25 septembre 2007

Sarkozysme - Quesako ?

Samedi, Crise dans les médias s’est livré à un exercice périlleux : définir le Sarkozysme. Dans la foulée, Dimanche, Sarkofrance se livrait au même exercice. Un blog de la haute tenue morale et intellectuelle comme Partageons mon avis ne peut pas y échapper. En fait, je voulais le faire plus tôt, mais je me suis donné deux jours pour oublier ce qu’avaient dit mes camarades pour ne pas les copier honteusement.

N.B. : CSP s’est aussi livré à une analyse de la méthode mais j’ai rédigé ce billet cette nuit avant de l’avoir vu. Comme quoi, c’est un sujet à la mode.


Avant de définir le sarkozysme, il convient de réfléchir un peu à la personnalité de son instigateur.

Nicolas Sarkozy a un charisme extraordinaire. Une partie de la population ne l’aime pas et j’en fais partie, mais c’est incroyable comment les autres peuvent le « suivre ». Pas seulement en France. Regardez comment il a plus ou moins noyé le poisson quand il a participé à une réunion des ministres des finances Européens avec Christine Lagarde. Regardez aussi comment il a réussi à convaincre des personnalités diverses à travailler avec lui.

Le deuxième élément de définition est une technique de langage incroyable. Que ça soit dans les discours préparés à l’avance par son staff ou dans les réponses aux interviews, il a une technique pour énoncer directement une énormité, souvent sous la forme d’une question, qui clôt immédiatement le débat. « Pourquoi un salarié ne pourrait-il pas travailler plus pour gagner plus ? ». C’est complètement con, mais que voulez-vous répondre ? « Je ne vois pas pourquoi l’assurance maladie serait la seule assurance sans franchise ». Bravo !

Le troisième élément de définition est de faire plaisir aux ahuris en n’ayant aucun tabou. C’est très dangereux. Je ne vois pas en quoi l’Identité Nationale de la France sort renforcée de la mise en place d’un Ministère de l’Identité Nationale ?

Le quatrième élément est un activisme forcené en annonçant tout et n’importe quoi en même temps pour donner l’impression d’être actif et de réellement faire la rupture tout en muselant l’opposition qui ne sait plus sur quels points répondre.

Le premier et le quatrième point ne sont pas des critiques, juste des constats. Un cinquième constat, presque admiratif, est celui d’un talent politique qui a permis à Nicolas Sarkozy de verrouiller complètement sa formation politique pour obliger tout le monde à le suivre (le PS devrait en prendre de la graine) et d’une préparation d’une carrière politique à long terme qui lui permet d’être maintenant le pote des patrons de presse.


Après avoir présenté l’homme, on peut enfin se lancer dans la définition du sarkozysme : c’est le pire des conservatismes dirigé par Nicolas Sarkozy. On met des paillettes et on parle aux Français de leur propre sécurité et par derrière on mène une politique du n’importe quoi au niveau économique en mettant l’état français au bord de la faillite.

Du grand Bush : on va faire la guerre au bout du monde en disant aux gens que c’est pour leur sécurité ! Pendant ce temps, on plombe les comptes de l’état au bénéfice de grands groupes industriels de manière totalement contraire aux intérêts du pays, de sa politique industrielle, …

Mais en pire ! On dézingue ce qui marche bien au seul prétexte qu’on a promis de faire des réformes et que les zozos sont endormis. On tire sur le droit du travail au nom de libéralisme et on pratique la pire politique interventionniste.

En bien pire ! On s’assoit sur des principes constitutionnels au nom du renforcement des institutions.

10 commentaires:

  1. Je suis d'accord, et donc je ne devrais pas commenter. Ta définition est peut-être meilleure que la mienne, car plus concrète, et elle rend bien les deux facettes du phénomènes:
    1) la personnalité du type, son côté baratineur de haut niveau
    2) les idées conservatrices (comme ça ne se fait plus en France depuis au moins la jeunesse de Couve de Murville.

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  2. Merci ! Pour te remercier, je vais faire un billet sur jospin comme Franssoit.

    Il faut toujours commenter quand on est d'accord. Quand on n'est pas d'accord, c'est trop chiant et on risque de passer pour un troll.

    Il a été jeune Couve ?

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  3. J'ai testé "travailler plus pour gagner plus" : 5 jours d'arrêt maladie à l'arrivée pour récupérer je ne tenais plus debout : 45 heures par semaine sur 4 jours, avec 30 mn de pause, gain constaté 300€, perte avec l'arrêt maladie 260€, alors travailler plus pour se bousiller la santé...j'ai donné !

    Fanette Testeuse chieuse !

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  4. Faut que j'arrête de te faire des confidences...moi..

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  5. la méthode Sarko,
    un exemple du jouranl hier, pour reprendre ses propos :
    "La vérité, c’est qu’il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu’il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite»
    ou l'art
    1)de laisser sous-entendre que des branleurs ont berné l'Etat pendant des années en laissant croire qu'ils faisaient un travail pénible,
    2) que toi, cher lecteur anonyme, tu fais sûrement un travail bien olus dur que ces précédents branleurs,et que toi, tu es victime de cette injustice que je vais, moi, Zorro, vite réparer !
    Diviser pour mieux régner, climat de suspition,effet d'annonce, ...tout y est!

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  6. Fanette,

    Continue à bosser !

    Cat,

    Tu commences à cerner la méthode !

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  7. Tu analyses le personnage pour démontrer sa politique, c'est un angle idéal dans le cas présent. Nicolas Sarkozy est totalement fasciné, non par lui-même mais par lui-même au pouvoir !
    :-)

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  8. Fil,

    Tu remarqueras que dans ce billet, j'ai très peu de critiques envers la personne (à la limite j'ai du respect pour ce qu'il est arrivé à faire).

    Mes critiques portent sur les journalistes et les électeurs aveugles !

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  9. Holaa. très complet et poussé ce billet!
    Je vais devoir enrichir. Eric a eu cette bonne expression hier à la République des blogs (j'en profite): Sarko est tel VGE; il ne lui manque que 2 chocs (pétroliers).

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  10. Il lui faudrait surtout en 2012 un choc comme 1981 !

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