le ministère, cette "étude globale" portera sur "le coût du maintien sur le territoire des étrangers en situation irrégulière, c'est-à-dire le coût pour les collectivités publiques de leur hébergement, soins médicaux, scolarité, le manque à gagner pour les services sociaux et fiscaux, puisque le travail des étrangers en situation irrégulière est non déclaré, ainsi que le coût de leur placement en rétention lorsqu'ils sont interpellés, et de l'assistance juridique et sociale qui leur est alors fournie". »

Cette phrase est odieuse et mériterait d’être déclarée à la Halde ou à la douane ou à toute entité susceptible de recevoir des déclarations de ce type. Eric Besson, puisque c’est lui qui est cité par l’article du Point, assimile travail au noir et immigration clandestine. Je lui rappelle que s’ils ne sont pas déclarés, c’est un peu parce qu’on ne veut pas leur donner des papiers, nous sommes donc « coupables ». C’est surtout parce que des patrons les emploient pour gagner encore plus d’oseille.

Parfois, on se trompe de coupables…



01 mars 2010

La journée sans immigrés

CC nous rappelle que c'est aujourd'hui !

27 novembre 2009

La journée sans immigrés


Ca se passe le premier mars, Hypos nous l'annonçait hier dans son annexe.

Mais seul l'illustre, le grand, le gros, le célèbre Tonnégrande pouvait aborder la question dans la plus grande sérénité. On clique !

Et il interpelle les blogueurs : "et si il y avait suffisamment de blogueurs et blogueuses en capacité à enlever leurs doigts, je cite Le Patron , "du cul des éléphants" pour relayer le truc ?"

Au boulot, bordel !

25 novembre 2009

Sans-papiers : réfléchir dans les cabinets ministériels !


« Le gouvernement français a choisi de jouer des muscles face aux entreprises qui emploient des immigrés clandestins. En cas d'infractions graves, les préfectures pourront imposer des fermetures administratives aux entreprises. »

Mais ça ne sert à rien. Les lois existent déjà : il suffirait de les appliquer. Pourtant, si un mec bosse et est utile à la société, il « doit être reconnu, et ce pas après au moins cinq années passées dans la clandestinité. »

C’est ce que démontrent nos amis Allemands du Süddeutsche Zeitung et c’est à lire dans Courrier International.


P.S. : t'as vu le Faucon, côté titre, je ne recule devant rien !





29 avril 2009

Le CRAN a fumé ?

Le CRAN envisage la création d'une agence d'emploi spéciale pour la diversité. C’est une mauvaise idée.

Imaginez le chef d’entreprise : « Bonjour, je voudrais embaucher un noir, pour mon quota, c’est à quel guichet ? ».

Ou plutôt ! Imaginez le fils de votre épicier du coin : « Bonjour, je cherche un boulot, vous avez quelque chose pour un Arabe ? »

Après la création de cette agence, il ne restera plus qu’à réserver Le Pole Emploi aux membres de la majorité visible, on aura réinventé la ségrégation. Je ne sais pas ce que veut le CRAN mais promouvoir la « séparation » pour favoriser l’intégration me parait saugrenu. Pour ne pas dire con. Le « vivre ensemble » ne sort pas toujours gagnant.

21 avril 2009

Des rafles, en symbole de la République ?

AP, ce 21 avril, vers midi : « Le Haut-Conseil à l'intégration, qui a remis mardi au ministre de l'Immigration Eric Besson un rapport sur la connaissance des valeurs et des symboles de la République, a souhaité une amélioration des outils permettant l'apprentissage de ces valeurs, et notamment davantage de pédagogie. »

« Le président du Haut-Conseil à l'intégration Patrick Gaubert a notamment déploré que "pendant plus de 20 ans, les symboles de la République ont été récupérés par le Front national". "Il ne faut pas laisser à l'extrême-droite la capacité de s'arroger l'hymne national", a affirmé pour sa part Eric Besson. "Ce n'est pas du passéisme ou de la nostalgie", a-t-il ajouté. »

D’où la nécessité d’organiser « des rafles » : « Près de 300 policiers et gendarmes ont mené mardi matin 21 avril une opération contre les migrants à Calais, où près de 160 d'entre eux ont été déférés devant la justice […] ».

Les symboles de la République !