02 décembre 2006

Je boursicote

L’action EDF a terminé vendredi 1er décembre à 50€95 avec une augmentation de 5,27% hier. Rappelons que nos braves Breton, Villepin Honnêtes comme tout on mit ça en bourse il y a un an à 32 €… D’habitude le BHV est plus cher.

Soit une augmentation de 60% (un petit peu moins, j’avoue : 59,21%, ne commencez pas à chipoter).

Il faut suivre la bourse. C’est rigolo. Je suis actionnaire d’EDF. Heureusement.

C’était la première leçon de mon manuel de boursicotage en 2356 leçons. Ce qu’il faut en retenir : quand il y a une privatisation organisée par un gouvernement de droite : il faut investir. Le prix d’introduction est largement inférieur à la valeur de la boite, ce qui permet aux riches de s’en foutre plein les poches sur le dos des contribuables.

Sur ce prix d’introduction, avec les pauvres et les riches, il y a d’excellentes plaisanteries à réaliser. Magnanime, je vous laisse les commentaires pour cela.

Quand une privatisation est organisée par un gouvernement de gauche, il faut boycotter. La gauche n’a pas à privatiser.

M’enfin, d’une manière générale dès qu’il y a introduction en bourse – plus de commentaire maintenant – vous devez vous y précipiter : ça augmente toujours après. Sinon ça découragerait nous autres classes moyennes boursicoteuses à confier notre argent aux riches.

Courrez acheter du NATIXIS, mais c’est peut-être bien trop tard ! Moi c’est fait.

Revenons 3 secondes sur EDF. Cette augmentation a lieu le jour de l’annonce par le conseil constitutionnel du report après les élections de la privatisation de GDF et de sa fusion avec Suez. Ca arrange bien tout le monde du monde. La gauche ! On pourra annuler la vente. La droite ! Ils ne seront pas accusés d’avoir bradé les bijoux de famille et pourront le faire tranquillement s’ils sont élus, ce qu’ils espèrent toujours. Le patron de GDF ! Qui pourra conserver son siège… (c’est le patron de Suez qui aurait été patron du nouveau truc). Nous n’allons pas faire l’historique du dossier GDF, des promesses de Nicolas Sarkozy, de la menace ENEL, du patriotisme économique, des députés UMP qui hésitent, du passage en force pendant une session extraordinaire à l’Assemblée, la photo de Jean-Louis Debré avec les amendements, … Tout cela nous prouve encore une fois l’incompétence totale du gouvernement.

Parlons maintenant d’EADS. Je suis actionnaire d’EADS. Pour ceux qui ne connaissent pas EADS, c’est la maison mère d’Airbus et d’un tas de truc. Si vous ne connaissez pas Airbus, c’est un des deux premiers constructeurs d’avion au monde. Si vous ne savez pas ce qu’est un avion, je ne peux plus rien pour vous. Vous pouvez quitter le blog maintenant.

Pour information, sachez qu’hier EADS a pris 2,97%… soit à peu près ce que prend un livret A par an. Je traduis : j’ai placé mes économies en bourse sur EADS pendant une journée, j’ai gagné autant de pognon qu’un pauvre pendant un an avec les outils d’épargne qu’il connaît un peu. Ce n’est que justice. Les pauvres n’ont pas à avoir d’économies à placer.



Tout le monde a entendu parler des déboires d’EADS et de l’A380. Comme vous êtes sympathiques, je vais illustrer ce billet avec la courbe d’évolution de la valeur d’EADS sur 3 ans que les messieurs de www.boursorama.fr ont eu la gentillesse de me prêter.

Donc l’Airbus A380 est annoncé avec un ou deux ans de retard, ce qui va coûter des milliards à Airbus. Donc le cours s’effondre entre avril et août. S’effondre, c’est une façon de parler, il revient à son niveau du début de 2005.

EADS et un géant mondial qui outre l’A380 construit des A318, A319, A320, A321, A330 et A340, voire l’A400M, par sa filiale Airbus, construit aussi des avions de guerre, des hélicoptères, des fusées, satellites, bref un tas de machins dont on sait à peine à quoi ils servent.

Alors ! Croyez-vous vraiment qu’un géant comme EADS puisse perdre 30 % de sa valeur suite à un bug informatique dans une filiale ?

Hypothèse 1 : c’est une manipulation industrielle pour autoriser les sous-traitants à licencier dans tous les sens.

Hypothèse 2 : c’est une manipulation politique pour avoir un prétexte pour démanteler cette organisation de production délirante qui consiste à partager entre divers pays la construction des différentes parties du fuselage. A se demander si les politiques et industriels qui ont conçu ça ne l’ont pas fait suite à une repas d’affaire un peu trop arrosé.

Hypothèse 3 : c’est la hausse… d’avant la baisse qui n’était pas justifiée mais à permis à quelques uns de gagner de l’oseille sur le dos de petits boursicoteurs, dont moi, d’ailleurs. Mais je m’en fous, j’en ai racheté plein au plus bas… Nananère.

Hypothèse 4 : c’est une manipulation de cours pour dissuader certains actionnaires de partir et faciliter l’entrée de nouveau.

Hypothèse 5 : c’est une préparation de l’introduction en bourse d’Airbus, filiale d’EADS, histoire de lui augmenter son capital pour avoir des sous pour les nouveaux projets.

Je vous laisse formuler d’autres hypothèses.

Néanmoins, quand des libéraux de tout poil vous expliqueront que c’est le marché qui fait le cours des actions, vous pourrez rigoler doucement, en leur disant qu’ils ont raison mais que le marché en question est verrouillé par les actionnaires principaux. Tout le reste n’est que de la rigolade.

C’était ma deuxième leçon de mon manuel de boursicotage.

Néanmoins, me direz-vous, si c’est verrouillé comme ça pourquoi les revues économiques, les banques, les analyses financiers, … continuent à donner leur avis ? Comment ces gens-là gagnent de l’argent à votre avis ?

C’était ma troisième leçon qui a été plus rapide que les précédents : n’écoutez jamais aucun conseil ! Contentez-vous de lire la presse pour vous tenir informé… N’oubliez jamais qu’une transaction boursière est un achat par un type d’actions vendues par un type. Le type qui achète est persuadé avoir raison. Celui qui vend aussi.

Les avis et les conseils sont donc nécessairement farfelus.

Un seul conseil à écouter (à part les miens) : avant d’acheter un titre, regardez bien s’il n’y a pas trop d’avis négatifs émis par des grandes banques ou des analystes reconnus.

C’était ma quatrième leçon. Si vous achetez, n’achetez pas de la daube.

Vous pouvez donc courir acheter de l’EADS… pour le garder 6 ou 7 ans… ou pour le vendre si ça remonte à 35 à l’occasion d’une manipulation quelconque. EADS n’est pas une daube mais une des toutes premières boites au monde.

Mais oubliez que c’est moi qui vous ai dit ça… J’ai peut-être tout mauvais dans l’analyse.

7 commentaires:

  1. Tu connais les deux règles de Warren Buffet (le deuxième homme le plus riche au monde)

    Règle n°1: ne jamais perdre d'argent
    Règle n°2: ne jamais oublier la règle n°1.

    http://en.wikiquote.org/wiki/Warren_Buffett

    Concrètement, ce sont des règles difficiles à suivre quand on ne gagne pas beaucoup d'argent!

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  2. Au contraire. C'est très facile ne pas perdre d'argent si on n'en a pas.

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  3. Et je dirais même mieux: endettez-vous!
    Ca n'est pas permis à tout le monde d'avoir des millions de dette. Ca prouve que quelqu'un vous les a prêtés.

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  4. Ce qu'il faudrait c'est que les pauvres s'endettent pour donner aux riches !

    Mais j'y pense ! Ce n'est pas ça le truc de la dette de l'état ? Tous les pauvres qui cotisent pour acheter des beaux Rafale, des chars Leclerc, pour construire des autoroutes, des logements, des voies ferrées ?

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  5. S'endetter pour jouer en bourse, pourquoi pas...

    1 - ça finance les entreprises
    2 - sur le long terme, le petit actionnaire qui s'est endetté est gagnant.

    je suis partisan de créer des prêts spécial 'boursicotage' avec un taux préférentiel, de même qu'il existe par exemple des prêts immobiliers.

    Sinon, Eric, c'est vrai que ça n'est pas permis à tout le monde d'avoir bcp de dettes...et j'ai une solution : c'est la personnalisation du remboursement de la dette de l'état par l'octroi à tous les nourissons nés en France sans distinction de revenus des parents ou de races d'une dette de 10.000€ dû à l'état pour rembourser la dette. Personnaliser la dette, c'est impliquer les gens dans les finances de l'état, avec l'envie pour chacun d'en découdre au plus vite avec cette dette.

    Car le remboursement collectif comme il est là est trop mou, trop lent et ne résoudra rien en profondeur.

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  6. Comme j'adore citer mon blog mort (mais qui, de son vivant, fut parfois très drôle), je te signale que j'y avais déjà sur EADS (ici : http://filaplomb.cowblog.fr/article-860614.html)

    Rhô on s'amuse comme on peut !
    De toute façon, je suis certain que l'économie des grands groupes, c'est un peu comme les icebergs ou les femmes intelligentes : on n'en voit que ce qu'ils veulent bien montrer, non ?

    Question stupide : l'homme le plus riche du monde, qui lui prêterait de l'argent en toute confiance ?
    Ah ! Tu vois !
    :-)

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  7. On ne prête qu'aux pauvres qui donnent aux riches ?

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