24 avril 2012

L'échec du parti unique ?

Une partie du bon score de Marine Le Pen est l’absence d’autre choix à droite, hors Nicolas Sarkozy. Le bipartisme s'est accentué en France depuis une trentaine d’années. Depuis dix ans, le phénomène est amplifié avec la création de l’UMP pour aider Jacques Chirac à assurer sa réélection.

Et Jacques Chirac a été élu, en 2002, grâce au score de Jean-Marie Le Pen (et du bordel à gauche)… Tu parles d’un bipartisme ! Depuis, l’UMP a gagné deux élections Présidentielles (2002 et 2007) mais a perdu une majorité des scrutins locaux… Une réussite ou un échec ? On en saura plus dans une dizaine de jours mais tout peut arriver.

Nicolas Sarkozy n’a pas réussi ce qu’il avait fait en 2007 : siphonner les voix du Front National… Et il avait été élu, aussi, parce que le centre était fort. Et il pourrait être battu, cette année, parce que la candidate de l’extrême droite est très forte. Et s’il gagne, l’UMP pourrait perdre les législatives. Ce serait la première fois dans l’histoire de notre République que le parti du Président ne soit majoritaire. Et s’ils perdent les législatives, ce sera à cause de triangulaires voulues par le Front National…

Le « parti unique » ressemblerait à une gigantesque foirade et nous pourrons rigoler. Surtout si Nicolas Sarkozy n’est pas réélu. On pleurera ensuite puisque la recomposition de la droite pourrait se faire partiellement autour du Front National et ils auront gagné. Nous devons donc gagner la Présidentielle avec François Hollande pour sauver l’UMP. Mais, ensuite, qu’ils se démerdent !

L’observation des élections successives et de l’évolution des scores est intéressante.

1974 : un candidat unique de la gauche, largement majoritaire au premier tour avec plus de 43%. Le total des voix de gauche se porte à 48,37% mais François Mitterrand réussi à dépasser ce score de 0,82. Ce qui ne permet pas de gagner…

1981 : un retour de la gauche avec deux candidats forts. Le total des forces de gauche dépasse les 53% mais Mitterrand fait un peu moins au second tour.

1988 : la gauche est minoritaire en total des voix mais François Mitterrand fait un score extraordinaire au premier tour. Les autres forces de gauche sont affaiblies. Le total de la gauche dépasse 49% (en intégrant les écolos qui, à l’époque, ne revendiquaient pas être de gauche). Il arrive à faire 4,9% de plus au second tour que ce total. Il y a trois candidats forts, à droite : Jacques Chirac, Raymond Barre et Jean-Marie Le Pen (pointant déjà à plus de 14%).

1995 : l’ère Mitterrand est tournée. Il y a un gros candidat de gauche et trois gros à droite. Le total des vois de gauche fait 40,84 mais Lionel Jospin fait 6,2 de plus au second tour.

2002 : c’est le bordel à gauche et il n’y a plus que deux candidats fort à droite. A noter que la participation est dérisoire au premier tour (moi-même, heu…). La somme des voix de gauche dépasse 42% mais c’est la bérézina.

2007 : l’union se fait derrière Ségolène Royal pour oublier 2002. Cette dernière fait un bon score, meilleur que celui de Mitterrand en 1981 et que Lionel Jospin en 1995 et 2002. Mais le total des voix de gauche est dérisoire, de l’ordre de 36%, peut-être à cause de la présence d’un candidat fort au centre.  Ségolène Royal arrive néanmoins à récupérer 10% de plus au second tour. Le score du candidat de droite, Nicolas Sarkozy est également très important, plus de 30%, ce qui n’était pas arrivé depuis 1974.

Chaque année est surprenante. Mais depuis 1988, le candidat issu de la gauche au second tour augmente sa capacité à faire un score au second tour qui dépasse le total des voix de gauche au premier tour.

C’est de très bon augure pour François Hollande. Le total des voix de gauche s’élève à 44%. Même si une petite partie va à la pêche le 6 mai, les instituts de sondage nous disent que 30% des électeurs de Marine Le Pen pourraient voter pour François Hollande, sans compter une grande partie de ceux du Modem.

Toutefois, rien n’est gagné, il nous faut enfin convaincre et battre cet animal politique qu’est Nicolas Sarkozy. Il n’empêche qu’il a perdu la main : le seul débat qu’il arrive à provoquer aujourd’hui est le nombre de débats. En fait, il voudrait créer une espèce de capharnaüm pour qu’on oublie de parler de ses échecs et de son absence de projet. De quoi veut-il parler, au cours de trois débats ? Si arrogant qu’il s’imagine moucher facilement François Hollande.

Pourtant, que Nicolas Sarkozy nous dise ce qu’il a en stock, concrètement, pour répondre à tous ceux qui sont dans la mouise, en France, à part une augmentation de la TVA… !

Nous, on a 60 engagements, de la défense des PME en passant pas la sauvegarde des services publics, l’aménagement du territoire, une nouvelle orientation de l’Europe, la construction de logements, la justice au travail, la laïcité, l’impartialité de l’état, le respect de tous y compris des contre-pouvoirs, des moyens pour la police et la justice, le retour de la France dans le monde.Et en j’en passe, hein, comme le contrat de génération et tout ça...

Le changement, c’est maintenant.

Toujours est-il que, après le 6 mai, il va falloir qu'ils réfléchissent beaucoup au parti unique, à l'UMP...

12 commentaires:

  1. Il faut voir aussi que la personnalité du candidat joue beaucoup. Ségolène n'a pas réussi à cause de sa personne, je pense. La campagne de Jospin était aussi calamiteuse.

    Par contre, en 1988, Mitterrand attirait aussi des gens de droite.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui. Plein de chose compte, comme l'état du parti et surtout, comme tu le soulignés, le candidat. Mais je voulais zoomer sur un aspect.

      Supprimer
  2. Il faut rester honnete, NON, SEGOLENE n'a pas fait l'union, ou plus exactement l'union ne s'est pas faite autour de Ségolène (voire tous les éléphants carrièristes qui l'ont démollie ) genre Fabius, Jospin? kouchner (tiens il est où le Docteur sac de riz?) et j'en passe et des meilleures également le "tenant" du titre , son compagnon, son "problème" comme l'a dit en son temps Montebourg, personne ne l'a véritablement soutenu (on ne serait pas dans la mouise actuelle) je soutiens Mélenchon qui comme tous les médiacrates le disent a fait une belle campagne et que beaucoup au PS on dégommé, Vals, Collomb,Montebourg (tiens encore lui) et je suis très décue du resultat du Front de gauche meme très triste!!!! à cette heure, je ne sais pas si j'irai voter Hollande ou alors la pince au nez car il faut virer la vermine Sarkozy, mais il va falloir que Hollande mette de l'eau dans son vin et arrete cet air méprisant, il reste 12jours de réflexion.....j'aime bien vos billets, je vous suis ainsi que bcp de vos acolytes hollandistes.......à bientot pensees melenchonistes NANOUGK33

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vote Hollande. Il faut virer Sarko. La cinquième République est ainsi faite.

      Supprimer
  3. D'accord le 6 je vais voté contre Sarkozy mais STP arrête de dire que hollande est de gauche
    http://simplyleft.wordpress.com/2012/04/23/la-mes-est-dite-amen/#more-2579

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, mais visiblement, il n'a pas tort de vouloir augmenter le budget de l'éducation.

      Supprimer
  4. Je m'étonne d'entendre si peu de constats d'échec de l'UMP. Hormis les présidentielles, ils perdent toutes les élections ! Pour une machine à scrutin, c'est raté !
    Les semaines qui viennent vont être saignantes à droite. Les républicains vont fort logiquement quitter le navire mais pour aller où ? Une nouvelle UDR avec le R de Républicains ?
    A suivre…
    :-)

    RépondreSupprimer
  5. mouais. argumentation fragile. On se rassure comme on peut. mais une fois de plus, je t’autorises pour calmer ton angoisse à prétendre, selon ton habitude,que j'ai lu ce billet un peu trop en diagonale...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, je prétends juste que tu souhaites la victoire de Sarkozy pour pouvoir continuer à adopter des postures sur ton blog.

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.