12 octobre 2009

Légalisation du cannabis


Je n’ai pas d’avis sur la légalisation du cannabis et je le partage. J’aurais tendance à être pour cette légalisation mais je suis tout à fait prêt à changer d’idée. Cela dit, je crois qu’il y a trop d’avis donnés sur la question et je ne suis pas d’accord avec Manuel Valls, ce qui ne surprendra personne parce que tout le monde s’en fout.

A mon sens, il a dit deux bêtises dans la même phrase ou presque. « La question de la drogue qui fait des dégâts considérables dans les quartiers populaires, qui alimente l'économie souterraine, ne peut pas être traitée de cette manière. On ne peut pas lever un certain nombre d'interdits. »

Si la drogue fait des dégâts considérables dans les quartiers populaires, notamment le cannabis, c’est justement par qu’elle alimente l’économie souterraine. Si la vente de cannabis est légalisée, ça tuera l’économie souterraine.  Ou plutôt cette dernière se reportera sur autre chose. Quand on argumente à l’envers, on se mélange les pinceaux.

Par contre, la dernière partie du paragraphe est intéressante « On ne peut pas lever un certain nombre d'interdits. » C’est justement cette levée d’interdit qui me fait douter des bienfaits de la légalisation. J’ai bien peur que les « jeunes qui fument dans les banlieues » soient autant à la recherche de l’interdit que par les résultats de la fumette en question. Si on légalise, je crois bien que les gugusses iront chercher un interdit plus dangereux, d’autant que la levée de l’interdiction fera que leurs parents avoueront qu’ils ont fumé quand ils « avaient leur âge ». On n’est pas dans la merde.

Je connais des moralistes qui vont dire que c’est lamentable d’être partisan de la légalisation : je vous rappelle que je ne suis pas partisan. Je n’ai pas d’avis. Laissons faire les scientifiques qui ont quelques compétences et arrêtons l’argumentation toute faire.

Tiens ! J’en connais qui vont répondre que le cannabis n’est pas plus dangereux que l’alcool. Je ne sais pas. Je ne suis pas médecin et je ne touche pas au cannabis. Je n’y connais rien. Je bois de la bière. Mais de temps en temps, je me tape aussi un whisky. J’imagine qu’un type qui fume des pétards est parfois tenté de se taper un truc plus fort. Les partisans de la légalisation me diront « non ». Je répondrai « Ha ? ».

Enfin, je me demande toujours pourquoi il est moins cher de se défoncer au cannabis qu’à la bière.



24 commentaires:

  1. Nicolas, je suis triste.
    Si tu lisais mon blog, tu lirais des arguments en faveur de la position de Daniel Vaillant, et tu pourrais mettre un lien vers mon blog (j'en ai bien besoin, bordel!).
    L'argument classique des prohibitionnistes c'est que la consommation de cannabis entraîne l'escalade vers des drogues plus fortes, en disant que tous les consommateurs de cocaïne ont commencé par fumer des joints.
    C'est un argument fallacieux, ont pourrait aussi dire que tous les cocaïnomanes ont commencé par fumer des cigarettes, donc les cigarettes conduisent inexorablement vers la coke.
    Bon, j'espère que tu liras mon billet sur la question et que cela te donnera des éclairages sur cette question.

    RépondreSupprimer
  2. Est-ce que c'est le sujet majeur dans la lutte contre le trafic de drogue, la législation du cannabis ?

    "En cités, les réseaux se livrent à une concurrence acharnée et dynamitent le travail des acteurs sociaux.
    Contre cette économie parallèle, difficile de lutter tant elle se développe dans des endroits où la pauvreté et l'exclusion atteignent des sommets.Si ce n'est pas "une fatalité", c'est, en revanche, bel et bien une "réalité". Économique et sociale. À 200 € la journée, le choix d'un gamin de 13 ans, est parfois vite fait.

    La suite dans cet article " Marseille : trafic de drogue, la logique d'entreprise"du journal La Provence.

    RépondreSupprimer
  3. "Ou plutôt cette dernière se reportera sur autre chose."

    C'est aussi ce que je crains, et d'ailleurs c'est déjà plus ou moins le cas. Je manque de statistiques détaillées sur le sujet (que fait la Cour des Comptes?) mais je ne pense pas trop m'avancer en affirmant que la vente de cannabis n'est qu'une part minoritaire d'un marché largement alimenté par la coke, les drogues de synthèse et d'autres joyeusetés comme les armes. La différence étant qu'elle touche beaucoup plus de monde.

    Si ça n'étanche plus la soif d'interdit, on peut se demander en effet ce qui va venir occuper la place de "transgressif classique".

    Mais de toute façon je vois mal un gouvernement légiférer en ce sens sans déclencher une levée de boucliers.

    RépondreSupprimer
  4. Rimbus,

    Oups ! Faut pas être triste ! C'est un billet que j'ai fait rapidement quand j'ai vu la phase de Vaillant en faisant ma revue de presse et j'ai lu une tonne de billets ce week-end... A propos des liens : ce n'est pas parce que tu en auras 154 de PMA vers ton blog que tu auras plus de visiteurs (les gens ne cliquent pas sur les liens dans des billets longts) et surtout que tu prendras des points au Wikio. Tiens ! Tu as déjà presque le maximum de points de ma part par ce billet puisque seuls deux liens sont dans le billet. Par contre, tu as périodiquement des liens dans deux autres de mes blogs...

    Dans mon billet, j'ai dit que j'étais "plus pour la dépénalisation".

    Mais aussi d'expliquer qu'il y avait beaucoup d'argument fallacieux.

    L'alcool et la cigarette sont mauvais mais en vente libre ! Ce n'est pas une raison pour mettre un nouveau truc mauvais en vente libre... Je n'ai pas utilisé l'argument que tous les cocaimachins ont commencé par la cigarette. J'ai juste dit "J’imagine qu’un type qui fume des pétards est parfois tenté de se taper un truc plus fort."


    Dans la vie, on ne peut pas avoir une position tranchée sur tout. Il y a ceux qui sont pour l'interdiction, l'autre contre l'interdiction. Ben, il y a une troisième catégorie : ceux qui ne savent pas.

    Faut arriver à comprendre.

    RépondreSupprimer
  5. Suzanne,

    Vous argumentez sur le "vrai problème", maintenant. Non ce n'est pas un sujet majeur mais il est plus important que vous le pensez, peut-être. Mais je vais être pragmatique comme dirait l'autre : de toute manière, les policiers n'ont pas vraiment le temps de lutter contre le trafic de cannabis ce qui fait qu'il est quasiment en vente libre dans nos banlieues. Pourquoi arrêter de maintenir un texte qui interdit ?

    Evan,

    Oui. C'est le principal argument qui me pousse à ne pas être franchement pour la dépénalisation.

    RépondreSupprimer
  6. Nicolas : l'extrait est entre guillemet, c'est l'article de LaProvence. Mon avis rien qu'à moi personnel, c'est que je n'ai pas tellement d'avis, mais que l'argument "l'illégalité alimente le trafic dans les cités" n'est pas bon. Ou alors, il faudrait qu'on me dise que dans les pays où le cannabis n'est pas illégal, il y a moins de trafic dans les cités.

    RépondreSupprimer
  7. Suzanne,

    C'est un peu ce que je dis dans le billet : beaucoup d'arguments sont fallacieux.

    L'argument "l'illégalité alimente le trafic dans les cités" n'en est pas un et c'est aussi ce que je dis dans le billet et qui est repris par Evan ci-dessus. Si je parle de ça dans le billet c'est parce que je trouve la phrase de Valls mal foutue !

    RépondreSupprimer
  8. Bah, les policiers n'ont pas le temps d'intervenir non plus quand il y a des violences urbaines banales, des femmes qui se font tabasser, des gens qui se font agresser dans le métro. On à qu'à légaliser tout ça, ça gagnera du temps. Et puis, tiens, j'ai une idée. Payer les gosses pour qu'ils aillent en cours. Avec quel fric ? ben avec celui des allocs des gens dont les mômes sèchent, pardi. Ce ne serait que justice, non ? Qui a dit que c'était dur, la politique ? Et vivent les no man's law de la République...

    RépondreSupprimer
  9. Suzanne,

    A priori, je pense que tabasser sa femme ou agresser un type dans le métro est "mal". Fumer un pétard non. Par contre, développer une économie sous marine, c'est le mal. Et ça entraine des agressions.

    On n'aurait pas idée de débattre sur la légalisation du tabassage des femmes. Ne mélangeons pas les sujets. Je reformule donc mon argument ci-dessus : dans la mesure où l'interdiction n'est pas indispensable et pas respectée, faut-il la maintenir ou s'orienter vers "les vrais problèmes" pour que la police ait les moyens de s'en occuper ?

    Celà dit, le port de la soutane est interdit dans la commune de Bicêtre. On pourrait aussi en débattre.

    RépondreSupprimer
  10. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  11. Oui, bon. Comme je n'ai pas tellement d'avis là dessus(je préférerais que les gens sous antidépresseurs n'aient pas le droit de conduire de voiture, par exemple, mais s'il faut s'en prendre au commerce d'antidépresseurs dont les médecins de famille sont les plus gros dealers, je sors de votre sujet, je ne sais pas où je vais ni àquelle heure je rentre, et je dois arroser mes pieds de chanvre car c'est pas tout de bloguer faut bien gagner sa croûte) Alors, vive l'amour !

    RépondreSupprimer
  12. Suzanne,

    Merci de votre premier commentaire (le site est spammé... je préviens le copain qui le tient... Mais je ne vais pas foutre en l'air ma blogroll pour ça).

    Vive l'amour.

    RépondreSupprimer
  13. tu sais, il ne faut pas prendre tout ce que je dis au premier degré, c'était un peu une blague (des liens bordel, des liens, c'est quelqu'un que j'aime bien qui dit tout le temps ça).

    RépondreSupprimer
  14. Rimbus,

    C'est parce que j'aime bien parler du Wikio et j'ai horreur de ne pas citer deux ou trois blogs qui abordent le même sujet que moi, surtout les copains !

    RépondreSupprimer
  15. Avant lecture des commentaires :
    — Oui, légaliser pose le problème de l'interdit pour les mineurs. En même temps, en fait d'interdit, on en trouve à tous les coins de rues. Ce serait bien de garantir la qualité du produit, non ?
    On pourrait interdire l'achat aux moins de 18 ans, non ?

    — Non, ce n'est pas en fumant qu'on décide de passer à plus fort. L'usage est différent d'avec l'alcool, me semble-t-il !

    — D'un point de vue sociétal, mettre autant de moyens pour lutter contre ce truc, c'est un peu idiot, je pense. Facile de prendre en charge ce commerce, de financer la sécu avec les bénéfices et de mettre la police au boulot sur d'autres dossiers, par exemple la délinquance en cols blancs !

    :-))

    [Je vais voir si ton club de réactionnaires a bien réagi !!! :-) ].

    RépondreSupprimer
  16. Pour répondre à Suzanne, aux Pays-Bas où fumer est réglementé et surtout organisé par l'Etat, il y a, si je ne me trompe, beaucoup moins de problème de délinquance dus à ce fait !
    :-)

    RépondreSupprimer
  17. @Nicolas, je sais bien, et tu es le blogueur qui me ramène le plus de lecteurs, je t'en remercie !

    @Monsieur Poireau : bon je veux pas passer pour un troll qui vient racoler pour son blog, hein, mais je te conseille d'aller lire mon billet sur le sujet, il répond à ton interrogation : les hollandais fument moins que les français.
    La question est donc de savoir si on veut faire baisser la consommation ou remplir les prisons.

    RépondreSupprimer
  18. Merci pour votre réponse en direct de Belgique, Messire Poireau.

    RépondreSupprimer
  19. Et revoilà un débat vieux de 30 ans...Faut sortir les jeunes, il y a bien longtemps que dans les faits fumer un pétard est légal.
    Signé: Jeannot "destroy" Sarkozy, le fils à son daron , Yo !

    RépondreSupprimer
  20. Mr les ministres faites votez le peuple au lieu de decidez entre vous d une loi ou vous savez meme pa de quoi vous debatter
    vous vous faite la guegeurre entre vous devant les camera alors que vous bouffer ensemble en vous foutant de notre gueule
    pffffff

    RépondreSupprimer
  21. Méconnaissance du sujet
    Nos politiques devraient connaître le sujet dont ils traitent et une fois encore force est de constater que ce n'est pas le cas. Quelques chiffres éclairants:
    - Pouvoir addictogène de l'alcool : 39%, cannabis : 23%
    - Hospitalisations dues à l'alcool : 20%, cannabis : 10%
    - Alcool : 44 000 décès par an, 13% des décès évitables par cancer
    - Cannabis : cessation spontanée de la consommation vers 25-30 ans pour la plupart des consommateurs.
    - Alcool : contrôlé par l'Etat et soumis à taxes, accessible à tous malgré les inutiles lois restrictives
    - Cannabis : interdit de vente libre. Donne lieu au développement d'économies parallèles générant un banditisme croissant. Aucun contrôle sanitaire dans les coupages, en particulier de résines.
    Le modèle hollandais me semble être LA référence : c'est le pays européen où les "accros" au cannabis sont le moins nombreux.
    Je suis opposé farouchement à toute prise de psychotrope, mais dans ce cas précis, je suis pour la libéralisation.

    RépondreSupprimer
  22. constatation
    je n ai juste une chose a dire savez vous que en prison on laisse les prisonnier fumer de l herbe autant qui veule et savez vous pourquoi ?
    parceque le cannabis ramene le calme et l appaosement donc je ne voit pa dou sa pourrai etre plus le bordel si on l egalisait et puis pour ce qui es de la conduite sous emprise cannabis moi je dit quand on sera capable de faire des test qui determine le moment ou on en a pris et pa 15 jours plutot on pourra vraiment dire que c est fiable
    car l effet d un joint es en moyenne de 3 heures et non une semaine sinon sa serai bien sa ferai des economies au consomateurs

    RépondreSupprimer
  23. > Les partisans de la légalisation me diront « non ». Je répondrai « Ha ? »

    Non, moi, je ne vous dirai pas le contraire : mais quand vous vous faites un whisky au lieu d'une trappiste, vous en restez à la même substance - changent l'arôme et la concentration.

    Pour la concentration, on peut différencier un "stick" (petit joint, plutôt léger) d'un gros "3-feuilles" (collage à base de 3 feuilles courtes, a priori bien chargé), voire d'un "pur" (que de la "weed", l'herbe de cannabis, et pas de tabac), ou encore un royal (pas de tabac, mais un mélange de résine et d'herbe de cannabis)... on peut aussi l'ingérer (effet persistant jusqu'à la crotte du matin suivant - assimilation directe par la tripaille - tape fort et dure longtemps) ou plus rare, on peut même trouver de l'huile de cannabis (très fort, et, je crois, actuellement considéré comme drogue dure - faut avouer que même en étant en bonne santé, on sent bien le coeur cogner, après en avoir pris)...

    ... bref, comme l'alcool, le cannabis, ô surprise, ça se dose...

    Quant à passer à d'autres substances, la plupart des opiomanes, héroïnomanes et cocaïnomanes, entre autres, que j'ai pu rencontrer n'aimaient généralement pas trop le cannabis... et quant à la proportion à être passé de ce dernier aux autres, parmis des dizaines et des dizaines de personnes, il n'y en a qu'un que je connaisse qui l'a fait (les autres ayant plutôt commencé aux champignons hallucinogènes, extasy, ou cocaïne).

    Bon, ce n'est qu'une expérience personnelle, d'un ancien très gros fumeur (jusqu'à 20-30 joints par jour, ce qui ne m'a pas empêché d'être "surdiplômé"), ayant cotoyé beaucoup, mais alors, vraiment beaucoup, d'utilisateurs de stupéfiants, mais qui a totalement arrêté depuis un moment, et pourtant se verrait bien s'en faire un de temps en temps, le soir, sans pour autant risquer de perdre son permis le lendemain ou pire, parce qu'il faut "faire du chiffre" et "faire peur à la bourgeoise".

    RépondreSupprimer
  24. La légalisation de la culture du cannabis à domicile semble être un préalable à toute action visant à lutter contre le trafic illégal et dangereux. Dangereux car ce qui est vendu dans la rue est très souvent dangereux pour la santé car non contrôle, alors que le cannabis naturel, faut-il le rappeler, ne possède pas de "dose léthale" c'est à dire de dose mortelle, contrairement à la plupart des médicaments vendus pourtant en toute légalité.

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.