09 novembre 2011

Effraction irréductible

Ce qu’il y a de rigolo avec la bévue de François Baroin, hier, à l’Assemblée Nationale, divisela droite, ce qui prouve quand même que la gauche a eu raison de s’offusquer. Ce qu’il y a de con, par contre, c’est que personne ne sait de quoi parlaient nos chers représentants à ce moment là. N’ayant pas encore téléchargé l’applicationGroland sur l’iPhone (la scène y ressemble…), je me suis pointé surle site de l’Assemblée Nationale.

François Baroin répondait à la place de François Fillon (en déplacement en Allemagne) a une question de Pierre-Alain Druet qui se terminait par une interpellation : « Le Premier ministre a parlé de faillite en évoquant les années où la France a vécu à crédit. La dette de notre pays aura doublé en moins de vingt ans, passant de 42 % du PIB en 1993 à 86 % en juin 2012 : ce doublement ne résulte pas de l’ensemble des gouvernements, mais uniquement des gouvernements de droite, car nous, nous avons réduit la dette. La faillite, c’est vous ! »

Il faut bien reconnaître… De temps en temps, les billets blogs gauchistes sont illustrés avec de courbes du déficit ou de la dette…

Voyons la réponse… : « Monsieur le député, vous avez posé la question du courage. Est-ce du courage que de proposer, pour satisfaire quelques catégories prétendument favorables sur le plan électoral, la création de 60 000 emplois dans l’éducation nationale ? »

On se demande bien ce que ça vient foutre à l’Assemblée Nationale, d’autant que l’élection en question ne concerne pas franchement l’UMP.

Je cite des passages, seulement, mais tout est pareil. Arrogant.

« Est-ce du courage que de ne pas revenir sur les 35 heures ? »

Ben non. Il a fallu être courageux pour les mettre en place. Et quand la droite nous promet depuis dix ans de revenir dessus, on se demande où est son courage. Sans compter, qu’il n’est pas inutile de rappeler que la France est un des pays où l’on bosse le plus par semaine.

« Est-ce du courage que de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à de vieilles lunes socialistes qui vous ont, certes, conduit par effraction au pouvoir en 1997, vous qui n’avez rien fait de la croissance venue de l’extérieur avec la bulle Internet ! »

A nous voila à l’effraction. Beaucoup de papiers sur ce mot depuis hier soir. On pourra toujours rigoler que lui aussi a obtenu sa place avec effraction, l’ayant récupérée au type qui l’avait remplacé, en 1995, et qui le remplace à nouveau depuis 2007.

Mais avant d’aller plus loin, il faut rigoler : si les socialos ont réussi, c’est de la faute à Internet.

« Oui, je le répète, c’est par effraction, car c’est sur un coin de table que vous avez rédigé l’affaire des 35 heures ! »

Quel coin de table ? Le projet était préparé. La réduction du temps de travail faisait partie du projet de Lionel Jospin en 1995. Les législatives suivantes étaient prévues un an après… Jacques Chirac a soit essayé de sauver les meubles soit donné volontairement le pouvoir à la gauche à cause de l’incompétence de la droite…

« C’est sur un coin de table que M. Strauss-Kahn et Mme Aubry ont rédigé l’affaire des emplois-jeunes ! Oui, c’est par un coin de table que vous êtes arrivé aux affaires, et c’est sur un coin de table toujours que vous avez rédigé un projet qui est aujourd’hui caduc et qui, dans le même esprit, vous a amené à proposer un projet qui ne correspond en rien à la réalité de la situation économique de notre pays ! »

Notre jeune ministre serait-il obsédé par les coins de tables ?

La réalité de la situation économique de notre pays, c’est que l’Allemagne a les moyens de s’offrir une réduction d’impôts alors que les Allemands travaillent en moyenne moins que nous par semaine alors que le gouvernement actuel, au pouvoir pendant 15 ans depuis 1993 est obligé de nous infliger une hausse des impôts.

« Vous pourrez crier, le bruit n’ajoutera rien à l’affaire ! Vous pourrez vous lever, cela ne réglera pas l’affaire du projet socialiste ! Vous pourrez quitter la salle et adresser des quolibets, vous serez vous aussi, face aux Français, au rendez-vous de la vérité ! Nous, nous le serons ! »

Nous y serons en mai… Comme nous l’avons été à toutes les élections « pas nationales » depuis 2002.

Qu’on a probablement gagnées par effraction.

15 commentaires:

  1. Il a de la verve, quand même...Pas tout à fait autant que Gabin dans le Président, mais tout de même...Et puis quelle belle voix grave ! Mais sur le fond, évidemment, c'est n'importe quoi ! Bon billet !

    RépondreSupprimer
  2. Merci. (excellent commentaire plus log que celui que j'ai laissé chez toi)

    RépondreSupprimer
  3. C'est marrant du reste cette voix grave dans ce corps de jeune premier un peu niais... Pour ne pas dire de "pas encore déniaisé"...

    RépondreSupprimer
  4. Tu parles comme Didier Goux, maintenant ?

    RépondreSupprimer
  5. Baroin le chiraquien qui se retrouve par miracle sarkozyste… Tout est dit ! :-)

    RépondreSupprimer
  6. Baroin..? le fils de Baroin, ou bien ?
    Geargies

    RépondreSupprimer
  7. Baroin..? le fils de Baroin, ou bien ?
    Geargies

    RépondreSupprimer
  8. Baroin..? le fils de Baroin, ou bien ?
    Geargies

    RépondreSupprimer
  9. Baroin..? le fils de Baroin, ou bien ?
    Geargies

    RépondreSupprimer
  10. Raymond Barroin. S'il pouvait dormir à l'assemblée nationale, celui-là...

    RépondreSupprimer
  11. Geargies,

    On a compris.

    MHPA,

    Ben, une bonne sieste...

    RépondreSupprimer
  12. Pris à froid, au pied levé, Baroin n'est pas toujours autant en verve ...
    Cela prouverait qu'il avait préparé son coup !

    RépondreSupprimer
  13. Pierre-Alain MUET le mal nommé ce jour là !
    François fils de son père Michel, grand maître du Grand Orient de France.

    RépondreSupprimer
  14. harry potter s'était déjà fait taper sur les doigts par son homologue allemand, sans compter d'autres bévues mineures dans les médias (langue de bois +++).
    les incompétents, dehors !!!

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est activée. JE SUIS LE SEUL à décider des commentaires qui sont supprimés et ils ne le sont jamais pour divergence politique sauf si les propos tiennent du harcèlement de la part d'imbéciles qui ne savent pas prendre acte d'un constat de désaccord.

Je supprime les commentaires qui n'apportent rien à l'esprit de ce blog, tel que je me l'imagine. Tant pis pour les andouilles qui voient autre chose...