13 septembre 2011

France : l'Education au piquet

Lui qui passait pour un « père la rigueur », François Hollande a réussi à surprendre son monde, avec l’annonce de la création de 60000 postes dans l’Education Nationale. Même ses concurrents ont du mal à suivre. Il est de gauche. Ca m’amuse (et me rassure…).

Toujours est-il que mon confrère et néanmoins ami Romain me fait suivre cette dépêche dont quelques extraits ne méritent pas de commentaire. Il s’agit d’un rapport de l’OCDE à propos de l’Education. « L'OCDE est formelle : en temps de crise, les gouvernements ne doivent pas réduire les dépenses dédiées à l'éducation. »

Nous sommes en période de crise. Le gouvernement continue à diminuer le nombre de postes dans l’Education Nationale.

« En 2008, année de référence de l'étude, les pays de l'OCDE ont consacré 6.1 % de leur produit intérieur brut (PIB) cumulé au financement de leurs établissements d'enseignement. La France se situe en dessous de la moyenne avec 6% dépensés, un montant en repli par rapport à 2000 (6,4%) et à 1995 (6,6%). »

« Le taux de scolarisation, que l'on croyait avoir atteint des niveaux sans précédent, notamment à l'aulne du taux de réussite au baccalauréat, désormais à 86 % (mais 30 % d'une génération n'accède toujours pas à ce diplôme...), est ainsi en recul. Alors qu'il a progressé de 9,3 points en moyenne chez les 15-24 ans des pays de l'OCDE entre 1995 et 2009, il est passé en France de 89 % à 84 %. A l'inverse, des pays comme la Belgique, l'Irlande, la Pologne ou la Slovénie dépassent les 90 %. 

Même tendance pour les diplômés du supérieur. « Les taux de scolarisation des 20-29 ans ont progressé dans la quasi-totalité des pays de l'OCDE », note l'organisation internationale, parfois de plus de 10 points comme en Corée, Finlande, Hongrie ou Pologne. Dans le même temps, des « signes de nivellement se font jour » en France, ce taux a stagné depuis 1995 à 19 %, contre... 26 % pour la moyenne OCDE en 2009 (tableau C1 page 312) ! »

« Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, s'est félicité d'une progression des dépenses par élève de plus de 80 % sur ces trente dernières années lors de sa conférence de presse de rentrée, le 1er septembre. En fait, depuis 1995, la progression marque le pas : + 7 % entre 2000 et 2008 contre une hausse de 15 % en moyenne dans 23 pays de l'OCDE. »

Luc Chatel se félicite… Les enseignants pleurent.

« Enfin, s'il était besoin de le confirmer, la France se distingue par un salaire statutaire […] de ses enseignants en berne. Entre 1995 et 2009, il a diminué. Ainsi, en France, un enseignant de primaire ayant […] gagnait en 2009 35.856  […] par an, contre 38.914 dollars pour la moyenne des pays de l'organisation. »

La droite est au pouvoir en France :

« Quant aux réformes en cours ou à venir (lycée, rythmes scolaires, recrutement, expérimentations sur le sport...) en France, l'OCDE se montre dubitatif sur la méthode française, qui consiste à lancer tous azimuts des changements sans définir précisément au préalable un grand projet national global comme l'ont fait la Pologne, l'Allemagne, le Portugal ou encore le Chili et le Brésil. »

Il reste du travail.

7 commentaires:

  1. tiens tu sais que l'éducation nationale est le secteur qui a été le plus réformé entre 1968 et 2011?

    RépondreSupprimer
  2. La Droite n'aime pas l'école. On voit le résultat avec ses ministres !
    :-P

    #ModeMechantOFF

    RépondreSupprimer
  3. Le problème, c'est que l'éducation est une politique a long terme. Tu investit aujourd'hui, tu as les résultats 20 ans après... Autant dire qu'on a pris un sacré retard. Surtout pour un pays qui se vante d'être assez actif du point de vue démographique.

    RépondreSupprimer
  4. 6000000 ?
    mazette, on va tous voter pour lui aux primaires !

    RépondreSupprimer
  5. L'OCDE dit aussi, à propos de la Grèce :

    Pour aider à réduire la dette et les coûts du service de la dette, il est important d’amplifier le processus de privatisation et d’améliorer la gestion des actifs publics. Cela peut aussi stimuler la croissance en rehaussant l’efficience et en attirant l’investissement étranger. Il est aussi recommandé, dans le rapport, de renforcer la réforme du marché du travail et des marchés de produits afin d’accroître la compétitivité et les revenus. En contribuant à une croissance plus vigoureuse, un cadre plus concurrentiel pour les entreprises aidera aussi à réduire la dette publique. L’OCDE montre que la croissance peut aussi être tirée par les exportations et l’investissement, soutenus par des réformes en profondeur visant à corriger les faiblesses du secteur public, par les privatisations et par les nouveaux financements provenant des Fonds structurels de l’UE. Tout bien considéré, ces réformes pourraient ramener la dette publique à moins de 60 % du PIB sur les deux prochaines décennies, contre 140 % en 2010.

    Qu'en pensez-vous ?

    RépondreSupprimer
  6. le but est simple : favoriser le privé en salopant le public

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.