07 octobre 2010

Moi, j'aime bien les riches, ils ont du pognon

Pour faire plaisir à Disparitus, je vais l’aider à sauver la droitosphère. Je dois avouer que je ne fais pas ça uniquement par pur altruisme : je trouve qu’on s’emmerde un peu dans la blogosphère politique, il n’y a que des blogs de gauche. Et des réactionnaires. Il faut relancer quelques blogowares.

J’aurais pu prendre l’Hérétique mais il est officiellement du centre. Il est donc à droite mais pas officiellement.

J’aurais pu prendre FalconHill mais c’est aussi un copain de bistro (et plus !).

Je vais donc prendre (au figuré, hein !) Corto qui est aussi un copain, mais de pas de bistro. De blogs, uniquement. Je suis un peu gêné, je l’ai déjà engueulé la semaine dernière mais les blogs sans les engueulades ne seraient plus les blogs. Ce n’est pas un blogueur politique à plein temps mais il lui arrive de faire des billets politiques. Prenez le dernier, par exemple. Il rentre dans toutes les caricatures possibles de la relation de la gauche avec le pognon.

C’est sur le thème : « les gens de gauche n’aiment pas les riches ». Or, personne à gauche n’a jamais dit ça.

Ah ? Si ! François Hollande. Ca a été une erreur grossière pour différentes raisons, surtout de crédibilité de la part de quelqu’un qui touchait, à l’époque, un salaire de député et des indemnités de Maire de Tulle. On ne savait plus où se foutre ! Les bobos sont partis voter pour François Bayrou, parce que merde, quand même, 4000 euros par mois, il faut quand même être pauvre pour trouver ça beaucoup.

Moi, j’aime bien les riches. Surtout pour aller au bistro avec eux : ils règlent l’addition.

Revenons au billet de Corto. Il rentre dans tous les travers possibles. Avant même la première ligne, car le titre du billet est « Cassons du riche, ça passe mieux ! »

« Hier soir, on demandait à Mélenchon de définir ce qu'était un riche. Bien embêté Méluche, il gagne plus avec ses indemnités parlementaires que ce qu'est, pour lui, un riche. »

Méluche n’avait qu’à répondre qu’il n’en à rien à cirer. Je ne vais pas donner de leçon à Jean-Luc, il est un peu plus doué que moi pour la politique. Néanmoins, le jour où la gauche n’aura plus honte du pognon, une page sera tournée. Tiens ! Je vais militer pour DSK, moi (smiley, les DSKiste, smiley, les antiDSKiste, je m’en fous).

« Qu'on se le dise une bonne fois pour toute, ce n'est pas en piquant le pognon aux riches et en le redistribuant qu'on fera des pauvres nettement moins pauvres. »

Il a parfaitement raison : les pauvres ne seront pas ainsi nettement moins pauvres. D’ailleurs, ce n’est pas en augmentant les impôts des riches pour le redistribuer qu’on fera des riches nettement moins riches. C’est vrai quoi ! Imaginer que je joue au loto et que je gagne 50 millions, si j’en donne 20 millions au Secours Populaire, je ne serais pas moins riche. J’aurais 30 millions et je ne sais pas du tout ce que ça représente. Je sais juste que si je le place à 1% par an, il me reviendra 300 000 euros par an. Je peux bien en refiler la moitié aux impôts, il me restera assez pour payer mes bières à la Comète. Cela dit, je n’aurais pas donné 40% de ma fortune mais 40% de mon revenu.

Mais la question n’est pas là.

« Il est évident, qu'ici, je ne parle pas de l'oisif héritier ou de l'heureux gagnant du Loto. »

Ah ! Pardon. Donc on peut les taxer, merci.

« Les riches auxquels je pense, ils ont bossé pour, ils ont créé de la richesse avec leur travail, leurs entreprises, leurs capitaux, leurs intelligences, leurs savoir-faire. »

Ah ! Corto a oublié un détail : leurs salariés. Des mecs qui vont bosser 41,0 heures par semaine (et pas 35, c’est un mythe, Dagrouik en parlait encore hier), c'est-à-dire exactement autant qu’en 1998 et 1,1 heures de plus qu’à la grande époque des 35 heures ; on se demande bien où est la droite du « travailler plus pour gagner plus », d’ailleurs.

Des salariés. Dans le temps, on a appelait ça des travailleurs parce qu’ils travaillaient. Maintenant, on les appelle des salariés : ils ont la chance d’avoir un salaire.

Je propose une chose : que les riches entrepreneurs (pas les riches rentiers, leur cas est déjà réglé ci-dessus, je vous le rappelle) augmentent les salaires de leurs salariés et qu’on n’en parle plus : j’arrêterais de demander qu’on taxe plus les gros revenus le jour où tous les revenus seront corrects.

Nous sommes plongés dans une crise économique qui frise la quarantaine d’années avec un taux de chômage qui frise la dizaine de pourcents. Une telle pression est mise sur la tronche des pauvres gens qu’ils ne peuvent plus prendre le risque de démissionner pour changer de boulot, qu’ils ne peuvent plus demander une augmentation. Ce chômage est entretenu artificiellement parce qui les salariés ont des sous, ils le dépensent, les cons, et ça crée de l’inflation.

L’inflation c’est quoi. Vous avez deux billets de vingt euros. Vous pouvez acheter un kilo de filet de bœuf à 40 euros le kilo. C’est bizarre, les pauvres ne connaissent pas le prix du filet de bœuf. Vous êtes content. S’il y a une inflation de 10%, le kilo de filet de bœuf passe à 44€ et vous ne pourrez plus l’acheter avec vos deux billets de 20 euros. Le pauvre se dira « Ah ! Merde, ça a augmenté, je vais acheter de la bavette ». Le riche, lui, se dira : « Ah ! Merde, mes 40 euros valent moins cher qu’avant. » Z’avez vu, les gens ? L’inflation est plus mauvaise pour les gens qui ont du pognon que pour les gens qui n’en ont pas. Alors si vous augmentez les salaires des gens qui travaillent, ça va être très mauvais pour les gens qui ont du pognon.

J’en avais discuté une fois avec le vieux Jacques, paix à son foie, qui est à la politique ce que le général Bigeard, paix à son âme, est à la danse classique. Il m’avait dit « Mais non, voyons ! Si on augmente les gens et qu’on réduit le chômage, les gens dépenseront plus, ça sera bon pour l’entreprise et l’économie en général. » Outre le fait que les gens vont faire augmenter les trucs fabriqués à l’étranger, « mais non, Jacques ! Si on fait ça, les prix vont augmenter, il y aura une grosse inflation et la valeur du pognon de ceux qui en ont va baisser. » Les riches vont être emmerdé quoi.

Hop ! Un peu de lecture ! « Le rapport sur l’emploi publié par la Commission Européenne montre que la part des revenus du travail dans la richesse nationale est passée de 69,9% en 1975 à 57,8% en 2008. » La part des revenus du travail a perdu 12%.

C’est ce qu’on veut enrailler.

Je ne sais pas si c’est possible, je n’y connais rien. Toujours est-il que les travailleurs sont tenus à la gorge ce qui provoque une explosion des dépenses publiques. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas de gauche, d’ailleurs, a créé une petite vingtaine de taxes nouvelles depuis qu’il est élu. Paf ! La dette. Qui va servir à payer les dépenses publiques, généralement auprès d’entreprises privées, directement ou indirectement (les fonctionnaires dépensent leurs salaires, les bougres), donc enrichir les riches.

Quand on parle de la dette aux blogueurs de droite, il trouve toujours quelques heureux pour dire « Ah ! Oui, les dépenses publiques, c’est mal, c’est un truc de gauche, la dette augmente, on est arrivé à 1500 milliards, tu te rends compte, si on divise par soixante millions de français, ça fait 25 000 euros chacun ».

Moi, je veux bien qu’on divise la dette par 60 millions.

Mais si on pouvait en faire autant avec les produits des entreprises, ça m’arrangerait bien…

On n’en demande pas tant. Juste une meilleure répartition.

Ce n’est pas une question de riche – pas riche. Opposer les gens, c’est bien un truc de droite, ça !

22 commentaires:

  1. "Toujours est-il que les travailleurs sont tenus à la gorge ce qui provoque une explosion des dépenses publiques. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas de gauche, d’ailleurs, a créé une petite vingtaine de taxes nouvelles depuis qu’il est élu" --> Le copain entre autre de bistrot te dit oui, bravo, bien vu.

    Opposer les gens, c'est pas uniquement un truc de droite, puisque les sectaires de gauche le font très bien aussi. C'est juste un truc con...

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  2. "...J’aurais pu prendre FalconHill mais c’est aussi un copain de bistro (et plus !)..."
    ...euh...je te signale qu'il est marié maintenant !
    ;^))

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  3. Ta manière de faire de l'économie l'air de pas y toucher est une sorte de miracle.

    Belle illustration, en sus.

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  4. Comment ? Nicolas Sarkozy n'est pas de gauche ?
    Avec ça, et par-dessus le marché, manquerait plus que Dominique Strauss-Kahn ne soit pas de droite...
    Enfin bref.

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  5. Merveilleux billet.
    Limpide, clair, cristallin, j'ai failli tout comprendre.

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  6. c'est vrai qu'on s'ennuie sans blogowar...:-(
    Je suis obligé de faire mon droitier pour faire office de droite en attendant.
    Tiens, tu connais l'histoire des marins et du tonneau de rhum vide sur un bateau ?
    Au bout d'un moment, on tire au sort pour savoir qui se met dans le tonneau parce qu'il n'y a pas de femmes sur le bateau...

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  7. FalconHill,

    Oui, c'est un truc de con. Mais la connerie de Hollande de 2007 contribue à ce que toute la gauche soit assimilée à une espèce de gauche rétrograde.

    Dedalus,

    Comment ? Je jouerais à l'imbécile ?

    Christophe,

    C'est compliqué...

    MHPA,

    Merci (et relis le billet).

    L'Hérétique,

    Dans ce cas, je préfère que nos relations restent blogosphérique (surtout que pour rentrer dans un fut de bière...).

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  8. Sur le temps de travail tu as raison! sur le temps de travail, la droite culpabilise les français et idolâtre le royaume-uni alors que les cadres sont au bistrot à Londres à 17h! On bosse beaucoup en France.

    Pour les riches faut pas déconner, la gauche n'a rien contre les riches. Elle veut juste moins de pauvres.

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  9. D'un autre côté, si je vais au bistro deux plus tôt que d'habitude...

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  10. Heureusement que tu es là pour défendre la Droitosphère...

    Je vais essayer de rebondir

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  11. Les riches ne paient pas toujours l'addition au bistro. Je ne veux pas délationner, mais très récemment j'en ai croisé des qui laissaient aux autres l'addition après avoir soigné leur addiction.

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  12. Bon je veux bien passer pour la tête de turc ( 2 x en 1 semaine ) mais ca va te coùter bonbon en binouze un de ces jours ! si, si !

    Au moins mes doux billets te font réagir !
    Et pi c'est vrai, me'de alors si les leftblogs ne pouvaient plus s'en prendre aux mecs de droite, gageons qu'on dira que c'est un coup de Sarko !

    allez bisous qd même

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  13. La démonstration est épatante, je suis épaté. Simplement, avec cette histoire d'inflation, il y a un truc qui me chiffonne: il y a eu des cas d'inflation monstrueuse dans le passé, et d'après ce que j'ai compris, ceux qui en ont le plus bavé, ce sont encore les pauvres gens…

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  14. "Dans le temps, on a appelait ça des travailleurs parce qu’ils travaillaient. Maintenant, on les appelle des salariés : ils ont la chance d’avoir un salaire."

    Tu as bien fait de regarder cette vidéo !

    J'ai toujours du mal avec les chiffres, mais avec toi, mes deux neurones de fille se connectent et il se produit comme une sorte de miracle...Merci ! :)

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  15. "le jour où la gauche n’aura plus honte du pognon, une page sera tournée" Oui, en fait, tu es vachement plus doué que moi pour la synthèse, tu as ainsi résumé en 1 phrase mon billet

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  16. Fabien,

    Bah... Y'en a qui payent.

    Corto,

    A la Comète, quand tu veux !

    Le Coucou,

    Ce sont toujours les plus pauvres qui trinquent, évidemment ! Mais prends du recul. Si un mec qui n'a rien en perd la moitié à cause de l'inflation, ça lui fait une belle jambe !

    Isabelle,

    C'est rare.

    CC,

    Vive cette vidéo !

    Corto,

    Peut-être mais sans explication, cette phrase ne veut pas dire grand chose.

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  17. L'inflation ne touche pas plus les riches que les pauvres. Elles touchent ceux qui sont éloignés de la production de biens matériels. Donc le salarié du tertiaire par exemple; les médecins, les avocats, les vendeurs de chaussures etc...

    Le cas d'école étant l'inflation sous la république de Weimar, où il valait mieux bruler le papier monnaie de suite pour se chauffer que de perdre son temps à aller acheter des buches de bois.

    Les paysans, par exemple, en ont très peu souffert.

    Pour ce qui est d'opposer les gens, ce n'est ni bien ni mal. Juste nécessaire parfois.
    Ne pas vouloir reconnaitre un ennemi est en général suicidaire.
    Encore une question de jugement sur une situation en particulier.

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  18. Paul,

    La question n'est pas de savoir qui est touché par l'inflation mais d'admettre que la lutte contre l'inflation fait des dommages collatéraux.

    Par ailleurs, l'ennemi n'est pas le riche. Quelle que soit la manière dont on définit un riche (plus de 4000 euros par mois, comme Copé et Hollande à une époque), ils ne représentent que 1 à 5% de la population, donc des électeurs...

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  19. Bravo !
    :-)

    [C'est vrai, mes parents achetaient du bœuf une fois par semaine. Moi, jamais et depuis un bout de temps. Est ce que quelqu'un a déjà tracé une courbe de l'évolution du prix de la viande par rapport au temps de travail nécessaire pour s'en acheter un kilo ? Ce serait intéressant ! :-) ].

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  20. Ca fait grossir, ils avaient raison.

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