21 janvier 2013

The French Way of War

Le New York Times consacre un article à la France. Ayant la flemme de faire un billet, ce matin, en voila une traduction grâce à Google et à mes soins (excusez les erreurs). (merci à Bruno qui m’a fait suivre ct article)

EN 1966, le président Français Charles de Gaulle, héros de la guerre et « une gène » dans les yeux des Alliés, a écrit le président Lyndon B. Johnson,  a annoncé que la France se retirait de la pleine appartenance à l'OTAN et virerait le siège de l'OTAN de France.

« La France est déterminée à reprendre sur son territoire le plein exercice de sa souveraineté, à l'heure actuelle diminuée par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation qui est faite de son espace aérien, à cesser sa participation aux commandements intégrés et ne plus mettre ses forces à la disposition de l'OTAN » a écrit de Gaulle [retraduit de l’Anglais…].

Après la capitulation humiliante pour les nazis et un choc énorme [pour la France] France, il n'était pas particulièrement surprenant que de Gaulle cherche à rendre à la France une place à la table des nations, capable de défendre ses propres intérêts avec ses propres moyens, à son propre rythme et volonté.

Même aujourd'hui, alors que les troupes françaises interviennent au Mali, la fierté française est montrée par leur capacité militaire et leur indépendance d'action. Les forces françaises défilent encore chaque année sur les Champs-Élysées, une célébration militaire unique dans l'Ouest. La France possède des armes nucléaires et est le seul pays autre que les États-Unis, à avoir un porte-avions nucléaire. Et alors même que Paris s'est petit à petit réconcilié avec l'OTAN en redevenant membre à part entière, la France a maintenu sa capacité d'envoyer des troupes et de l'équipement rapidement dans de grandes parties du globe et devrait bientôt dépasser une Bretagne étroite d'esprit comme quatrième plus grande puissance militaire du monde au niveau des dépenses, après les États-Unis, la Chine et la Russie.

« Les Français, qui sont si sombrez et pessimistes pour ce qui concerne la situation dans leur pays et leur économie, ont au moins une raison d'être fiers de ce que leur pays peut atteindre [?] », Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de l'ancien président Nicolas Sarkozy et
l'ancien ambassadeur aux États-Unis et les Nations Unies, m'a dit. « Nous avons encore une politique étrangère, la capacité d'agir au-delà de nos frontières, une capacité à faire la différence. »

M. Levitte reconnaît volontiers que la France ne peut pas tout faire par elle-même. « Mais si vous n'avez pas les moyens militaires d'agir, vous n'avez pas une politique étrangère », a-t-il dit.

Les Français sont prêts à intervenir militairement, mais sur la base de nouvelles conditions, qui changent des vieilles habitudes coloniales et les traditions connues sous le nom « Françafrique ».

Au Mali, comme ils l'ont fait en 2011 en Libye et en Côte-d'Ivoire, les Français sont intervenus sur la base d'une demande directe d'aide par un gouvernement légitime, du soutien de groupements régionaux africains comme l'Union africaine et d'une résolution de l'Organisation des Nations Unies du Conseil de sécurité.

Même au Mali, France entend agir de façon multilatérale, même si elle est à l’avant, comme elle l'a fait en Libye, dans le but de sauver un allié et en aidant la région du Sahel à lutter contre la propagation des islamistes radicaux, certains d'entre eux djihadistes étrangers, fortement liés à des groupes terroristes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Jusqu'à présent, l'intervention décisive du président français, François Hollande, a été populaire. Un sondage publié mercredi par BVA pour Le Parisien a révélé que 75% des français approuvent la décision de M. Hollande d’engager rapidement une action militaire contre les rebelles islamistes au Mali, malgré les risques, comparativement à 66% pour l'intervention en Libye l'année dernière et 55% pour l'Afghanistan en 2001. Un sondage plus tôt lundi pour l'IFOP a révélé que 63% soutiennent la décision de M. Hollande.

Plus frappant encore, peut-être, le consensus parmi l'élite politique a été unanime [presque…], explique Bruno Tertrais, un analyste de la défense à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. « Les Français sont prêts à soutenir une opération militaire aussi longtemps que les objectifs sont clairs et semblent légitimes » me dit-il. Alors que l'arrêt de l'avance islamiste vers Bamako, capitale du Mali, est l’objectif, il a poursuivi en disant, « s'il s'agissait d'une question d'une opération de reconquête du nord du Mali, la perception aurait été différente. »

Les Français ont une armée composée uniquement de volontaires, ce qui éloingne la population du coût de la guerre et fait des soldats « moins visible pour la population en général », souligne Sébastien Jakubowski, sociologue à l'Université de Lille qui étudie l'armée. Cela rend également l'armée plus populaire, avec un taux d'approbation de 80 à 90% dit-il.

Mais dans un autre changement dans le passé, les Français s'attendent à ce que la décision d'utiliser l'armée soit basée sur des critères clairs et moraux dit M. Jakubowski. Et les Français prennent une certaine fierté à jouer un rôle de premier plan à partir d'un fondement moral, même si les intérêts nationaux français sont également en jeu, poussant d'autres alliés d'agir.

M. Jakubowski a cité un entretien au Figaro, le 3 janvier avec l'American historien néo-conservateur Robert Kagan, dont l'étude sur les attitudes américaines et européennes à l'égard de l'utilisation de la force, en comparant l'Amérique à Mars et l'Europe à Vénus était très caricaturale, mais très influente.

Dans l'interview, et plus tard pour moi, M. Kagan a félicité les Français pour leur volonté de recourir à la force dans la poursuite d'objectifs légitimes, même si ils ne disposent pas toujours de moyens suffisants pour les atteindre. « Personne ne demande à la France d'être à l'avant-garde des interventions militaires, mais la volonté des Français de prendre l'initiative est positive », a-t-il dit. « J'ai une nouvelle philosophie: Si les Français sont prêts à aller, il faut y aller. »

Mais les Français comprennent aussi que les limites de leurs limites militaires sont réelles et qu’il vaut mieux agir avec d'autres, même si ce n'est pas toujours avec Washington. Paris a été toujours souhaité que d'autres pays européens et l'Union européenne elle-même développent mieux leurs capacités militaires.

« Nous pensons les autres pays européens sont absolument nécessaires pour faire ce que nous faisons », a déclaré M. Levitte. « Sinon, il y aura une sorte de manque de pertinence stratégique de l'Europe dans son ensemble ». Il dit aussi qu’il devrait être évident que les Etats-Unis ont d'autres priorités, se concentrent sur l'Asie et ne doivent pas agir partout. « Donc, si nous sommes alliés à la fois indépendants et alliés des États-Unis, nous devrions être en mesure d'agir en cas de besoin. »

Steven Erlanger is the Paris bureau chief of The New York Times.

12 commentaires:

  1. Je hais la guerre et je déteste appartenir à un pays qui s'imagine qu'il a un rôle international à jouer parce que ses puissants ont fondé leurs fortunes sur la vente des armes et sur leur capacité à soumettre d'autres peuples. Voilà, c'est dit. Fallait-il stopper les gens du Nord dans leur progression vers le sud, sans doute, mais c'est bien en amont qu'il aurait fallu intervenir, quand le putschiste actuellement en place à Bamako et fortement conditionné par l'Occident a prétendu représenter la légalité. Et eencore avant ... Mais le Mali exténué est un pays plein de promesses pour nos multinationales, n'est-il pas ?

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    1. La question n'est pas de savoir ce qu'il aurait fallu faire mais ce qu'il faut faire. Et donc ?

      PS: la traduction Google de l'article du New York Times est déplorable. Mais même dans le texte d'origine je ne vois pas très bien ce qu'on peut extraire de ça...

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    2. Zoë,

      Oui c'est en amont qu'il aurait fallu intervenir.

      François,

      C'est plus moi que Google.

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    3. Chère Zoë, le gros problème dans votre réaction, c'est que, de même que pour les bagarres de gamins, il suffit d'un seul emmerdeur pour déclencher une guerre. La différence avec les bagarres de gamins, c'est qu'entre les états, il n'y a pas d'arbitre...

      Enfin, j'aimerais une bonne fois qu'on me dise quelles sont les fameuses "ressources naturelles du Mali". Et qu'on ne me parle pas d'uranium ou de pétrole: l'un et l'autre se trouvent dans les pays voisins, pas au Mali.

      Faut-il accepter de prendre uniquement le rôle du pays d'accueil des réfugiés politiques, une fois le coup d'état islamiste réussi (comme nous le faisons depuis trente ans avec les libéraux iraniens, égyptiens, tunisiens...)?

      La France doit-elle mener des politiques de rationnement des matières premières en interne (ben oui, si on ne veut pas être prisonniers d’intérêts extérieurs, il faut être le plus autonome possible), donc, comme les USA, exploiter à fond et sans limites nos propres réserves naturelles (gaz de schiste, uranium du Limousin...), libéraliser les marchés de l'énergie etc?

      Si, malgré nos efforts de rationnement, nous avons encore besoin d'acheter à l'extérieur des matières premières, devons nous les échanger uniquement avec des états démocratiques? Donc devons nous refuser d'acheter quoi que ce soit aux pays en développement? (ce sont souvent eux qui ne sont pas démocratiques, cf le Mali justement, de là à croire qu'il y a un lien...)

      Que devons nous faire si, par hasard, nous tombons sur un fournisseur qui décide de jouer de son pouvoir d'approvisionnement pour obtenir de nous quelque chose, par exemple comme nos amis russes lors de la crise du gaz d'il y a 4 ans?

      Sans être parfaite, loin de là, il me semble que la politique française en Afrique s'est considérablement améliorée depuis les indépendances (contraste: juste après l'indépendance du Cameroun, la France a soutenu militairement le régime en place, dans une guerre qui a fait un demi-millions de morts).

      On peut faire encore mieux, c'est certain, en surveillant nos entreprises extractrices de matières premières par exemple, ou en pénalisant les corruptions diverses, tout en sachant qu'empêcher toutes les malversations d'exister en Afrique porte un nom: l'impérialisme (puisqu'on décide à la place des locaux), et que la France n'est ni la seule à exister, ni la seule à avoir des activités en Afrique (ou ailleurs): on trouve également sur place les USA, et de plus en plus la Chine, laquelle se fiche totalement de nos interrogations éthiques.

      Bref, comme toujours, c'est une question de savoir jusqu'où on accepte de se salir les mains dans le cambouis du vrai monde, et si possible de le faire en évitant de se vautrer dans le luxe et la volupté en France, dont les consommations énergétiques par habitants sont totalement incompatibles avec l'isolement vis-à-vis des producteurs de matières premières, ce qui ajoute l'hypocrisie à l'impuissance.

      PS: l'article est particulièrement mal traduit par google, je recommande fortement aux anglophones la lecture sur le site d'origine.

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    4. Tu dois être très chiant dans les repas de famille.

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    5. Et tu es viré de ce blog dès ta première visite.

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  2. "La Bretagne étroite d'esprit quatrième plus grande puissance militaire du monde"

    Et le far breton c'est bien la Force d'Action Rapide et le Kouign Amann et le chouchenn sont des armes de destruction massive

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  3. Je suis impressionné par la traduction en Français de cet excellent article, où l'as-tu trouvée ?

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    1. C'est Google Translate. J'ai corrigé ce qui était louche mais je parle très mal l'anglais.

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  4. Pas mal !

    "J'ai une nouvelle philosophie: Si les Français sont prêts à aller, il faut y aller."

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