08 décembre 2010

Rendez-nous nos jolies colonies de vacances !

La chaîne lancée par Romain « Faut-il rétablir un service militaire ou civil ? » a bien tournée :


J’espère n’avoir oublié personne dans mon Google Reader… et je ne m’arrange pas en technicité pour les liens. La photo illustrant ce billet a été récupérée dans un autre de mes billets : c’est Mademoiselle Agnès qui surveille les blogs.

Néanmoins, un échange avec le Coucou, dans les commentaires, chez lui, a approfondi ma pensée. Il me dit : « Je regrette simplement l'absence de quelque chose difficile à définir, un "temps du don citoyen", au moment où la mentalité des jeunes gens serait la plus réceptive à l'idée d'une "fraternité" nationale – avant le déclin de sa générosité naturelle. »

Il a bien sûr raison. Je crois qu’il manque dans la jeunesse des périodes où les mômes ne seraient pas écartelés entre les parents débordés et l’Education Nationale.

Il y avait un truc quand j’étais jeune qui s’appelait les « colonies de vacances » et où on apprenait à vivre ensemble, dans un respect mutuel et tout ça. Je faisais moi-même partie d’une « Association d’Education Populaire » où j’ai fait la rencontre de l’andouille, à l’époque âgé de 8 ans de moins que moi (la différence a largement diminué, depuis, à l’époque il avait 56% de mon âge alors qu’il en a 82% aujourd’hui).

J’en ai fait partie comme môme de 11 à 17 ans, puis comme animateur, puis comme cadre, puis comme dirigeant. Cela m’a permis de bien suivre l’évolution du secteur des vacances puisque, sur la fin, nous étions obligés de proposer des activités spécifiques (équitation, raft, …) pour attirer du monde, ce qui augmentait nos coûts (sans compter une réglementation angoissante) et nous obligeait à « réduire les formats », le tout dans une spirale délirante…

Je voulais chercher des chiffres avec Google (nombre de mômes partant en séjour, durée moyenne, …) mais je suis tombé sur ce texte qui résume assez bien ma pensée.

Ainsi, cette baisse est liée à une mutation de la société, d’une part vers un « consumérisme » idiot et d’autre part vers une réglementation qui s’alourdie pour se protéger de tout et rien. On pourrait en parler des heures mais en 85, on encadrait nous-mêmes, avec une vague formation, les mômes faisant de la voile. Maintenant, il faut une armée de personnel formé grassement rémunéré. En 85, on faisait la cuisine dehors sur feu de bois, maintenant, je suppose qu’il faut avoir une vraie cuisine « aux normes », avec chambre froide et probablement un local spécifique pour entreposer les légumes, l’interdiction d’utiliser des œufs de la ferme et j’en passe. Ces réglementations sont peut-être nécessaire mais on ne m’ôtera pas de l’idée que s’il y a moins d’accidents en centres de vacances, maintenant, c’est surtout parce que beaucoup moins de gamins ont l’occasion d’y aller.

Ainsi, peut-être que certains des maux de notre société, les défauts d’éducation qu’on évoque, sont liés à la façon dont on s’occupe des gamins pendant les heures de loisir…

Méditons…

16 commentaires:

  1. Pas mal l'idée des colonies de vacances, il faudrait que tu me présente à Mademoiselle Agnès, j'ai quelques questions à lui poser à propos du Wikio;-)

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  2. Tout à fait ça ! Et je verrais d'ailleurs plus le service (militaire) civique comme ceci : diminuez l'aspect militaire, ne pas le faire l'organiser par l'armée s'il le faut, mais quelque chose qui rapprochent les gens, tout en les responsabilisant, (leur apprendre les premiers gestes de secours, peut-être un peu disciplinaire militaire parce que ça dresse et ça apprend "de force" des valeurs de respect) : bref une éducation civique qui n'est pas possible à l'école parce que les profs ne peuvent rien faire. Un fouteur de merde, excusez moi l'expression, en a rien à faire qu'un prof le colle, le punisse ou le vire. M'est avis que si c'est un militaire qui l'oblige à faire 100 pompes sinon il mange pas, le résultat sera pas le même ;-)

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  3. Vallenain,

    Surtout, ce n'est pas le rôle de l'Education Nationale ! D'ailleurs ce n'est pas non plus le rôle de l'armée.

    Mais l'objet de mon billet est de dire qu'il faudrait commencer avant... que les mômes ne soient devenus "des gens".

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  4. tout de suite "andouille", alors que tu as un superbe "tout et rien" quelques lignes en dessous !

    arf j'arrive pas à trouver le temps de parler de cette drôle de chaîne...

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  5. Ici, il y a les scouts cathos et les scouts pas cathos. Les enfants des voisins, au nombre de 5, suivent ça avec passion et ça a l'air très équilibrant pour eux.
    J'aime bien l'idée…
    :-)

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  6. Poireau,

    Oui. J'en parle rarement ici (j'étais chez les pas catho, tu te doutes) car j'aurais l'impression de réciter mon discours tout fait, mais : oui.

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  7. Oops, désolé, j'ai du retard et j'ai vu que j'avais été tagué. Bon je vais essayer de faire le nécessaire en restant sincère au plus près

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  8. J'ai vu, j'ai vu : tu es même en lien dans mon billet de ce matin (je ne sais plus où).

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  9. Ce sera pour dimanche, pas le temps avant !

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  10. Je bosse à Jeunesse et Sports, et je peux vous témoigner que c'est avec tristesse que mes collègues et moi-même voyons de plus en plus l'éducation hors l'école (qu'on appelle chez nous "éducation populaire", presque un gros mot par les temps qui courent) devenir quantité négligeable.
    Oh, si des fois, on a droit à de grandes phrases, mais les crédits fondent comme neige au soleil pour soutenir tous les acteurs associatifs et publics qui interviennent dans ce domaine.

    C'est ce qui échoit à toute action d'utilité sociale dont les bénéfices sont difficiles à évaluer : impact social sur le long terme, mesure des effets quasi-impossible à distinguer des autres actions publiques et privées.

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  11. Cécile,

    Merci pour votre témoignage. Je ne sais même pas quoi répondre.

    Pour information, j'étais aux Eclaireuses Eclaireurs de France, trésorier Régional, on passait plus de temps à faire des dossiers pour avoir un peu d'oseille pour faire quelque chose qu'à s'occuper des mômes...

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  12. Oui à un temps citoyen au début de sa vie d'adulte. Je n'ai malheureusement pas goûté aux joies des colonies de vacances mais le principe de précaution poussé à l'extrême détruit ou complique largement les initiatives qui se veulent simples...

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