12 mars 2009

Sortir de la crise sans Hadopi

Ayant eu la visite d’un blogueur zinfluent zet gauchiste, hier, j’ai pu écouter son récit d’une conférence à laquelle il a assisté avec Jacques Attali ou Mireille Mathieu, je ne sais plus. J’en tire différentes réflexions que je vais vous livrer bêtement. En fait, ce sont peut-être ses réflexions que j’ai interprétées mais on s’en fout.

Réflexion 1 : le système capitaliste que nous connaissons est en train de s’effondrer et la loi Hadopi est symptomatique et elle réintroduit, au 21ème siècle, une nouvelle barrière droite-gauche probablement à l’échelon mondial.

Elle n’est pas belle ma première réflexion ? Attendez, vous n’avez pas encore eu la seconde. Elle sera chouette aussi, mais je n’ai pas fini la première.

L’échelon mondial ? Ouaip. Alors que je disais dans un précédent billet que nous aillions, avec Hadopi, à l’envers de ce que font les autres pays, il est en fait fort probable qu’ils ont les yeux rivés sur nous pour faire les mêmes conneries chez eux. Qu’ils se débrouillent. Mon blog est strictement Français sauf quand des Guyanais squattent mon blog.

Nouvelle barrière ? Ouaip. Entre les progressistes et les conservateurs, comme toujours. Trolls ne vous trompez pas : les conservateurs, c’est la droite. Ils sont opposés aux changements. La loi Hadopi est non seulement pour bien nous surveiller qu’on ne fasse pas de connerie quand on n’est pas au bistro mais aussi un refus de l’évolution de la société, qui penchent vers le « tout gratuit » ou, au moins, vers l’accès « à la connaissance » gratuit et possible à tous. C’est le progrès. Les autres sont conservateurs : ils veulent continuer à ce que leurs copains gagnent de l’oseille en vendant des CD. Je ne parle pas des artistes mais des distributeurs et des gugusses qui mettent des galettes de plastique dans des boîtes du même métal.

Le Parti Socialiste devrait réfléchir à sa plutôt que de bâtir des listes absurdes pour les Européennes. Il y a un « tout gratuit » à imaginer. Mon zinfluent y croyait fort. Moi j’y crois à moitié. Je vois assez difficilement le patron de la Comète pratiquer le « tout gratuit » au comptoir, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que c’est le sens de l’histoire, le capitalisme est terminé.

Amen.

Bon. Il est temps pour moi de vous livrer ma deuxième réflexion. Elle est très jolie et, en plus, je me demande si elle n’est pas contradictoire avec la première.

Réflexion 2 : il n’y a pas trente six solutions pour sortir de la crise économique. Il y en a quatre mais j’ai oublié les deux premières. La quatrième n’est pas réjouissante : c’est la guerre. Si ça doit se produire, je propose que ça se passe avec la Corée du Nord. Je me fous totalement des Coréens mais comme c’est au bout du monde, si la guerre est thermonucléaire, il y aura peut-être moins de dégâts avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre.

La troisième solution est le retour de l’inflation. Vous vous dites que c’est encore pire que la guerre. Il faut relativiser. Petit 1 : ça fait 35 ans qu’on est en crise et 20 ans qu’on nous dit qu’il faut lutter contre l’inflation au nom des sacro-saints principes économiques marqués dans les manuels étudiés à l’école par les jeunes andouilles libérales. Cette lutte contre l’inflation ne m’a pas semblé très efficace : la crise est là et s’empire d’heure en heure. Elle sent pire tellement qu’elle pue.

Petit 2 (vous noterez que ce billet est très structuré) (par contre cette partie est très compliqué, il va vous falloir réfléchir un peu) (c’est ce matin dans les transports en commun que j’ai structuré ce billet mais comme j’étais en colère, j’ai fait un billet sur les transports en commun). (transports en commun, dans les mots croisés, c’est liesse). (cette dernière remarque était pour vous signaler que mon excellent billet sur le sujet sort en kiosque demain) (et oui, demain, c’est vendredi).

Petit 2 : l’inflation ce n’est pas seulement une augmentation des prix, c’est surtout une baisse de la valeur de l’argent. A la limite, une augmentation des prix, je m’en fous si mon salaire augmente pareil.

Prenons un exemple. Si avec 100 euros, vous achetez 10 culottes en dentelles et que l’inflation, brusquement fait 10%, paf ! Vos 10 culottes en dentelles vaudront 110 euros. 11 euros la culotte. Avec vos 100 euros, vous n’achetez plus que 9 culottes en dentelles. Vos 100 euros valent donc moins de culottes en dentelles. La valeur de vos 100 euros a diminué.

Mais vous vous en foutez un peu. Par contre, le type qui a un milliard d’euros et subit 10% d’inflation, ça lui fait perdre dix millions de culottes de dentelles. Il a perdu beaucoup.

Voila. Je dirais même plus : hop ! L’inflation est une baisse de la valeur de l’argent et ça ne nuit vraiment qu’à ceux qui ont beaucoup de pognon. Ceux qui n'en ont pas, vous et moi, on s'en fout un peu, du moment que notre patron nous file assez d'oseille pour acheter des iPhone à l'occasion.

On peut donc se foutre de leur gueule et leur jeter des oranges.

22 commentaires:

  1. Excellent réflexion, surtout la 3éme, donc si j'ai bien compris et structuré, dans pas longtemps on aura plus de sous-vêtements a se mettre, et on sera tous a poil, imaginez, la France transformé en un énorme camp de naturistes avec des iPhone autour du cou, j'imagine le look avec le baladeur dans les oreilles et les valseuses qui pendouillent, je m'égare, excusez-moi, donc il vaut mieux l'inflation que la guerre, car les gens avec du pognon ont plus a perdre que nous, donc voila pourquoi on nous parle depuis des années qu'il faut combattre l'inflation, car ceux qui ont ce discours seront les plus touchés, élémentaire mon cher Jegpol

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  2. C'est con, je me suis dit : tiens, il s'est trompé en mettant deux fois un "petit 2". Mais après réflexion, je me suis aperçu que j'avais tort... Tu aurais du mettre un petit 3 trois fois...

    Bonne démonstration, surtout sur l'inflation... Lutter contre l'inflation, c'est favoriser la rente et les rentiers...

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  3. On était au bord du gouffre on a fait un grand pas... C'est ça que tu proposes ?

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  4. Pas perdu, je repondais à l'andouille masquée. Je corrigerai la numérotation à l'occasion, merci !

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  5. "cette dernière remarque était pour vous signaler que mon excellent billet sur le sujet sort en kiosque demain) (et oui, demain, c’est vendredi)."

    Je ne vous crois pas. Ce billet, si j'en crois le lien, et la photo, parle du SLIP.

    Après le Jour des Femmes , on aurait, alors que c'est le Salon du Livre, une spéciale "semaine du SLIP " sur Vendredi ?

    Suzanne

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  6. la presse n'est plus ce qu'elle était !

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  7. Ce la dit, c'est pas très joli-joli de jeter des oranges, quand le tiers-monde crève la dalle. Et ne porte même pas de petites culottes à 11 €.

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  8. On peut parfaitement avoir l'inflation et la guerre…
    Voir ce qui s'est passé en Allemagne en… je ne sais plus quand. Je ne suis pas certain qu'aller acheter une petite culotte en poussant une brouette de billets soit une solution…
    Sinon, encore un billet original, qu'on ne s'ennuie pas à lire!

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  9. "Si avec 100 euros, vous achetez 10 culottes en dentelles et que l’inflation, brusquement fait 10%, paf ! Vos 10 culottes en dentelles vaudront 110 euros. 11 euros la culotte. Avec vos 100 euros, vous n’achetez plus que 9 culottes en dentelles. Vos 100 euros valent donc moins de culottes en dentelles. La valeur de vos 100 euros a diminué."
    Oui mais là il reste un euro pour boire un petit café à la Comète non?^__^

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  10. Didier,

    Ils ont quand même droit à des culottes !

    Le Coucou,

    Merci,

    Ferocias,

    Avec 1 euro, tu auras du mal à faire quelque chose à la Comète !

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  11. La volonté de faire un euro fort a conduit à la crise? Voilà pour résumer la situation... A présent les gens achètent des culottes en dentelle chinoises. L'euro étant fort, c'est moins cher...

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  12. Homer,

    "La volonté de faire un euro fort a conduit à la crise" : je n'ai pas dit ça ! Je suis persuadé, par contre, que toutes les théories économiques sont assez nulles (elles sont toutes démontrées en se basant sur le passé parce qu'il n'y a pas le choix mais le futur est imprévisible...) et donc, tout ce qu'on nous a dit sur l'inflation est de la connerie. En outre, pour maintenir un faible taux d'inflation, il est nécessaire de maintenir la pression sur les salaires :
    1. Pour limiter les revendications salariales qui augmenteraient les charges des entreprises,
    2. Pour limiter le pouvoir d'achat des salariés, donc "la demande" qui ferait augmenter les prix.
    D'où le chômage...

    En outre, ne trouve pas amusant que le seul truc qui augmente (l'immobilier) ne soit pas dans le calcul de l'inflation ?

    FalconHill,

    Héhé... C'est surtout un type qui essaie de se mettre bien avec les artistes...

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  13. bravo bravo et bonne journée :-)

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  14. Merci merci ! Toi aussi, bonne journée !

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  15. Christine Albanel a dit : "l'accès Internet n'est pas un droit fondamental"
    En ce moment, sur Fr culture (en direct du salon du livre), Edwy Pleynel commente cette déclaration avec, dirait-on, des larmes dans la voix Il dit que c'est comme si on avait annoncé, au 19ème siècle, que l'accès aux journal quotidien n'était pas un droit fondamental.

    Bon. Qu'est-ce qu'un droit fondamental ?

    Suzanne

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  16. (encore un commentaire hors sujet, soupirera le maître de ces lieux.)

    Suzanne

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  17. Suzanne,

    Un droit fondamental est un droit sur lequel repose apparemment quelque chose. Mais quoi...

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  18. Dorham: comme le droit d'allaiter son enfant en public ?

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  19. Création, Internet et insultes gratuites
    Redéfinition :

    Le mot création est l’une de ces prétentions consanguines qui n’a de sens que dans les livres.
La création traduit et matérialise le besoin enfantin d’existence dans le regard de l’autre qui obsède les gens sains. Car les fous, eux, ont la modestie et l’honnêteté de ne pas faire état ni commerce de leur soi-disant découvertes ex-nihilo.
    Internet n’est qu’une technique de langage sophistiquée de plus qui, en promulguant la liberté extrême, a permis de définir les limites des utilisateurs et d’institutionnaliser l’autocensure comme outil démocratique.
La dictature de l’instantanéité voudrait nous faire croire que nous sommes en pleine révolution, mais tout au plus il s’agit d’une vulgaire révision mécanique des 4,7 milliards d’années.
    Les insultes ou jeux de l’esprit sont, quant à eux, gratuits lors de leur formulation confidentielle et payants a posteriori, via la diffusion de masse.
Puisque la civilisation est l’objet de maîtrise sociale le plus high-tech, les lois qu’elle engendre ne tolèrent pas ce qui sort de son cadre mais elles pardonnent parfois pour le bon fonctionnement du système de refroidissement culturel.

    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/03/13/creation-internet-et-insultes-gratuites/

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