04 avril 2020

#Confiné Jour 19 - De la plume pour le masque


De l'urgence du déconfinement
En ce soir du dix-neuvième jour de confinement, on peut le dire avec une certitude bon enfant : nous en sommes à la première moitié du troisième week-end. On va pouvoir dire que le temps passe presque vite. Je n’ai pas vu passer ces quatorze jours de travail à la maison et ces cinq jours de glande. Si je les compte, ce n’est que pour le dire. Ça m’amuse toujours de plus en plus comment on peut prendre de nouvelles habitudes, de nouveaux rythmes. On le constate notamment au fil des discussions que l’on peut avoir avec des gens qui racontent la même chose : ils s’adaptent.

Je ne vais pas trop en parler sauf au travers de deux petits exemples, le premier est que j’ai arrêté le café et que je ne déjeune plus le matin. Je ne déjeunais déjà plus que lors de mes séjours en Bretagne mais, la semaine, je prends au moins un café en arrivant au bureau et un après le repas, voire un autre vers 16h. Là, presque trois semaines sans café. Et sans bière, d’ailleurs. Le deuxième est que ça fait plusieurs jours, vers 16 heures, où j’ai envie d’un encas alors que je ne prends plus de dessert le midi. Aujourd’hui, j’ai craqué. Tout est sûrement lié mais je n’arrive pas à tout piger.

A midi, j’avais un rendez-vous téléphonique avec une copine des réseaux sociaux que j’avais rencontré, dans la vraie vie, lors des meetings de François Hollande en 2012 et qui était venue deux ou trois fois à la Comète depuis. On a papoté une bonne demi-heure. Cela fait partie des nouvelles habitudes que j’apprécie. Prendre rendez-vous pour se causer pour éviter, ainsi, de prendre le risque de déranger l’autre. Je procède ainsi, pour le travail, depuis longtemps. Et même pour les aspects personnels, j’essaie de téléphoner à heure fixe, quand je peux, pour les conversations badines. Ainsi, ça fait des années que j’appelle ma mère entre 18 heures et 18h30, tous les deux à quatre jours en période normale et tous les jours en cas de maladie… ou de confinement. Toujours est-il que c’est la première dois que je discute aussi longtemps avec une personne depuis le début du confinement.

Vers 16 heures, j’ai profité de la nécessité de sortir les poubelles pour aller prendre le soleil, dehors. J’ai croisé un voisin, un type plus âgé que moi d’une vingtaine d’années peut-être que je connais depuis que j’habite là (25 ans). C’était la première fois (beaucoup de premières fois, aujourd’hui) que nous avons une vraie discussion, même si elle n’a duré que quelques minutes. C’est la première fois que je discute au-delà des formules de politesse avec quelqu’un « de visu » depuis ces presque trois semaines.

Il m’a appris que les flics avaient collé une amende à la gardienne parce qu’elle avait sorti les poubelles sur le trottoir de la nationale sans être munie de l’attestation ! On marche sur la tête. Le gouvernement devrait revoir ça. On devrait avoir le droit d’être à 200 mètres de chez soi sans avoir à remplir un papier et les policiers devraient faire preuve d’un peu plus de discernement. Une dame qui pousse des containers dans la rue dans un quartier comme le nôtre ne le fait pas par plaisir !

A propos de déconfinement temporaire, il y a deux informations. Je parlais de la première hier : une application sur smartphone sera bientôt disponible pour remplacer l’attestation. Elle est bien moins dangereuse que je ne le pensais. Il n’y a pas de base de données centralisée. J’appelle néanmoins tous les gens qui ont une imprimante à ne pas l’utiliser dans un premier temps (seulement, le temps de voir venir). Je n’ai pas d’imprimante…

La deuxième est que le port du masque devient recommandé, ce qui est logique, mais met à mal toute la communication du gouvernement qui expliquait jusqu’alors qu’il ne servait à rien sauf pour les soignants. Ce sont vraiment des ânes. Cela aurait été plus simple de dire qu’il n’y a pas les stocks suffisants et qu’ils sont réservés aux soignants puis aux gens qui travaillent. Cette fois, ils avouent ouvertement qu’il ne faut pas les croire.

Pour ma part, je me demande où on va pouvoir en acheter… C’est un vrai sujet et j’en débattais aujourd’hui dans Facebook.

Ce port du masque laisse entrevoir un espoir de sortie du confinement mais ne nous emballons pas. A part certaines professions, on ne peut pas s’organiser avec ce machin. Je vais faire comment pour manger à la cantine si je dois porter un masque ? Et répondre au téléphone ? Et surtout boire une bière ? Donc la réouverture des bistros n’est pas pour demain. Ou alors, il faudra organiser des tours de picole. « Hé ! Roger, c’est à toi d’enlever ton masque pour boire une gorgée ! » « Marcel, n’oublie pas d’aller fumer cigarette, ça va être le tour de Maurice. » J’imagine s’il faut déployer des flics pour vérifier que les consignes sont bien respectées.

Un déconfinement ne pourra être possible que quand on aura des tests fiables et des médicaments qui fonctionnent un peu.  Ça viendra. Gardons le moral.

Le voisin que j’ai croisé m’a dit que j’avais bien maigri. C’est le constat que je m’étais fait. Il y a sans doute une conséquence des trois semaines sans bière mais aussi le fait que je ne mange pas trop alors que, en temps normal, je peux être une espèce d’ogre. Je me force à ne pas finir les plats, à ne pas préparer des quantités gargantuesques,… Je ne bouffe presque plus de patates. Je ne mange plus d’entrées, de pâtisseries,… Un plat, un laitage, deux fois par jour, et basta !

Néanmoins, je viens d’effectuer un troisième virage alimentaire en trois semaines. En début de confinement, j’avais acheté des barquettes de plats préparés à réchauffer au microonde. Celle que j’ai l’habitude d’ingurgiter le soir quand j’ai fait un vrai repas le midi. Peu après, j’ai commencé à acheter des trucs que j’aime bien « cuisiner » (des rizottos, des sautés voire des salades de pâtes). C’est aussi lassant (préparer pour une personne, ne pas avoir les conditions et tous les ingrédients pour le faire). Du coup, hier, j’ai acheté des produits que je n’achète jamais, rien d’original (ce midi, escalope de veau avec des pommes dauphines surgelées ; ce soir, salade de pâtes au chèvre avec du jambon et des échalotes. Et un peu d’ail pour faire fuir le covid).

Je n’ai pas trop regardé l’actualité coronavirussienne aujourd’hui mais j’ai vu qu’il y avait eu une espèce d’attentat islamiste ce qui prouve que le virus n’arrête pas les cons. Néanmoins, devons-nous plaindre les terroristes ? Le confinement empêche les attroupement et rend difficile les massacres de masse.

Un dernier détail. Hier, j’ai fait un peu de marche, la première fois depuis longtemps. Du coup, le soir, j’étais épuisé (et aujourd’hui j’ai un peu mal aux guiboles) et je me suis couché encore plus tôt que d’habitude (ne regardant jamais la télé, il m’arrive fréquemment d’aller au pieux vers 21 heures s’il n’y a pas bistro). Je me suis donc réveillé très tôt, genre cinq heures. A 7h, malgré le week-end, je me suis mis au boulot. A 11h15, j’ai reçu un message de mon directeur (qui était un simple collègue de bureau il y a quinze ans, nous avons des relations amicales, d’autant que je le connaissais déjà avant). Il m’a dit : « ça va ? Qu’est-ce que tu fais, connecté un samedi ? » Microsoft Teams a un côté big brother ahurissant. Je lui ai répondu : « et toi ? » (puis nous avons papoté cinq minutes).

Parmi nos décideurs, il faudrait prendre en compte plus sérieusement le cas des gens en télétravail (je veux dire ceux qui ont la chance de pouvoir l’être, je demande donc un privilège supplémentaire, j’en suis pleinement conscient mais, cela étant, je passe mes journées seul à la maison). En principe, avec les RTT, on a 39 heures à faire par semaine (c’est plus compliqué que ça, on a les RTT et je suis cadre au forfait), disons 40. En confinement, ne pourrions-nous pas faire six heures par jours, sept jours sur sept ? Cela changerait quoi ? Et le week-end prochain, pour Pâques… Ne pourrions-nous pas officiellement bosser et  gagner un jour de RTT à prendre dans l’année ?

C’est trop tard pour sortir pour acheter un masque ? Aussi bien, demain, il sera obligatoire d’avoir un masque pour sortir acheter un masque… Ils sont cons.

15 commentaires:

  1. Tu poses des bonnes questions sur le télétravail. Je t’enverrai un texte que j’ai pondu qui a un impact sur nos négociations internes...

    Sinon je me suis jamais autant rasé depuis le confinement. J’ai eu du bol : j’ai été au coiffeur le soir de l’intervention de Macron (celle avant les municipales)

    Sinon je serai Bon Jovi...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas allé chez le coiffeur depuis août. Je me rappelle, c’était le jour du retour de ma soirée chez les Goux.

      Supprimer
  2. Les cons dont vous parlez ce des terroristes en fait.
    Les vrais cons ce sont ceux qui permettent que de telles personnes se trouvent sur notre territoire.

    RépondreSupprimer
  3. Maigrir en confinement ! Belle performance, si j'en crois ce que je lis ici là

    RépondreSupprimer
  4. Grosse rrreur pour le café: il est prouvé qu'il a un effet préventif sur le Parkinson dès la dose de 3 tasses par jour ( évidemment, des tasses serrées, pas du Mélita !).

    RépondreSupprimer
  5. Ça craint Loudéac...

    https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2020/04/04/un-homme-retrouve-larde-de-50-coups-de-couteau-un-suspect-arrete

    RépondreSupprimer
  6. Mélanger dans un même plat l'échalote et l'ail ? Pas convaincu du tout…

    RépondreSupprimer
  7. Eh bé, il s'en passe des choses à Loudéac! "Bretagne : Un homme passe aux aveux après la découverte d’un corps lardé de coups de couteau
    ENQUETE La victime avait été retrouvée à proximité de son domicile le 28 mars à Loudéac, dans les Côtes-d'Armor"

    RépondreSupprimer
  8. Ce sont des ânes. Nos gouvernants éprouvent les limites de la communication. Tiens, j'ai pondu mon premier billet politique, ça s'arrose. À propos vous avez fait des Kdb en visio ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On en a fait un, le week-end dernier. Pas vu ton billet. J’y fonce.

      Supprimer
  9. Depuis le début de l'épidémie en France, il y a environ 1 mois, elle y a fait environ 6500 morts.

    En 1958, la grippe de Hongkong a fait 25 000 morts en France en un seul mois : et il n'y avait pas autant de gens dans les EPHAD.

    Mais il n'y avait pas Internet, il n'y avait pas des informations anxiogènes et contradictoires toutes les 30 secondes, il n' y a pas eu de confinement, on en a assez peu parlé... Et aucun mort n'a protesté ! Si bien que ça n'a laissé presque aucun souvenir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis d'accord. Sans être formel. On fait peut-être une montagne pour rien...

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.