10 mai 2020

Confiné jour 55 - Mon plan sérieux pour déconfiner les bistros



La Comète (l'espace est un effet d'optique, surtout sur le devant mais à
droite, c'est royal)
En ce cinquante-cinquième de jour de confinement, peut-on dire qu’on est à la veille de la libération ? Pour moi, non. Je vais poursuivre ma numérotation idiote : ma vie ne va pas changer à part de ne plus avoir à faire cette exécrable attestation mais les bistros vont rester fermer. Peut-être nous donnerons-nous rendez-vous, avec des copains, sur les bancs publics, s’ils ne sont pas tous pris ?

Alors, rouvrons les bistros !

Nous allons établir une stratégie progressive en trois quatre étape.

La première :

Mon raisonnement est simple, vous allez-voir ! Deux choses m’amènent à la conclusion, d’une part, une discussion avec un copain, Dagrouik, sur les bistros et, d’autre part, la réouverture possibles des PMU. Les bistros pourraient sortir leurs terrasses mais en respectant les distances. Les petites tables avec deux ou trois chaises pourraient être espacées de deux ou trois mètres et empiéter largement sur la voie publique.  Il ne pourrait pas y avoir plus de trois clients par table.

La place devant l'Aéro
A la Comète, on pourrait mettre trois tables sur la petite terrasse, quatre sur la grande et quatre devant le kiosque à journaux plus une devant l’entrée principale.

A l’Aéro, on pourrait mettre une quinzaine de tables, le long de l’avenue Eugène Thomas pour ne pas déranger la circulation des piétons.

Au 1880, il serait possible d’en installer plusieurs sur le parking. Au PMU de Bicêtre, un peu moins, disons quatre avec l’accord du magasin au nord. A l’amandine, peut-être six ou sept (une devant l’entrée, deux en terrasse et trois ou quatre le long de l’avenue.

A la Comète et à l’Amandine, on supprime les cloisons des terrasses (à l’Amandine, on laisse la barre métallique sinon les clients vont se casser la gueule).

Au Kremlin-Bicêtre, il faudrait diminuer le marché pour laisser de l’espace ou le transposer plus au sud, vers Leclerc.

L'Amandine : la photo a été prise un jour de marché. Les étals, à gauche, sont
bien sur le trottoir : on peut les remplacer par des tables.
Le service se ferait exclusivement au comptoir, dans des gobelets lavables et consignés pour la bière et les consommations fraîches que les clients pourraient rapporter dans une grande bassine à côté du comptoir. Toutes les boissons ne seraient pas servies pour éviter d’incessantes manipulations d’une série de bouteilles. Et on ne va pas boire du vin dans un gobelet (Tonnégrande aura droit à un verre à moutarde qu’il apportera de chez lui)… Les offusqués apprendront peut-être que la bière est servi en gobelets dans les festivals… Tout sera fait pour le barman ne touche pas un verre déjà touché par le client. Le barman mettra lui-même l’eau dans le Ricard pour éviter la manipulation de carafes.  Les tables et les chaises seront désinfectées à chaque départ de clients. Les indicateurs seraient sur les tables disponibles pour de nouveaux clients. Les portes pour l’accès au bar seraient toujours grande ouvertes.

Des sandwichs pourraient être vendus. Des gants seront fournis pour aller aux toilettes.

Cette phase durerait deux semaines d’observation. Elle doit être autorisée par les mairies (et peut-être la préfecture, je ne connais pas la réglementation des ventes à emporter).

Le PMU : il n'y a pas beaucoup de place devant à cause
de l'abris bus et de l'escalator du métro.
La deuxième :

Une partie des salles des bistros serait rouverte sur le même principe.

La Comète : deux tables devant le comptoir et trois dans la petite salle. On ne rouvre pas la grande. L’Aéro : quatre tables. Le PMU : trois tables devant le bar et deux dans la petite pièce au fond. L’Amandine : cinq tables. Le 1880 : trois devant le comptoir, trois dans le salon et quatre dans l’avancée.

L’intérieur serait gazé tous les soirs.

Cette phase devrait nécessiter un suivi administratif (et donc des autorisations) plus important, peut-être même des décrets ou des choses comme ça. Elle durerait aussi deux semaines.

Le 1880 (le parking est privé et va jusqu'à la voiture rouge)
La troisième :

Le service par un serveur serait rétabli. Selon l’état de la COVID-19 (oui, c’est bien « la »), les gobelets seraient remplacés par des verres et des tasses. Le service et la consommation au comptoir pourraient reprendre à condition de garder les distances, par exemple avec trois groupes de deux ou trois clients.

La quatrième :

On rétablit la restauration mais toujours dans ces conditions de distanciation et une carte très allégée notamment quand les cuisines sont petites. Genre : un plat du jour, un plat de pâtes et une grillade avec des frites surgelées.

Et ensuite ?

Sans doute pas avant la fin de l’été, mais ça dépend de la péronnelle COVID-19, on supprime la limite du nombre de personnes par table et, progressivement, en trois ou quatre étapes, on réduit la distance et on libère l’espace public (encore que…).

Ce n’est pas un beau plan, ça ? Le déclic vient d’abord de la vente à emporter mais surtout de s’asseoir sur l’hôtellerie et la « grande restauration » parce qu’ils ont des problèmes différents. Il faut donc traiter les bistros (soit les bars et les petites brasseries) de manière autre pour permettre de faire du chiffre d’affaire en « limonade » avec un personnel limité (par exemple un barman et quelqu’un pour le ménage et la désinfection).

Pendant la première phase, celle qui est la plus importante mais aussi celle la plus susceptible de durer, les bistros pourraient être réaménagés pour éviter aux clients d’entrer dans le bar sauf dans les toilettes, je pense notamment à l’Amandine ou l’espace comptoir est très étroit et au 1880 (où il est, au contraire, assez grand). Dans le premier, on pourrait faire le service au travers de la porte de la terrasse (l’autre porte étant pour l’accès aux toilettes). Dans le second, avec un bar extérieur comme pour la fête de la musique.

Je vous laisse y réfléchir. Mais pensez bien à l’idée de base : de la vente à emporter pour que les gens puissent consommer sur les bancs publics, remplacés par les chaises des bistros.

16 commentaires:

  1. Or dans le cas “Covid-19″, le noyau est bien le terme “maladie”, donc il faut un pronom personnel féminin.
    Tout s'explique...
    Sinon c'est marrant votre sujet de billet : pas plus tard qu'hier ma belle et moi avions une pensée pour notre couscous préféré qui est plutôt de taille modeste. Et nous nous disions que la mairie de Paris serait bien inspirée, du moins pendant les mois d'été, d'autoriser ces petits établissements à occuper l'espace public au-delà de ce qui leur est permis habituellement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La mairie ne peut pas décider seule et ça n'est pas jouable dans les quartiers touristiques, je pense.

      Supprimer
  2. Le week-end on pourrait même dans certaines rues interdire la circulation afin d'y installer les tables à l'air libre pour les établissements les plus confinés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faut que les tables soient à l'air libre, on ne va pas entreposer les gens dans une surface fermée.

      Supprimer
    2. Toutes ces rues dont vous parlez sont déjà occupées par les prières justement appelées "de rue".

      Supprimer
  3. Je vote pour, c’est une bonne idée, ... sauf pour l’eau du pastis servie par le serveur, risque de noyades garanti Il faudrait mettre l’eau dans un gobelet à côté.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais non, ils sont professionnels !

      Supprimer
    2. Tout cela sera peut-être à revoir bientôt...

      "Au laboratoire national Los Alamos, les scientifiques ont établi l'existence d'une nouvelle souche, différente de celle qui avait émergé à Wuhan et qui pourrait être plus contagieuse. Cette dernière mutation faciliterait en effet les effets de contagion du coronavirus avec la capacité d'infecter un grand nombre de personnes. Selon les pires scénarios, il pourrait toucher en février le continent européen.À ces études, celle menée au Royaume-Uni, à l'University College présente un résultat plus édifiant encore. Selon les chercheurs, après avoir prélevé des échantillons sur quelque 7 500 personnes infectées, ils auraient détecté un total de 200 mutations."

      Adapter les plans des déconfinements à chaque mutation, ça ne va pas être de la tarte... Avec 1 seul plan, on a pas mal déconné; alors, avec 200 plans consécutifs, on aura du mal à suivre...

      Supprimer
    3. Vous êtes hors sujet d'autant que vous répondez à un commentaire sur le service de l'eau dans le Ricard. Apprenez les usages, bordel, plutôt que de jacasser sans cesse.

      Supprimer
  4. J’adore ces billets, je ne les commente et ne les discute pas. C’est parfait.

    Je me souviens un truc que tu m’as appris : les cartes les plus courtes sont les meilleures car les plus fraîches. Et c’est vrai, et ce truc m’a toujours fait trouvé des jolies tables.

    Boire juste avec Falconette et les enfants qui attrapent les pokemons du coin c’est moins bien qu’avec des copains,

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans une dizaine d'années, ils auront commencé à picoler...

      Supprimer
    2. Ce ne sont pas exactement les cartes les plus courtes (il est normal qu'une pizzeria ou une crêperie aient de longues cartes) qui sont importantes mais le nombre de plat du jours présentés comme des produits frais. S'il y a plus deux plats du jours nécessitant une préparation conséquente, c'est de l'arnaque.

      Supprimer
  5. C’est intéressant. Cependant, est-ce rentable pour le patron du bistrot ? J’imagine qu’il y a un seuil de nombre de clients par jour et de consommations réellement prises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le service au bar lui permettra d’avoir moins de personnel. Il gagnera de quoi payer le loyer et les charges fixes. C’est mieux que rien.

      Supprimer
    2. Mais mon idée n’est pas que tous le fassent. Seulement de rétablir des lieux de vie...

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.