31 août 2009

Les dangers de l'écologie

Mon titre est racoleur, je sais. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec lui. Ce qui est dangereux, c'est la manière avec laquelle certains abordent l'écologie. Tiens, on parlait hier ici de la passe d'arme entre Ségolène Royal et Cécile Duflot à propos de la taxe carbone. Je suis contre, comme Ségolène Royal. Juan aussi. Il le dit dans son annexe et avoue qu'il envisage sérieusement de quitter les verts. Il fera ce qu'il veut mais je le comprends !

Les Verts, nos alliés naturels, sont sur un nuage. Avec leurs coalition d'Europe Ecologie, ils ont fait un très bon score aux européennes (sans en analyser les raisons, probablement : du désintérêt des électeurs pour le PS, au charisme de leur leader, en passant pour le désintérêt, aussi, des gens pour les enjeux de cette élection). Ils sont contents.

Du coup, Cécile Duflot s'est autorisée à traiter de démagogues les opposants à la fiscalité verte. Elle ne manque pas d'air (nous on va bientôt en manquer) ! S'opposer est être démagogue. D'accord ! Je m'y lance.

La fiscalité a été créée pour faire face aux besoins de l'état et de la collectivité. On appelle ça de la redistribution. Je suis démagogue. On peut utiliser la fiscalité à différentes fins : sauver la planète, favoriser les investissements dans les DOM, donner un toit aux plus démunis et éviter de mettre des OGM dans les céréales utilisées pour faire ma bière.

Il n'empêche qu'en le faisant, on crée systématiquement des injustices ou des niches fiscales. Donc de l'injustice.

Par exemple, il existe des dispositifs fiscaux permettant de favoriser une mise aux normes environnementales de l'habitat ancien. Très bien. Sauf que.

Seuls les propriétaires, les personnes imposables, ceux qui ont les moyens de faire des travaux, les plus riches, pour résumer, peuvent en bénéficier. Injustice flagrante. Démagogue, moi ? Jamais une incitation fiscale n'encourage la réalisation de travaux. Quand on change une fenêtre, c'est qu'on a besoin de changer une fenêtre. Effet d'aubaine. Démagogue, moi ?

La fiscalité écologique est non seulement injuste mais ne résoudra jamais rien. Tiens ! Qu'on me donne le résultat réel du bonus malus pour les bagnoles (sans oublier le résultat pour les caisses… de l'état). Tout au plus ça encourage quelques gugusses à remplacer leur bagnole, ce qu'ils auraient fait, de toute manière, dans les deux ans. Bilan : zéro.

Je ne vais pas multiplier les exemples. Par pure démagogie, je suis contre la fiscalité verte car elle permet de s'acheter un droit à polluer.

Je me rappelle d'un vieux billet où j'avais prôné une écologie beaucoup plus radicale. C'était sur le thème : si les 4x4 polluent trop à Paris, il faut interdire les 4x4 à Paris, pas les taxer : un 4x4 à Paris ne sert à rien. Les libéraux m’étaient tombés dessus.

Ainsi, avec cette histoire de fiscalité verte, on fait diversion : on autorise à polluer mais on ne s'attaque pas au mal.

Racine du mal qui est d'ailleurs plus profonde que ça : productivisme industriel et inégalités galopantes... qui encouragent les plus riches à acheter des grosses bagnoles pour montrer qu'ils sont arrivés. Heu. Parvenus. Démagogue, moi ?

Au mois d'août, un machin a circulé dans les blogs encourageant les gens à pisser dans la douche plutôt que dans les toilettes. Avec de telles idées, les écolos n'ont pas fini de nous faire rigoler. Pour ma part, ça fait des années que je ne tire pas la chasse d'eau après avoir pissé la nuit : je paye l'eau et mon voisin du dessous n'a pas à être réveillé par les chutes du Niagara traversant ses canalisations. De l’économie et du civisme. Ce n’est pas dégueulasse : ce n’est pas en tirant moins la chasse d’eau que je déverse plus d’urine dans la nature…

Les commentaires des billets concernés ont été le lieu de débats intéressants, avec des idées à étudier, comme la création d’un deuxième circuit d’eau, avec de l’eau de pluie non potable, pour les chasses d’eau. Tout est à étudier (y compris le bilan écologique de la construction d’un deuxième circuit d’eau). Pour ma part, je préconise l’installation de pissotières dans tous les lieux publics, surtout les bistros. Ca consomme moins d’eau et c’est beaucoup plus propre. Comme c’est plus propre, le ménage est à faire moins souvent et on économise de l’eau… Cela dit, encore une fois et malgré l’amitié que je peux avoir pour mes copines engagées : ma préconisation montre que seuls les hommes sont prêts à économiser l’eau.

Cette économie d’eau potable est intéressante mais on marche sur la tête. De quoi s’agit-il ? De dépenser moins d’eau potable pour avoir moins d’eau à dépolluer (ce qui est cher et écologiquement néfaste, puisque consommateur d’énergie).

Ainsi, on s’attaque à la dépollution. Il me paraitrait plus intelligent de s’attaquer à la pollution !

Ca me rappelle la visite de François Fillon dans les Côtes d’Armor à propos des algues vertes : il propose de nettoyer les plages mais ne parle pas de s’attaquer aux racines du mal… La production agricole intensive et d’une manière générale le productivisme insensé de notre monde libéral.

Ainsi, j’appelle les Verts à ne pas approuver les mesures gouvernementale de façade, comme la taxe carbone, utilisée uniquement pour remplacer la taxe professionnelle (et donc transférer des charges des entreprises vers les particuliers) et pour faire croire qu’on s’attaque réellement aux problèmes écologiques.

Et à arrêter de traiter de démagogues ceux qui ne sont pas d’accord avec les actions du gouvernement actuel.

Juan, si tu veux quitter les Verts, je t’accueille volontiers dans mon parti, celui d’en rire.

(photo)

38 commentaires:

  1. Nicolas,

    Petite précision : tu n'es pas tout à fait exact à propos de la fiscalité "verte" qui ne profite qu'à ceux qui ont les moyens.
    Je suis en effet propriétaire de ma maison, parce que je l'ai achetée à un moment où c'était possible (en 2000) et que je n'habite pas Paris ou le Kremlin Bicêtre, qui sont des villes de riches. Je viens de changer ma chaudière, et je bénéficie de tout un tat de machins au nom des économies d'énergies que je vais réaliser (et GDF m'a déjà remboursé une partie de trop-perçu), au nom de la "mise aux normes environnementales de l'habitat ancien". Mais ça ne fait pas de moi un riche, je boucle à peine les fins de mois et je ne suis pas imposable...
    Ce que je veux dire, c'est de ne pas généraliser à outrance, même si ça sert bien la démonstration (par ailleurs tout à fait juste).
    "Seuls les propriétaires, les personnes imposables, ceux qui ont les moyens de faire des travaux, les plus riches, pour résumer, peuvent en bénéficier", eh ben non.
    En revanche, "Jamais une incitation fiscale n'encourage la réalisation de travaux. ", là ok. L'ancienne chaudière était morte, il fallait la changer avant qu'elle ne claque en plein mois de janvier par -10°. Mais l'incitation fiscale m'a permis d'installer un machin à condensation, donc plus économe au fonctionnement mais plus cher à l'achat. Sans cette incitation, j'aurais installé une chaudière standard, qui pollue plus pour chauffer autant.

    RépondreSupprimer
  2. Tsss....
    Ce qui est amusant (et encore plus désespérant qu'amusant), c'est que malgré le battage médiatique autour du réchauffement climatique et de la fin du pétrole, tout le monde continue à "faire semblant", et à croire que l'on pourra continuer indéfiniment à vivre "comme avant", sauf qu'il y aurait des 4x4 électriques à la place des 4x4 à pétrole et des éoliennes à la place centrales nucléaires, et une "croissance verte" en lieu et place d'une "croissance noire". Oh ben non, la taxe carbone j'en veux pas, c'est pas bon pour mon pouvoir d'achat, na !

    C'est de l'écologie bisounoursique, que la réalité va hélas violemment démentir !

    On peut évidemment être contre la "taxe carbone" version Sarkozy/Rocard, qui est une escroquerie fiscale. Mais le principe ce cette taxe, telle qu'énoncé par Jancovici par exemple, reste la moins mauvaise manière d'anticiper et d'amortir les dégâts à venir ! Cette taxe a le double but de dissuader de bouffer du carbone (aux taux prévus par Sarkozy, elle ne dissuadera de rien du tout) et de financer des solutions alternatives, notamment en matière d'énergie et de transport, en plus d'aides à ceux qui sont dans une situation particulière (et non pas se substituer à la taxe professionnelle).

    Plus on attendra, et plus la fin du pétrole (dont les dégâts à court terme seront considérablement plus terribles que ceux du réchauffement climatique) nous prendra de cours et provoquera le chaos.

    RépondreSupprimer
  3. Ce qui est dangereux, c'est la manière avec laquelle certains abordent l'écologie
    Je suis complétement d'accord avec toi...

    et j'ajoute qu'il est scandaleux de prendre le prétexte écologique pour justifier des choses assez injustifiable. La Taxe Carbone sert d'abord à permettre la suppression de la TP, et tant mieux si elle a une incidence sur la planète. Mais si elle n'en a pas, tant pis : Bercy n'y a pas songé de manière écologique, mais comptable.
    Ce qui n'est pas choquant d'ailleurs. Mais n'utilisons pas le prétexte écologique...

    Sur le reste de ton billet, je suis aussi totalement d'accord toi. Ce "droit à polluer" pour ceux qui ont plus de sou est quelque chose d'assez désagréable...

    Bonne semaine à toi

    RépondreSupprimer
  4. Ant,

    J'ai précisé que j'allais être démago. Pour info, ma mère aussi a bénéficier du machin pour mettre un truc à condensation quand sa chaudière a claqué.

    Et je continue à démontrer par l'outrance : avec cette chaudière, tu vas consommer moins de fuel donc l'amortir...

    Comme je le dis dans le billet, chaque niche fiscale a un intérêt mais n'en est pas moins une niche fiscale. Quand j'ai acheté mon appartement, j'ai profité de l'exonération d'impôt pour une partie des intérêts, ça ne m'empêche pas de lutter contre, maintenant.

    Et je vais poursuivre sur l'écologie radicale : il existe deux types de chaudière au fuel : celles à condensation et celles pas à condensation. Certaines polluent "bien plus" que d'autres : il faudrait obliger toutes les chaudière à être à condensation, on verrait leurs prix baisser (par effet de marché et de production de masse). Ce qui ne doit pas empêcher de simplifier l'accès au crédit pour les gugusses qui doivent faire des travaux de ce type en urgence, crédit qu'ils rembourseront partiellement sur les économies d'énergie.

    Mais tu as raison : sans ce machin, tu n'aurais pas acheté une chaudière à condensation.

    Et Bicêtre n'étais pas une ville de riche au moment où j'ai acheté...

    RépondreSupprimer
  5. Superno,

    Justement. L'écologie bisounourstique consiste à croire qu'en jouant sur la fiscalité on arrivera à s'en sortir alors que, comme tu le soulignes, et moi aussi, c'est tout le mode de vie et de "productivisme" qu'il faut changer.

    FalconHill,

    Si tu es d'accord avec moi, comment veux-tu que je réponde à ton commentaire ? ;-)

    RépondreSupprimer
  6. Non, la fiscalité écologique n'est pas nécessairement injuste. Non, elle n'est pas un permis de polluer.

    La fiscalité écologique a pour objectif de dissuader de produire et/ou de consommer des produits polluants. Elle a pour objectif d'orienter producteurs et consommateurs vers des comportements écologiques.

    La fiscalité écologique est un système d'abord incitatif qui doit rendre moins cher de polluer moins et en ce sens c'est bon pour le pouvoir d'achat.

    C'est pour cette raison que la taxe carbone version UMP est mauvaise : elle taxe des produits polluants, d'une part sans favoriser des produits alternatifs, d'autre part sans prévoir de redistribution sociale des sommes perçues via cette taxe.

    Ségolène Royal a en effet donné dans la démagogie en rejetant en bloc la taxe carbone. Le reste du PS et les Verts sont sur une position commune bien plus nuancée : rejet d'une taxe carbone version UMP, parce qu'antisociale, et réaffirmation de la nécessité impérative d'une fiscalité écologique, incitative et juste, comportant un volet social, des mécanismes de redistributions et le développement de solutions alternatives.

    RépondreSupprimer
  7. Tu racontes n'importe quoi. Je chauffe au gaz, pas au fuel. On se renseigne avant d'écrire des conneries, bordel.

    (bon, ok, je sors)

    Enfin, non, je reste juste le temps de dire que globalement on est d'accord. Interdir tous les système de chauffage qui ne sont pas économes en énergie. Et les 4x4 en ville, encore qu'on peut facilement trouver des cas gênants. le paysan qui habite au fin fond des Vosges et a donc _besoin_ d'un 4x4 pour sa vie quotidienne (j'en connais, qui roule en Land Rover cahotante) mais qui n'a pas d'autre bagnole parce qu'une seule suffit, il fait comment quand il doit aller en ville ? Il prend le train. OK. Et quand il doit aller emménager le petit studio dans lequel sa fille va habiter pendant ses études de vétérinaire ?
    Bref, l'interdiction n'est pas forcément la solution. En revanche, je suis pour l'interdiction totale de territoire des Porsche Cayenne et autres monstres.

    RépondreSupprimer
  8. Dedalus,

    Si tu arrives à me trouver une fiscalité écologique qui soit juste, applicable à l'échelle mondiale, on est d'accord.

    Mais les taxes sont nécessairement payées par le consommateur final.

    En outre, quels produits polluants ? Le chauffage pour la baraque et le carburant pour aller au boulot... Si une chaudière électrique est moins polluante (en France...), aidons le développement des chaudières électriques, voire rendons les "obligatoires" : ce n'est pas en taxant plus le gugusse qui doit amener ses mômes en voiture l'école qu'on sauvera le monde.

    C'est toute la société de consommation qui est en jeu... Qu'on ne me fasse pas croire qu'on résoudra ça uniquement par la fiscalité écologique à une échelon Français. Fiscalité écologique qui se traduira par une usine à gaz... (polluante).

    RépondreSupprimer
  9. Oui je partage ton avis.
    Envisager la taxe carbone comme substitut à la taxe professionnel est une hérésie, puisque le but de la taxe carbone c'est de faire diminuer les émissions de CO2, donc à long terme les bénéfices fiscaux devraient baisser (comme les émissions de carbone). Les recettes perdues sont un cadeau au Medef, fait sur le dos des citoyens. La taxe professionnelle par contre, est un impôt sur la croissance, en quelque sorte, et c'est la croissance qui provoque la surconsommation et donc les émissions de CO2.

    Allez Juan, avec nous !

    RépondreSupprimer
  10. Ant.,

    Oui l'interdiction doit avoir des dérogations au cas par cas : je ne veux pas caricaturer. Mais si on s'attaque pas drastiquement au problème, on continuera à pisser dans un violon.

    RépondreSupprimer
  11. Rimbus,

    Oui, mais nos amis écolos (accompagnés de doux rêveurs socialos si j'en crois les commentaires) oublient dans quel monde nous vivons.

    RépondreSupprimer
  12. Complètement d'accord avec toi Nicolas, les pseudos écolos feraient bien de redescendre sur terre, si j'ose dire...

    RépondreSupprimer
  13. Stef,

    Ce ne sont pas nécessairement des pseudos écolos, j'ai été un peu dur, mais s'ils encouragent le gouvernement à aller dans le mur, ça n'est pas la bonne solution !

    RépondreSupprimer
  14. Je vote pour toi.. Même si résoudre le problème de l'injustice passerait d'abord par supprimer le paquet fiscal et adapter le reste.
    Ce sont malgré tout ceux qui ont le plus d'argent qui bénéficient le "mieux" des aides...
    Quand tu vois le pris des appareils, le prix de main d'oeuvre, certains ne peuvent pas forcément envisager de payer ce qui est demandé (une fois les aides retenues...)

    J'ai lu ailleurs dans les com qu'ils faudrait généraliser tous ces produits et les rendre abordables également...

    Des pannaux solaires, j'en voudrais bien chez moi mais c'est cher..
    Etre écolo coute cher à l'investissement...

    Et tant que l'écologie restera comptable, ça va être difficile.
    On aimerait bien avoir une voiture électrique mais ...
    Et tout est comme ça
    Quand aux 4x4 en ville, une bonne majorité ont les 2 voitures mais ça fait bien d'être en 4x4, sans compter qu'on les aides à acquérir ce genre de véhicules en leur offrant des subventions si c'est pour utiliser en "professionnel"...

    Ma foi, il y a vraiment du ménage à faire..
    La taxe carbone sur ceux qui polluent le plus c'est normal, mais que tout le monde la paye, non!

    RépondreSupprimer
  15. Christie,

    Oui ! Il y a plusieurs chantiers, comme aider les gens à installer des panneaux solaires (c'est un exemple). Ca ne passe pas nécessairement par la fiscalité (en termes de recette) mais aussi par un projet d'état.

    RépondreSupprimer
  16. C'est toute la société de consommation qui est en jeu... Qu'on ne me fasse pas croire qu'on résoudra ça uniquement par la fiscalité écologique à une échelon Français.

    non, pas uniquement. mais aussi.

    l'idée est assez simple. prenons une tomate. non, prenons deux tomates : l'une coûte aujourd'hui 1€ à produire et est vendu 1€10 au détail, l'autre coûte 2€ et est vendu 2€20... mais est écologiquement préférable.

    taxons alors le producteur de la première de 50cts. elle coûte désormais 1€50 et sera vendu 1€65.

    taxons alors le consommateur de 25cts et la première tomate coûte 1€90.

    si on s'arrête là, c'est con. la première tomate est toujours moins chère et c'est le consommateur qui trinque.

    mais l'Etat a récupéré des sous, qui lui permettent de subventionner la production de la tomate n°2. disons 50cts par tomate. elle ne coûte désormais que 1€50 et c'est elle que le consommateur va acheter, à 1€65.

    si on s'arrête là, le consommateur est encore perdant : il paie 1€65 une tomate qu'il payait auparavant 1€10.

    mais on n'a pas encore redistribué la taxe de 25cts par tomate prélevée sur les consommateurs de la première tomate. redistribuons les donc en pouvoir d'achat aux consommateurs les plus en difficultés.

    et hop !

    sans compter qu'il faudra bientôt augmenter la production de tomates n°2, ce qui en fera baisser le coût unitaire de production.

    etc...

    RépondreSupprimer
  17. 1. Si on subventionne nos tomates, on se fait engueuler par Bruxelles et si les tomates étrangères doivent être taxés, il faut donc un accord Européen (et donc mondial pour l'étendre à tous les produits).

    2. Ca ne répond pas à la question du pourquoi une tomate vaut plus cher que l'autre ! La réponse vient probablement du coût salarial (s'il y a une différence sur le coût énergétique, c'est probablement lié au transport). Il n'est pas spécifique aux tomates d'ailleurs. C'est là qu'il faut agir... Ajouter des taxes environnementale ne fera qu'accroître les différences "nord sud".

    3. Dans le temps, on ne mangeait pas de tomate en hiver mais uniquement quand un producteur de proximité en produisait.

    RépondreSupprimer
  18. "je suis contre la fiscalité verte car elle permet de s'acheter un droit à polluer."
    Cette petite phrase traduit tout le malaise de la fiscalité, et peut s'étendre à tous les domaines. Principalement à la répartition des fonds collectés (rappelons que certaines taxes sur le tabac, par exemple, sont censés renflouer la Sécu, mais ne le font pas !). Et enfin, pour rejoindre transversalement les commentaires, il faut bien comprendre que ce qui est fait à échelle locale doit être applicable mondialement. Ce n'est pas la France à elle seule qui changera le monde: elle n'est qu'une tâche sur une carte immense. Il faut responsabiliser rapidement le reste des pays, en commençant par les plus gros pollueurs (je pense à la Chine)...

    Si vous avez suivi quelquechose dans mon raisonnement, bravo.

    RépondreSupprimer
  19. Homer,

    J'ai suivi ton raisonnement.

    Tu as raison : le pb est mondial et donc les machins que nous ferons ici, heu...

    Dans le temps, il existait un principe de comptabilité publique qui disait qu'il ne fallait pas attribuer des recettes à des dépenses...

    RépondreSupprimer
  20. euh, la tomate c'était pour l'exemple. j'aurais pu prendre la voiture, le concombre, le lave-linge... ou la porte ;-)

    c'était juste pour décrire brièvement le mécanisme par lequel les politiques publiques via la fiscalité peuvent être écolo-incitatives et sociales... quand la droite donne dans le permis de polluer et l'injustice.

    de même qu'il y a le bébé et l'eau du bain, il y a la taxe carbone et sa version sarkozyste.

    RépondreSupprimer
  21. Pas le temps de lire les commentaires, je dois aller pisser sous la douche !
    :-)

    Je suis de ton avis de toute manière.
    Je crois avoir vu passer cette info : en Belgique, où aucune prime à la casse n'a été mise ne place pour soutenir la vente des voitures neuves (oui, c'est ça le but en fait !), le marché automobile se porte moins mal qu'ailleurs !
    Si on faisait un bilan de ce genre de mesures, sûr qu'on rigolerait un bon coup !
    :-)))

    RépondreSupprimer
  22. Dedalus,

    Yes, mais le pb est plus large. Il n'y a pas que la fiscalité. Ton truc de la tomate était un bon exemple puisqu'il renvoie aux produits produits ailleurs et importés...

    La fiscalité n'est pas le seul truc : il ne faut pas oublier, par exemple, de punir les industriels qui ne respectent pas les normes ou encourager les industriels qui produisent des chaudières à économie d'énergie. Taxer (au sens TVA du terme) n'est pas la seule solution. Pourquoi mêler une aide au remplacement d'un vélux à l'imposition sur le revenu ?

    RépondreSupprimer
  23. Poireau,

    Oui, il faudrait en faire un bilan écologique...

    RépondreSupprimer
  24. Messire Poireau, n'oubliez pas de vous laver les mains sous la douche, pensez à la grippe A, et mettez le bouchon dans le bac, afin de récupérer de quoi faire cuire le waterzoï.

    RépondreSupprimer
  25. Suzanne : du savon sous la douche ? Je me demande si c'est bien écolo tout ça !
    :-))))

    RépondreSupprimer
  26. L'écologie coûte chère, c'est un fait qu'on ne peut nier. Elle coûte chère parce que les inégalités sont importantes et que les pauvres (la majorité de la population) ne peuvent investir.

    Une solution ne serait-elle pas aussi l'augmentation réelle des revenus des couches populaires, qui polluent beaucoup parce qu'ils sont les plus nombreux et les moins riches ?

    Je ne dis pas que c'est la seule solution, mais la limitation des revenus au profit des plus riches est, à mon sens, une partie du problème.

    La question des services publics en est une autre. Les choix actuels de la SNCF posent de nombreuses questions par exemple.

    RépondreSupprimer
  27. Mathieu,

    Oui, l'écologie coûte cher mais on ne peut y échapper, comme disait quelqu'un là haut. De toute manière, avec la raréfaction du pétrole, le transport va augmenter, autant prendre les devant...

    L'augmentation réelle des revenus des couches populaires est nécessaire... mais je ne vois pas comment ça pourrait résoudre les problèmes d'environnement... Presque au contraire ! En augmentant les revenus, ils consommeront plus...

    Pour la SNCF, oui.

    D'ailleurs, plutôt que d'une taxe carbone globale (par ailleurs inapplicable à cause des machins faits à l'étranger et leur transport), il faudrait s'attaquer aux points un par un. Tiens ! Le transport, il faut privilégié le fret ferroviaire. Comment ?

    RépondreSupprimer
  28. Bon, je zappe les commentaires, y'en a trop, et en plus ils ont l'air élaborés !

    J'approuve ton approche, surtout que tu y es allé à coup de flotte. Pour une fois !!... Les économies d'eau, c'est bien. Mais si cela devait devenir significatif, du point de vue des volumes économisés, il faut revoir aussi tout le système de financement de l'eau. L'assainissement, par exemple : il est financé par une partie de la facture d'eau. Moins de consommation d'eau, c'est moins de redevance pour l'assainissement. Hors les réseaux d'égout sont là, ils ont été développés ces dernières années, ils doivent encore l'être, car tout le pluvial n'est pas encore séparé des eaux usées, il y a besoin d'investissements importants pour le bien de la planète. Donc sur la base du mode de financement actuel, moins tu consommes, plus tu dois faire payer l'eau cher pour compenser le manque à gagner... On ne peut donc pas faire l'impasse sur les modes de financement. Par exemple faire payer plus ceux qui font du buiseness avec l'eau (les hôtels, les golfes - voire les agiculteurs...), et faire payer moins ceux qui consomment à un niveau juste vital (boire, manger, laver et se laver). Y'a plein de choses à imaginer, qui soit juste le contraire de la taxe carbonne qui retombera sur les épaules de ceux qui ont le moins.

    RépondreSupprimer
  29. Ah ! Enfin un spécialiste !

    Oui, l'eau n'était qu'un exemple, mais tu as raison, il y a autre chose à faire qu'aborder le sujet sous un angle fiscal, voire de la seule taxe carbone.

    RépondreSupprimer
  30. Je n'ai pas le temps de lire tous les commentaires. Je suis presque dans le cas d'Antoine. J'ai changé de système de chauffage, il y a 3 ou 4 ans, parce qu'il devenait impossible d'acheter du gaz (2 pleins de citerne par an) une année de plus. Nous avons maintenant une pompe à chaleur et un captage géothermique qui seront bientôt amortis. Ça n'était envisageable pour nous que grâce à l'incitation fiscale.
    Ceci dit, les mesures écologiques qui se présentent sous un jour punitif sont inadmissibles, quel que soit leur éventuel bien fondé.

    RépondreSupprimer
  31. Le Coucou,

    Ca aurait été possible avec une aide non fiscale... (par exemple un prêt à faible taux, le temps d'amortir l'installation par la baisse du coût du chauffage).

    On pourrait aussi imaginer une aide directe indépendante de l'imposition sur le revenu et donc "hors niche fiscale".

    RépondreSupprimer
  32. @ Le Coucou (ou Nicolas, ou quelqu'un d'autre, bien sûr !)
    Il y a beaucoup de polémiques sur les pompes à chaleur, comme quoi certaines consommeraient beaucoup d'électricité à l'amorçage, et grèveraient le budget EDF.
    Quelqu'un peut m'éclairer là dessus ?

    RépondreSupprimer
  33. Poison,

    Je n'y connais rien mais je crois que les systèmes récents (depuis une demi douzaine d'années) sont très fiables et efficaces.

    Je ne vois pas pourquoi il grèveraient les budgets d'EDF par contre les individus qui produisent plus d'électricité qu'ils n'en consomment coûtent très cher à EDF.

    RépondreSupprimer
  34. j'ai vu qu'on parlait de l'eau. C'est un peu un faux problème, nous avons de l'eau, charge à nous de ne pas la souiller. Le vrai scandale de l'eau c'est que les pays qui en manquent produisent du coton pour les pays du nord, que cette agriculture bois toute l'eau disponible, que leur économie est coincée là dessus... c'est très bien d'économiser l'eau chez nous, mais c'est pas essentiel, ça ne donnera pas plus à boire aux pays du sud.
    L'écologie n'est qu'un partie du problème, pour une gestion optimisée de nos ressources commune il faut revoir tous les échanges internationaux, qui ne sont basés que sur le profit maximum et l'exploitation du sud par le nord.
    N'avoir qu'un regard étriqué sur nos problème nationaux ne permettra pas de changer les choses. L'environnement ne connais pas de frontières, c'est une globalité terrestre et les seuls remèdes efficaces doivent se faire de manière internationales.

    RépondreSupprimer
  35. @ Nicolas
    Merci pour la réponse.
    Par budget EDF, je voulais dire sa propre facture énergétique du fait de la consommation de la pompe.
    :)

    RépondreSupprimer
  36. @Poison-social, je ne sais pas ce qu'il faudrait comparer pour te répondre avec précision. Chez nous, la différence entre gaz en citerne et géothermie s'est traduite par une facture de chauffage divisée par deux. J'imagine qu'il y a autant de cas différents que de maisons et de lieux… Le démarrage de la pompe se traduit par un fonctionnement répété à brefs intervalles pendant la montée en température du réseau de chauffage (donc une consommation plus forte), mais ensuite, les déclenchements sont d'autant plus espacés et de courte durée que l'isolation de la maison est bonne…
    Bon enfin, on s'éloigne de la taxe carbone… :-))

    RépondreSupprimer
  37. "Bon enfin, on s'éloigne de la taxe carbone… :-))"
    Oui !
    :)

    RépondreSupprimer
  38. Juste au passage (je n'ai pas lu tous les commentaires non plus mais j'ai survolé !) à propos de la récupération de l'eau souillée pour les chasses d'eau j'ai croisé un inventeur génial qui se penche sur tous ces problèmes et ma foi trouve des solutions... Il s'appelle Aly Askar et a établi sa base à Vichy (où l'eau on sait ce que c'est et comment faire pour en faire une ressource économique). Bref il a inventé cette fameuse chasse d'eau qui fonctionne avec les eaux usées de la maison, c'est adaptable pour toutes les constructions neuves et maheureusement pas encore vraiment commercialisé... Il y a donc des solutions mais elles ont du mal à se faire connaître !

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.