05 novembre 2010

Neelie Kroes débouchée !

Neelie Kroes est typiquement le genre de personne que je ne peux pas blairer, en principe, et que je devrais critiquer copieusement dans les colonnes de ce blog, notamment celle où je rédige les billets. Vous savez, c’est la petite dame qui était Commissaire Européenne à la concurrence, mettant se principe avant tout autre chose, notamment le bien être de l’humain et le prix de la bière.

Elle est maintenant Commissaire Européenne en charge de la société numérique (je n’invente rien, hein) et devrait prochainement prononcer un discours qui me va à ravir pour torpiller le système de droits d’auteur en France, qui donne la part trop belle aux intermédiaires et pas assez aux artistes.

Elle commence à remonter dans mon estime, Neelie.

Les intermédiaires ? Vous savez de qui on parle ? Ceux qui ont défendu Hadopi, pour résumer.

« Le droit d'auteur n'est pas un fin en soi. » Ma face gauchiste a subitement une érection…

« Cela sert peut-être des intérêts cachés d'éviter un débat sur le copyright, ou de le limiter à des termes moraux qui diabolisent des millions de citoyens. »

Mouarf ! Tous les arguments de la droite pour défendre Hadopi rhabillés par Madame Kroes : des moralisateurs.

29 commentaires:

  1. La remise en cause du droit d'auteur est en fait moins gauchiste que tu le penses. Le droit d'auteur est un système qui forme des rentes et fait des rentiers.

    Vise mon ami Patrick Hernandez : ce conard choucrouté vit sur une merde depuis plus de vingt ans. Les "artistes" sont tout autant responsables que les maisons de disque, voire davantage dans certains cas, puisque parfois les maisons deviennent garants d'un catalogue, voire d'un patrimoine et font oeuvre de conservation (quand on songe aux grands labels classiques et de jazz).

    Il y a aussi au rang des accusés les radios qui uniformisent le marché en signant des accords avec les labels les plus véreux (Universal en tête), les télés qui servent la soupe toute l'année et enfin, les distributeurs, ces grands supermarchés de la culture qui me donne envie de vomir.

    RépondreSupprimer
  2. Dorham,

    Tu n'as pas de voiture de belle-mère sous la main ?

    Mesdames Messieurs,

    C'était une private joke.

    Dorham,

    Tu as raison, les auteurs - du moins certains - ont leur part de responsabilité.

    Mais je ne pige rien à ta première phrase : vouloir casser une rente me parait gauchiste (et libéral...).

    RépondreSupprimer
  3. C'est marrant, je trouve qu'elle a un nom de bière.

    RépondreSupprimer
  4. Du coup, elle est plutot décapsulée.

    RépondreSupprimer
  5. Oui mais mon jeu de mots avec des crocs de boucher ne tient plus...

    RépondreSupprimer
  6. D"accord avec Dorham.
    C'est d'ailleurs comme ça que Nicolas Sarkozy s'est rallié le show biz

    RépondreSupprimer
  7. Il n'y a pas que les 10 chanteurs qui gagnent le plus de pognon en France, il y a aussi les centaines de petits groupes...

    Ce n'est pas le show biz que Sarkozy s'est rallié, c'est "la distribution". C'est le patron de la FNAC (Olivennes, de mémoire) qui a rédigé le rapport qui a précédé la mise en place d'Hadopi...

    RépondreSupprimer
  8. Cher Nicolas,
    Dans la première partie de votre billet, vous tombez dans un travers typiquement (et uniquement?) français : Concurrence = Méchants Capitalistes
    Or, l'Affreuse Concurrence permet (parfois, pas toujours) de maintenir plus ou moins le prix de la bière
    J'avais beaucoup ri, il y a quelques mois, en écoutant Daniel.Mermet sur Inter, qui dénonçait un jour "l'Affreuse Commissaire européenne à la Concurrence", et le lendemain les "Affreux Monopoles" (dont étaient victimes les Guadeloupéens, alors en grève, notamment dans la grande distribution et le réseau de distribution d'essence).

    Alors "Monopoles" ou "Concurrence"? Neelie Kroes, quand elle était Commissaire à la concurrence avait en tout cas réussi (par exemple) à imposer des baisses de tarif sur les communications via portable entre pays européens (elle n'était pas d'accord pour que Bouygues ou Orange s'en foutent plein les poches sur une conversation entre Hendaye et Hondarribia p.ex)


    Jean-Hébert Armengaud

    RépondreSupprimer
  9. Jean-Hébert,

    Je suis désolé mais c'est précisément vous qui tombez dans un travers en pensant que j'oppose concurrence et monopole. En voulant voir "tout blanc" ou "tout noir" vous tombez dans le ridicule.

    Ce que je reproche à Mme Kroes et à "l'Europe en général", c'est d'avoir mis "la concurrence" au niveau d'un objectif, alors que ce n'est qu'un moyen...

    Pour reprendre votre exemple des conversations téléphonique : l'objectif est la baisse des prix, pas la concurrence...

    Et quand France Télécom était un monopole, les communications locales coutaient la valeur d'une unité quelle que soit la durée...

    Par ailleurs, à inciter la concurrence "en principe", on arrive certes à faire baisser les prix mais on fait aussi baisser les salaires des gens qui bossent. On ne va pas, ainsi, vers un monde meilleur.

    Notez bien que je ne propose aucune solution : je constate.

    Ainsi, on s'occupe de conneries... Je n'ai strictement rien à cirer du coût des télécom entre Hendaye et Hondarribia. Ce qui m'intéresse, c'est le niveau de vie (ce qu'ils bouffent, leurs logements, les vacances, ...) des habitants de ces patelins.

    RépondreSupprimer
  10. Je ne voulais pas vous fâcher, et je ne propose non plus aucune solution
    Je ne vois ni blanc ni noir (je ne pense pas non plus être ridicule, mais, bon peut-être...)

    Je pense juste que la "concurrence en général" peut (parfois, mais pas toujours) être un progrès, quand elle lutte contre les monopoles.

    Ce ne sont pas que des "conneries"...
    Hendaye et Hondarribia sont juste deux villes qui se touchent, mais d'un pays différent (mais avec des centaines de gens qui communiquent entre eux, pour le travail, ou la famille: leur vie m'intéresse aussi... comme vous), mais qui paient encore plus pour des "services" qui n'ont pas de raison d'être surtaxés

    Quand France Télécom était un monopole, je payais très très cher quand je voulais appeler "ailleurs" (Hondarribia, Londres, Berlin?)

    Par ailleurs, l'objet du Commissaire à la concurrence est justement d'expliquer: "finissons-en avec les grands trusts", les monopoles, les rentes de situation etc.

    Cordialement

    RépondreSupprimer
  11. Jean-Hébert,

    Je ne suis pas fâché ! Et je persiste à penser que le coût des communications téléphoniques entre deux patelins n'est qu'une anecdote : dans cinq ans tout sera gratuit (sauf l'abonnement), on téléphonera par Internet.

    Je trouve juste qu'ériger la "concurrence" en principe de vie est grotesque : ça ne devrait qu'être qu'un moyen pour faire baisser les tarifs.

    Je ne vois pas en quoi mettre La Poste en concurrence est un progrès : les tarifs ne baisseront pas pour les particuliers, juste les services rendus ! La cible visée par les futurs (ou pas) nouveaux opérateurs est la clientèle d'entreprise, pas les particuliers.

    En fait, cette lutte contre la concurrence ne fait que faire disparaitre les services publics et donc lutte contre l'aménagement du territoire (il n'y a plus de péréquation dans les tarifs). Concrètement, je ne peux pas rentrer en train chez ma mère, la ligne a été supprimée.

    Par ailleurs, cette concurrence profite a un système économique qui se mort la queue en favorisant l'entassement du capital. Regardez les producteurs de lait, par exemple, qui n'ont plus que deux clients possibles et se trouvent "baisés" justement... parce qu'il n'y a plus de concurrence entre les acheteurs (de mémoire Lactalis et Nestlé) alors que la Commission s'adressera en premier aux distributeurs...

    RépondreSupprimer
  12. Anonyme

    Nicolas,

    La gratuité (ou quasi-gratuité) des "télécoms" a été acquise GRACE à la concurrence, pas CONTRE.
    La Poste est en faillite, c'est triste, mais c'est ainsi: pourquoi? Parce qu'il n'y a plus de "courrier". Ni d'un père à son enfant ni d'une banque à son client; tout passe par Internet...

    Je viens d'un petit bled de Bourgogne, la "factrice" reconnait elle-même qu'elle n'a plus de boulot.
    Elle bosse grosso modo deux heures par jour/ payées 7 H

    Ce n'est pas la CONCURRENCE (sorry, gros mot) qui l'inquiète ( dans ce village, où il reste encore une "Poste", il n'y aura jamais de concurrence...)

    C'est l'ABSCENCE de boulot... (pas de lettres...)

    Alors, on fait quoi? On manifeste contre la Comissaire à la Concurrence?
    Jean-Hébert Armengaud

    RépondreSupprimer
  13. Je vais arrêter de causer avec un libéral obtu qui ne lit pas mes coms.

    Et ne connait rien "ma copine m'a dit". Le volume de courrier est en augmentation mais celui émis par les particulier est en baisse.

    Mon canard, si tu es content de l'evolution de la société je suis content pour toi.

    Un principe de base : un service public n'a pas à être rentable. Ce sont les règles de l'Europe qui imposent de la concurrence et empêchent donc la solidarité nationale d'agir pour le bien des territoires.

    Les défenseurs de cette logique économique sont des fous : ils considèrent les autres comme des ringards sans même se rendre compte qu'au bord du gouffre, ils nous poussent à faire un grand pas.

    RépondreSupprimer
  14. "Mon canard",


    Je me fous de l'évolution de la société.
    Et, au passage, je ne suis pas un "libéral obtu", je suis un "mecdegauche", ni libéral, ni rien, je m'en fous...

    "Un principe de base : un service public n'a pas à être rentable."

    POURQUOI?
    C'est un théorème mathématique?

    C'est quoi un "service public"? La Poste? Le Train? La Santé?

    Qui définit le "Service Public"? Toi? Moi? Sarko?

    Pourquoi recevoir des pubs chaque jour dans ta boîte à lettres est-il un "service public"?

    ¨Pourquoi emmener X, à telle heure, et le faire arriver à telle heure, entre Paris et Y, est-il un service "public"?
    (Je suis de mauvaise foi: cela semble un service "privé")

    Cordialement

    RépondreSupprimer
  15. Ben tu n'es pas de gauche. C'est pas grave.

    RépondreSupprimer
  16. Pas trop d'accord avec toi Nicolas, ni avec ce qui se dit ici… Cette dame, pour moi du moins, dit une connerie que voici : «Le droit d'auteur n'est pas une fin en soi. Le droit d'auteur existe pour s'assurer que les artistes continueront à créer.»
    Considère-t-elle que son salaire, sans doute conséquent, existe pour que l'Europe s'assure qu'elle continuera à dire des conneries, ou bien pour payer le travail qu'elle a fourni ?
    Quand un auteur a bossé, il mérite de recevoir un paiement comme n'importe qui, et donc de pouvoir survivre et poursuivre son travail (point sur lequel les propos de la dame retrouvent un peu de cohérence).
    Les sociétés d'auteurs ne sont pas des intermédiaires au sens commercial habituel, puisque créées par les auteurs eux-mêmes pour redistribuer des droits qu'ils n'auraient pas les moyens de récupérer individuellement.

    RépondreSupprimer
  17. ...

    Alors que tout le monde sait ce qu'Orange, SFR et Boygues ont fait de la concurrence. Ils se la sont foutus où je pense et SE SONT ARRANGES ENTRE AMIS POUR PRATIQUER LA MEME POLITIQUE TARIFAIRE !

    La concurrence entre Fnac, Darty et Carrefour ? Idem !

    C'est une vieille lune libérale qui ne trompe plus personne.

    La première idée qu'a l'entrepreneur en situation de concurrence c'est soit de trouver un moyen de détruire le concurrent (c'est à dire de parvenir à une situation de monopole ou de quasi-monopole (z'avez vu la nuance ?) pour derechef augmenter ses prix ou son rendement (en délocalisant par exemple)), soit de s'arranger pour que tout le monde survive en bonne entente (ce qui revient au même).

    Bientôt, on va nous faire croire que la société de consommation est au service du consommateur...

    (c'est du délire en somme, le monde tel qu'il contredit chaque jour cette prétendue vision libérale qui conduit à encore plus de verrouillage)

    ---

    Nicolas,

    Je ne sais plus pourquoi j'ai dit que ce n'était pas une idée de gauche. J'étais sobre pourtant. Ah si, parce que la droite passe son temps à traiter la terre entière de fainéant - surtout en France. (tu sais, les allocs, l'assistanat, toussa...)

    RépondreSupprimer
  18. Jean-Hébert,

    Je ne souhaite pas vraiment m'immiscer dans votre engueulade "privée", mais juste rebondir sur un propos qui a sans doute dépassé votre pensée.

    Si vous vous foutez de l'évolution de la société, comme vous le dites, alors vous n'êtes pas de gauche. Si vous avez la fibre légèrement sociale, vous seriez centriste peut-être (c'est à dire rien), mais certainement pas de gauche.

    Cela dit, je ne vous en veux pas, je ne suis plus rien depuis quelques mois, et merci, ça va bien...

    RépondreSupprimer
  19. Le Coucou,

    L'important, à mon sens, est la rémunération des auteurs, pas la Sacem ! C'est un machin obsolète qui prélevé des taxes dans les bistros où il y a la radio... Par ailleurs, il semble souhaitable de faire un machin européen d'autant qu'avec internet, on n'a pas trop le choix : le streaming progresse.

    En d'autres termes, juridiquement, rien n'empêchera de mettre un de tes bouquins en ligne que les gens pourront lire en ligne (c'est à dire sans télécharger).

    Les sociétés d'auteur sont conservatrices et n'arrivent pas à imaginerun truc permettant aux auteurs de continuer à gagner de l'oseille.

    Par ailleurs, pour la musique, elles privilégient les gros : voir le com de Dorham.

    Pourtant, avec internet, les petits musiciens et les petits auteurs ont le moyen de diffuser (et vendre !) les œuvres sans coût de diffusion (impression,...).

    Mais un jour les œuvres finiront OBLIGATOIREMENT en diffusion libre sur Internet. La notion de droit d'auteur n'aura plus de sens. Il faut bien se préoccuper de la rémunération des auteurs...

    RépondreSupprimer
  20. Dorham,

    Je te laisse mon libéral pour ce soir, j'ai bistro.

    RépondreSupprimer
  21. "Quand un auteur a bossé, il mérite de recevoir un paiement comme n'importe qui, et donc de pouvoir survivre et poursuivre son travail (point sur lequel les propos de la dame retrouvent un peu de cohérence)."

    Et quand il a bossé deux heures, il a le droit d'en vivre toute sa vie ? Il n'y a que les droits d'auteur qui permettent cela. Aujourd'hui, un type comme McCartney vit tranquillement sur ses rentes. Il fait de temps en temps un concert pour les has been se souvenant encore de leurs tendres années et le tour est joué. Il ne faut pas déconner tout de même.

    A l'autre bout de la chaine, de grands, très grands artistes, qui vendent peu, ne passent pas ou très peu en radio, ne polluent pas les "bacs" avec leurs opérations promos sous stéroïdes, ne touchent que très très peu de droits d'auteur. Il leur faut enregistrer à leurs frais peu ou prou, jouer toute l'année, jusqu'à la mort. C'est leur vie, c'est leur art, ils l'aiment et le font sérieusement, mais ce système est générateur d'inégalités. Pire, il récompense avant tout les médiocres.

    Ils récompensent des médiocres qui sont aussi ceux qui travaillent le moins. Comment un système qui permet aux moins méritants et à ceux qui ont le moins d'efforts à faire peut-il perdurer en l'état.

    Il ne s'agit pas de dire qu'il ne faut pas trouver un vrai moyen de rémunérer les artistes, mais ce serait mieux de le faire plus justement. De plus, ça permettrait aux artistes plus exigeants donc moins accessibles d'être davantage représentées.

    RépondreSupprimer
  22. Nicolas, en fait je ne parlais pas de la Sacem, que je connais seulement de nom, ni d'ailleurs du domaine de la chanson qui m'intéresse guère…
    Sur ce qu'il adviendra de la rémunération des auteurs, par contre, avec la numérisation des bouquins, nous sommes tous, lecteurs comme auteurs, dans un brouillard épais dont personne ne peut dire ce qui émergera.
    Pour l'autre aspect du billet, la concurrence, etc, nous sommes d'accord.

    RépondreSupprimer
  23. Le Coucou,

    Je pense qu'avec le numérique, le "combat" des écrivains rejoindra bientôt celui des "chanteurs". Dans trois ans, les industriels sortiront des terminaux qui rentreront dans la poche et permettront de lire confortablement.

    Tout le monde est dans le brouillard. Mais fermer les yeux n'augmentera pas la visibilité !

    RépondreSupprimer
  24. @ Dorham,j'ai l'impression que tu es fixé sur les chanteurs-compositeurs… Je ne sais que dire à leur sujet… Pour ma part, j'ai bossé comme un artisan de l'écrit, un nombre d'heures irrégulier, mais appréciable chaque jour —comme tous / toutes mes ami(e)s auteurs. Quelquefois une poignée d'heures, parfois du matin au soir ou toute la nuit. Je tiens à mes droits d'auteur —qui sont d'ailleurs en train de fondre, preuve du réchauffement climatique.

    RépondreSupprimer
  25. Le Coucou,

    Parce que c'est là que cette inégalité est la plus prégnante.

    RépondreSupprimer
  26. En néerlandais, ça se prononce Crouss !

    Pour l'instant les auteurs sont à peu près rémunérés pour leur boulot par la Sacem (ou autre) et ça empêche le pillage des œuvres par les bienfaiteurs du numériques dont Google.
    Quoi de mieux qu'un texte de Victor Hugo pour associer moultes publicités ?
    :-))

    [Je fais simple… :-) ].

    RépondreSupprimer
  27. Ah non ! Victor Hugo n'utilise pas google mais bing.

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.