18 mai 2009

De la sécurité à l'école et du budget

Comme avant chaque élection, on nous met en avant les dossiers qui touchent à la sécurité. Tiens ! On a des « jeunes des banlieues » qui s’en prennent aux policiers avec des armes de guerre.

L’autre sujet à la mode, ces temps-ci, concernent les jeunes qui attaquent leurs profs à l’arme blanche. Des mesures ont été mises en œuvre, à la Courneuve, et on se demande, maintenant, s’il ne faut pas mettre des policiers dans les écoles.

Parallèlement, nos braves ministres en charge des finances commencent à travailler sur le budget 2010 où ils confirment le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, y compris à l’Education Nationale.

A mon avis, cette dernière a plus besoin de personnel pédagogique que de policiers… Il faudrait peut-être le rappeler aux ministres en questions ! Et aux électeurs qui vont encore se laisser embobiner sur une problématique sécuritaire.

31 commentaires:

  1. Salut Nicolas,

    Autant je suis d'accord avec toi sur les flics dans les écoles, comme je l'ai expliqué chez Lomig, autant le problème des effectifs de police et du domaine d'action de celle-ci en banlieue est très réel, comme en témoigne tout récemment le Bondy Blog, organe pourtant peu suspect de droitisme échevelé.

    Pour moi, il faut augmenter les effectifs, comme l'autorité, des deux. Et si je trouve regrettable le clientélisme électoral sur les dossiers de sécurité, balayer la question d'un revers de main au motif qu'il s'agirait là d'un "thème droitiste anxiogène" ne m'inspire pas davantage.

    Bonne journée

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  2. Je crois qu'on prend le problème à l'envers. C'est le respect qu'il faudrait rétablir. Respect de l'adulte, du prof, de l'autre tout simplement et le respect des règles.
    Ca ne sert à rien d'ajouter des règlements par dessus d'autres règlements, les lois nouvelles, si on commence par ne pas appliquer ce qui existe.
    C'est toujours étonnant comme Sarkozy remet le discours sécuritaire à l'ordre du jour dès qu'une élection est en vue.
    Tout comme Bayrou ressort de sa boîte.

    Pourtant il suffirait juste que les politiques aient le courage de leurs opinions.

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  3. Evan,

    Je ne balaie rien... Je constate juste que depuis quinze jours ou un mois, on nous parle beaucoup de problème de sécurité dans les écoles. Je ne crois pas qu'il y a plus de pb de sécurité maintenant qu'en mars !

    Didier,

    Pareil.

    Flèche,

    Oui, c'est le respect qu'il faut rétablir... Encore faut-il savoir comment !

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  4. À propos de la dernière couennerie de Darcos sur les portiques détecteurs de métaux à l'entrée des établissements scolaires... C'est odieux et surtout pervers: ça revient à déresponsabiliser aussi bien les parents que les chefs d'établissements, les professeurs et les élèves eux-mêmes, puisque ça laisse croire que la "solution" est dans un gadget technique de filtrage (tiens, comme Hadopi...) à l'entrée du "sanctuaire" école. Bref, à quoi bon tenter d'éduquer les jeunes à vivre ensemble, à résoudre les conflits autrement que part la violence, etc., puisque selon le ministre, il suffirait de donner des sous aux boîtes de sécurité business (tiens, ça aussi, c'est une constante chez ce gouvernement: mouchards électroniques, nouvelles prisons...), et puis dormez braves gens!

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  5. Bonjour,
    Tu plaisantes, Nicolas ! Les collèges sont "tranquilles" ! Ils sont "fort bien dotés" et franchement, ce ne sont que les actes de quelques élèves isolément fous...Rien de grave...

    On va mettre des portiques à l'entrée des collèges et tout ira bien...

    Pour les armes de guerre, par contre, oui, on est quand même un peu dans la communication anxiogène...Surtout qu'en face, à la cité des 4000, il n'y a que des karcher fournis par Sarko il y a deux ans...

    Et sinon, est-ce que les fusils qui tirent des balles de 12 (avec 2 grammes) pour tuer des sangliers, ce ne sont pas des armes de guerre ?

    ;)
    CC

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  6. Nicolas : il n'y a peut-être pas plus de problème de sécurité qu'en mars, mais on en parle davantage, c'est un fait. Je crois qu'on a peur de voir tous les collèges touchés par l'ambiance "journée de la jupe". Pas forcément dans une optique "cherchons à qui ça profite d'en parler", mais parce qu'on a atteint un seuil de "trop c'est trop". CC parle de violence en milieu scolaire sur son blog.

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  7. Irene Delse : "ça revient à déresponsabiliser aussi bien les parents que les chefs d'établissements, les professeurs et les élèves eux-mêmes,"

    Comme si on pouvait déresponsabiliser, responsabiliser, rétablir ou dénigrer le respect en adoptant ou repoussant tel type de matériel...

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  8. Irène,

    Oui. Ils pourraient même confier la sécurité à des boites privées...

    CC,

    Sur les armes du as raison, c'est un peu la question que je me posais.

    Suzanne,

    Je crois réellement qu'il y a un côté électoraliste !

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  9. CC, Suzanne,

    Oups ! Avec tous ses changements, j'avais oublié de mettre le nouveau blog de CC dans mon reader... Honte sur moi !

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  10. des « jeunes des banlieues » qui s’en prend aux policiers...
    Bin on est pas dans la merde

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  11. @Nicolas
    Rétablir le respect notamment à l'école, au collège, au lycée, c'est à la maison que ça se passe. C'est aux parents qu'il appartient de dire à leurs rejetons que le prof a raison, et pas le contraire. Les parents ne devraient pas remettre en cause presque systématiquement les enseignants. Leurs petits chéris ne sont pas des anges ...
    Et si le prof a tort parce que ça arrive évidemment, eh bien, ils vont trouver l'enseignant, mais ils évitent d'en parler à leurs enfants.
    De la même manière, à la cantine, au centre aéré, ....
    Ca pourrait être un commencement ...

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  12. Nicolas,

    Je suis d'accord - je te l'ai dit, je ne conteste pas l'aspect clientéliste de l'exposition médiatique de ces questions-là.

    Maintenant, l'inverse est aussi vrai : si un lycéen meurt poignardé, on ne va pas le passer sous silence en décembre pour protéger le moral des ménages en vue des consommation de Noël, mais le diffuser en mai parce que les élections approchent.
    Une prof qui se fait poignarder en plein thorax dans sa classe par un élève de 5e (!), pareil.
    Quand à l'exemple de l'attaque de la voiture de police à l'AK47, j'ai envie de dire, heureusement que l'événement est assez rare pour faire l'objet d'une couverture médiatique, parce que si c'était devenu assez banal pour que les rédactions puissent se demander si on ne va pas les accuser de récupération sécuritaire si elles en parlent, on serait pas dans la merde.

    Et je serais assez tenté de dire que mettre en exergue les mirifiques résultats de la droite en matière de sécurité au travers de ce genre d'exemple, ce n'est pas nécessairement lui rendre service, ces temps-ci...

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  13. Olivier,

    Je n'ai pas été assez l'école...

    Flèche,

    On est d'accord. Mais ça ne nous dit pas ce que peut faire un gouvernement...

    Evan,

    Je n'ai pas dit que chaque événement ne méritait pas le 20h ! Mais trop fait trop et il y a une espèce d'amalgame.

    Et je pense que ça rend service à la droite en mobilisant son électorat de "fond".

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  14. Suzanne,

    Sur la déresponsabilité, je rejoints Irène. On nous dit "bon, ça va être réglé par des machines, vous pouvez dormir tranquillement". Ca n'est pas ce qui va résoudre le problème de fond, celui exprimé par Flèche (et je n'ai pas la moindre de proposition à faire pour le résoudre...).

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  15. @Nicolas
    Pourquoi, t'avais pas de couteau?

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  16. @Nicolas,
    Un gouvernement je ne sais pas, mais la justice pourrait par exemple ne pas donner suite à des plaintes portées contre des enseignants, des animateurs de CLSH (Centre de Loisirs Sans Hébergement), des directeurs d'école, pour un oui ou pour un non.

    Les journalistes pourraient éviter de faire monter la mayonnaise.

    Si on commençait par ressembler un peu moins aux habitants des USA et avoir recours un peu moins souvent aux avocats, les choses se tasseraient un peu d'elles-même (j'ai oublié l'accord).

    Et puis on sait que la justice est très liée à l'exécutif ...

    Je n'ai encore pas répondu à la question, pas complètement.

    Mais la solution doit bien exister.

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  17. "ne pas donner suite" SYSTEMATIQUEMENT, désolée j'ai oublié cet adverbe important.

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  18. Olivier,

    Ca doit être ça...

    Flèche,

    J'ai bien peur qu'on ne puisse pas parler "d'une" solution à au problème global d'éducation...

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  19. Evan,
    "si un lycéen meurt poignardé, on ne va pas le passer sous silence en décembre pour protéger le moral des ménages en vue des consommation de Noël, mais le diffuser en mai parce que les élections approchent.
    Une prof qui se fait poignarder en plein thorax dans sa classe par un élève de 5e (!), pareil."

    En fait, ces violence, plus ou moins grave sont légion et on n'en parle pas toujours, même dans la presse régionale. Je serais curieuse de savoir combien de main courante sont déposées chaque année scolaire, combien de profs se font insulter, diffamer et menacer sans forcément en parler, combien de voitures se font taguer ou combien de pneus de voitures de profs se font crever...

    Certes, ce dont je parle, ce sont de petites choses par rapport à des coups de couteau, mais dans le fond, ça relève aussi du délit, non ? Et je crois que beaucoup de profs seraient capables de relater au moins un ou deux événements de ce genre qui lui est arrivé ou qui est arrivé à la collègue d'à côté...

    Et là, tout à coup, un mois avant des élections, on en parle...

    Nicolas a raison : étrange coïncidence...

    CC

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  20. Mais la justice ne donne pas suite systématiquement !
    Quand une plainte est déposée, elle est forcément prise en considération. Après, on en parle ou pas. Mais combien de ces plaintes aboutissent réellement ? très peu ! Les parents qui portent plainte pour une gifle, par exemple. Le collégien ou lycéen dit au professeur "eh, m'parle pas comme ça, pauv' enculé". Pan, gifle réflexe. Le pauvre enfant battu convainc sa famille qu'il est l'objet d'humiliations pluriquotidiennes de la part d'un enseignant sadique, brutal et borderline qui l'achèvera avant la fin de l'année scolaire. Les parents sautent la case "rencontre avec le principal" et s'adressent directement à la maréchaussée. Citez-moi UN SEUL enseignant qui se soit fait réprimander pour ça par un juge en France.

    La situation se complique quand on a des professeurs qui ne tiennent pas la route, ou qui se font tirer dans les pattes par une hiérarchie "on ne fait pas de vagues et on attend la retraite".

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  21. Suzanne,
    http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Justice/Eleve-gifle-amende-requise-contre-le-professeur

    Mais il buvait, était dépressif et prof de techno, en plus...Rien pour lui, le pauvre...

    (Ah oui...et le père de l'élève est gendarme...)

    CC

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  22. CC : c'était l'exemple à ne pas citer, à mon avis. (ainsi que celui de cet instituteur qui menaçait de couper le zizi d'un gamin au cutter). Là, il y a faute professionnelle. Que penseriez-vous d'un type qui bosse à la SPA, qui y vient bourré, et qui a le même comportement vis à vis d'un chien qui grogne que l'enseignant vis à vis de cet enfant de onze ans ? Je suis persuadée qu'on n'aurait rien dit à un autre enseignant. Il ne faut pas défendre le droit au respect envers des enseignants qui ne devraient peut-être pas (ou plus) l'être. Il y a un minimum, non ?

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  23. (il ne s'agit pas d'une baffe, là)

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  24. Suzanne,
    Je n'étais pas dans la salle. L'enseignant a été insulté, ("connard") et il a mis un baffe. Bourré ? Il soutient n'avoir pas bu le jour même de l'agression. Je connais des gens très bien qui ne sont pas très frais à la fin de leurs soirées et qui sont de bons professionnels...Ce qui se passe le soir et le week-end ne regarde que les intéressés...

    Pour le type au cutter, je suis encore moins d'accord...(même si encore une fois, je n'étais pas dans la salle).

    Je suis effarée de la disparition du second degré, à propos de cette histoire.

    L'humour me paraît la seule solution pour désamorcer ce genre de situation...d'ailleurs, vous les gens normaux...(je veux dire, les gens qui ne sont pas prof...) vous êtes-vous mis une seule fois dans cette situation étrange : un gamin de 7 ou 8 ans qui sort son sexe pour le montrer aux fillettes effarouchées de la classe...

    Comment réagissez-vous ?

    Et vous n'avez pas 4 heures pour réagir, bien sûr...

    Je suis une adepte de l'humour pour désamorcer ce genre de situation. Je suis bien évidemment contre la violence, toute forme de violence. Mais l'humour permet de comprendre et d'accepter la réprimande.

    CC

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  25. On n'est pas obligé de toujours bien réagir, d'être parfait. Pour le premier exemple, ce n'était pas une baffe réflexe. gosse plaqué contre le mur une fois, deux fois... (c'est dans l'article dont vous donnez le lien). Pour le montreur de zizi de huit ans, les enfants sont des enfants,(je ne pense pas que les fillettes aient été si effarouchées que ça) et tous les jours depuis qu'il y a des écoles les instituteurs règlent des problèmes de discipline de ce type avec une gamme de réactions qui va de l'indifférence à n'importe quel type de sanction en cas de récidive, en passant par le signalement au psy de service. C'est ahurissant que ça devienne un sujet de conversation national, mais symptomatique de la fragilisation de la profession.

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  26. Et, Nicolas : les électeurs se laisseraient peut-être moins embobiner sur les problématiques sécuritaires s'il n'y avait pas déni pur et simple de vrais problèmes de sécurité de la part de ceux qui ne veulent pas les voir.

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  27. CC,

    Je suis bien d'accord sur le fait que les violences dites légères sont légion et ont rarement ce type d'exposition.
    Mais je maintiens qu'il y a "des deux" : une part de clientélisme électoral en effet, et une part de malheureuse coïncidence qui voit plusieurs événements d'une exceptionnelle gravité se produire en très peu de temps à quelques semaines des élections, portant naturellement le sujet sous les feux des projecteurs.

    Et puis sur un ton plus léger, on pourrait aussi considérer que le blogueur politique se fait particulièrement chatouilleux sur les thèmes suspects de récupération électorale, en ces temps de campagne... ;)

    Nicolas,

    Si tu fais allusion à la part de l'électorat de droite qui se voyait davantage à la pêche qu'au bureau de vote le dimanche des élections, tu as peut-être raison ; mais le peu de rapport entre les européennes et ce type de problématique, autant que le bilan grotesque de la droite en matière de sécurité des personnes, m'incitent simplement à la prudence sur ses effets réels.

    Le véritable problème, le plus intéressant, est celui posé par Flèche : ça s'éduque comment un parent? Il va pourtant bien falloir trouver des solutions.

    Et comme on ne peut pas agir sur la sphère privée, on ne peut qu'agir sur la sphère éducative. Quitte, sans doute, à mettre une certaine discipline scolaire en opposition au laxisme parental, sans se laisser impressionner par la grande capacité de victimisation des gamins ni par les rodomontades de parents persuadés de l'indiscutable innocence de leur chérubin adoré.

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  28. Des profs sans moyens qui doivent faire classe à des gamins plongés dans une crise sociale (ou une fracture comme on disait avant, du temps de Chirac) qui menace leurs parents et détruit leur rêve d'avenir. C'est plus paratique de parler de ce qui se passe à la marge, d'y zommer fortement pour ne pas voir les problèmes "normaux" qui ne sont pas réglés depuis des dizaines d'années.
    La mise en exergue de la violence est pour moi un des "trucs" utilisés pour démontrer l'inefficacité du milieu scolaire. Parlons donc de scolarité !

    [Existe-t-il des cours de tirs d'arme de poing en terminale ? :-))) ].

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  29. Suzanne,

    Quels "dénis de problèmes" ?

    Evan,

    On est d'accord, le vrai problème est "l'éducation des parents", et le fait que ça soit impossible (physiquement et "moralement", on ne va pas les foutre dans des camps !).

    Poireau,

    Oui, c'est peut-être une truc pour montrer l'inefficacité du milieu scolaire... à des fins suspectes.

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  30. David75

    Le pouvoir en place a toujours révé de transformer la France en copie conforme des usa, seulement voilà le model américain à ses travers aussi,et bien voilà on y est presque ..
    En plus la télévision depuis 20ans gave les esprits avec toutes les séries non stop partout, ca donne des idées, la peuve cette affaire ressemble à un éposode de série b.

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