17 mai 2013

Conférence de presse : partageons (ou pas) leurs avis

Lendemain de conférence de presse : l’heure de la revue de presse avec les articles en une des sites web est arrivée et d’étudier les réactions de chacun. C’est un exercice traditionnel. Depuis toujours, j’aime bien les réactions des ténors de la majorité (du genre : le président a montré le cap) et de l’opposition (du genre : il n’a pas pris conscience de la gravité de la situation). On peut supposer que les communiqués de presse sont écrits à l’avance.

Commençons par Le Figaro. Le site web consacre plusieurs articles pour décrire les différents volets du discours du Président. Ils ne sont pas négatifs, contrairement à ce qu’on aurait pu supposer. Les propos de Philippe Gouillaud, le rédacteur en chef du service politique, sont même étonnants : « la conférence de presse du président a partiellement atteint son objectif de rétablir l'autorité et l'assurance du chef de l'État, tout en relativisant les tensions qui opposent France et Allemagne au niveau européen. »

Le Point consacre également plus articles. En lisant les titres, j’ai cru que les articles seraient à charge. Il n’en est point. Nathalie Rheims, un écrivain et productrice française invitée par le journal, constate qu’il a été bon et qu’on retrouvait le François Hollande d’avant son élection. Philippe Tesson, chroniqueur célèbre, est beaucoup plus à charge. On dirait un blogueur militant UMP racontant les pires bêtises (comme on pu le faire les blogueurs socialos à une autre époque). Il finit par constater exactement l’inverse de Nathalie Rheims : François Hollande est loin du candidat !

L’Express fait comme les autres… Un article « constate » qu’il a peu convaincu les éditorialistes. Ils sortent un florilège de petites phrases mais je ne les retrouve pas du tout conforme à ce que je peux lire à la une des sites de presse, ce matin. Le papier serait-il différent de l’écrit ? Mises bout à bout, ces petites phrases sont assassines mais elles ne viennent à dire ce que tout le monde dit : on ne peut qu’attendre le retour de la croissance.

Le Parisien semble avoir tourné la page, les articles sont plus bas en une du site web. Il n’y a aucun « éditorial ».

Le Monde est un peu pareil mais met en une la chronique de Françoise Fressoz (journaliste politique) dans son blog, qui se termine par : « La petite musique du début du quinquennat est donc toujours là : pas d’effort sans réconfort, pas de réformes sans croissance. Mais pas de croissance sans un compromis avec l’Allemagne. Angela Merkel reste la clé du quinquennat Hollande. »

Libération en fait son grand article de une. Il constate que François Hollande se montre enfin en tant que président de la République.

L’Humanité a un édito tranchant avec un édito digne du Front de Gauche, du genre : la gauche a déserté l’Elysée.

Regardons les deux blogueurs politiques de droite.

Corto commence ainsi : « Je sais que vous êtes nombreux à attendre mon compte-rendu de la conférence de presse de Pépère. » Je vais lui répondre que non mais il va prétendre que c’est de l’humour… A part ça, il ne dit rien.

Pierre Parrillo : « Comme bon nombre de français  j’ai accordé un peu de mon temps au Chef de l’Etat hier après-midi pour écouter attentivement son désormais traditionnel « Hollande show » bisannuel. » Non. Bon nombre de Français bossaient, hier…  Il est un peu comme Philippe Tesson. Il invente des bricoles pour dire du mal. Bel effort. Mais confondre la crise « monétaire » qui a bousculé l’Europe et la crise économique est osé…

Les camarades du Front de Gauche sont probablement en train de préparer la révolution : ils n’ont pas fait de billet. Cuicui crie néanmoins sa colère.

Coté personnalités politiques, aucune surprise, selon cet article de France Info… Les socialos sont contents, pas les autres. A noté que, côté socialiste, Claude Bartolone a encore fait du bruit avant Harlem Désir, ce qui n’est pas un compliment pour ce dernier.

Ce qu’en pensent mes potes blogueurs ? Rosaelle critique surtout les médias. Bembelly plaisante. Homer n’est pas content pour les retraites (moi non plus !).

Sarkofrance fait sa chronique habituelle.

Lisez-le.

14 commentaires:

  1. Merci d'avoir répertorié les trucs sympas!

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  2. Quelque chose me dit que pour la prochaine conférence de presse, tu pourras copier-coller ton billet (les commentaires seront exactement les mêmes)

    Billet intéressant en tous cas

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  3. Que dire de Hollande ? Il confirme sa résolution à maintenir le cap "Néolibéral, toute !". Je partage la réaction de Mélenchon (dont je ne suis pas fan, je le rappelle) : on n'attendait rien de bon de lui, mais il fait encore plus fort qu'on ne le craignait.

    Rappel de ma position : faire reposer tout sur la relance de la croissance expose aux pires désillusion, à la fois parce qu'elle n'est pas du tout la panacée, au contraire sans doute, et qu'elle pourrait bien ne jamais revenir. En cela je vais plus loin de la position du FdG.

    Hollande fonce à travers le désert, et accélère encore. Dans les nuages de sable, il ne voit pas ce qu'il y a devant, il craint seulement ce qui le talonne : les évanescents financiers roulant sur les mirages de milliers de milliards de fonds inexistants.

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    1. Oui mais tu rêves d'un monde de pauvreté...

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    2. Allez donc dire aux millions d'ouvriers d'usine, d'employées de bureaux, de techniciens, d'ingénieurs, à leurs enfants, aux 4 millions de chômeurs que leur espoir résidera maintenant dans un lopin de terre qu'ils cultiveront eux-mêmes, de paniers tressés qu'ils vendront sur les marchés et du lait de leurs chèvres dont ils devront se contenter !

      La réalité de la décroissance, c'est ça. Les gens y sont prêts ? Non.

      Ça ne veut pas dire qu'il faut continuer à foncer sans réfléchir. Mais vivre différemment ne veut pas dire vivre comme il y a 100 ans.

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    3. Reste calme ! Bab ne parle pas de décroissance, à mon avis.

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    4. Non, je rêve d'un monde où tout le monde mange à sa faim, peut avoir les vêtements correspondant au climat, bénéficie d'un logement à la taille correspondant à la taille de sa cellule familiale, de l'éducation, de soins permettant de conserver la santé (sans en faire trop), et d'autres besoins de base éventuels, comme l'information, sans être esclave comme actuellement d'un système oppressant. Est-ce donc TROP demander ? Un système sans vrais pauvres, mais aussi sans riches.

      Je sais, cela peut choquer. Je rappelle qu'actuellement les plus riches sont justement ceux qui en font le moins pour les autres. Ce n'est tout simplement pas tolérable.

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    5. Cela ne choque pas. On a donc le même rêve. Sauf que je considère que ça ne peut que rester à l'état du rêve.

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    6. "Non, je rêve d'un monde où tout le monde mange à sa faim"

      Où sont ils aujourd'hui ceux qui clamaient cette exigence dans les années 60 ? Bien peu ont résisté, encore moins ont entraîné des gens dans leur sillage. Pourquoi ?

      Parce qu'ils en demandaient trop justement.

      Commençons déjà en France par avoir un gouvernement de gauche qui dure plus de 5 ans. Ce sera un premier exploit. Après, pour changer le monde, on verra ;-)

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    7. "un gouvernement de gauche" : ce n'est pas encore demain que nous l'aurons hélas. C'est par là qu'il faudra commencer.

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