27 octobre 2009

La Nation à République, demain soir


Eric Besson a lancé le débat sur la Nation. Il serait d’usage que je m’y mette, comme des blogueurs politiques avant moi. Je ne vais pas les citer tous, les derniers me semblent être Authueil, Dagrouik, Donjipez (j’en parlais hier), Gauche de Combat, Gwendal, Peuples, Romain, Ruminances, Sarkofrance, … Et Tes reins et terroirs.

Je suis assez avec Dagrouik quand il dit « Le piège de l'identité nationale va se refermer sur les gogos en tout genre, et parmi ceux-ci les bobos-blogueurs vont couiner, […], partir dans de la très belle littérature sans aucune proposition mais avec une indignation méritant un prix Goncourt. »

En d’autres termes, il ne faudrait pas que nous autres, gauchistes, fassions de la littérature sur le sujet comme certains blogueurs réactionnaires ou libéraux de ma connaissance… D’ailleurs, depuis plusieurs jours, j’essaie d’aborder le sujet sans en faire de la littérature, d’autant que je serais bien incapable d’en faire…

Alors je me pose la question : quelle est la question ? Authueil répond : « "qu'est-ce qu'être français ?" et "quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ?" »

Authueil ne met pas de majuscule à Français. C’est un mauvais Français (smiley, bordel !).

La réponse à la première question, j’en ai bien une. D’ailleurs, je l’ai lue dans un blog, mais je ne sais plus lequel. Je suis assez ouvert : un type qui bosse en France (ou y touche des prestations sociales), y réside et y paye ses impôts est Français. Contrairement, par exemple, à un type qui paye ses impôts en Suisse.

On s’en fout. Ce n’est pas l’objet de mon billet.

La deuxième question est sordide. Je refuse d’y répondre tant qu’on ne m’aura pas défini la notion de « nation ». Je vais me faire aider par Wikipedia.

« Pour le Petit Robert, une nation est « un groupe humain constituant une communauté politique, établie sur un territoire défini (…) et personnifiée par une autorité souveraine ». Pour le Dictionnaire de la langue française, la nation est un « Ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son unité (historique, culturelle, etc.) et constituant une entité politique ». »

Je suis d’accord avec le Petit Robert. La définition du DLF me gène plus avec cette « conscience de l’unité historique et culturelle ». La définition du Petit Robert est strictement politique, ça me va bien.

« Dans le Nouveau dictionnaire universel des synonymes de la langue française de François Guizot - 1822, page 19, il est indiqué « un peuple est une multitude d'hommes, vivant dans le même pays et sous les mêmes lois. Une nation est une multitude d'hommes, ayant la même origine, vivant dans le même État et sous les mêmes loi ». Deux notions différencient ainsi pour l'auteur la nation du peuple : l'État et l'origine. »

J’aime bien la définition de « peuple », pas celle de « nation ». Deux dictionnaires sur les trois cités par Wikipedia utilisent l’origine ou la culture. Par définition ou presque, la question d’Eric Besson (« quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ? ») implique de stopper immédiatement toute immigration puisque les immigrés ne peuvent pas avoir la même origine que les « nationaux ».

Elle est à la fois dangereuse et sans intérêt ce qui est prodigieux. Je n’aime pas cette notion de « nation » quand elle est différenciée de celle de « peuple ». Je ne suis pas nationaliste. J’habite le Kremlin-Bicêtre ET Loudéac.

Continuons notre lecture de Wikipedia.

« Au sens moderne du terme, « nation » a une signification à dominante politique. Une nation est d'une part un État (comme dans l'expression « Organisation des Nations unies »), et d'autre part un peuple ayant l'objectif politique de maintenir ou de créer un État. Dans cette seconde signification, une nation est en pratique un peuple dont une partie au moins des membres a des objectifs nationalistes. »

Ha ! Héhé.

« Par exemple : au Canada, la Chambre de communes a voté, le 27 novembre 2006, à une majorité écrasante, en faveur d'une motion qui reconnait que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni », cette démarche se voulant surtout symbolique. Au Canada anglophone, les critiques ont fusé, beaucoup craignant qu'on ne donne de nouvelles armes aux souverainistes québécois. » « Dans le but d'obtenir un État ou des droits spécifiques, les groupes se présentant comme une nation ont souvent tenté de définir la dite nation, et donc de la légitimer, par des critères historiques. »

« Le terme nation n'est pas défini juridiquement, alors que l'usage en politique internationale en fait un équivalent d'État souverain. » « La nation est au sens constitutionnel, en France, la notion juridique désignant au nom de quoi est exercé le pouvoir législatif — d'où la dénomination actuelle de l'Assemblée nationale, anciennement Chambre des députés. Car selon la perspective politique à la française, en tant que mise en œuvre à titre juridique notamment par la Constitution actuelle de la République française, la nation est un ensemble de citoyens détenant la puissance politique. »

L’identité nationale n’existerait-elle pas ? A-t-elle vraiment lieu d’être ? C’est peut-être une question à se poser avant de pondre de la littérature pour Dagrouik, qui a raison.

L’identité nationale, en fait, selon le droit international et les machins juridiques est le nom de l’état. L’identité nationale est « La France » ou « La République Française ».

Et basta pour l’immigration : elle ne changera pas ça.

N.B. : Illustration : je suis joueur. Quand j’ai eu l’information sur Charles Pasqua, j’ai fait un billet en urgence. Quelques minutes après, j’ai été consulter mon compteur de visites pour voir l’impact (encore léger, on verra ce soir). La dernière visite était déclenchée par cette requête Google : « rajeunir la joconde argumentation ». On a toujours des trucs rigolos. On ne s’en lasse pas. La première réponse est visible en cliquant sur l’image pour l'agrandir. J’ai trouvé amusant de mémoriser ça pour illustrer mon billet du soir que j’ai en tête depuis ce midi.


N.B. 2 : Mon titre n'a rien à voir avec l'objet du billet mais je serais à la République des Blogs, demain soir.




14 commentaires:

  1. Authueil a raison de ne pas mettre de majuscule à "français" dans ce cas, puisque le mot est adjectif (et en plus votre lien est pourri).

    Pour le reste, rien à dire, vraiment.

    (Sauf peut-être que quand on se met à tortiller du cul tous azimuts à propos de savoir ce qu'est exactement l'identité nationale, c'est que celle-ci est déjà soit agonisante, soit morte. A lire ce billet (et une douzaine d'autres) je pencherais pour agonisante. Car un peuple assuré de lui-même, ayant en effet une véritable identité, ne songerait même pas à se poser une question pareille.

    Et puisque tout le monde semble vouloir disparaître, eh bien je ne me désolidariserai pas et mourrai avec les autres.

    Mais, moi, sans le sourire béat.

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  2. Par le sang du Christ ! j'ai oublié de refermer ma parenthèse...

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  3. Ohla, quel sujet !
    L'identité nationale, c'est surtout un fourre-tout pour politiciens en goguette, non ? Un type qui n'a pas d'argument pour étayer une politique économique attirera aisément l'attention ailleurs en disant : ah mais vous avez vu comment ces mécréants attaquent votre identité nationale ?
    Et hop, il continue sa politique tranquillement tandis que les peuples de toutes les nations se tapent dessus !
    :-))




    )
    Je ferme une parenthèse en mémoire de l'autre oubliée !

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  4. Merci, M'sieur Poireau, z'êtes bien aimable !

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  5. C'est un attrape-couillons, d'ailleurs je ne vois pas l'intérêt de discuter avec Besson et ses sbires.Quoi que tu dises, t'es certain d'être manipulé... Il est vrai que certain vont se sentir pousser des ailes comme s'ils participaient à une sarkomission comme Rocard ou ferrand sur le grand emprunt.

    On ne collabore pas avec ce gouvernement de la préférence nationale avec qui je ne partage rien de commun !

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  6. @Didier Goux
    "Car un peuple assuré de lui-même, ayant en effet une véritable identité, ne songerait même pas à se poser une question pareille." ...Ce n'est pas le peuple qui pose la question, c'est Besson & Co qui nous la pose.

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  7. D'accord avec Hypos: c'est Besson qui s'interroge, ou plutôt qui essaie de piéger la gauche et le FN, pour plumer celui-ci…

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  8. Didier,

    Votre avatar a changé et j'essaie de corriger le lien.

    Les autres,

    Sur le fond (et la forme), je réponds demain.

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  9. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  10. Tiens ! Je viens d'effacer par mégarde un commentaire trop long que j'ai par ailleurs vu ailleurs.

    Didier,

    Finalement, est-ce un adjectif ? (mais on s'en fout, c'était juste un clin d'oeil à Authueil car on se voit ce soir).

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  11. Didier,

    On ne lutte pas contre le courant. On regarde la rivière passer. Le sourire n'y change rien.

    Didier,

    Bordel, votre parenthèse.

    Poireau,

    Oui, c'est un amuse couillons !

    DPP,

    Aucun intérêt, en effet !

    Hypos,

    Oui, ce n'est pas nous qui mettons le sujet sur la table.

    Le Coucou,

    Oui aussi.

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  12. Hypos et le Coucou : si Besson en parle, c'est parce qu'il sait (ou escompte) pouvoir obtenir du "retour". Il ne sort pas n'importe quoi de son chapeau. Vous pouvez prendre Sarkozy pour ce que vous voulez, mais évitez de le prendre pour un con : ça vous retomberait sur le coin du museau...

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  13. Didier,

    Il ne s'agit pas de le prendre pour un con, au contraire, il est très fort de reprendre ça maintenant.

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  14. Didier Goux : Sarkozy n'est pas un con, il est juste coaché par des communicants. Il arrive fort heureusement que ceux-ci se plantent lamentablement de sujet !
    :-))

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