28 août 2013

Retraite : la réforme de trop

Depuis l'annonce de la réforme des retraites par Jean-Marc Aurault, hier, les réactions de mes confrères blogueurs politiques de gauche plutôt dans la lignée du gouvernement commencent, de même que celles d'autres blogueurs. Voir les liens ci-après. Parmi eux, un n'est pas de gauche. C'est celui avec qui je suis le plus d'accord. 

Les blogueurs proches du gouvernement sont parfois surprenants et approuvent en partie cette réforme. C'était d'ailleurs le cas de certains de mes commentateurs d'hier. Beaucoup insistent sur le fait que c'était dans le projet du PS.  Je n'en sais rien : je ne suis pas au PS. 

Je vais donc rappeler ma position de manière plus qu'hier. 

Petit 1 : je ne crois pas du tout à l'efficacité de cette réforme. Ça fait plusieurs réformes consécutives (4 en 20 ans) qui avaient été faites et â l'issue desquelles on nous annonçait que le système allait être sauvé. Cette fois, on a en plus une légère - très - augmentation des cotisations mais l'essentiel repose encore sur la durée. Cela ne fonctionnera pas. 

Petit 2 : cela revient à une augmentation du temps de travail. Nous voila avec le premier gouvernement de gauche depuis au moins 80 ans qui provoque l'augmentation du temps de travail. 

A la limite, je m'en fous mais ça va à l'encontre de ce en quoi j'ai toujours cru dont, notamment, la nécessité de prendre la politique d'une manière globale. 

Petit 3 : à force de faire des réformes plus proches de ce qui semble être de droite que de gauche, les dommages collatéraux risquent d'être terribles. Et être au gouvernement pour mener la politique de la droite ne peut pas me satisfaire. 

Petit 4 : cela va convaincre les types de la vraie gauche, la célèbre, vrauche, qu'ils sont dans leur bon droit, et nous obliger à crier de plus en plus fort pour soutenir d'autres réformes, elles bien nécessaires, autour de la compétitivité, du droit du travail,...

Petit 5 : elle va amener un terrible conflit entre les générations, conflit qui mettra en danger le système social dans son ensemble. Non seulement les jeunes devront cotiser plus pour ceux qui ont eu de la chance d'être à la retraite au bon moment (mais dans un système par répartition, ça peut se concevoir) mais ils devront cotiser plus longtemps. 

Ils sont donc baisés sur toute la ligne et pourraient très bien se tourner vers des politiciens qui ne manqueront pas de leur proposer de cotiser pour leur propre gueule. 

Petit 6 : elle se base sur des arguments (comme l'augmentation de l'espérance de vie) que nous réfutions à l'époque des réformes de la droite. Comment voulez-vous que l'on ne passe pas pour des cons auprès des électeurs ?

Petit 7 : ce qui importe est de financer les retraites aujourd'hui. Il faut donc que les recettes couvrent les dépenses. C'est le principe de la répartition. Augmenter la durée de cotisation dans dix ou vingt ans ne résoudra pas le financement immédiat. Cette réforme est de l'arnaque. 

Je résume : cette réforme n'est pas défendable et j'espère que le Parlement la corrigera. 

Quelques liens :

http://sarkofrance.blogspot.fr/2013/08/retraite.html
http://www.jepense-jecris.fr/2013/08/retraites-quand-ayrault-ecoute-aubry.html
http://falconhill.blogspot.com/2013/08/jusqua-66-ans-peut-etre-68-ou-69-dici-la.html
http://www.jeune-garde87.org/2013/08/27/retraite-une-reforme-de-gauche/

37 commentaires:

  1. Plutôt d'accord avec toi mais beau coup politique

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    1. Non. C'est une erreur politique majeure. Il fallait faire la réforme fiscale pas augmenter le temps de travail.

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    2. C'est une erreur stratégique pas une erreur politique. Ayrault est un centriste en fait.

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    3. Si. C'est une erreur politique : la réforme ne résous rien puisqu'elle ne prend pas les enjeux liés à la santé économique du pays.

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    4. Oups ! Je voulais dire : ne prends pas en compte le fait qu'on ne prend pas en compte le fait qu'on ne connaisse pas l'état de l'économie â moyen terme.

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    5. Politiquement, cela ne remuera rien à court terme mais stratégiquement, c'est une erreur, c'est sûr. Ils ont basé certains calculs sur une croissance à 1,6 % et un taux de chômage à 5,5 % à partir de 2000 je ne sais plus quoi mais c'est de la foutaise de socialo qui n'y connaît strictement rien à l'économie. De toute façon, je vais en choquer plus d'un, mais un prof d'allemand de collège n'a pas l'ampleur et les épaules d'un grand réformateur.

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    6. C'est sûr. Ils font de la gestion à la place d'une réforme.

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    7. mais un prof d'allemand de collège n'a pas l'ampleur et les épaules d'un grand réformateur.

      un avocat à talonnettes non plus

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    8. @ pierre disp
      "De toute façon, je vais en choquer plus d'un, mais un prof d'allemand de collège n'a pas l'ampleur et les épaules d'un grand réformateur."

      Ta phrase ne choque personne, chacun étant libre d'exprimer ce qu'il ressent. Simplement tu passe pour un connard arrogant.

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    9. Été toi pour un trou du cul qui épluche des conversations. Taré.

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  2. Sur le point 7 tu vas vite en besogne. Le financement immédiat est censé être assuré par l'augmentation des cotisations dès 2014, pas par l'augmentation de leur durée qui intervient plus tard une fois que la trajectoire de stabilisation est atteinte. C'était d'ailleurs déjà dans le contre-projet du PS de 2010.

    Sinon, je reste opposé à l'augmentation de cette durée de cotisation, mais il faut tout de même rappeler que l'âge du plein droit ne change pas (67 ans). L'autre jour j'entendais un crétin à la radio qui prétendait que telle catégorie de travailleurs (les profs je crois) serait obligée de bosser au-delà de 70 ans à cause de l'augmentation de la durée de cotisation. Non, tout le monde a droit au taux plein à 67 ans même avec un nombre de trimestres insuffisant. Pour tous ceux qui ont commencé à bosser après 24 ans ou qui ont cumulé de longues périodes de chômage, cette réforme ne changera rien pour eux.

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    1. Point7 : c'est en gros ce que je dis.

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    2. Ben non pas vraiment : tu dis "Augmenter la durée de cotisation dans dix ou vingt ans ne résoudra pas le financement immédiat. Cette réforme est de l'arnaque. ". Mais la réforme comprend aussi l'augmentation des cotisations, qui a un effet immédiat sur le financement des comptes sociaux.

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    3. Oui. C'est le long terme qui est de l'arnaque.

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  3. Je ne vais ps recommencer, mais admettons tous au moins qu'on ne peut pas se contenter de sauver la répartition par la recherche de l'équilibre dans l'année, et laisser le système aller dans le mur dans 10 ans!

    Tant mieux si les paramètres changent, si une croissance à 5 % et une chute du chômage à 5% venus d'on ne sait où permettront dans cinq ans d'annuler cette réforme et celle de 2010; et si une croissance de 10 % et un chômage de 3 % permettent de ramener l'âge de la retraite à 55 ans et la durée de cotisations à 40 ans (je mets ces chiffres au hasard, je n'ai pas fait les calculs): il sera toujours temps de le faire.

    C'est votre point 5 qui est le plus important: quel que soit le montant des cotisations, la solidarité entre générations tiendra-t-elle longtemps le coup à une époque où le libéralisme mondialisé est en train de briser toutes les solidarités (voir la disparition de la solidarité entre public et privé)? C'est, en tous cas, celui qui m'inquiète le plus, et pas seulement pour les retraites.

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    1. Si ! Vous recommencez. Il y a aussi l'hypothèse d'une récession de plusieurs années. Auquel cas il y aura augmentation du nombre de chômeurs du baisse du nombre de cotisants : bosser plus ne changera donc rien aux retraites. Arrêtez de faire des mathématiques (voire pire, de l'économie qui n'est pas une science exacte) faites de la politique, au moins c'est rigolo.

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    2. Les salaires et la retraite (qui n'en est qu'une forme différée) ne sont qu'une répartition des richesses produites, elles-mêmes fruits de la croissance; s'il y a une récession ( = une baisse des richesses produites) pendant plusieurs années, il y aura nécessairement une baisse des retraites, du niveau de vie et de bien d'autres choses.

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  4. Pour faire une vraie réforme en profondeur d'un système de retraites qui va dans le mur (notamment à cause de l'augmentation de l'espérance de vie, bien sûr! Toucher sa retraite pendant 3 ans comme en 1945, ou la toucher pendant 20 ans comme aujourd'hui, cela n'a rien à voir), il faut voir comment cela s'est passé en Suède: plus de trois ans de négociations ininterrompues entre partis au pouvoir, partis de l'opposition (qui ont alterné, sans interruption des négociations pour autant) et syndicat unique (dans un pays où 90 % de la population était syndiquée), jusqu'à aboutir à un projet commun.

    Ce n'est pas dans nos mœurs.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_retraite_en_Su%C3%A8de

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    1. Stop ! Je vous ai dit hier soir que vous commenciez à me casser les couilles avec vos commentaires hors sujet. Je suis très sérieux.

      On peut passer la cotisation à 50 ans, le système sera sauvé. Mais pour l'instant on fait de la politique, pas des mathématiques.

      Vous allez être viré de ce blog si vous continuez comme tous ceux qui commentent trop.

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    2. On ne parle jamais, dans le débat sur les retraites, de leur montant: le taux de remplacement (proportion de la pension mensuelle par rapport au dernier salaire) est bien plus faible qu'en Suède; et, en 2010, dans les manifs, il a été uniquement question de l'âge du départ et de la durée des cotisations, jamais du taux de remplacement.

      Il semble que, contrairement aux Suédois, les Français préfèrent partir à la retraite plus tôt, avec des retraites plus faibles: c'est aussi un élément à prendre en compte.

      Mais c'est un élément qui risque de changer avec la hausse des prix de l'immobilier, à mesure qu'une proportion croissante de retraités seront locataires à vie, et non propriétaires de leur logement comme aujourd'hui.

      Et c'est le rôle d'un gouvernement responsable que d'y penser, quitte à être impopulaire; la politique, ce n'est pas uniquement les prochaines élections et la popularité; Hollande le répète assez souvent.

      Si un gouvernement voulait passer de la retraite par répartition à la capitalisation,il y aurait un moyen très simple: ne rien faire (et, en plus, il ne serait pas impopulaire!)

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    3. Je suis, pour le coup, plus ou moins d'accord avec vous (encore !!) augmenter la durer de cotisation dans 10 ans n'a aucun sens.

      Soit on le fait maintenant, soit on ne le fait pas.

      Dans ces deux cas, augmenter les cotisations est inévitables mais peut être peut on baisser les charges ou les impôts ailleurs...

      Dernière chose, en quoi faire de la politique empêche de regarder la réaliter comptable de la situation ?

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    4. Skandal,

      La seule réalité comptable est ce qu'ont coûté les retraites en 2012 et ce qu'il faudrait prélever en 2013 pour équilibrer le bordel a priori (le déficit de 2012 et les pensions de 2013).

      Élie,

      Vous bottez en touche sur le problème qui est le prix de l'immobilier. Pour le faire baisser il faut construire. Pas augmenter les années de cotisation pour la retraite. Pour le coup, avec vos arguments, le gouvernement est de plus en plus inconséquent.

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  5. OK, j'arrête: je ne m'étais pas rendu compte que j'étais hors sujet...
    Il faudra nous faire maintenant un billet pour nous dire ce que vous proposez, pour sauver le système.

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    1. Je l'ai dit, ne serait-ce que hier matin. En outre, le problème n'est pas de sauver les retraites mais de sauver l'économie.

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  6. +1.Je sais c'est con.

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  7. Nos échanges m'ont permis d'en faire un billet, je n'ai eu qu'à mettre mes commentaires d'ici bout à bout...Et, en plus, ça a l'air cohérent!

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  8. C'est fou quand même. Elie Arié poste des commentaires en plein dans le sujet, avec arguments et exemples, ce sont des commentaires parfaits et jamais insultants..et le type se fait incendier parce que soit disant il est hors-sujet. On menace même de le virer...hallucinant.

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    1. C'est d'où quand même. Un connard anonyme qui vient me dire comment gérer mon blog, ce que fais depuis bientôt huit ans tout seul.

      Si je dis que c'est hors sujet, c'est hors sujet. Le sujet est la faute politique du gouvernement avec cette réforme pas la réforme des retraites en elle-même. Je ne veux pas refaire les débats déjà faits au premier semestre.

      Connard.

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    2. .... et comme tu dis très justement, c'est l'économie qu'il faut sauver : la retraite en sera sauvée automatiquement.

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    3. @ babelouest

      Et, en attendant la disparition du chômage et le retour de la croissance, il est urgent de ne rien faire?

      Vous vous figurez que, dans le monde actuel, si la retraite par répartition venait à disparaître d'ici là, il y aurait un seul gouvernement, de gauche ou de droite, qui la rétablirait lorsqu'elle serait de nouveau plus facile à financer?

      Le parti social-démocrate suédois a mené sa dernière campagne électorale sur le thème: "Comprenez bien que, dans le monde actuel, tout ce qui sera perdu en matière d'Etat-Providence le sera pour toujours" ( il n'en a pas moins perdu les élections, d'ailleurs).

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  9. Je ne viens pas là pour te donner des leçons de blogging mais je constate juste et je pense que tous les commentateurs pensent comme moi, que tu envoies balader quelqu'un qui apporte des arguments pertinents et qui concernent directement le contenu de ta note. Cette personne n'est jamais insultante et se permet juste de donner son avis personnel sans la ramener. Et toi, tu lui réponds presque 'dégage' parce qu'il n'est pas d'accord avec toi. Donc je me permets de t'annoncer que tu ne respectes pas les gens qui ne sont pas de ton avis. Tu leur chies dessus purement et simplement et tu affirmes que c'est du hors-sujet alors que non...Elie Arié (que je ne connais pas) est bien courageux de continuer à développer ses arguments en faisant comme si de rien n'était. Tout ça est affligeant, contraire à la démocratie et à l'esprit des blogs. Donc tu attends quoi des commentateurs ? Qu'ils disent beni-oui-oui à tout ce que tu racontes ?

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    1. L'esprit des blogs raconté par un connard anonyme. Ça laisse rêveur.

      Tu as néanmoins tout faux. Les commentateurs sont pour la plupart mes potes et savent très bien comment je géré mes blogs. Élie rentre de vacances et a oublié de se demander pourquoi je lui disais qu'il était hors sujet.

      Je t'explique : une fois que le PM a pris sa décision, ça ne sert plus à rien de discuter de la sauvegarde des retraites. On parle de communication politique.

      Mais un connard anonyme ne peut pas le comprendre. Il se croit plus intelligent alors qu'il est aussi con que la moyenne.

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  10. Je suis peut-être un connard anonyme, j'accepte, mais accepte de ton côté que tu ne supportes pas qu'on te contredit, tu ne supportes pas le débat. C'est pas parce que je suis un connard anonyme que toi tu fais bien ton boulot de blogueur. Tu as un avis et il DOIT être partagé par tout, ça tombe bien c'est le nom de ton blog. Mais c'est anti-démocratique purement et simplement.
    Ça fait 3 jours que je suis ton blog et je constate que ça se passe bien quand les commentateurs sont peu ou prou d'accord avec toi..mais les autres, qu'est ce qu'ils prennent dans la gueule. Tu as bien quelques gugusses de droite mais c'est pour rigoler, pour faire comme si...le fait est qu'il ne faut pas te contredire, point barre.
    Donc je félicite Elie Arié qui connait bien son sujet et qui répond poliment à tes insultes. Il a tout mon respect (même si je ne suis pas d'accord avec ses propos)

    Signé le connard Anonyme

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    1. Tu es fou ! Je suis en vacances. J'ai fait deux ou trois billets en trois jours et tu te fais une opinion... Alors que j'ai quasiment le blog politique avec le plus de contradicteur. Tu es vraiment un connard qui juge sans savoir.

      Quant à mon blog politique, je réussi à le tenir épuisé sept ans, ce qui n'est pas le cas de tout le monde... Il fait gérer, je gére : ça commence par supprimer les débats techniques qui écartent de la politique.

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