12 décembre 2011

Privatisation à train d'enfer

Ca fait cinq ou six ans que je préfère rentrer en Bretagne en voiture. Les horaires de la SNCF ne sont pas adaptés à mes besoins, surtout pour rejoindre Loudéac, perdu dans le Centre Bretagne. La SNCF a supprimé un car que je prenais à Saint-Brieuc vers 20 heures. Pour passer le week-end en Bretagne et ne pas arriver à 23 heures, il me fallait prendre une demi-journée de congés. Travaillant en banlieue sud, c’était alors plus simple, pour moi, de rentrer en voiture.

A l’époque, j’avais longuement pesté contre la SNCF, mais, à la réflexion, je ne pouvais reprocher à une entreprise, même publique, de ne plus faire circuler un car pour quatre ou cinq passagers. J’avais conclu que ça aurait été au Conseil Général des Côtes d’Armor d’assurer le subventionnement du service, mais, avec le désengagement de l’état et tout ça, il n’en avait plus les moyens.

Il ne s’agit pas pour moi, ici, de taper sur le gouvernement de l’époque, juste de constater une baisse continue de la qualité du service public des transports…

Aussi, hier, en rentrant de Bretagne à Paris en voiture, j’avais tout le loisir d’écouter les reportages, à la radio, à propos du grand chamboulement des horaires à la SNCF. Il y avait d’un côté les usagers mécontents et de l’autre la direction de la SNCF et le Ministre des transports qui défendent le projet.

Si j’en crois lapresse en ligne, tout va bien, ce matin. Quelques collègues de boulot ronchonnent, mais surtout parce qu’ils avaient oublié de se renseigner sur les nouveaux horaires. Il y en a un qui m’a dit : « C’est nul, j’ai failli louper mon train. » Je lui ai répondu : « Ben, tu l’as eu, non ? »

Les gens ne sont jamais contents.

Pourtant, ce matin, il y a une autre nouvelle préoccupante à propos du transport ferroviaire : l’arrivée de « trainsprivés ».

« "Le rail français va changer d'époque maintenant, on va passer d'un monopole à un système ouvert qui doit bénéficier à tous, aussi bien la SNCF que les opérateurs arrivant sur le réseau", s'est réjoui Albert Alday, directeur général de Thello. »

Que le gars se réjouisse, je comprends.

Mais en tant que citoyen, j’ai du mal à me réjouir d’une étape de plus vers la destruction d’un service public, accompagné, comme toujours, d’une grande modification qui provoque la grogne des usagers, qui vont donc se réjouir de la mise en concurrence de la SNCF.

Et moi, je continue à prendre la bagnole pour rentrer en Bretagne…

15 commentaires:

  1. Finalement on a le choix, c'est bien...

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  2. Si c'est aussi néfaste aux prix que les autres ouvertures à la concurrence, je ne vois pas l'intérêt ! :-)

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  3. @ Falconhill :

    Pas vraiment non, la concurrence est biaisée. L'opérateur privé ne paye que des péages pour faire passer ses trains. Il exploite la partie rentable (trains) et laisse tous les coûts externes à la SNCF (fonctionnement des gares, entretien général, régulation, investissements...). Forcément, c'est moins cher!
    Si on veut une vraie concurrence dans le train, alors que le privé construise sa ligne, ses gares et assure l'ensemble des charges de maintien d'un réseau ferré.

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  4. Tassin, ben si. Nicolas nous le prouve, il avait le choix entre le train et la voiture, il a pris la voiture...

    On a toujours le choix...

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  5. Falconhill, Tassin,

    Ce n'est pas vraiment un choix !

    Poireau,

    C'est déjà hors de prix !

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  6. Ah tiens ? Ça me fait penser au film de Ken Loach, sur la privatisation à tout-va du rail anglais et ses conséquences
    oui je sais, les esprits chagrins diront que Ken Loach est un affreux gauchiste qui ne veut pas voir la réalité en face/ Ben justement, là ça parle de la réalité :

    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=36806.html

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  7. La mise en concurrence a été préparée par le gouvernement en laissant filer les tarifs des trains !

    Tout ça pour que les gens croient que la concurrence fera baisser les prix, alors qu'en fait, on verra que ça ne changera pas, ou très faiblement.

    Et ce sera juste un service public de plus donner au privé. Et même pas vendu, donner...

    Quitte à privatiser, autant le faire à bon prix... là c'est gratos.

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  8. Avant 1938, la SNCF n’existait pas et les trains arrivaient à l' heure.

    La Suisse compte des compagnies privées souvent à voie métrique comme l' ancien réseau Breton et une compagnie d' état les CFF-SBB-FFS et tout cela fonctionne parfaitement.

    Pour les chemins de fer britannique,cela ne se résume pas en un simple phrase ou en un seul film.

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    1. Les compagnies "privées" en Suisse le sont uniquement un peu plus que les CFF parce que ce n'est pas la Confédération qui détient tout le capital. Mais elles sont de la même manière subventionnées pour l'exploitation de l'infrastructure et pour le trafic régional. Le trafic grande ligne, entièrement entre les mains des CFF, n'est en revanche pas subventionné, mais est soumis à concession.

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  9. @ Grandpas :

    Vous y étiez en 1938 pour dire de pareilles sotises?
    La SNCF a été créée en 1937 à cause de la quasi-faillite des compagnies privées de l'époque.

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  10. Tassin,

    Ça fait fongtemps que j'ai arrêté de répondre à ce guignol.

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  11. Je n'avais pas remarqué que la marque du train, c'est presque Othello.
    :-)

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  12. Ah oui, tiens ! N'oublie pas le café et le produit vaisselle.

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