22 mai 2013

Un homme est mort

Dominique Venner s'est suicidé à Notre Dame, hier, à 78. C'était un gars d'extrême droite qui luttait contre le mariage pour tous et surtout contre l'immigration. Par son geste, il a sans doute voulu réveiller les troupes pour les inciter à poursuive le combat.

Par rapport à ce que l'on peut lire dans la presse, je ne rajouterai pas évidemment rien. En lisant quelques trucs, hier, j'ai beaucoup appris d'un monde qui m'est totalement étranger. Je croyais qu'il était catholique (ce qui est crétin de ma part, il s'est suicidé dans une cathédrale). On m'a expliqué que non, qu'il prônait plutôt un truc avant l'ère chrétienne. Un truc païen...

L'information est tombée à un moment où je n'étais pas sur le web. Dans Twitter, les réactions étaient confuses, entre ceux qui se moquaient de la mort d'un extrémiste et ceux qui étalaient leur absence de culture. Étrange. C'est justement par Twitter que j'ai appris ça. Je croyais qu'il s'était immolé dans la cathédrale. Il y a vraiment des types qui racontent n'importe quoi.

L'information faisait la une de la presse ce matin. J'ignore ce qui compte le plus : la personnalité de la personne, son geste,... Il aura réussi son coup mais aura été plus célèbre de sa mort que de son vivant.

Je vais changer de sujet, ou presque. Ayant appris l'information au bistro, j'en fais part à Tonnégrande et deux autres lascars qui passaient par là et pour des raisons qui m'échappent, la discussion a tourné sur la mort des personnalités politiques.

Le type à ma gauche nous alors dit que Léon Blum avait été assassiné ce à quoi j'ai répondu : "mais non connard, c'est Jaurès".

Un intellectuel est mort pour défendre sa cause, hier. Je ne sais pas s'il se rend compte à quel point les Français sont loin de tout ça.

Et les blogs ?

Le geste fort de Dominique Venner doit nous remettre en mémoire que l'extrême droite en France ne s'arrête pas au Front National et à Marine Le Pen. D'ailleurs, je vais arrêter de fréquenter Didier Goux (sauf dans les blogs, au comptoir et à table).

Je vois des blogueurs de droite qui se réfèrent à lui. Je vois des blogueurs de la gauche de la gauche lui rendre un hommage maladroit.

En 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, les blogueurs de gauche se nommaient entre eux « les vigilants ». Hier, je faisais un billet à propos de la lassitude des blogueurs de gauche et j’y disais qu’il nous restait un tas de sujets à traiter.

Continuons simplement à être vigilants.

A lire aussi chez Rosaelle et surtout chez Jean.

23 commentaires:

  1. La réaction de Marine Le Pen est très éclairante sur ce qu'elle est réellement. Quand on en vient à considérer que le suicide est un acte politique, on se situe clairement dans le camp des gens qui pensent que la fin et les moyens (tous, sans exception) sont compatibles ; c'est là la pensée des extrémistes et des terroristes.

    Je remarque d'ailleurs qu'elle, la candidate du peuple, qu'elle pleure moins les pauvres salariés qui mettent fin à leurs jours sur leur lieu de travail.

    Ce qu'on peut lire aussi sur les blogs de droite est assez savoureux.

    On relaie son dernier texte. Voici ce qu'on peut y lire :

    "Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien."

    On pense avoir fait œuvre utile et on reproche aux blogueurs de gauche de ne pas avoir davantage étudié la bio de l'homme. Mais on n'a pas fait l'effort d'analyser ce texte. Il n'y a pourtant pas à chercher bien loin. Il faut vraiment être sot ou inculte pour ne pas identifier dans ce texte toute la vieille rhétorique fasciste. Rhétorique traditionnelle, jusqu'à la référence à Heidegger.

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    1. @ Dorham

      Je vous fais remarquer que, sans cette référence à Heidegger (que ceux, ici, qui ont lu son œuvre lèvent le doigt, il n'y aura pas foule...), si on soumettait ce texte à des gens en leur demandant de deviner qui en est l'auteur (et personne n'ayant lu Venner), 99 % des réponses y verraient Albert Camus (et sa "vieille rhétorique fasciste"...).

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    2. Dorham, j'ai lu. J'ai même commencé par ça hier soir...

      Élie,il n'y a pas foule effectivement.

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    3. Elie,

      Oui, et ? Personnellement, je n'apprécie pas Renaud Camus non plus, dont je trouve les postures au mieux grotesques. Cela dit, sauf votre respect, on entend moins chez R. Camus ce petit coté "ubermensch". Ici par exemple : "C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant." On croirait entendre Raskolnikov penser à haute voix.

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    4. Dorham,

      Je parlais d' Albert Camus, pas de Renaud :-)))

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    5. Hahaha,
      Oui, c'était écrit. Je n'ai aucune excuse...

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    6. L'esprit maléfique de DG flottait dans les parages…

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    7. Vous z'hantiez ? J'en suis fort aise.
      Eh bien, dansez maintenant !

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  2. Je viens d'aller lire le billet de Jean qui est, en revanche, je me dois de le signaler un tissu de sottises.

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    1. C'est surtout le billet de quelqu'un qui n'a jamais lu la moindre ligne de la personne qu'il prétend piétiner, ce qui l'autorise, pense-t-il, à dire absolument n'importe quoi. (Antilatin ? Antigrec ? On ne comprend même pas ce que ça peut bien vouloir dire !)

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  3. Merci @Nico.
    Heu @Dorham, quand on allègue, il faut prouver, sino ça vaut pas…!!!

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  4. Tu le fréquentais aussi au bureau et chez toi? Et comment qu'on fait si on n'espionne plus l'ennemi?
    En étant sérieux, est-ce que ce fait divers sera en mémoire encore dans un mois? C'est pour cela que j'ai hésité à le traiter, de plus, un décès éteint aussi beaucoup de choses: il ne peut même pas se défendre, maintenant.

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    1. C'était une boutade. Je ne choisis pas mes amis en fonctions de leurs pensées politique ! Et tu le sais ! Il est venu chez moi une fois et je suis allé deux fois chez lui. Et j'irai encore !

      Aucun fait divers ne reste.

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    2. Voui, je sais, mais j'aime bien te charrier.

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    3. Vous vous, trompez, vous êtes venu trois fois à la maison : la première avec les Balmeyer et les deux autres avec le gros nègre…

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    4. Exact. J'avais oublié la première, je crois. Plus précisément, j'ai souvenir confus de la deuxième (du moins du trajet) ce qui fait que je mélange les deux.

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  5. Non, ce n'est pas à moi de prouver que les catholiques récupèrent la mort de cet homme pour justifier un combat qui serait essentiellement le leur. C'est toi qui généralise et colporte un mensonge. Il suffit d'ailleurs d'ouvrir les yeux ou de savoir de quoi l'on parle. Ou alors il faudrait que tu nous dises de quels catholiques tu parles. Si tu parles des intégristes, ça ne vaut pas non plus puisque Rome ne les reconnaissant, ils sont aussi catholiques que moi témoin de jehovah.

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  6. Dorham, Jean,

    Ne nous fâchons, nous n'avons de toute évidence pas la même notion de ce qu'est un catho, Jean et moi ne l'étant pas.

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    1. Nicolas,

      Il aurait écrit "des catholiques", je n'aurais rien dit. Moi aussi, je trouve absurde que des catholiques puissent se ranger derrière un type qui se suicide, surtout au sein d'une Église, ce qui me semble constituer en effet une insulte à notre foi.

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    2. Ah là, ch'suis d'accord avec Dorham !

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  7. "Je croyais qu'il s'était immolé dans la cathédrale. Il y a vraiment des types qui racontent n'importe quoi."

    L'immolation étant le fait de sacrifier ou de se sacrifier, c'est exact eu égard au fait que c'est bien le sens qu'il a donné à son geste. Les journaleux utilisent ce terme pour ceux qui se tuent par le feu, or on peut immoler ou s'immoler par le feu mais également par immersion ou par le biais d'une arme.

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    1. On est d'accord. Mais dans le langage courant on comprend par le feu.

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