28 mai 2013

L'état de l'UMP

Je n’ai pas fait mon billet du jour pour me moquer de l’UMP : c’est mal. Hier, MM. Copé et Fillon ont conclu un accord. Les adhérents voteront pour savoir s’il faut un nouveau vote. Ils vont encore débattre quelques temps à propos du libellé de la question. Finalement, il ne devrait pas y avoir de nouveau vote pour le président de ce parti : les adhérents semblent assez favorables à Jean-François Copé.

Authueil, sympathique blogueur de droite, revient longuement sur ce bordel. Je vais traduire son billet en langage PMA.

Jean-François Copé et François Fillon ont déjà tellement pris dans la gueule qu’ils ne veulent pas recommencer une élection. Basta ! Copé reste à la tête du machin et semble vainqueur mais ce n’est pas évident. Le Conseil Constitutionnel pourrait le mettre sur la paille à cause des comptes de campagne. Bref ! Il est dans la merde et ça fera rigoler les lascars d’en face. En outre, Fillon a obtenu qu’une primaire soit organisée et les sympathisants de l’UMP lui sont probablement favorable.

François Fillon a mis en place sa propre structure pour la primaire, Force Républicaine. Bref, les deux ont des atouts et des handicaps.

« Ce faisant, la droite s'est encore un peu plus discréditée, car tout cet épisode est quand même une belle magouille d'appareil, où les militants sont magnifiquement cocufiés. » Oui ! Hein ! Mes militants dégoutés vont se barrer. De nouveau n’arriveront pas parce qu’elle est trop sous la main de Copé.

J’arrête là la traduction. Je résume : c’est aussi le bordel au PS. Les deux grands partis font n’importe quoi et on a un problème de démocratie.

Il y a un autre événement à l’UMP : la primaire pour les municipales à Paris. Je ne m’y suis pas intéressé. J’ai même découvert hier soir que les votes auraient lieu la semaine prochaine. L'UMP a complètement foiré la communication autour de la primaire.

D'après les sondages, NKM devrait être désignée, peut-être dès le premier tour ce qui lui donnerait une certaine légitimité.

François Baroin est longuement interviewé par l’Express. Comme pour Authueil, je vais traduire dans le langage du blog et résumer.

La défaite de 2012 a montré une vraie fracture entre ceux qui veulent déplacer le centre de gravité vers la droite et ceux qui, comme Alain Juppé, François Fillon, lui et bien d'autres, qui souhaitent conserver l’UMP comme le voulaient les créateurs : l’union du centre et de la droite.

François Baroin estime que plus qu’un glissement vers la droite, il y a un effondrement de la sociale-démocratie avec la naissance d'un nouvel ordre économique mondial, donc un nouvel ordre social. Il constate néanmoins un durcissement de la société et regrettent que certains appellent à manifester contre les institutions.

François Baroin pense que Nicolas Sarkozy devra faire le bilan de son mandat après les Européennes de 2014 et donner, à cette occasion, ses intentions pour 2017.

« Nicolas Sarkozy et François Fillon sont les deux plus solides candidats de l'UMP pour 2017
Je suis incapable de dire qui fera un meilleur candidat. Ce qui est sûr, c'est que ce sont les deux plus solides candidats. Si Nicolas Sarkozy décidait de revenir, ce qui serait en soi un événement politique considérable, cela justifierait que nous nous mettions tous autour d'une table pour nous organiser ».

Ensuite, François Baroin s’en prend assez violemment à Patrick Buisson et Guillaume Peltier et estime qu’ils n’ont aucune légitimité : leur influence est nocive. En cas de second tour à une élection entre le Front National et le Parti Socialiste, il pense qu’il faut faire barrage aux extrêmes.

« Le FN, c'est l'extrême droite, l'ennemi irréductible des gaullistes, donc de l'UMP. Il faut rétablir le barrage établi par Jacques Chirac, qui a eu pour effet de faire éclater le FN en deux. »

François Baroin se livre ensuite à une analyse de la politique de François Hollande sans trop rien dire… Puis tape sur le libéralisme…

Il donne une vague idée de la politique qu’il envisage : travailler plus longtemps et d’avantage sans remettre en cause les 35 heures. « Là aussi, il y a d'autres voies possibles que de s'attaquer aux symboles. »  Mouarf ! Rien !

Je résume le résumé… François Baroin est contre le libéralisme et le durcissement vers la droite de l’UMP mais il ne propose rien. Néanmoins, son analyse de la situation de l’UMP me parait assez bonne. « Nous sommes face à une querelle doctrinale profonde, pourquoi le taire ? »

Dans Twitter, Jean-Pierre Raffarin se réjouit suite à l’accord entre Copé tt Fillon : « Large approbation au comité politique de l'#UMP de la position commune de @francoisfillon et de @jf_cope. » Alain Juppé s’en félicite aussi sur son blog. Il estime que « nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses » à savoir clarifier la ligne politique de l’UMP sur trois points : la stratégie économique, la rénovation du modèle social et la refondation de la construction Européenne.

Rien sur la querelle doctrinale profonde !

14 commentaires:

  1. J'ai toujours été assez admiratif de François Baroin. C'est l'un des rares qui sait être posé et mesuré dans ses propos, à pas beugler pour ne rien dire...

    La droite souffre aujourd'hui du même problème que la gauche il y a quelque temps : elle se cherche un leader charismatique. Une qualité que n'a pas Fillon, et encore moins JF Coppé.

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    1. Pareil pour Baroin mais c'est lié à une anecdote.

      Pour le leader, ouais... Tous nuls...

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  2. Bah... Un après l'élection de Sarkozy, entre Royal, Aubry, la ligne Delanoé, Mélenchon qui en était toujours, c'était le bordel aussi au PS.
    Il y a de quoi être très serein pour la droite républicaine si dans 4 ans l'issue est la même...

    (et comme Hollande et les socialistes risquent de se faire détester davantage que Sarkozy et l'UMP, tous les espoirs sont largement permis...)

    Mais sinon ton billet n'est pas faux. Tout en sachant très bien que tu as écrit un billet politicien pour démonter votre opposition. Je ne sais pas si l'électeur et le citoyen dont le moral n'a jamais été aussi bas s'en intéresse beaucoup...
    (mais ça nous intéresse nous, c'est bien)

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    1. Tu te trompes complètement sur mes motivations pour écrire ce billet. D'ailleurs, j'y dis que le PS est nul.

      Surtout, j'y reprends les propos de deux types que j'estime : Baroin et et Authueil.

      Enfin, mon billet est assez clair : je pense que si l'UMP ne suit pas la ligne préconisée par Baroin, elle est morte. Si je voulais faire de la politique politicienne, je dirais du bien de Copé : le meilleur espoir de la gauche.

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    2. Baroin est loin d'être bête et d'être favorable au FN ! Il a eu tort de se compromettre dans un Gouvernement de Sarkozy, mais bon ...
      Tu as tout à fait raison : Baroin est la dernière chance de l'UMP. Mais je doute qu'un Copé lâche l'affaire : donc l'UMP, c'est mort.
      A moins que le gros de l'UMP ne bascule au FN ...

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    3. Oui c'est mort. Je ne sais pas ce qu'attend Fillon pour se barrer.

      Quant à Baroin, je ne sais pas si c'est la dernière chance mais c'est un des rares à tenir des propos mesurés.

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    4. Baroin, la dernière chance de l'UMP ? Mais vous avez tous picolé, ou bien ? Y avait KdB en matinée, aujourd'hui ?

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    5. Mais non. A l'origine l'UMP est un parti regroupant la droite et le centre pour des raisons électorales. Baroin est un des seuls à représenter un fond de Gaullisme et à pouvoir faire la jonction. On a pas dit qu'il devrait être candidat à la Présidentielle

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  3. Une querelle doctrinale ? Où ça, une querelle doctrinale ? Ça existe encore, les querelles doctrinales ?

    Deuxièmement : comment peut-on aimer Baroin ?

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    1. 1. Oui.
      2. Il ne s'agit pas de l'aimer.

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  4. Laissez tomber, Didier. Il s'agit de ratiocinations internes. La droite n'a rien à faire là-dedans. Baroin, NKM, Juppé, Hollande, sans microscope, comment les différencier ?

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    1. Votre rengaine habituelle ! On dirait mes copains de la vraie gauche. Ce n'est pas un compliment.

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    2. C'est peut-être parce que je pense que la politique n'est pas une histoire de combinaisons foireuses menant à la victoire de sans-couilles aptes à rassembler en une majorité illusoire et éphémère leurs semblables. Nous assistons en ce moment à l'échec total de ce genre de stratégie. Mieux vaut perdre avec panache que gagner sans gloire. Parce que les victoires à la Pyrrhus ne servent à rien si ce n'est à détruire un peu plus chaque jour notre nation.

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    3. C'est ce que me disent mes copains du FdG. Pas de compromission.

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