19 mai 2008

Un gouvernement anti-bistros !

Allons bon ! Le gouvernement lance une nouvelle charge contre les bistros. En tant que spécialiste des bistros dans les blogs, puisque je vous rappelle qu’après mon doctorat en blogage politique j’en ai fait un deuxième dans le domaine des bistros, je me dois d’intervenir et de donner mon point de vue.

J’avais pourtant mieux à faire puisque je vous rappelle que je n’ai pas donné mon avis sur la multiplication subite des candidats à la succession de François Hollande. Malgré un rapide résumé dans le Parisien de ce matin.

J’avais aussi mieux à faire avec le séminaire gouvernemental d’hier, mais j’ai la flemme. Je laisse Monsieur Poireau nous expliquer l’incompréhensible : « chacune des réformes proposées par ce gouvernement est une amputation de nos droits acquis ».

J’avais aussi mieux à faire avec cette histoire de modification constitutionnelle pour interdire de présenter un budget en déficit, ce qui est grotesque. Un objectif politique financier, que je partage par ailleurs, n’a pas à figurer dans la constitution. Par exemple, il y a déjà trop d’objectifs politiques dans l’espèce de minitraité Européen.

J’avais, enfin, aussi mieux à faire avec le sujet de société du Parisien de ce matin qui parle des problèmes récurrents du RER A. Notons que je m’en fous un peu, je ne prends jamais le RER A : il est plein de pauvres qui transpirent. Néanmoins, cette double page a retenu mon attention car la « Christine » dans l’encadré, page 3, est une ancienne collègue à moi (on a travaillé ensemble occasionnellement de 88 – on était tous les deux très jeunes ! – à 2002 environ). Je lui adresse donc le bonjour. Je suis désolé, je n’ai pas trouvé cet encadré dans l’édition en ligne du Parisien.

Néanmoins, à propos des transports en commun, il n’est pas inutile de rappeler que pour améliorer tout ça, il faut des investissements importants pour créer les lignes de RER ou de métro qui manquent. Ca pourrait d’ailleurs me faire rebondir sur le « fait du jour » de 7h15 de ce matin sur France Info : le plan banlieue de Fadela Améra a-t-il disparu ? Comment peut-elle rester au gouvernement alors qu’elle n’a eu aucun financement ?

Je vais apporter ma contribution au dossier « transport en Ile-de-France » : pour ma part, ce qui risque de manquer à partir de septembre, c’est une ligne directe entre le Kremlin-Bicêtre et la Défense.

J’en reviens au sujet du billet : le plan que nous prépare le gouvernement pour lutter contre l’alcoolisme en s’attaquant au bistro. Je ne retrouve pas l’information sur le site du Parisien mais elle est bien sur la version papier : je vais travailler de mémoire. Il y a plusieurs volets dont un sur les « happy hours » et l’autre sur les taxes sur les bières à plus de 6°.

Ainsi, le gouvernement veut ajouter une taxe sur les bières fortes, pour en augmenter le prix et dissuader les gens d’en boire. A-t-on des libéraux dans la salle pour expliquer au gouvernement qu’il n’est jamais bon de créer une nouvelle taxe ?

Les « happy hours » consistent à baisser fortement les prix des consommations pendant les heures creuses (par exemple, pour les « bars de nuit », de 19 à 21 heures) pour inciter les gens à venir. Le gouvernement veut les interdire. A-t-on des libéraux dans la salle pour expliquer au gouvernement que les prix sont libres en France et qu’il n’y a aucune raison valable d’imposer à un commerce de ne pas faire des réductions ?

D’une manière générale, il faudrait rappeler qu’en France, on a un sérieux problème de pouvoir d’achat : si une politique gouvernementale vise à augmenter le prix des produits, elle forcément très mauvaise.

La lutte contre l’alcoolisme est un mauvais prétexte
. La bière est un produit de consommation comme un autre.

Je vais donc inviter les ministres et haut fonctionnaires préparant cette mesure à venir boire un coup à la Comète dès vendredi prochain de 19h à 21h. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit… mais la Comète se trouve à côté du supermarché Leclerc : on peut donc observer discrètement les gens qui sortent du magasin avec leurs courses. Le nombre de jeunes (a priori client des bars à « happy hours ») qui sortent du Leclerc à ces heures avec des packs de bière, de whisky et autres délices buccaux est incroyable ! Ils s’organisent ainsi de petites fêtes entre eux à la maison car ils n'ont pas assez de pognon pour aller au bistro.

Il faut arrêter de focaliser sur les bistros comme vecteur de l’alcoolisme : les types qui n’ont pas les moyens de picoler dans les bistros picolent chez eux.

En outre, augmenter le prix des bières dans les bars aura deux conséquences : casser encore plus le dos des caissières des supermarchés et diminuer le nombre de barmans !

(bière)

23 commentaires:

  1. c'est bizarre cette propension du gouvernement à emmerder les limonadiers ! Ils veulent les faire revoter FN ?

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  2. Heureusement pour l'électorat du FN, on va continuer à pouvoir siffler des bières dans des taxis...

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  3. le gouvernement n'a qu'à mieux contrôler les ventes d'alcool dans les supermarchés, l'alcoolique ne va pas au bar du coin se pêter le coing il le fait très bien chez lui avec de la villageoise ou du mauvais whisky Lidl loin du regard des autres...Leurs mômes le savent !

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  4. Demandez aux assistantes sociales de repérer ces gens là, on aurait des stats en or sur les dégâts causés par l'accool dans les familles !

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  5. Dorham,

    Ils vont finir par l'interdire.

    Fanette,

    Oui, le gouvernement n'a rien compris. Pour "soigner" un pb de santé publique, ils font de la communication sur les "bars de nuits", sans se préoccuper des vrais problèmes.

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  6. Recyclons les barmans dans les hypers, comme porteurs de caisses de vins et de packs de mousse jusqu'au coffre des bagnoles : c'est pas raisonnable, comme emploi, ça ?

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  7. Didier,

    Nous allons organiser une AG pour étudier votre proposition.

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  8. Il me semble avoir entendu que c'est 80% des boissons alcolisées qui sont vendues par les supermarchés. Même d'un point de vue comptable, c'est idiot de ne taxer que 20% des ventes, non ?

    [t'as un doctorat es bière, toi ? :-)) ]

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  9. ok pour supprimer tout types de taxes indues, mais il faut être cohérent : supprimer les taxes arbitraires ne peut se faire qu'au prix d'une réduction majeure de la place de l'Etat qui ne vit que par l'argent qu'il prélève (et c'est normal).

    Tu appelles donc de tes voeux une réduction du nombre de fonctionnaires, et du nombre de secteur où l'Etat intervient ?
    à bientôt !

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  10. LOmiG,

    Non ! J'appelle juste à ne pas créer une nouvelle taxe sur la consommation (et pas supprimer toutes taxes indues).

    Néanmoins, je pourrais appeler à la suppression des taxes indues, quitte à renforcer l'imposition sur le revenu (l'ensemble des revenus).

    Mais tu es hors sujet.

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  11. Pour les Happy Hours il parait que l'info vient du Parisien.
    J'ai cherché sur le site de l'A.N. et la seule référence que j'ai trouvé est une question de M. Marc Le Fur (UMP Côtes-d'Armor), n°6798 de la 13e législature, publiée au Journal Officiel le 09/10/2007, réponse parue le 22/01/2008.
    La réponse évoque ceci :

    « Certaines pratiques, telles que les « open bar » (entrée payante et boissons à volonté) et les « happy hours » (promotion sur les boissons alcoolisées, le plus souvent la bière, auxquelles est appliquée le prix d'une boisson pour deux consommées) paraissent par ailleurs devoir être mieux encadrées, sur un plan réglementaire ou conventionnel selon le cas. »

    Pas d'autres textes en vue.

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  12. quoi un député 22 contre les happy hours ?!

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  13. Bob,

    C'était bien dans le Parisien de ce matin (édition papier).

    Gaël,

    Et en plus, devine quelle circonscription !

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  14. @Nicol

    L'article est aussi en une du parisien.fr!

    Je ne suis pas d'accord avec toi et je l'ai dit sur mon blog : certes, cela ne va pas toucher ceux qui s'empiffrent de villageoise ou de whisky chez eux, mais c'ets peut-être un début, non? On apprend l'alcoolisme à la fac, quand avec les open bars et les happy hour on se biture à pas trop cher. Et la biture, est-ce une liberté fondamentale? Je ne crois pas. Le gouvernement a certainement pour mission de réduire le coût social de ce fléau et je pense que si ces mesures sont imparfaites c'est déjà un bon début, non?

    PS : tu me fais rire à parler de libéralisme.

    @fanette

    Contrôler les ventes d'alcool dans les supermarchés? Et là, personne ne criera à la dictature?

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  15. @Chafouin
    un meilleur contrôle des evntes de supermarchés aux Djeuns surtout !
    je vois des mineurs passer avec des packs de bière alcoolisés et des Despé, réflexion des caissières :
    "si je les passe pas c'est leur grand frère qui le fera..."
    Ethique élliptique hydillique éclectique ?

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  16. Le Chaffouin,

    Oui, l'article est maintenant en ligne.

    Quand à l'apprentissage de l'alcool à la fac : oui et non. Quand j'étais étudiant, on se cotisait pour organiser des "booms" avec des alcools pas cher, on ne fréquentait pas les bars à "happy hours", faute de moyen.

    Ces mesures ne sont pas un bon début : elles concernent les bières chères dans certains bars... soit probablement moins de 1% de l'alcoolisme !

    C'est juste une mesure de communication !

    Pour ce qui concerne ta réponse à Fanette, on peut avoir des mesures simples comme interdire la vente de l'alcool aux mineurs dans les supermarchés, par exemple. Je doute que ça soit vraiment efficace (pour la raison citée par Fanette dans son dernier commentaire) mais ca n'aurait pas grand chose d'une dictature !

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  17. On risque aussi d'atteindre des sommets d'absurdité, comme au Canada par exemple : l'entrée des bars étant interdit aux mineurs, un couple de parents avec la poussette de leur fils de deux ans NE PEUT PAS y entrer...

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  18. C'est pour ça que je n'ai pas d'enfants.

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  19. ca me rappelle d'une sombre histoire où Jean Marc Ayrault a supprimé les happy hours dans la sombre ville de Nantes.
    http://abadinte.canalblog.com/archives/2007/10/30/6716981.html

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  20. Abadinte,

    Tiens, oui ! J'avais oublié alors que j'en avais moi-même fait un billet et commenté chez toi.

    Culturepo,

    Tu crois ?

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