17 juin 2009

Ces notables du PS

Ce qu’il y a de surprenant avec les cadres du PS, c’est leur éternelle incapacité à prendre le sens du vent et leur insistance à laisser grande ouverte, pour la droite, la direction du pouvoir. Ils l’ont montré en 2005, à l’issue du referendum où ils auraient dû basculer vers l’opposition systématique à la construction Européenne telle qu’on la voit pour exiger une orientation sociale. Ils l’ont remontré, hier, par leur refus de boycotter le machin.

Ils ont pris une baffe aux élections Européennes mais ne savent pas écouter le principal résultat : 11% des électeurs se sont déplacés pour voter pour le parti au pouvoir. C’est la règle de la démocratie, l’UMP a gagné. Il n’empêche que le PS est le principal parti d’opposition et aurait pu comprendre le message : 89% des électeurs ont dit « heu… bof… Ca commence à bien faire, toutes ses conneries… ». Il fallait boycotter le Congrès pour montrer la totale opposition aux pratiques politiques de Nicolas Sarkozy qui utilise – il a raison ! – sa majorité absolue pour mener la politique qu’il veut, par les méthodes qu’il veut.

Mes commentateurs insistent sur la nécessité de travailler dans le cadre de la constitution. Ils se plantent à moitié. D’une part, ne pas se rendre à un congrès n’est pas contraire à la constitution ! D’autre part, la constitution a été modifiée contre nous, tout simplement parce que nous n’avons pas la majorité ! Il n’y a pas de mal à agir dans le sens opposé… tout en le bafouant pas. Il faut lutter et montrer son opposition à Nicolas Sarkozy et aux cadres UMP bien obligés de le suivre, par conviction ou par opportunisme politique.

Ainsi, les cadres du PS sont complètement déconnectés de la vraie vie. Ils défendent le meilleur projet politique – je le soutiens ! Mais oublient éternellement de faire de la politique. Mon célèbre troll réactionnaire m’en a rappelé la raison : ils sont devenus des notables. Attachés à leur Mairie, leur Région, leur Fédération, … ils restent en place, ils ne bougent pas. Ils sont là, avec comme seul argument : « Notre projet politique est le meilleur, il n’y a pas de raison de ne pas être élu pour ça ». On se demande s’ils n’attendent pas d’être élus ou réélus « par hasard ». Ils vont mener la campagne pour les régionales, défendre leurs bilans, présenter leurs projets, taper sur la majorité « Nationale » et les minorités « Régionales » mais oublient l’essentiel : faire de la politique au quotidien, se rapprocher des électeurs, soutenir les causes (quelles qu’elles soient !) ailleurs que sur le plateau télé à la mode, …

Prenez Jack Lang. Il a été un des premiers à dire qu’il fallait se rendre à Versailles, à soutenir Hadopi après avoir soutenu la constitution. Il a tout faux. Il fallait l’exclure du Parti manu militari. Mon billet n’est pas consacré à Jack Lang. Tous mes potes blogueurs socialos tapent sur lui alors je le prends en exemple. C’est l’archétype, la caricature de l’élu PS. Pensez-y bien, les copains ! Ils sont tous identiques.

39 commentaires:

  1. Je formule une hypothèse : peut-être que les cadres du PS n'arrivent-ils pas, eux, à se convaincre de leurs analyses à la noix ? Comme, par exemple, penser que les européennes sont un plébiscite pour le pouvoir en place, comme le bon succès de l'une des rares formations qui a parlé d'Europe tend à le démontrer. Peut-être aussi se disent-ils qu'à supposer même que 89% des électeurs auraient marqué une opposition en n'allant pas voter, (i) elle est bien modérée, tant qu'on ne vote pas expressément pour les autres formations et (ii) il faudrait alors faire le décompte des électeurs qui ont dit : "heu... ben... non... les socialistes, vraiment pas". Au vu du score du PS, purée, c'est presque 100% des français !

    Mais vous pouvez aussi continuer de vous entretenir dans vos doux fantasmes.

    RépondreSupprimer
  2. Nicolas, je crois qu'on s'escrime pour rien. Si ces gens sont incapables de bouger, ce n'est pas nous qui allons les faire avancer.

    Ce qu'on peut se demander, c'est le nombre de claques électorales qu'il va leur falloir. En 1969, ils sont tombés à 5%...

    RépondreSupprimer
  3. Koz,

    Je n'ai pas dit que 89% des électeurs ont marqué leur opposition mais que 89% des électeurs se foutent de ces conneries, en gros !

    Je suis bien content ! J'ai enfin un troll Sarkozyste. Le seul qui existe, un blogueur notoire.

    RépondreSupprimer
  4. Mathieu,

    Ce n'est jamais pour rien... C'est au moins pour nos loisirs...

    RépondreSupprimer
  5. En 2004 il y avait eu faible participation aux Européennes, la différence, à l'époque c'était le PS qui avait ramassé les voix.
    Quelques mois après c'était le ras de marée des régionales.
    Voilà pourquoi on peut encore, aujourd'hui penser que les abstentionistes ne sont pas des Sarkozystes négligeants.
    Maintenant, les régionales de 2010 nous diront ou se situent vraiment les abstentionistes.

    RépondreSupprimer
  6. C'est très juste. Belle analyse tristement réaliste

    RépondreSupprimer
  7. Superpado,

    L'important n'est pas d'avoir espoir mais de gagner.

    RépondreSupprimer
  8. Triste réalité en effet.
    S'ils continuent ainsi ils n'auront plus de militants et ensuite plus d'électeurs.

    RépondreSupprimer
  9. Annie,

    Je crois qu'ils vont commencer par perdre les blogueurs qui s'efforcent pourtant de les soutenir dans les périodes électorales !

    RépondreSupprimer
  10. Oui eux aussi, mais je peux te dire qu'en ce qui concerne les militants, l'hémorragie est proche :-(

    RépondreSupprimer
  11. Tout à fait d'accord.

    Ces gens là (les notables du PS) me font penser aux radicaux des années 30 à 50 qui ne pensaient qu'à ménager la chèvre et le chou et qui étaient installés dans leur baronie et leur ville et qui faisaient des incursions plus ou moins longues chez des gouvernements de centre gauche ou droit. Cf Herriot maire de Lyon, Daladier .....

    RépondreSupprimer
  12. Elmone a parfaitement raison et sa comparaison avec les "rad-soc" est tout à fait pertinente. Or, on sait quelle fut l'interminable agonie du parti radical (certains pensent même qu'il existe encore...).

    RépondreSupprimer
  13. Quant aux abstentionnistes, il me semble qu'il doit s'agit, pour une très grosse part, des "nonistes", de la gueule de qui on s'est ouvertement foutu il n'y a pas si longtemps, en leur signifiant que leur vote et un pet inodore, c'était la même chose.

    L'avenir est sombre, mes enfants...

    RépondreSupprimer
  14. Merci Mr Goux. On va peut être finir par s'entendre ;-)

    Sérieusement, j'ai rarement été aussi pessimiste (les européennes, le ps ...)

    Ma seule raison d'optimisme en ce moment est .... l'Iran ! Rendez-vous compte : un peuple qui va voter et qui réagit à ce qu'il croit être une injustice : mais on est en pleine science fiction !

    RépondreSupprimer
  15. Mon commentaire était trop long, alors j'en ai fait un billet...

    Je mets pas de lien pour pas me faire engueuler aussi pour ça :-)

    RépondreSupprimer
  16. Elmone : optimiste à propos de l'Iran ? Il faut arrêter l'herbe-qui-fait-rire...

    RépondreSupprimer
  17. Je me permets d'intervenir.
    Le PS n'est pas très différent de l'UMP de ce point de vue. Les élus n'y foutent rien et sont incapables de réfléchir. Un Bertrand de l'UMP a un encéphalo aussi plat que le cador lambda de Solférino (c'estr même pire peut être dans le cas de Bertrand). Les Politiques sont phagocytés par la télé et le temps passé à préparer la com. Des gens qui bossent sur le fond ? FDG, PCF (encore), FN (avant), MODEM (quelques mois), bref les extrêmes. le NPA ne réfléchit pas, il est programmé d'avance.
    Mais figurez-vous que travailler sur le fond, c'est aller droit vers ses propres contradictions.
    A droite Guaino/Fillon (Sarko est une éponge), elles sont visibles mais cohérentes l'une et l'autre. Mais au PS ? Réaction sur les retraites par exemple

    RépondreSupprimer
  18. Pierre,

    Ca commence à bien faire ! On va finir par être d'accord...

    Dedalus,

    Je t'ai répondu chez toi. Le gros problème est que tu confonds littérature et politique... Le PS est parfait pour pondre des jolis projets. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy fait de la politique et écrase tout. Le PS doit se remettre à la politique plutôt que de nous prouver, avec leurs actes parfaitement raisonnés et intelligents, qui ont inventé la machine à perdre éternellement.

    Si on considère que 1997 fut une victoire par défaut, ça va faire 30 ans que le PS n'a rien gagné à un niveau national. Ils avaient l'occasion de faire du bruit et sont passés à côté.

    On attendra 2017.

    RépondreSupprimer
  19. "Ils ont pris une baffe" c'est nous qui avons les bleus !

    Juste triste .

    A bientôt

    RépondreSupprimer
  20. Ce sont des bleus en politique.

    RépondreSupprimer
  21. La baffe des européennes n'a pas été assez forte, celle des régionales sera "phénoménale"...

    Déjà, je cherche comment faire au mieux pour qu'elle le soit quoique la tâche va être simple puisque ce ne sont pas les notables qui font les cages et le porte-à-porte mais les militants et il y en a plus.

    Hier, aubry la championne de Dedalus a donné la feuille de route pour les régionales : tous les accords seront acceptés même avec le Modem, Dedalus vous avez entendu : MODEM...

    Et le congrès de Reims ?

    Conclusion : pour finir je voterais Sarkosi en soutenant Ségolène Royal.

    Qui dit mieux ???

    RépondreSupprimer
  22. Une bande de 30 vieux Papous revêches descendus du baobab de gauche-centre ne veut rien céder à la vague de plein de jeunes Papous gaillards qui descendent d'un baobab légèrement plus à gauche. C'est depuis le virage de... 1983 que le PS ne sait plus se définir. Alors on attend le retour de balancier qu'on gère en notables... A juger le monde à partir de son plan de carrière, forcément, on rate le train de la (hyper)modernité

    RépondreSupprimer
  23. Si les pro-sego sont aussi paradoxaux et fin stratèges que que Made, on se retrouve avec Pinochet président en 2012.

    RépondreSupprimer
  24. C'est bien pour ça qu'au MoDem on est content de s'être débarassé des notables qui ont quitté le navire pour rejoindre l'UMP, le Nouveau Centre ou "Rassembler les Centristes".
    Leur seule motivation? Conserver leur emploi...euh mandat...
    Au PS, c'est pareil...faut virer cette caste politicienne, fût-ce comme tu le dis, manu militari.

    RépondreSupprimer
  25. Made,

    Tu n'es pas spécialement clair !

    En plus, le débat sur les alliances me gave. Et les régionales n'ont rien à faire ici. Le PS ayant toutes les régions ou presque, il ne peut qu'en perdre !

    Gérard,

    En 2017, ça fera 24 ans...

    Suzanne,

    Oui... Ca manque un peu de clarté dans son raisonnement.

    Némo,

    Vous avez tout faux : vous avez gardé le principal notable !

    RépondreSupprimer
  26. Suzanne :

    Pinochet, oui pourquoi pas ?

    Je pensais qu'il était mort mais si vous me dîtes qu'il est vivant, je ne peux pas mettre votre parole en doute.

    RépondreSupprimer
  27. Je suis d'accord avec ta reflexion Nicolas, ils loupents le coche à chaque fois et prennent les mauvaises décisions. Maintenant, malgrés leur gaffes et frasques perpétuelles, je reste persuadée que le PS à des idéés à défendre et des actions en mettre en place, nous ne les aiderons pas en nous détournant du parti, soyons bornés, militants, sympathisants, ne lachez pas prise.Il faut être déterminé et continué d'y croire. le ps, ce n'est pas que les éléphants, c'est aussi des élus des communes, des députés de régions, des milliers d'hommes et de femmes qui se battent sur le terrain en essayant de faire au mieux leur boulot,ne l'oublions pas.

    RépondreSupprimer
  28. Vertazt,

    Bien sûr qu'il a des idées, et les meilleures à mon avis. Bien sûr qu'il y a des militants, des sympathisants, ...

    Il manque juste un petit plus...

    RépondreSupprimer
  29. Pas lu les commentaires.

    Je lisais hier un très bon article sur le blog de Mélenchon. Il y expliquait comment l capitalisme transfontalier et son lot de chômage dit structurel empêche simplement n'importe qui d'exister en tant que citoyen.
    J'étais frappé parce que je lisais une analyse politique de la situation.
    Il se trouve qu'en plus, cette analyse me semblait juste.
    Ce matin, je lis les propos de Martine Aubry qui appelle à l'Union de la Gauche comme si le PS avait encore son mot à dire, comme s'il était encore leader de je ne sais quoi. Je n'y lisais que de la stratégie électorale et c'était triste !
    :-))

    [Bel article ! :-)) ].

    RépondreSupprimer
  30. Poireau,

    Merci ! Oui, on entend plus le PS qu'à propos de stratégie électorale.

    Alors que, derrière, les militants bossent...

    RépondreSupprimer
  31. Nico pour ton info, ce n'est pas 11% des gens qui ont voté UMP, mais 18%, si tu rapportes les 28% au nombre d'inscrits...

    RépondreSupprimer
  32. Tim,

    Tiens oui ! Je me rends compte que j'ai pris 40% de 28%... ce qui n'a aucun sens... Mais on s'en fout. Je corrige.

    RépondreSupprimer
  33. Arg ! Je ne sais plus. Ca a bien un sens... Si 28% de 40% votent un truc, ça fait bien 11%... Je recorrige... Mais je suis perdu.

    RépondreSupprimer
  34. (28x40)/100 : 11,2%

    C'est une règle de trois, c'est juste !

    [Pour un littéraire, je maitrise quand même !!!].

    RépondreSupprimer
  35. Merci, il m'a enduit d'erreur.

    RépondreSupprimer
  36. L'analyse est un peu partielle. Une bonne partie de ces notable a surtout un manque d'actualisation réelle de l'analyse de la situation economique et politique. Tout a vite changé sous les 2 mandats de chirac. La droite a trahi le pacte d'après 1945 : ne pas faire une politique d'extreme droite. La gauche n'a pas encore trahi ce meme pacte : ne pas être demagogique d'extreme gauche et lutter contre le communisme.
    D'ou le porte à faux. D'autre part, les pouvoirs d'influence (cad les gros financiers, actionnaires) et les USA veulent un social democrate a la tete de la France. Ils n'ont pas encore confiance en ségolène Royal pour cela (avec raison, les couleuvres a avaler sont bien grosses et bien longues....)
    alors, tout le PS est en stand by, dans l'attente de DSK, lequel apres avoir gouté au FMI (merci Sarkosy) n'aplus envie de batailler.... il faudrait que la presidence lui tombe toute cuite dans le bec, comme son poste au FMI qui fut un cadeau américain à Sarkosy en récompense des bons services d'un nouveau féal (OTAN, alignement à l'ONU, va t'en guerre en IRAn, etc...) Autant dire que DSK ne se lancera pas dans la présidentielle en 2012. a moins de bouleversements radicaux.

    RépondreSupprimer
  37. L'analyse est partielle, il en découle des commentaires cons et prétentieux "moi, j'ai compris le monde".

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.