05 avril 2020

#Confiné Jour 20 - Soignons le covid avec des échalotes confites

Echalotes : une recherche à la pointe... du goût
Rein que ça !

En ce vingtième jour confiné, j’ai enfin trouvé des raisons valables pour tenir ce journal : ça m’occupe une bonne heure (je n’en ai pas vraiment besoin mais réveillé à six heures, ce matin, je vois qu’il est presque une heure, j’ai donc passé cinq heures avec mon iPhone, que ça soit dans les réseaux sociaux, au téléphone ou dans des jeux) et ça m’oblige à réfléchir sur moi (voir la parenthèse d’avant…). Du coup, je commence à rédiger mon billet du jour dès midi, pour une publication vers dix-neuf heures.

J’ai eu un coup de fil du vieux, ce matin. Il tient son journal, aussi. Autant inutile que le mien, pour vous dire qu’il est bien ! Ca fait du bien, ces appels, constater que des gens pensent à vous et tout ça. Ce n’est pas que j’en doute mais je téléphone moi-même très peu, je n’ai pas le réflexe, sauf pour ma mère (et un collègue de travail, allez savoir pourquoi…). Je me rappelle de la mort de la sœur de ma grand-mère, il y a plus de vingt ans, peut-être trente. Je l’ai appelée (pas la sœur… Allo, de là ?) et me suis rendu compte que je ne l’avais pas fait depuis très longtemps et que j’étais un gros con. Je la voyais tous les deux ou trois mois mais c’est tout.

Du coup, j’ai appelé Odette, tiens !, vers 13h30. Patrice m’avait appelé vers 11h30. Yann (j’en reparle plus loin) à 10h45. Je vais devenir une vraie pipelette, moi. Sans compter les SMS avec les quelques potes…

J’ai un peu discuté avec Seb Musset dans Facebook (et d’autres copains). Lui aussi tient son canard. Je me demande s’il ne fait pas encore plus long que moi… Comme quoi, les réseaux sociaux sont quand même importants pour vaincre l’isolement. C’est bien ce dernier qui pèse, pas l’ennui. On s’occupe toujours…

Le week-end prochain sera long : c’est Pâques. Mais on sent venir le déconfinement partiel pour un peu après, au moins dans quelques régions. C’est un peu l’avis des copains (qui s’y connaissent largement aussi peu que moi) et c’est ce qu’on ressent en lisant les journaux. Il encore laisser respirer l’hôpital quelques jours… Disons deux semaines. Si j’ai bien compris nous aurons développé une immunité mais il faut encore plus de gens chopent le virus pour améliorer la « couverture ». Le déconfinement est nécessaire pour qu’une partie conséquente de la population soit immunisé et que le virus cesse. Il y a beaucoup de polémiques, donc, sur la nécessité de ce confinement. Le gouvernement fait tellement de conneries qu’on dirait qu’il a confiné par erreur. Je ne crois pas. Je n’en sais rien.

La première connerie (mais je crois que je radote et l’ai déjà dit dans mon billet d’hier) est la communication. Ils nous ont dit que les masques ne servaient à rien surtout qu’on les portait mal mais ils disent maintenant que c’est recommandé. C’est extrêmement maladroit et toute confiance a disparu. Je pense et j’espère qu’ils vont le payer cher même si leur stratégie, que l’on devinait la bonne dès le début (un ou de mois à rester à la maison) s’avère la bonne. Ils n’avaient qu’à le dire. Déjà, dès le départ, c’était mal entamé. Macron qui fait son discours le jeudi, Philippe qui annonce la fermeture des bistros le samedi et Macron qui nous dit le dimanche qu’on sera confinés. C’était pas plus simple de dire dès le jeudi « Bon, les gars, ça va chier, on va mettre en place le confinement dès lundi soir pour une durée de quatre à six semaines et arrêter toute l’activité économique non essentielle, les commerces alimentaires resteront ouverts, ce n’est pas la peine de faire du stock de PQ, imbéciles. Il faut que les masques soient utilisés par les soignants puis par les lascars qui bossent dans des activités essentielles mais après, quand le coup de bourre sera terminé à l’hosto, vous pourrez sortir, avoir des masques,… » ?

Denis parle de ça, aussi, et explique toute l’incompétence de ce gouvernement. Il ne tient pas de « journal », contrairement, par exemple, à Hiéléna, qui, comme moi, se pose des questions. A quoi bon écrire si on n’a rien à dire ?

Je remets progressivement à jour mon agrégateur de flux et ma bloguerolle, avec des gens comme elle, le Petit bonhomme, Il y avait eu l’arrêt de Google Reader qui m’avait fait perdre plein de blog sans compte que j’avais moi-même bien diminué ma fréquentation de la blogosphère. C’est plaisant de retrouver les copains…

Je ne fais pas que ça, jouer, lire, bloguer, je pense aussi beaucoup à mes copains patrons de bistros, aux serveurs et à tous ceux au chômage technique. On est dans une crise sanitaire mais elle va se poursuivre par une crise économe (pas nécessairement énorme ou durable, je pense que les Etats vont larguer de l’oseille) et, surtout, une crise sociale pour ceux qui n’auront pas eu de revenus pendant deux mois, qui auront des loyers en retard, ce qui n’auront vu personne de la famille pendant longtemps, ceux qui auront à faire le deuil des disparus de la crise, ceux qui auront une nouvelle vie à mettre en place, ceux dont l’employeur aura fermé boutique, ceux qui auront fermé boutique,…

Sans compter les andouilles comme moi qui devront se réhabituer à la bière et aux transports en commun. Tiens ! Ma boîte aurait dû déménager en juin (ce n’est pas très loin des anciens bureaux mais ça ne m’arrange pas. A la limite, je mettrai moins de temps mais avec deux  changements en plus : deux métros remplacés par un bus, un tram et deux RER). Je suppose que l’opération sera reportée à la rentrée.

Notons qu’avec la période actuelle, ça parait surréaliste de penser qu’à un moment, il faudra que je prenne un bus jusqu’à porte d’Italie, le tram jusqu’à Cité Universitaire, le RER B jusqu’à Chatelet et le RER A jusqu’à Nanterre Préfecture.

Revenons sur terre. Après déjeuner, j’ai essayé de faire la sieste. Rien à faire. Du coup, je suis allé prendre le soleil, dehors. J’ai compté, il y a 105 pas entre pas la sortie de l’immeuble et le trottoir de la Nationale. J’ai fait deux fois l’aller-retour. Soit 420 pas. On va dire que j’ai fait 300 mètres. Sans cette attestation débile. Je dis bien débile car elle n’est composée que d’un verbiage administratif très chiant à recopier. En plus, Patrice m’a dit que l’entrée du parking de chez Leclerc donnant sur la place piétonne où j’habite, je pourrais facilement faire des courses sans m’en munie. Elle est débile aussi parce que des gens qui ont une imprimante pourraient sortir quand ils le veulent ne serait-ce que pour acheter une bière. Tous les gens qui se sont fait verbaliser auraient pu passer au travers avec un simple bout de papier. Elle n’est pas dissuasive sauf, peut-être pour des imbéciles. Je n’abuse pas des sorties pour trois raisons. 1. Je ne veux pas chopper le truc. 2. Je ne veux pas contaminer quelqu’un si je l’ai. 3. Même si je doute de plus en plus de la stratégie du gouvernement, on ne peut que respecter les consignes parce qu’il est quand même conseillé par des gens plus compétents que moi et il faut faire preuve de solidarité nationale. Respecter les consignes, quoi !

Cet après-midi, j’ai préparé des échalotes confites pour ce soir. Une idée que j’ai eue pour mon repas de demain alors je vais goûter. J’ai regardé Internet et ils y a des conseils contradictoires. Certains affirment qu’il faut du sucre en poudre. D’autres estiment qu’il n’en faut surtout pas. D’autres sont péremptoires : il faut du vin blanc, non ! il faut du rouge, surtout, il faut du vinaigre balsamique. Du beurre ! Non, de l’huile. Il faut laisser cuire longtemps, non ! Il faut arrêter quand l’eau qu’on aura ajoutée sera évaporée. Il faut faire dorer les échalotes dans la matière grasse avant d’ajouter le liquide. Mais non, il faut mettre l’eau tout de suite.

J’ai donc improvisé. On verra à l’autopsie. J’ai mis dans une casserole de l’huile, du beurre, du vinaigre balsamique, du poivre. Pendant ce temps, j’ai épluché les échalotes et les ai coupées en gros morceaux. Quand le beurre était fondu, j’ai mis les échalotes dans la casserole, j’ai laissé un peu puis réduit « le gaz ». J’ai attendu un peu et j’ai mis deux verres d’eau. Je vais laisser cuire une bonne heure à feu très doux non sans goûter de temps en temps. Et s’il faut, il y aura une deuxième heure et j’ajouterai de l’eau.

Non mais sans blague. Je vous raconterai en commentaire. Pour l’instant, au bout d’un quart d’heure de cuisson, ça semble parfait.

19 commentaires:

  1. D'accord avec vous, quant à la paperasserie : que vaut une attestation que l'on peut se faire à soi-même sans aucun contrôle d'aucune sorte ?

    Deplus, je me disais qu'un type qui aurait décidé de passer toute sa journée dehors pourrait très bien le faire, en se munissant de 12 attestation, qu'il remplirait soigneusement au fur et à mesure que les heures s'écouleraient.

    Je le répète : je crois que nous sommes en train de tous devenir fous.

    Ou bien nous étions déjà en pleine démence, et le petit Chinois agit comme un merveilleux révélateur.

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  2. il faudra que je prenne un bus jusqu’à porte d’Italie, le tram jusqu’à Cité Universitaire, le RER B jusqu’à Chatelet et le RER A jusqu’à Nanterre Préfecture.

    Achète-toi un diesel...

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    1. Non. Je ne pourrais plus picoler dans les bistros proches du bureau. Et le temps de transport est rédhibitoire.

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  3. Entre nous tu es de ceux qui écrivent vite, ça doit te prendre moins de temps. Mais toujours aussi sympa à te lire.

    Je t'écris et après je vais lire le billet. Mais la photo et le titre me plaisent.

    J'espère que tu vas bien.

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    1. Rappelle toi l’époque où je faisais cinq ou six billets par jour. Tout le monde pensait que j’y passais mes journées...

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    2. Tu sais juste te servir très bien de la reconnaissance vocale.
      Non ?
      Mais parfois la reconnaissance vocale nous trahit, c'est pourquoi il faut se relire.

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    3. Non, abruti. J’ai une formation en dactylo.

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    4. Tu ne peux pas t'empêcher de mettre des mots en trop dans tes réponses...
      Une dactylo se ferait virer pour moins que ça !

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    5. Tu peux aussi apprendre à écrire.

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  4. Cette manie des formulaires en France est franchement pénible, cette forme de coercition bureaucratique kafkaienne.

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  5. Je n'ai aucune compétence en ce qui concerne les échalotes confites ...
    Crois bien que je le regrette !
    C'était juste pour te faire un petit coucou en passant.
    Prends bien soin de toi.

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  6. Dommage qu'on finira bien par trouver un vaccin plus ou moins efficace... Sinon,la société finirait bien par devoir s'adapter au COVID-19 et au confinement: transformation de tous les emplois et tous les enseignements et réunionnites en télétravail dont on perfectionnera les méthodes, à quelques rares exceptions près, exercices physiques en remontant et descendant son escalier, développement de la télémédecine, démolition des prisons ( le confinement suffira ), télésexualité, etc.

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  7. "Comme quoi, les réseaux sociaux sont quand même importants pour vaincre l’isolement. C’est bien ce dernier qui pèse, pas l’ennui. On s’occupe toujours…"

    Pas mieux

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