11 septembre 2012

Prendre son temps, c'est maintenant !

Mon confrère Sarkofrance se demande si François Hollande doit choquer. Politeeks, quant à lui, se demande si le calendrier est bien respecté. Pourquoi tant de questions ? Ah, oui. J'oubliais. C'est notre job. Je vais faire le mien. Celui de blogueur optimiste

Quand je lis dans Twitter, les blogs, la presse dite sérieuse,... les réactions suite à l'interview de François Hollande, je me demande si notre microcosme élargi ne se fait pas un monde de ce que peuvent attendre les français. 

Que restera-t-il dans une semaine du discours du Président de la République ? Heu... Qu'on va la sentir passer pour revenir dans les clous des 3%.

Je comprends que la gauche de la gauche soit mécontente. Moi-même, j'aurais tendance à penser qu'en période de crise économique, il serait plus sage d'injecter des sous dans l'économie ! 

La droite, elle, ironise à propos du matraquage fiscal en oubliant qu'elle a augmenté les prélèvements obligatoires plus que la gauche et que la mauvaise situation est du fait de sa mauvaise politique. Tout le monde se fout de ce que peut dire la droite. Ils sont en campagne électorale. Le même microcosme, hier, se demandait si Nadine Morano allait vraiment soutenir François Fillon. Vous parlez d’un sujet important…

Pauvre droite. Heureusement que Bernard Arnault et les médias à la solde (je ne sais pas de qui…) étaient là pour faire diversion, pour papoter d’un point dont on n’a assez peu à cire : la taxation à 75% des revenus supérieurs à un million.

Il n'empêche. 

Engagement numéro 9 du candidat François Hollande : réduire le déficit à 3% du PIB en 2013. 

C'est peut-être stupide mais c'est avec ce genre de promesse qu'on est élus, par exemple en récoltant le vote de centristes hésitants. En français : vue l'étroitesse du score au deuxième tour, sans cet engagement, Nicolas Sarkozy serait au pouvoir, continuerait à augmenter la TVA et à diminuer les moyens de la police, de la justice et de l'éducation nationale. 

C’est un peu comme cette histoire de 75%... Il fallait attirer les faveurs des gauchistes, pendant la campagne, à un moment où Jean-Luc Mélenchon était au mieux dans les sondages et que Nicolas Sarkozy prenait de l’avant. Hop ! Ils étaient au comptoir, Moscovici, Hollande et quelques autres. Y’en a un qu’a dit : « Tiens ! On n’a qu’à annoncer une trancher à 75% » et c’est parti !

On a de ces boulets à traîner… Mais ce n’est pas vraiment utile d’agiter les bras si on ne gagne pas l’élection.

75% et 3% sont les mamelles des engagements.

Ils sont intéressants, voire amusant à relire, ces engagements ! Tiens, un peu après le 9, on en a un à propos des projets européens. François Hollande s'était engagé à organiser ces projets avec ses homologues à partir de 2014 (après le départ de Mme Merkel ?). 

Pourquoi se presser ?

Qui a-t-il d'autre dans ces engagements ? Par exemple le mariage pour tous et les actions de groupe ! Deux machins qui ont été précisés hier par les ministres respectifs, Mme Taubira et M. Hamon.Qu'a-t-on eu d'autre, hier ? Ah ! Oui ! Une très longue et très intéressante interview de Mme Filippetti qui présente les grands angles de la politique qu'elle entend mener. Je vous la conseille. 

Quel problème de calendrier ? Quel problème de vacances du gouvernement ? Quelle absence de vision ?

Nous sommes en septembre 2012, la préparation du budget 2013, c'est maintenant !

17 commentaires:

  1. En montagne, c'est pareil ! Tu as des Tartarins qui se prennent pour des TGV ... Souvent,nous, les lents, on fini par les dépasser ... et puis, quand ils se sont pétés les joints,nous, on y va toujours, visiter notre jardin dans les nuages, de notre pas régulier,monotone, élastique ... comme celui d'un chat qui marche sur le toit : c'est pas là qu'il cavale, pas folle la guêpe !

    RépondreSupprimer
  2. Le "grand bluff", c'est utile pour gagner une présidentielle...

    Il le fallait, certaines promesses relèvent simplement de la stratégie électorale, leur application stricto sensu n'est nullement une obligation. Le faire si possible (en fonction de la conjoncture), s'en rapprocher pour apaiser les esprits chagrins.

    Simple.

    RépondreSupprimer
  3. C'est ça, la politique normale, et c'est ça que veulent les électeurs normaux.
    Ils sont fatigués des politiques qui ne savent que sauter comme des cabris,
    ne veulent pas plus de l'extrême-gauche que de l'extrême-droite dont la fonction est seulement de s'agiter pour exister,
    et ne lisent même pas les titres de la presse écrite, alors l'acheter !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison. Ça serait intéressant à creuser a posteriori mais Hollande a peut-être réussi une grande opération de communication, continue depuis son arrivée au pouvoir... À voir avec du recul.

      Supprimer
  4. Quand on pense que tous les plans "sociaux" qui déferlent maintenant étaient suspendus avant les présidentielles pour ne pas polluer la campagne ... donc pendant des mois on a laissé les entreprises s'enliser.
    Et il faudrait en 1 trimestre redresser la situation ?
    La croissance "IL" devait aller la chercher avec les dents, c'était pas une promesse, ça ?

    RépondreSupprimer
  5. Le cynisme de tes commentateurs me laisse sur le cul, Nicolas.
    Bon, qu'il tienne ses engagements ou pas, le Batave a toujours raison.
    Drôle que ça me rappelle les militants PC des années 60/70...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quel cynisme ? Qui a dit que Hollande pouvait ne pas tenir ses engagements ? Bembelly a juste dit qu'il fallait les tenir dans la mesure du possible.

      Les autres ont dit, en gros, qu'il fallait aller à son rythme, sans précipitation...

      Tu as des a priori amusants quand il s'agit de mon blog et de "mes" commentateurs.

      Supprimer
    2. Assez d'accord avec Estelle, quant au cynisme.

      Supprimer
    3. Je continue à ne pas saisir pourquoi : le but, en politique, est aussi d'être élu.

      Supprimer
    4. N'importe quel moyen légal aurait été bon pour virer celui qui a cassé l'éducation la justice et la santé en France.
      On appelle ça de la légitime défense.

      Supprimer
  6. "Par une dérivation du terme, on parle de nos jours de cynisme pour désigner un mode de pensée qui diffère tellement des normes établies (en particulier dans le domaine de la morale) qu'il en deviendrait choquant."
    (source wikipédia)

    Ah bon ?... mais elle est où, la morale?

    RépondreSupprimer
  7. ben oui, prendre son temps ! Essentiel !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui mais ma formule est un peu courte : il faut aussi avancer.

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.