26 février 2013

L'école du comptoir

Jusqu'alors, la réforme des rythmes scolaires n'avait pas égratigné les comptoirs des bistros, plutôt fréquentés, et c'est heureux, par des gens peu concernés. Par contre, le raccourcissement des vacances d'été à six semaines commence à faire du bruit à un point que je me demande si Vincent Peillon ne devrait pas dire immédiatement qu'il a déclaré ça pour rigoler suite à un pari avec des copains alors qu'il était saoul.

Un client, Jean-Marc disait, quand je suis entré à la Comète ce matin, qu'il avait clairement entendu un type dire à la radio qu'il était mal éduqué, ignorant, ... parce qu'il a été à l'école à une époque où les vacances d'été duraient deux mois et demis. Vous ne connaissez pas Jean-Marc ? Pas grave. C'est un type qui prend son café dans le même bistro que moi depuis une quinzaine d'années. Il est à la retraite depuis 7 ou 8 ans. C'est un vieux con de droite. Vraiment ! Je me rappelle quand il était jeune retraité, il passait son temps à nous expliquer que Nicolas Sarkozy avait raison de vouloir faire travailler plus les actifs. Toujours est-il qu'il nous racontait qu'il avait entendu quelqu'un à la radio expliqué que les anciennes générations étaient moins bien éduquées que les suivantes parce qu'ils avaient plus de vacances donc moins de jours d'apprentissage...

Je vais finir réac, comme Jean-Marc. Entendre que les "jeunes d'aujourd'hui" ont une meilleure éducation...

A part ça, je lisais dans la presse que François Hollande préparait la population à des mauvaises nouvelles pour 2013 et 2014. Allo ? Le Gouvernement ? On sait qu'on va en prendre plein la gueule ! Pour ma part, je vais continuer à vous soutenir. Les Français ne sont pas fous. Ils savent que l'économie va mal. Ça fait des années qu'on nous bassine avec la dette ! La droite ne parlait que de ça et du triple A mais a tout foutu en l'air... Z'avez vu le bordel chez les ritals ? Chez nous, ça ne risque pas d'arriver : Cantelou ne se présente pas aux élections et il n'y a pas d'élections nationales avant 4 ans. Bon ! On va prendre une branlée aux Européennes, tant pis ! Ce ne sera pas la première !

Il n'empêche... Vous allez commencer par raboter les niches fiscales avant de taxer les allocs, hein !

Le bordel de l'Italie ne risque pas d'arriver chez nous, disais-je. On est habitués à raquer. Pourtant, en entendant les réactions du comptoir, ce matin, je me disais que le bordel pourrait arriver par la rue, les comptoirs et les cours d’école. Nous allons avoir des manifestations d'enseignants, de parents d'élèves, d'élus de petites communes,... Tous ces braves gens seront rejoints par ceux que l'on traite d'abrutis mal éduqués parce qu'ils avaient 75 jours de congés l'été. D'ailleurs, j'avais 75 jours.

Vous allez me revoir cette réforme. C'est simple : vous remettez en place le rythme scolaire de ma jeunesse. 27 heures de cours par semaine et 8 ou 9 semaines de congés d'été. Hop ! Ni vu ni connu. On oublie les erreurs, les conneries de la droite quand elle a fait la semaine de 4 jours et nos propres conneries !

Est-ce que vous vous rendez compte, par exemple, que dans une famille où les parents sont divorcés, il ne sera plus possible que chacun des parents puisse partir quatre semaines avec les enfants ? Si un des parents ne vit pas dans la même zone, ça va devenir l'enfer ! Je vous passe tous les autres inconvénients : des profs et des parents seront plus habiles que moi pour en faire la liste...

A un moment, je croyais que les annonces de Vincent Peillon étaient faites pour cacher les mauvaises nouvelles en matière économique. On en est à un stade de mécontentement tel qu'il faudra bientôt inventer des mauvaises nouvelles économiques pour faire oublier les annonces de Vincent Peillon. C'est fort ! 

(photo)

4 commentaires:

  1. Ce ne serait pas une mauvaise idée en soi, si:
    - Pendant les petites vacances, les enfants partaient en vacances. Mer, montagne, campagne, séjours sportifs, activités manuelles. Pas besoin de quad, d'équitation, de parapentes et d'activités hyperchères à non plus. Actuellement, les vacances collectives sont tellement chères et les aides de la CAF réduites qu'il n'y a que les gosses de riches ou ceux des foyers de la DAS qui en profitent.
    - Pendant le temps d'école, il n'y avait pas d'enseignants absents, pas de classes surchargées.
    - Pendant le temps (rallongé, donc) de cantine à l'école, les enfants mangeaient dans le calme et pouvaient être surveillés par un personnel formé, suffisant, ailleurs que dans une cour en béton avec un préau à courants d'air.
    - Pendant le temps après l'école, ils soient aidés à faire leurs devoirs individuels, à travailler seuls, incités à profiter des bibliothèques, des musées, des écoles de musique autant que des piscines et des stades. Incités fortement, même.
    - On interdisait le divorce et rétablissait les grands-parents à la maison, pour supprimer la garderie du matin avant la journée de classe et les chamboulements pour nos fragiles têtes blondes. (et brunes et rousses, allez, ne soyons pas racistes.)
    - Partout, en France, les écoles étaient tenues d'accueillir les enfants de travailleurs n'ayant pas le choix de leurs congés.
    Et si, enfin, on profitait du temps de classe pour enseigner les fondamentaux. Pour travailler, pour apprendre puisqu'on aura le reste du temps pour se distraire. Ne plus entendre d'horreurs style "il faut arrêter de dire qu'on doit savoir lire et écrire en sortant du primaire".

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  2. vous oubliez un fait essentiel
    les femmes n'étaient pas obligées de travailler pour boucler les fins de mois une fois payés les frais "obligés" d'aujourd'hui

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  3. Ah ben Suzanne, on est parfaitement d’accord sur à peu près tous les points.

    Le premier : j’ai été militant pendant des années dans un mouvement d’éducation populaire, les Eclaireuses et Eclaireurs de France et nous avions des activités pour les mômes pendant les petites vacances, les week-ends, … (et la moitié des grandes vacances). Je suis parti fâché mais bien avant mon départ, ça partait en couilles à cause d’une réglementation débile et des parents qui exigeaient des activités exceptionnelles pour leurs gamins. Faire du cheval coute plus cher que de construire des cabanes en foret et ne permet pas de montrer aux enfants ce que sont les arbres…

    Pour le reste, oui. Je ne vais détailler qu’un point : « On interdisait le divorce et rétablissait les grands-parents à la maison. » C’est évidemment une boutade mais le fait qu’on entasse les imbéciles en région Parisienne, loin des grands parents, ne va pas dans le sens de la société. J’ai néanmoins quelques collègues qui ont leurs parents (ou beaux-parents) en région Parisienne, ça aide bien… Je vois par ailleurs le rythme de vie de mes collègues qui arrivent au boulot à 10 heures moins le quart parce qu’ils ont amené les mômes à l’école pour l’ouverture (le conjoint ou la nounou fera la fermeture), les faisant quitter le travail, le soir, à une heure qui les conduira à 19h30 à la maison. Ils passent donc leur samedi à faire des courses et ont une vie de merde.

    « Partout, en France, les écoles étaient tenues d'accueillir les enfants de travailleurs n'ayant pas le choix de leurs congés. » l’école n’est pas une garderie. C’est ce que je viens de commenter chez Juan.



    Bob,

    Tu vas te faire engueuler par les féministes. Tu as néanmoins raison sur le principe. A partir du moment où les femmes sont arrivées massivement (et à raison, ce n’est pas une critique) sur le marché du travail, il aurait fallu réduire les horaires de tout le monde. Une partie des maux de la société reposent sur ce problème, notamment parce qu’il a généré du chômage et freiné les salaires (c’est mathématique : il faut deux salaires pour vivre).

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    1. j'assume mais tu fais le même constat dans ta réponse

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