13 mars 2009

HADOPI hors des blogueurs

Nous autres, blogueurs, sommes tous logiquement opposés à HADOPI car nous sommes de fins utilisateurs de la toile. La moitié d’entre nous ne comprenions rien à la précédente loi sur le sujet, DAVSI si ma mémoire est bonne, avec les licences globales, les DRM et un tas de trucs dont on se foutait royalement. HADOPI est beaucoup plus claire et beaucoup plus scandaleuse puisqu'elle remet en cause nos libertés individuelles. Heureusement, elle nous fait un peu rigoler car nous sommes de parfaits geeks et savons bien qu’elle ne sera probablement pas applicable et que de joyeux lurons trouveront bien des méthodes pour la contourner.

Ainsi, nous sommes tous contre car nous défendons notre chapelle comme le fait justement remarquer Criticus dans les commentaires au billet que le Privilégié s’est enfin décidé à traiter le sujet. Néanmoins, il est intéressant d’avoir des avis hors du monde du blogueurs ce qui s’est passé sur mon annexe sur 20 Minutes (elle est bien, cette plate-forme, les commentateurs ne sont pas issus du monde des blogs).

Parmi ces commentateurs, j’ai eu une petite dame qui avait volontiers recours au téléchargement illégal et un « artiste » qui défendait son bifteck.

En discutant avec cet artiste, il a fini par admettre que ce n’était pas le volet financier du piratage qui le gênait. Sans piratage, il ne gagnerait ni plus ni moins d’oseille avec sa musique. De toute manière, les frais de réalisation d’un CD sont tels qu’il perd de l’argent et les revenus des concerts servent tout juste à couvrir les frais de déplacement.

Ce qui le gêne, dans le piratage, est plus l’impression d’être dépossédé de son œuvre par un téléchargeur qui s’octroie le droit de posséder sur son disque dur un truc auquel il n’a pas le droit et trouve tout à fait normal de le faire. Par contre, bizarrement, le « streaming » (possibilité d’écouter la musique sur internet) ne le dérangeait pas ! Il a l’impression que c’est lui qui permet aux internautes d’écouter sa musique…

La petite dame, par contre, juge normal de télécharger illégalement. Le cinéma le plus proche est à plus de 40 km, elle diffuse ces photos sur internet et trouve normal que les gens les utilisent et utilise de la musique pour faire des diaporamas sans se poser de question. Elle gueule juste quand il faut payer pour acheter un CD qu’on écoutera qu’une ou deux fois...

Nous sommes tous d’accord (nous autres les blogueurs et elle) que les sanctions prévues par HADOPI sont trop lourdes et que le flicage qu’il induit n’est pas tolérable. Mais de quel droit cautionnerons-nous le fait de s’approprier illégalement une "œuvre" ?

31 commentaires:

  1. Moi, pareil que la dame : ça me fait profondément chier de payer pour une bière que je ne vais boire qu'une fois. Et, en plus, très vite.

    RépondreSupprimer
  2. Didier,

    Si une bière est dégueulasse, vous vous la faites rembourser.

    Si un CD est à chier, vous vous dites "merde, c'est à chier, j'aurais pas du l'acheter" et vous aller boire une bière pour oublier votre erreur sans penser à aller vous faire rembourser.

    RépondreSupprimer
  3. J'aime beaucoup ce billet, qui offre un éclairage vraiment original sur Hadopi.
    Tu sais quoi ? Je vais te citer ce weekend toi...

    Bon weekend (et bonne biere, ou bon Côtes du Rhône)

    RépondreSupprimer
  4. Tiens, bonne idée, je vais buzzer sur Hadopi moi aussi, ya pas de raison

    RépondreSupprimer
  5. superbe illustration ! les gars qui sont dessus réutilisent sans vergogne des morceaux de musique "pas à eux" et pas que pour faire des diaporamas comme la petite dame...

    RépondreSupprimer
  6. Buvez, buzzez, piquez de la musique.

    RépondreSupprimer
  7. "Mais de quel droit cautionnerons-nous le fait de s’approprier illégalement une "œuvre" ?"

    Lisez le TRES BON billet de Swâmi à cette adresse :
    http://petaramesh.org/post/2009/03/11/La-bete-est-morte-mais-elle-nuit-encore

    La fin du billet répond, pour moi, à la question.

    RépondreSupprimer
  8. On ne cautionne pas, les grandes boites de prod n'ont pas voulu s'adapter pour conserver leurs marges...

    RépondreSupprimer
  9. De quel droit cautionnerons-nous le fait de s’approprier illégalement une "œuvre" ?

    Mauvaise question. Parce qu'elle présuppose l'illégalité du téléchargement, son caractère hors-la-loi.

    Or, la question est pourquoi faire une loi qui rendrait illégal le téléchargement, si ce n'est parce qu'une certaine industrie qui vit d'une rente exorbitante sur le dos à la fois des artistes et des consommateurs, prisonniers de leur monopole de production et de distribution, refuse de perdre cette rente en adaptant leur modèle économique, et en particulier son volet rémunération des artistes, à une nouvelle donne technologique ?

    La réponse est dans la question, mais aussi en plus détaillée sur un billet que j'ai consacré à la question et dont je ne mets pas le lien pour pas me faire engueuler.

    RépondreSupprimer
  10. J'en parle aussi aujourd'hui, mais sous un autre angle. La question n'est pas de savoir si c'est légal ou non car les lois fluctuent et ce qui était légal ne l'est plus aujourd'hui et inversement.
    L'important est de savoir si les gens achètent moins à cause de ça ou non. La dame qui habite à 40 km d'un cinoche, elle n'ira pas plus au cinoche si elle ne télécharge pas. Elle regardera plus sa téloche. De même le jeune qui pirate de la musique. Si il n'a pas de thune, il n'achète pas. Moi qui télécharge de la musique occasionnellement, je finis par l'acheter si je l'aime vraiment (Renan Luce, Louise Attaque, Da Silva ou Depeche Mode récemment ont été téléchargé puis acheté.
    Alors oui, il y a sans doute une perte, mais ça ne semble ps faire réfléchir les marchands de disque sur le prix exorbitant de leur marchandise et sur ce qu'ils nous proposent. Qu'ils rendent l'objet CD ou VD indispensable et on l'achètera plus volontiers. Quand on voit que certains téléchargements légaux des fichiers reviennent à peu près aussi cher qu'un CD, on se dit qu'on se fout de notre gueule...

    RépondreSupprimer
  11. L'étude de l'UFC Que Choisir
    http://images.quechoisir.org/presse/loi-creation-et-internet.pdf
    démontre, entre autre, que :

    1. Des artistes pillés ? FAUX
    "Entre 2000 et 2007, les sommes perçues par la SACEM, bien qu’elles se stabilisent, ne chutent pas. La SACEM collecte et redistribue les droits des artistes/créateurs. Il s’agit donc d’un bon indicateur des revenus des artistes."
    et chez les Majors ? :
    "Le revenu Net de Universal, lui, augmente fortement."

    2. Le cinéma durement impacté par « le piratage » ? FAUX
    "Pourtant les dépenses audiovisuelles des ménages ne cessent d’augmenter."
    "L’industrie du film : pour l’instant tout va bien ! "

    3. Les Français champions du monde du piratage ? FAUX
    "On entend souvent dire que les Français téléchargent plus qu’ailleurs. Ces déclarations s’appuient le plus souvent sur des chiffres communiqués par les représentants de l’industrie culturelle (SNEP, ALPA, etc…). Or, on ne connait ni la méthodologie appliquée ni la robustesse de ces travaux. Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur l’objectivité de telles données. "
    "Pour contraster ces chiffres, il est possible de faire référence à d’autres sources. Pirate Bay, site de téléchargement très prisé des internautes, livre régulièrement la carte mondiale de ses utilisateurs. Bien que l’on ne puisse résumer le téléchargement français à ce site, compte tenu de sa popularité il est malgré tout un bon indicateur du comportement des consommateurs français. "
    De plus,
    L’association prend l’exemple du plus important site de téléchargement illégal : The Pirate Bay. Sur la journée de lundi, les français ne représentaient que 4,6% des utilisateurs, très loin de la Chine avec 21,4%, des Etats Unis (11,8%), de l’Espagne (7,772%) ou de l’Angleterre 5,28%).

    Outre, la tentative de retarder le naufrage inéluctable des Majors, le but "Caché" de cette loi est la régression de nos liberté par le FILTRAGE du web !!!

    et hop encore une liberté de moins.

    Liberté, égalité, fraternité qu'ils disaient....

    RépondreSupprimer
  12. Dedalus,
    Tu es presque hors sujet. Dans le billet, je me positionne par rapport au "petit artiste".
    Dominik,
    Pareil !
    Les gars,
    Désole pour la brièveté des réponses c'est a cause de l'iphone mais j'ai lu vos billets.
    Machin,
    Les copies de commentaires probablement déposées dans tous les Blogs ne m'intéressent pas.

    RépondreSupprimer
  13. merci de faire cette précision : "Mais de quel droit cautionnerons-nous le fait de s’approprier illégalement une "œuvre" ?"
    Dedalus défend une position assez surréaliste. Si un artiste veut filer ses oeuvres gratos sur le Web, be my guest !

    RépondreSupprimer
  14. Oui d'autant qu'il est lui même écrivain !

    RépondreSupprimer
  15. je suis auteur de bande dessinées.
    je ne suis pas riche, mais je gagne ma vie en faisant des livres.
    L'édition de bande dessinées rentre dans l'ère numérique, et cela aura des conséquences ( bonnes et mauvaises, comme toujours) sur mon travail.
    Il y a deux choses auxquelles je suis attaché:
    d'abord que mon travail ne soit pas utilisé (diffusé, transformé etc...) sans mon autorisation. Je trouverai ça malpoli. Je n'emprunte pas la voiture de mon voisin sans lui demander son autorisation.

    Plus qu'un problème de légalité (je n'ai pas envie de mettre qui que ce soit en prison) je trouve que c'est un problème d'éthique et de responsabilité individuelle.


    Pour me mettre en adéquation avec ce principe, je ne télécharge pas de musiques, et je loue des films en VOD: je suis obligé d'accepter la frustration de ne pas avoir accès à certains contenus ( films ou séries non diffusés etc...). C'est frustrant, mais je survie.


    Ensuite, je ne voudrai pas que mon travail ne génère de revenus sur internet sans que j'en bénéficie. Je trouverai ça malhonnète.

    RépondreSupprimer
  16. Je suis d'accord ! Il ne faut pas que d'autres gagnent du pognon avec le piratage. Et je bosse dans l'informatique, jamais je n'utilise illégalement un logiciel, j'aurais l'impression de tuer mon métier !

    RépondreSupprimer
  17. bel échange ! bravo Nicolas

    RépondreSupprimer
  18. "Machin,
    Les copies de commentaires probablement déposées dans tous les Blogs ne m'intéressent pas."

    Désolé pour mes commentaires inintéressants, copiés et déposés dans tous les blogs, puisque tu le dis....
    Dommage.
    je vous laisse entre vous, excusez-moi d'être intervenu.

    RépondreSupprimer
  19. Juan, un artiste n'est en général pas un diffuseur. ce n'est pas lui qui "file gratos ses oeuvres sur internet". ce n'est pas son revenu qui pâtit de cette nouvelle donne technologique et de l'inadaptation du modèle économique à cette nouvelle donne.

    L'artiste - lorsqu'il est reconnu en tant que tel, c'est-à-dire lorsqu'il a trouvé un "producteur" et donc un diffuseur - est rémunéré par ces derniers et via d'éventuels intermédiaires (par exemple la SACEM).

    Or ce que tente de nous vendre les producteurs et diffuseurs, c'est que le téléchargement "pirate" - c'est-à-dire qui se passe des canaux traditionnels de distribution, avec support matériel - leur interdirait de rémunérer correctement les artistes.

    C'est faux, ce sont leurs marges - cette rente dont je parle - qui sont rognées. Et ce pourra finir par être vrai s'il n'adapte pas leur modèle économique à la dématérialisation - ce qu'ils seront en bout de course contraints à faire (et ils le savent). Il ne tient qu'à eux d'augmenter les misérables pourcentages des artistes, voire de les rémunérer pour partie avec un fixe.


    Nicolas, tu auras sans doute remarqué que mes écrits sont téléchargeables tout à fait librement sur mon site - comme tu auras aussi remarqué que je ne suis en aucun cas un écrivain reconnu, n'étant pas édité.


    Mais je suis d'accord avec le principe de la propriété intellectuelle de l'artiste, qui implique qu'une oeuvre ne soit pas transformée sans autorisation de son auteur, ni exploité commercialement sans que l'auteur n'en reçoive sa part - ce qui n'a cependant rien à voir avec le téléchargement.


    Comment ne pas se rendre compte que la possibilité d'enregistrer la radio sur une cassette par tout un chacun, lui permettant d'écouter et réécouter à volonté un morceau, constituait déjà une sorte de téléchargement ? Ou bien enregistrer un film de sa télévision à son magnétoscope, pour le voir et le revoir à volonté ? Quelle est la différence ?

    Comment ne pas voir que le combat des diffuseurs et producteurs contre le téléchargement n'est qu'un combat réactionnaire d'une industrie qui ne cherche qu'à prolonger un peu une situation de rente juteuse ?

    La rémunération des artistes ? Qu'on légifère pour contraindre cette industrie à reverser 50% de tous leurs profits aux artistes. Qu'on augmente les budgets alloués à la culture et en particulier qu'on donne un véritable statut aux artistes. Que ces derniers ne se trompent pas d'adversaires, il ne s'agit pas du public, mais de leurs producteurs, éditeurs, diffuseurs, qui ne leur laissent que des miettes, comme d'un gouvernement qui rogne chaque année davantage sur les subventions et s'évertue à précariser les intermittents, entre autres choses.


    Juan, ce qui est surréaliste est que tu tombes si facilement dans le panneau de cette opposition factice entre les artistes et les publics desdits artistes.

    RépondreSupprimer
  20. Miof,

    Pour qui tu te prends ?

    Dedalus,

    C'est toi qui a fait la démarche de mettre tes écrits à disposition. Tu les offres au public.

    RépondreSupprimer
  21. Nicolas, c'est ce que je dis... et mes "oeuvres" sont protégées par une Licence Creative Commons : Citation de paternité obligatoire ; Utilisation commerciale proscrite ; Aucune modification autorisée.

    Quant à la gratuité, elle provient précisément du fait qu'il n'y a pas d'exploitation commerciale, ce qui est précisément le boulot d'un producteur - éditeur en l'occurrence.

    RépondreSupprimer
  22. La loi Hadopi est vraisemblablement idiote et rédigée par des gens qui ne connaissent d'internet que les rapports que des experts leur en fournissent.
    Mais malgré tout le bien que je pense du réseau, il me semble tout de même évident que la gratuité et le piratage ne sont pas des sources de rémunération, de conquête d'autonomie, pour les auteurs en général…
    Ne soyons pas non plus idiot au point de tomber dans l'angélisme qui consiste à penser que l'internaute est forcèment intelligent et soucieux de la juste rémunération des créateurs !
    :-)

    RépondreSupprimer
  23. Poireau, on est d'accord et c'est un peu le sens du billet : nous autres, internautes, on s'octroie de droits... mais on ne pense pas au reste, on est focalisés contre le gouvernement et les grosses compagnies qui gagnent plein d'oseille.

    RépondreSupprimer
  24. Miof< c'était intéressant merci.
    Et puis quelqu'un qui lit l'ashram ne peut pas foncièrement mauvais.

    RépondreSupprimer
  25. Voici le fond de l'affaire HADOPI :

    http://parkane.canalblog.com/archives/2009/03/11/12923000.html

    RépondreSupprimer
  26. Dedalus, que les diffuseurs, les éditeurs, dans la musique ou l'édition, gardent la plus grosse part possible du gâteau, et qu'il ne reste pas grand chose aux auteurs: c'est une réalité.

    Je ne comprends pas en quoi cela autorise les internautes à télécharger des oeuvres sans l'accord des auteurs.

    Tu fais le choix de mettre tes écrits à disposition dans le cadres des creative commons.

    Mais d'autres auteurs ne font pas ce choix.
    Pourquoi devraient ils accepter, contre leur volonté, que leurs oeuvres soient mises à disposition par d'autres ?
    C'est comme si je veux t'emprunter ta voiture "allez quoi, tu t'en sers pas, en quoi ça te dérange ?". Tu ne veux pas? Eh ben je te l'emprunte quand même (et puis je vais la prêter à d'autres copains, mais dès que tu en as besoin je te la rends).

    Enfin, ce qui est nouveau avec internet, c'est qu'avant on avait une copie sur une k7 d'une chanson enregistrée à la radio, ou d'un film qui était passé la télé. La copie était de qualité médiocre ( bien inférieure à la qualité des enregistrements originaux), on la prêtait au mieux à deux ou trois copains, et c'est tout ( et l'artiste avait perçu une rémunération avec le passage radio et télé, via la SACEM et la SACD).
    Maintenant, l'oeuvre copiée est de qualité égale à l'oeuvre originale, et on peut la partager (potentiellement) avec tous les internautes du monde.

    L'auteur, l'artiste, voit son oeuvre circuler dans tous les sens, parfois être transformée, malmenée, et en plus sans que personne ne se dise: "hey, mais en fait cette chanson que tout le monde télécharge gratuitement sur internet pour se faire plaisir, est ce que ce serait pas normal que ça rapporte un peu d'argent à son auteur ????"

    Par ce qu'on oublie quelque chose: pour accéder à ces chansons, films, livres gratuits, les internautes payent un abonnement. Or, je ne crois pas que les FAI disent à leurs clients " vous nous payez votre abonnement et vous verrez c'est génial vous pourrez pirater des milliards de trucs".
    Ils ne le disent pas, mais j'ai parfois le sentiment que c'est un deal tacite entre FAI et clients : les clients pensent " je paye donc j'ai le droit de télécharger" et les FAI se disent " c'est chouette tous ces trucs gratuits que les gens peuvent télécharger sur internet, ça donne super envie aux gens de s'abonner" ( et je ne parle pas des vendeurs de PC et autres disques durs...)
    Mais les auteurs, au milieu de tout ça, ils deviennent quoi ?

    RépondreSupprimer
  27. > C'est comme si je veux t'emprunter ta voiture

    Mauvaise analogie, une voiture n'est pas un bien public.

    > les FAI se disent " c'est chouette tous ces trucs gratuits que les gens peuvent télécharger sur internet, ça donne super envie aux gens de s'abonner"

    BS. Les FAI vendent un service, ils n'ont pas à se préoccuper de ce qu'en font leur client.

    > Mais les auteurs, au milieu de tout ça, ils deviennent quoi ?

    Ils se font entuber par leurs producteurs depuis plus de trente ans.

    Mais tout ça est hors sujet, la loi HADOPI n'est pas critiquable parce ce qu'elle veut défendre les « droits d'auteur » (en fait plutot les industries du divertissement), mais la manière dont elle souhaite le faire.

    RépondreSupprimer
  28. cyril, je comprends ce que tu dis... et c'est moi qui ne parviens pas à me faire bien comprendre.

    un artiste est "propriétaire" de son oeuvre, laquelle n'est pas une marchandise.

    l'oeuvre devient marchandise lorsqu'elle est exploitée comme telle. ce qui donne alors, et alors seulement, matière à rémunération de l'artiste, lequel consent ou non à son exploitation commerciale et à la manière dont ceci est réalisé.

    l'artiste est "propriétaire" de son oeuvre, c'est-à-dire de son intégrité et des droits de son exploitation, mais pas du regard du public dessus. dit autrement, je récuse cette vision de l'artiste en propriétaire, qui ramène l'oeuvre artistique à un produit.

    dit encore autrement, une oeuvre d'art appartient à l'espace public dès lors que l'artiste a choisi de l'y faire entrer. Il suffit de penser à un tableau et imaginer qu'un peintre réclamerait d'être payé chaque fois que quelqu'un jette un oeil dessus, ou sur l'une de ses reproductions.

    ou encore, l'art ne devrait jamais être privatisé, pas même par les artistes eux-mêmes. dès lors que cela se produit, on sort du domaine artistique et on entre dans le domaine du commerce.

    aux commerçants alors de rémunérer correctement les artistes. aus gouvernements de s'en assurer. mais le téléchargement libre est hors du champ commercial et c'est tant mieux.

    j'aurai pu aussi dire qu'artiste n'est pas un métier... même s'il est heureux que des effets collatéraux puissent permettre à un artiste de poursuivre son oeuvre.

    RépondreSupprimer
  29. Cher Bob, une voiture n'est pas un bien public,vous avez tout à fait raison.
    Mais au risque de vous surprendre, une chanson, un film, un livre, n'est pas non plus un bien public.
    Ils peuvent l'être: si l'artiste, ou l'auteur décide que sa création est libre de droits et que tout le monde peut s'en servir, ou si l'oeuvre est tombée dans le domaine public ( 70 ans après la mort de l'auteur).

    Je n'y vois aucun inconvénient.
    Sauf que la plupart du temps, ce qui est téléchargé sur internet n'est pas libre de droits.

    Enfin, lorsque vous dites que les FAI n'ont pas à se soucier de ce que font leur client, je ne dis pas le contraire. Ce qui m'ennuie, c'est que les FAI vivent sur un modèle économique qui prospère, entre autre, parce que du contenu gratuit circule sur internet et qu'ils le savent pertinemment.

    Je comprends tout à fait Dedalus.
    Le public est libre du regard qu'il porte sur une oeuvre cela va de soi.
    Mais pas d'en faire tout à fait ce qu'il veut.

    Je crois par exemple qu'il ne viendrait pas à l'idée de beaucoup d'internautes d'aller dans une galerie ou dans un musée et d'emprunter une toile ou une sculpture pour l'exposer un moment dans son salon sans avoir l'autorisation du créateur de ces oeuvres.

    Artiste n'est pas un métier ? Effectivement. C'est plus que ça. Mais ça va nous lancer dans un débat sur la nature de l'art qui est peut-être un peu éloigné du sujet.

    Néanmoins, je serai ravi que notre société finance à 100% la création, que les artistes n'aient plus à se soucier de comment ils vont manger demain, comment ils vont payer leur loyer etc...

    Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe, et ce n'est pas comme ça que ça se passera demain.
    Les créateurs, les auteurs, les artistes, comme tout le monde, vivent comme ils peuvent, et dans le meilleur des cas, ils vivent de leurs droits d'auteur.

    Les internautes, en tout cas beaucoup d'entre eux, veulent être "libres" de télécharger gratuitement ce qu'ils veulent.
    Je suis d'accord, à la seule condition que les auteurs puissent être "libres" eux aussi d'aller prendre leurs courses dans leurs supermarchés, de faire réparer leur voiture, de souscrire à une assurance, de choisir leur logement etc etc... gratuitement.

    J'essaie juste de faire comprendre que le téléchargement gratuit ce n'est pas que le problème des grosses compagnies( même si beaucoup d'internautes préfèrent ce discours rassurant" les lois contre le piratage, c'est juste pour faire plaisir à Universal et la Fnac...")
    Il se trouve que c'est aussi le problème des auteurs, et que la diffusion de leurs oeuvres sur internet ne peut pas raisonnablement se faire sans eux, ou pire, contre eux.

    RépondreSupprimer
  30. je ne trouve pas les sanctions trop lourdes, du moins par rapport à la loi actuelle (ba oui je prefere avoir internet coupé quelques mois plutot que 300 000 euros d'amende et 3 ans de prison!) et par rapport à ce que provoque le téléchargement.
    concernant l'écoute de la musique sur internet, je comprends l'avis de l'artiste, car par exemple deezer, pour permettre l'écoute, signe des accors avec les artistes et avec des sociétés gérant les droits d'auteurs : pourquoi les artistes sont d'accord ? car ils sentent que leurs oeuvres sont respectées, même si ça ne leur génère aucun gain!
    et normal que ce n'est pas le volet financier qui effraie l'artiste, car les pertes ne sont pas non plus exagérées. les droits d'auteurs doivent être vu sous une autre dimension que la dimension financière, c'est en droit propre, issu de la création d'un esprit.

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.