19 avril 2011

La gauche à nouveau face à la fracture sociale, urbaine, ethnique, religieuse...

Chacun des « observateurs de la scène politique » a, dans sa tête, une série de thèmes qu’il voudrait voir prédominer pendant la campagne de la présidentielle. Moi, par exemple, ça tournerait autour de la dette, de la réforme fiscale, du droit du travail, de la réduction du temps de ce dernier (surtout pour moi !), …

Pourtant, on sait qu’il n’en sera rien et Pire Racaille, de retour en force dans le blogage, nous le rappelait hier. Les grandes manœuvres sont déjà lancées, depuis plusieurs années, avec presque un nouvel épisode chaque jour. Depuis ce week-end, on a eu l’immigration clandestine et l’arrêt des TGV entre l’Italie et la France, ce qui nous fait, en outre, un beau pied de nez à l’Europe et à nos voisins. On a eu les modifications des conditions de « l’immigration de travail », …

Pourtant, si j’en crois mon site d’information favori pour des raisons bêtement historiques, on a, dans l’actualité, Nicolas Sarkozy qui part en campagne dans les Ardennes, un fait divers tragique – un drame social dans une banlieue rouge – à deux pas de chez moi, l’essence qui dépasse les bornes à un point qu’incendier des immeubles sera prochainement impossible et des images chocs sur les paquets de cigarettes.

Actualité dramatique à vous mettre de mauvaise humeur pour la journée mais un courant d’air dans les manœuvres de l’UMP pour relancer le débat autour de l’Islam, de l’immigration, … Que vont-ils bien pouvoir inventer ?

Un gel du prix de l’essence, pour faire croire qu’ils agissent ? Une prime de 1000 euros pour quelques salariés, ceux qui pourraient faire basculer l’élection, pour faire croire qu’un gouvernement de droite peut faire quelque chose pour le pouvoir d’achat ?

La campagne est lancée. Deux thèmes : le pouvoir d’achat et l’immigration.

Comme en 2007. Comme en 2002. Comme en 1995.

« La France fut longtemps considérée comme un modèle de mobilité sociale. Certes, tout n'y était pas parfait. Mais elle connaissait un mouvement continu qui allait dans le bon sens. Or, la sécurité économique et la certitude du lendemain sont désormais des privilèges. La jeunesse française exprime son désarroi. Une fracture sociale se creuse dont l'ensemble de la Nation supporte la charge.   La "machine France" ne fonctionne plus. Elle ne fonctionne plus pour tous les Français. »

« Dans les banlieues déshéritées règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre que le chômage ou des petits stages au terme d'études incertaines, ils finissent par se révolter. Pour l'heure, l'État s'efforce de maintenir l'ordre et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu'à quand ? »

Jacques Chirac en 1995 (source). Le même, en 2003 : « Ces difficultés, ces drames, cette fracture sociale qui menace de s'élargir en une fracture urbaine, ethnique et parfois même religieuse, ne sont pas des fatalités ».

C’est reparti.

La gauche doit répondre. Sur ces thèmes.

8 commentaires:

  1. Oui mais la gauche "molle" est en ce moment anesthésiée par les grandes chaleurs. Elle envisage d'essayer de répondre dès que la fraicheur reviendra;

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  2. La gauche donne le sentiment d'un homme debout sur une voie ferrée et qui regarde le train arriver sur lui, immobile.

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  3. Ah ben c'est rage, Romain !

    (Désolé mais je suis plongé dans Chateaubriand – et comprenne qui pourra.)

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  4. @Didier Goux

    D'accord pour le commentaire, si c'est le dernier des (Désolé mais je suis aussi plongé dans Chateaubriand – et comprenne qui pourra).

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  5. C'est vrai que c'est d'une tristesse... les deux mêmes trucs depuis tant d'années. La gauche pense que les gens devraient voter en fonction de leurs intérêts, la droite réussit à les faire voter contre leurs propres intérêts en faisant appel à des symboles et des fantasmes. Les électeurs ne sont pas si rationnels qu'on voudrait croire.

    Faut-il répondre sur la question de l'immigration ? Il va bien falloir, mais je pense, et c'est un peu ce que je voulais dire dans le billet que tu as si aimablement cité, il faudrait sortir de la logique du "une mauvaise réponse à une bonne question". Toutes les réponses concrètes que la gauche peut donner, genre "on sera sévère avec les immigrés" seront à côté de la plaque.

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