11 octobre 2012

FNAC, Virgin, Surcouf, Technicolor : on attend des pigeons pour tenter autre chose ?


J'apprends que Surcouf va être mis en liquidation judiciaire. Du pour les salariés. On apprenait récemment que la FNAC allait être (partiellement ?) vendu par PPR et cotée en bourse. Si PPR vend, c'est que la FNAC n'est plus rentable ou ne porte plus d'espoir. J'ignore si des gogos vont se ruer sur les actions. Pas moi. Je trouve ça étrange.

Ces deux informations de la semaine sont significatives d'une évolution de la société. L'informatique et Internet se sont démocratisés. Les clients de Surcouf trouvent ce qu'ils veulent dans les supermarchés alors qu'il y a encore quelques années, on allait chez Surcouf acheter des machins qui au font ne servaient à rien. Pas plus que maintenant. Société de consommation qui prospère. Pas la consommation ou la société, le type de société. Quant aux clients de la FNAC, ils téléchargent des livres et de la musique. La FNAC devient de moins en moins « utile », à part pour acheter des machins pour offrir en cadeau (ben oui, allez offrir un livre numérique ou un MP3, il sera joli, le paquet !).

J'ai des copains éditeurs de livre. J'ignore ce qu'ils en pensent. Cette évolution de la société vers le numérique est un grand enjeu politique et on fait, entend ou lit plein de conneries à ce sujet, la plus grosse était la loi Hadopi… Je leur souhaite bon courage.

Mais ce n'est pas des éditeurs, des producteurs, des artistes, … que je voudrais parler ici. C'est d'une évolution plus générale de la société. Les fermetures de magasins Virgin se succèdent. Les libraires disparaissent. Je ne sais pas s'il existe encore des disquaires. A Loudéac, par exemple, le Centre Leclerc a été agrandi pour créer un espace multimédia. J'y suis allé une fois pour acheter des téléphones fixes. On a toujours besoin de téléphones fixes. Il y a dix ans, je serais allé dans une boutique France Télécom. Je ne sais pas si ça existe toujours. Il y a bien une boutique Orange, mais je ne sais pas s'ils vendent des postes téléphoniques. Surtout, 49 euros, le système sans fil avec trois postes, je ne crois pas pouvoir le trouver ailleurs que chez Leclerc, en Centre Bretagne.

 

L'évolution de la société est sans fin : il faut de moins en moins de « travailleurs » pour remplir les mêmes services au client. Pour acheter mes téléphones, je ne me suis pas adressé à une vendeuse, j'ai mis le machin dans mon panier, je suis allé acheter d'autres bricoles et je suis passé à la caisse comme si de rien n'était…

Un militant de droite aura deux points de vue sur la situation. D'une part, il faut travailler plus. Je ne plaisante pas. Il y a moins de boulot grâce aux technologies mais il faut travailler plus. François Fillon a ressorti dans son projet la fin des 35 heures alors que j'aurais tendance à penser qu'il faut passer aux 32. D'autre part, les libéraux nous expliquent qu'il faut créer d'autres activités. On ne sait pas lesquelles. On est au pied du mur et il faut continuer à courir : créer de l'activité pour permettre aux gens de travailler plus. Le tout sans penser aux besoins qui seraient couverts par la création de cette activité.

Il y a eu la polémique à propos de la taxation des entrepreneurs, la semaine dernière ! J'aurais tendance à penser qu'il faudrait taxer à 300% ceux qui créent de l'activité inutile et se vante de créer des emplois alors que ces emplois sont payés par les investisseurs et pas par le produit du travail. Je plaisante, les gars, ne vous fâchez pas.

 

Un militant de droite aura les points de vue qu'il voudra. Jacques Etienne soulignait, l'autre jour, mon désarroi. Je répondais que ce n'en était pas un, juste un embarras. Mais peu importe. J'éprouve du désarroi devant ces militants de droite qui me disent qu'il faut travailler plus et créer de l'activité alors que cette activité détruit le travail par le progrès qu'elle génère et c'est très bien ainsi même si on se retrouve avec quelques difficultés pour nourrir tout le monde.

Je ne suis pas né pour travailler mais pour bloguer, pour sillonner la France, pour rigoler avec les copains et pour boire des bières, ce qui ne m'empêche pas d'apporter ma contribution au fonctionnement de la société par mon travail.

Nous sommes dans le TINA : il n'y a pas le choix, il faut travailler plus. Des années qu'on nous explique ça. Des années qu'on limite les contraintes législatives ou réglementaires, que ça soit au sujet du nombre d'années travaillées dans une carrière ou du nombre d'heures travaillées par semaine ou par an. Et le nombre de chômeurs augmente.

C'est grotesque.

Les solutions proposées par la droite ne sont pas satisfaisantes. Il suffit de regarder les titres de la presse pour s'en rendre compte. Informations économiques de Google News Economie : abaissement de la note de l'Espagne, liquidation de Technicolor, Lenovo (un groupe Chinois), premier constructeur mondial d'ordinateurs, liquidation de Surcouf, …

 

Est-ce qu'on ne pourrait pas, un jour, changer de direction ?

 

N.B. : à partir d'aujourd'hui je change de mode de publication de mes billets. Toutes mes excuses pour les bourdes que je pourrais faire (comme hier, par exemple, avec mon billet difficilement lisible). En principe, la seule modification visible sera la position de la photo d'en-tête qui ne sera plus à côté du texte.


29 commentaires:

  1. C'est bien d'ouvrir sa gueule.
    Toi qui est si fort prend les rênes du pouvoir et après on verra...

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    1. mais il a pris le pouvoir...

      et il ne sait pas quoi en faire

      une poule ( une vraie , hein , sans talons ni bas résilles) qui a trouvé un couteau...

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  2. Oui, c'est cela...

    Nicolas est demandé à l'accueil.

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  3. Bonjour.

    je tombe sur votre billet un peu par hasard sur un générateur de flux. je commence à lire, amusé, et je tombe sur ça : "si PPR vend la FNAC, c'est que ce n'est plus rentable ou ne porte plus d'espoir".

    j'ai donc stoppé ma lecture à partir de ce passage.

    mais je prend le temps de venir sur votre site pour vous expliquer pourquoi on cède une unité rentable.

    Certains pensent à tord qu'il est stupide et criminel de céder quelque chose de rentable. ou de licencier alors qu'on fait des profits. cette analyse marxiste de presques un siècle et demi est totalement dépassé dans une économie de l'offre et du changement.

    de toute évidence, vous ne vous êtes même pas informé sur le but de cette cession de PPR. c'est dommage. PPR à décider lors de son dernier plan stratégique de se recentrer sur le luxe. Il s'agit d'une nouvelle conception de gouvernance et de gestion du capital. la FNAC n'est pas parfaite, mais c'est quand même une petite mine d'or. Une petite mine d'or déconnecté de la nouvelle priorité du groupe PPR qui est de se recentrer en tant que conglomérat du luxe, suivant la stratégie de Hermès International, et brisant avec celle de LVMH.

    Vous le savez comme moi, notre économie se décompose par métier et spécialité. PPR à décider que la sienne était de mettre en valeur des marques de luxe, tout comme Unilever fait des marques de grande distribution. Mais unilever n'a pas de magasin. Ce sera désormais le cas de PPR.

    Il s'agit de se recentrer sur le métier du groupe, d'améliorer la rentabilité du capital, et de dégager un bénéfice plus important.

    Cela va t'il contre les salariés ? Oui, à court terme, ce genre de restructuration capitalistique porte préjudice à l'emploi. Mais uniquement dans un premier temps. Par la suite, si la nouvelle gouvernance et l'équipe de direction de la FNAC gèrent bien leurs affaires, il se pourrait d'une part que travailler à la FNAC soit encore mieux qu'aujourd'hui, mais qu'en plus le groupe décide de s'étendre à l'international.

    une entreprise sur le même secteur, par exemple Darty ou Virgin megastore, n'est pas aussi compétitive que la FNAC. Virgin à même décider de quitter l'hexagone.

    La FNAC à encore de belles aventures à vivre, et je suis sur que ses salariés comme son top management saura tirer profit de ce changement.

    Reste à fixer les modalités d'introduction. Mais moi, je lancerais un avis à l'achat.

    Un analyste financier.

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    1. mon dieu, j'aurais mieux fait de me relire. Mea culpa pour ce sacrilège orthographique.

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    2. Pas grâve.

      Pour le fond, ça ne change pas grand chose. La version de l'analyste financier est la même que celle du pilier de comptoir. PPR vend le machin pour gagner plus d'oseille. Et si la FNAC ne change pas de métier, elle va baisser.

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    3. Un pessimiste comme moi pourrait vous objecter que si PPR se réoriente vers le luxe c'est parce qu'il prévoit que la classe moyenne (clientèle principale de la FNAC) va tellement s'en prendre dans les gencives qu'elle aura beaucoup moins les moyens d'acheter des produits comme ceux que vendent les FNAC de France et de Navarre.
      Par compte, la clientèle qui achète du luxe aura toujours les moyens de se payer de l'inutile très cher.

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    4. Tu as raison. Mais c'est une spirale infernale !

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  4. Putain, c'est tendu du string ici !

    Musique !

    http://www.youtube.com/watch?v=LJP4ICgu-6g

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  5. Je sens comme un souffle d'antiproductivisme dans ce billet.

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    1. Ben, c'est pas le coming out franc et massif de l'objecteur de croissance, de l'adepte du "buen vivir".

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    2. Non. Tu peux lire les rous premiers billets de ce blog, fin 2005, je disais déjà que c'était crétin de faire travailler plus. C'est quasiment pour pouvoir développer ce thème que j'ai créé le blog.

      Par ailleurs, je ne suis pas adepte de la décroissance mais du "juste" partage de la production de richesses et du bienfait des gains de productivité. Par exemple, on installe des caisses automatiques dans les supermarchés. C'est très bien. Ça va plus vite et ça supprime un travail pénible (caissière). Mais il fait bien que la société en général absorbe le fait d'avoir moins d'emplois aux caisses des supermarchés, ce qui ne peut se faire que par une diminution des heures travaillées de certains.

      Si la baisse des coûts pour les supermarchés n'entraînent qu'une baisse des prix ou une hausse du dividende, la société est perdante.

      Là où je deviens décroissant, c'est par le fait de produire moins. Mais je distingue ça de l'écologie (ça ne veut pas dire que je ne suis pas écolo) mais aussi de la notion de PIB (il peut croître si on produit moins, c'est une question de répartition du pognon).

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    3. Pardonnez moi de m’immiscer dans votre conversation mais j'ai sursauté en lisant votre "il [le PIB] peut croître si on produit moins".
      Le PIB c'est la somme des Valeurs Ajoutées. La VA c'est une mesure comptable de ce qui a été produit par l'agent économique concerné. Autrement dit le PIB n'est pas corrélé à la production, IL EST LA PRODUCTION. Dit autrement la croissance du PIB c'est la croissance de la production.

      Je vous accorde une chose le PIB est une mesure comptable et s'il n'est exprimé en euros constant la croissance du PIB peut ne pas signifier de croissance de la production, mais dans ces cas là le différentiel s'explique par une chose pas très sympathique: l'inflation. Elle peut effectivement revenir in fine à une re-répartition des richesses, notamment en faveur des plus endettés.
      Mais en revanche il est une vérité indépassable, en euros constants le PIB ne croîtra jamais plus que la production vu qu'il est la retranscription comptable de celle ci.

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    4. Pardonnez moi de m’immiscer dans votre conversation mais j'ai sursauté en lisant votre "il [le PIB] peut croître si on produit moins".
      Le PIB c'est la somme des Valeurs Ajoutées. La VA c'est une mesure comptable de ce qui a été produit par l'agent économique concerné. Autrement dit le PIB n'est pas corrélé à la production, IL EST LA PRODUCTION. Dit autrement la croissance du PIB c'est la croissance de la production.

      Je vous accorde une chose le PIB est une mesure comptable et s'il n'est exprimé en euros constant la croissance du PIB peut ne pas signifier de croissance de la production, mais dans ces cas là le différentiel s'explique par une chose pas très sympathique: l'inflation. Elle peut effectivement revenir in fine à une re-répartition des richesses, notamment en faveur des plus endettés.
      Mais en revanche il est une vérité indépassable, en euros constants le PIB ne croîtra jamais plus que la production vu qu'il est la retranscription comptable de celle ci.

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    5. Le PIB étant égal à la somme des valeurs ajoutée c-a-d la somme des productions de chacun des agents économiques, le PIB est la production. Par conséquent il est impossible, en euros constant, que la production baisse tandis que le PIB monte.
      En euros courant c'est possible, grâce à un phénomène qui s'appel l'inflation. Mais je ne suis pas certain que cela souhaitable, bien que cela conduise évidement à un ré-équilibrage des richesses (en stocks plus qu'en flux à mon avis) en faveur des gens endettés et aux détriments des petits épargnants. En général y gagnent (par rapport aux autres): les entreprises; et y perdent: les classes moyennes.
      Ayant personnellement envie de créer mon entreprise je ne suis pas hostile à votre idée, mais le militant socialiste moyen qui est fonctionnaire devrait en toute logique la détesté.

      J'en déduis donc que vous n'êtes pas un militant socialiste moyen.
      Sur ce je vous pris d'accepter mes excuses pour m'être immiscer dans votre conversation, mais j'ai vraiment sursauter sur votre "PIB(il peut croître si on produit moins"

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    6. J'avais été un peu court. Je voulais parler de production matérielle.

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  6. Oui Zap, ça c'est le genre d'expression qui pullule dans les lieux 'branchouilles' de la capitale :D

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  7. Il est juste, simple, clair, en un mot magnifique, ton billet. Il dit tout, en quelques mots. Et en plus j'ai tout compris (ce qui n'est pas rien). Mais surtout ça va à rebours de tout ce qu'on nous fourre dans le crâne et dans le bec depuis tellement longtemps que je ne me rappelle même plus quand ça a commencé.
    C'est extrêmement salutaire (et quasiment subversif), en cette période de méchant ravalement de façade de la pensée humaine pour la rendre bien dressée.
    Pour finir, c'est plein de vie, de sens, d'humanité et de conscience, et on en a sacrément tous besoin pour souffler, respirer, et enfin sourire.
    Merci.

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    1. C'est moi qui te remercie ! Tu as vu tous les trolls libéraux abrutis ?

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    2. Oui. Anonyme, anonyme, anonyme, passablement planqué, quand même, pour du libéral.

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    3. Remarque, c'est peut-être le même qui se parle à lui-même (individualisme mon amour).

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    4. Mike vendu.
      Descendre en flammes un blogger qu'on n'aime pas et ce qu'il raconte est un droit (heureusement!)
      Sauf que là c'est un peu plus direct et il l'a mal pris le bougre.


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    5. Michael ce n'est pas ton rôle de critiquer et prendre parti. Libres à eux de réagir comme ils l'entendent.

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    6. C'est à moi qu'il répond. Je lui expliquais que certains commentateurs sont des trous du cul

      Et quand ils parlent de me descendre en flamme, c'est tellement ridicule que ça m'amuse.

      Enfin tu dis à Mike de la fermer parce que les autres ont le droit de donner leur avis. Pas Mike.

      Tu es trop con.

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    7. Et toi t'es quoi? Grosse merde, tu devrais suivre une formation second degré.


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    8. Ah ! Les gens qui prétendent faire du second degré...

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    9. Tout à fait, piece of shit!

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  8. Je te remercie du fond du coeur pour ce super site. Merci encore!
    Excellente journée à toi et à bientôt.


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