23 avril 2013

Pour tous !

La loi devrait être votée vers 16h15. C'est un grand jour ! Les blogs militants vont célébrer ça. Il serait peut-être prudent de déserter internet… Pourtant la fête est légitime après tout ce qu'on a connu. Le débat n’est pas encore terminé. Il reste des manifestations, le passage au Conseil Constitutionnel, la promulgation de la loi, les premiers mariages…

Il faudrait qu’on tire un bilan de ces six mois. Mon confrère Sarkofrance se lance dans l’exercice. Il dit : « Le mariage homosexuel est un progrès. » Je ne sais pas. J’en ai marre de combat entre les progressistes et les réacs. C’est au nom du progrès que Nicolas Sarkozy a fait un tas de réforme visant à nous faire travailler plus.

Je ne considère pas le mariage comme un progrès. C’est une vieille institution dépassée, pour beaucoup. Alors le mariage homosexuel, heu… Ce que je sais, c’est que des copines et des copains homosexuels veulent se marier. Dorénavant, ils le pourront. Je suis content pour eux.

Un certain nombre d’acteurs contre ce mariage ont perdu beaucoup de crédibilité notamment parce qu’ils se sont lancés dans un combat perdu d’avance mais ça ne m’empêche pas d’éprouver un peu de tristesse pour tous ceux qui se battaient pour une vision de la famille. Aussi, je regrette certains propos très durs de ceux qui se battaient pour le mariage.

Il fallait que les couples homosexuels aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels mais une institution est "tombée". Le mariage n’est pas un but en soi. Le but est de permettre de bénéficier des droits qui vont avec. On aurait du se poser plus la question de savoir si le mariage avait encore quelque chose à faire dans notre Code civil.

Je regrette aussi l’amalgame fait par les opposants entre les différents sujets connexes, tels que la gestion pour autrui (mères porteuses, GPA), la procréation médiale assistée (PMA) ou l’aide médicale à la procréation (AMP). Les débats viendront. Peu de gens sont favorables à la GPA. J’y suis opposé. Je ne sais même pas s'il faut un débat dans la mesure où l'on connait l'issue : la GPA ne sera jamais acceptée. Pourtant, il faut débattre de tout : des homosexuels veulent la GPA pour pouvoir procréer.

La PMA est un autre sujet. Je ne vois pas comment on pourrait empêcher une femme de « recevoir » du sperm de quelqu’un… Le débat devra porter sur son remboursement par la sécurité sociale, sur la différence entre la PMA pour lutter contre la stérilité et la PMA pour « convenance personnelle ».

Le débat devra avoir lieu en dehors des traditionnels clivages droite – gauche parce que le sujet n’est pas là…

Le débat aura lieu.

Dans l’attente, je pense bien fort à mes copains homos qui attendaient ce jour avec impatience.

21 commentaires:

  1. Au sujet de la PMA... vaste débat.
    Entre ceux qui pensent qu'elle doit être remboursées presque sans condition, ceux qui se demandent pourquoi rembourser la PMA de femmes qui n'ont pas voulu se dépêcher d'avoir des enfants, ceux qui ne voudront pas payer la PMA des lesbiennes fertiles, et moi qui ne comprend pas pourquoi les PMA sont à la charge de la solidarité nationale...
    il est bien barré le débat !

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  2. Excellent billet.
    Juste une nuance, mais au fond de taille sur "mais ça ne m’empêche pas d’éprouver un peu de tristesse pour tous ceux qui se battaient pour une vision de la famille".
    Depuis 1955 : Convention internationale sur la liberté du consentement au mariage (!!!), en passant par 1965, réforme des régimes matrimoniaux,1971, réforme de la filiation (les enfants "naturels" et les enfants "légitimes" ont les mêmes droits, mais pas les enfants "adultérins" !!! pour eux il a fallu attendre encore de nombreuses années),en passant par toutes les réformes qui ont fait passer de la "puissance paternelle" à l'autorité parentale à droits égaux entre le père et la mère ...et j'en passe encore beaucoup, nous sommes nombreux à avoir sollicité le législateur pour faire évoluer une "vision" de la famille comme première cellule d'enfermement et d'opression de la société !
    Je me souviens d'un Colloque,organisé par l'Unité de Formation de la Fondation pour l'Enfance - présidente d'honneur Annémone Giscard d'Estaing ! - qui avait pour thème : "Où sont passés les pères ?" Car en même temps que les pères disposaient de la "puissance paternelle" ils étaient les grands absents de la vie des enfants, sauf pour les tyranniser une fois qu'ils devenaient de jeunes adultes !
    Et combien d'entre eux flanquent leurs fils homos dehors ...
    Alors la vision de la famille "papa-maman-la bonne et moi" ...
    Je me suis mariée une fois, je ne recommencerai jamais ... mais que chacun puisse le faire s'il le souhaite et soit mieux capable que moi de choisir autre chose qu'un con ou une conne ...C'est tout le bonheur que je souhaite aux futurs mariés homos ... Et déjà je suis invitée à un mariage ! Yeesss !

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    1. Oui. Mais on ne peut obliger les gens à changer de vision.

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    2. Bah, peut-être que si ... y'a des familles où l'enfant homo est conduit chez le psychiatre,éduqué à l'idée qu'il a besoin d'être "réparé" ...
      Y'a des familles où le frère bat sa soeur parce qu'elle ne veut pas "lui faire à manger" ou "nettoyer sa chambre" ...où il la bat aussi si elle veut sortir, lui confisque son portable ..
      Si,il est important de faire évoluer les visions, pas arbitrairement, mais sur la base des principes qui fondent notre République : l'égalité, la liberté, la "fraternité" qui peut se reformuler en "principe de bienveillance" dans la famille - et c'est pas gagné ! - sur le lieu du travail, dans les services publics qui accueillent du public, dans les écoles ...
      Bz

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    3. Oui. Mais ça bouge doucement, étape par étape. Il ne fait pas forcer les choses. On doit avoir de la compréhension mutuelle.

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  3. Les députés se mettent en quelque sorte sur leur 31...

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  4. Une chose que demandent les homos, c'est la responsabilité conjointe des enfants que déjà leur couple a de facto : actuellement seule l'un des deux l'a. Cela ne coûte rien à la société. C'est une chose qui "va de soi" en cas de remariage, sans aller de soi "in re". Cela suppose aussi qu'un des géniteurs, par la même occasion, perde cette responsabilité. Pour ceux qui ont défilé ces jours-ci, ce sera un rude coup.

    C'est Jean-Paul Pouliquen qui m'avait parlé de cette disposition essentielle, et dont on ne parle guère. Il y a une dizaine d'années, nous faisions beaucoup de bruit sur les forums de Libé sur des questions sociétales de ce genre.

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    1. Oui. On débat beaucoup de bêtises sans s'occuper des questions essentielles.

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    2. Il n'y a rien de plus important, en fait.

      L'adoption "classique" (donc pas celle du conjoint) ils n'y auront pas accès. Il y a trop peu d'adoptables en France, et la plupart des pays étrangers refusent (déjà) de laisser adopter un enfant par un couple homo.
      Donc le plus important, le plus préjudiciable, c'est de laisser le droit d'adopter l'enfant de son conjoint. Donc les situations existantes, en fait. Le droit ne fera que s'aligner sur la réalité.

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  5. Ils vont peut-être relancer les mariages, tiens.
    A part ça, ça a assez duré et ouf!

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  6. Une bonne chose de fait. Quant a l'amalgame avec PMA-GPA, j'ai beau etre pour le mariage home, j'aimerais bien voir plus d'arguments contre leur litanie de la 'porte ouverte/effet domino' avec la CEDH, parce que dire que "c'est un autre sujet" ne suffit pas. Quelqu'un a des liens a proposer pour demonter leurs assertions a ce sujet?

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    1. Si. Ça suffit. Ce n'est pas à qu'il faut démontrer mais au grand public.

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    2. Je ne disais pas que c'etait ton job, je voulais dire que le gouvernement peut nous dire "on ne legalisera pas la GPA pendant ce quinquennat", ca vaut autant que "on ne fera pas de TVA sociale", "on sera a 3% en 2017", "on n'augmentera plus les impots", etc. Je suis partisan de faire bien les choses du 1er coup (on prend son temps et on cadre correctement mariage-adoption-PMA-GPA) plutot que de bricoler un truc et dire "on verra la suite plus tard, c'est un autre sujet", le meilleur moyen de se prendre des consequences imprevues en travers de la g...

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    3. Non. Si on avait mêler la GPA et la PMA au sujet, ça ne serait pas passé.

      Les deux derniers sujets ne concernent les homos qu'à la marge. Par exemple, tu as la PMA de confort (entre guillemets !) qui permettra à une femme ménopausée d'avoir un môme. Est-ce souhaitable ? Tu as les couples stériles qui voudraient profiter de la GPA...

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  7. Au delà de cette juste reforme , c'est le combat pour l'égalité générale des droits qui reste l'otage d'une France archaïque et moisie. Bref il y a encore du boulot !

    mais gardons le sourire :-)

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  8. Je vois, dans toute cette émotion provoquée par la légalisation du mariage homo (qui n'est pas "le mariage pour tous"...) et face aux débats sur la PMA et la GPA qui sont devant nous, un refus désespéré d'admettre les profonds changements de la famille et de la procréation que cette loi (et celles à venir) ne font et ne feront qu'acter a posteriori; une sorte de "C'était mieux avant, je voudrais que tout soit resté comme avant": trop tard, Frigide, et Hollande n'y est pour rien...

    Un peu comme son pendant de gauche : "Je voudrais que la mondialisation n'ait jamais eu lieu, revenons aux Trente Glorieuses": trop tard, là aussi.

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