13 février 2013

Agroalimentaire vicié

S'il y a bien des domaines que je ne connais pas, c'est bien l'agriculture et l'industrie agroalimentaire. Je suis dont particulièrement apte à donner mon avis d'autant qu'il y a plein d'andouilles qui donne leur avis sur les banques. Toujours est-il qu’avec le scandale du cheval qui a pénétré le bœuf, je m’interroge sur l’agriculture à la gestion de notre alimentation.

Quelques chiffres

Les données sont issues de ce site : http://www.la-viande.fr.

En 2011, la France exportait pour 2,51 milliards d’euros de viande bovine et en exportait pour 1,43. On exporte 23,5% de la production et on importe 22,8% de la consommation. En gros, on produit autant qu’on consomme.

Pour ce qui concerne le porc, on importe surtout du jambon d’Espagne… On produit 2,3 millions de « tonne équivalent carcasse » (tec) ce qui fait de nous le troisième producteur en Europe, derrière l’Allemagne et l’Espagne. Le solde commercial français est excédentaire en volume d’environ 130 000 tec.

C’est avec la viande ovine que nous ne sommes pas autosuffisants puisque nous produisons que 45% de notre consommation. Nous devons donc importer (essentiellement du Royaume Uni). Pour la volaille, nous sommes excédentaires puisque nous produisons 13% de plus que notre consommation, ce qui ne nous empêche pas d’importer plus de tiers des poulets, notamment du Brésil.


Et alors ?

Nous sommes excédentaires pour ce qui concerne la production de viande. Les chiffres sont difficiles à trouver (très difficiles...) mais il est très probable que notre secteur "élevage" soit financièrement excédentaire ce qui semble logique.

Je comprends les raisons économiques et industrielles qui nous poussent à importer mais on a encore assisté ce week-end aux méfaits de ce capitalisme sauvage qui nous fait entrer du cheval dans notre bouffe industrielle.

Tiens ! Mon côté réactionnaires : quand j'étais petit, on ne mangeait pas de lasagnes. Nos parents nous faisaient bouffer des pâtes bolognaises faites à la main avec de la viande hachée, des tomates et des oignons et d'autres machins dont des pâtes.

Je lisais ce matin un article qui disait que l'Europe négociait avec les États-Unis pour créer une vaste zone de libre échange. L'autre jour on parlait du budget de l'Europe et de la PAC, ce machin qui nous fait venir du pognon de l'extérieur pour sunventionner des exportateurs...

Je n'y connais rien disais-je en introduction mais est-ce qu'il n'est pas temps de repenser calmement et sagement tout ce bordel. Du genre : les pays excédentaires ne doivent pas importer de la viande alors qu'il sera impossible d'en assurer la traçabilité et que ça les ouvre à la concurrence et qu'on est obligés de leur filer des subventions pour qu'ils s'en sortent ce qui les pousse à faire de l'élevage intensif provoquant de graves dommages sur l'environnement, dommage alourdi par la nécessité de transporter cette viande.

On vend du cheval pour du bœuf et on marche sur la tête.

Sans compter que si seule notre production nationale de céréales était utilisée pour la bière celle-ci serait probablement moins chère.

16 commentaires:

  1. Entièrement d'accord sur les 2 lignes de conclusion

    RépondreSupprimer
  2. Grosso modo, on vend notre bonne viande - Charolaise, limousine,broutards du Cantal - dans les Emirats, et on importe la m... des autres : un embrouillaminis de vieux contingents européens en fin de vie de congélation,un peu de cheval pour relever le goût, sauce tomate italienne,sel poivre ...
    sachant que ceux qui achètent ces surgelés n'ont pas les moyens d'être regardants : surtout des vieux qui n'ont plus l'énergie de faire à manger avec la vaisselle, le four à nettoyer toussa ...
    Disons le mot : ce business est dégueulasse ! et l'est tout autant le fait d'avoir réduit à peau de chagrin les corps d'inspection !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui. Il faudrait faire un billet sur les chiffres des inspecteurs. Je voulais le faire mais j'ai passé beaucoup de temps à chercher les chiffres d'exportation et importation. Ça m'étonne qu'on ´e trouve rien dans les sites officiels.

      Supprimer
  3. Pfff ... quand tu fais ta route vers la Bretagne au printemps, entre Chartres et Le Mans et que tu vois à perte de vue les tracteurs géants et leurs lances d'arrosage de pesticides, tu te dis qu'au fond, tant mieux qu'on fasse pas la bière avec ces saletés !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui. En Bretagne on produit des cochons et des vaches et on est emmerdés par leurs déjections. Dans les patelins dont tu parles, ils sont obligés de mettre des engrais chimiques. Faudrait rééquilibrer tout ça.

      Supprimer
  4. Coucou, c'est moi.
    Juste pour signaler que je ne vois pas le rapport entre viande de cheval et élevage intensif mais vous allez nous expliquer ça brillamment.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il n'y en a pas. Il n'y a vraiment qu'un connard pour voir un rapport entre la viande et la viande.

      Supprimer
  5. Il y a un problème très simple en France concernant tout l'agro-alimentaire mais qui se retrouve ailleurs.
    Pourquoi cela coûte cher?
    Cela vient de deux choses : les taxes que tous doivent payer du début à la fin du circuit, et qui sont répercutées de l'éleveur au consommateur,pour simplifier.
    Le coût des intermédiaires, par exemple le prix du transport, l'équarrissage (pour la viande), la centrale d'achat, le conditionnement et le supermarché.
    Si tu élimines certains de ces coûts, la viande, pour cet exemple, serait bien moins chère dans nos assiettes et l'éleveur pourrait être mieux payé.
    Les industries agro-alimentaires,pour les plats cuisinés, font en sorte de rentabiliser au mieux afin d'avoir un ratio( soit un bon bénéfice) le plus élevé possible.
    Acheter français s'avère donc d'un coût élevé. Ils vont donc s'adresser à l'étranger car les coûts sont bien plus bas, simplement par logique capitaliste.
    Mais peut-on se passer des taxes et impôts sur l'agro-alimentaire? Je pense que oui mais pas sans une vraie refonte du système, sinon l’État ne s'en sortirait pas.
    Les centrales d'achat qui revendent bien plus chères ce qu'elles achètent au producteur une misère, on les laisse glorieusement tranquille...
    Oui, c'est très compliqué.
    NB: ce qui fait vraiment ch***, c'est qu'en France, on a un service vétérinaire qui est un des meilleurs au monde, et qu'en ayant ouvert ainsi le marché européen, on a court-circuité un des meilleurs outils de traçabilité qui soit.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je réponds d'abord à la fin de ton commentaire. Voir ce que je disais à Apo : les services vétérinaires sont réduits à peau de chagrin (comme tous les machins de contrôle, comme l'inspection du travail) alors que le libéralisme devrait être accompagné d'un renforcement des contrôles.

      Pour le reste, il faudrait tout réorganiser. Mais il ne faut pas mettre les taxes responsables des maux d'autant que l'agriculture est bien subventionnée.

      Supprimer
    2. Non, c'est un effet mécanique, c'est tout. Bien sûr que l’État a besoin des taxes. Et oui, on subventionne aussi.

      Supprimer
    3. Mais ce n'est pas l'état qui a besoin de taxes. La principale taxe est la TVA. Elle sert à payer l'école pour nos gamins et un tas de trucs.

      Supprimer
    4. et je crois qu'on a zappé la répression des fraudes qui effectivement nécessiterait qu'on étoffe le service.
      Je te mets un lien( pardon, je ne l'intègre pas dans le commentaire), quand tu vois les cours du vif du boeuf et combien on l'achète...
      http://www.pleinchamp.com/cours-marches/%28chp_secteur%29/2/%28chp_produit%29/639/%28chp_marche%29/-1/

      Supprimer
    5. Merci. Oui tous les services de contrôle sont concernés.

      Supprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.