19 juin 2013

Google et l'histoire rampante de la conquête du web

Dans Twitter (et paf !), je tombe sur un article du Nouvel Obs (voir lien en fin de billet) qui évoque la montée de Google, cette intrusion à marche forcée, qui vous oblige à ouvrir un compte, que vous soyez chez YouTube ou chez Gmail, Gtalk,... Et qui conclut que Google se fout de son réseau social : ce qui compte, c'est la connaissance des internautes. 

Ce qui m'amuse, c'est que c'est à peu près ce que je disais dans mon blog geek, il y a dix-huit mois. Évidemment que Google se fout de ces conneries ! 

Le billet fait néanmoins l'impasse sur certains aspects. Tout d'abord, la recherche avec Google, c'est mort. Vous ne trouvez plus rien à part Wikipédia ou Marmiton et des sites d'actualité. Ils sont arrivés au bout de leurs algorithmes...

Ensuite, la publicité ciblée à partir de la connaissance de l'internaute, tout le monde s'en tape, pour l'instant.
Ça changera peut-être avec la télévision quand Google sera au centre des télés, mais je ne suis même pas sûr. 

Je m'explique : la publicité agit sur moi comme sur tout le monde (même sur ceux qui se croient intelligents) sur l'image de marque des produits. Ainsi, quand j'achète du liquide vaisselle, je vais être tenté de prendre celui qui me parait bon et je n'ai que des critères subjectifs : l'image. Les annonceurs ont donc intérêt à matraquer. 

Ainsi, l'idée de la vie privée de Nicolas  Jégou que peuvent avoir des publicitaires n'a aucun impact sur ma consommation. Google peut étudier mon cas et saura que je bois des bières en bas de chez moi, que je fais des requêtes tordues pour alimenter mon blog politique et que je loue des voitures, il ne pourra rien en tirer commercialement. 

S'il y a un danger à exposer sa vie privée sur le web, il ne vient pas des raisons commerciales de Google. Tiens ! Si un employeur potentiel me cherche, il saura que je tiens un gros blog politique et que je passe mes soirées au bistro. Pour ce dernier point, il suffit de me regarder lors d'entretiens d'embauche pour deviner tout. Pour ce qui concerne le blog politique, tout est de ma faute. J'aurais pu être anonyme. Mais avoir Jegoun dans l'url et avoir passé cinq ans à critiquer Nicolas Sarkozy fait que les recherches de "Nicolas Jégou" arrivent forcément sur mon blog politique. 

Ainsi, l'article du Nouvel Obs aurait gagné à étudier plus précisément la marche forcée de Google et de son réseau social. La première raison est évidente : ils étaient le centre du web et étaient en train de se faire griller par Facebook. Il fallait donc détourner les utilisateurs et les annonceurs de Facebook. 

La deuxième raison est que la télévision va progressivement évoluer vers le web. Votre télévision (la mienne aussi...) sera bientôt un ordinateur avec un navigateur, probablement un navigateur de chez Google : Chrome. Votre télé sera "sous" Android. Vous vous y connecterez avec votre compte Google+ ! Pour ma part, si je suis un grand fan des produits Google sur le web (c'est transparent pour vous mais mon blog est fait par Google), je suis plutôt un fan d'Apple pour le matériel. Ainsi, quand je regarde la télé, c'est avec mon iPad ou mon iPhone. Bientôt, le machin que vous aurez sur la commode héritée de la grand-mère et que vous appelez "télé" sera une grosse tablette. Et elle aura un OS Apple ou Google. Google ne pouvait pas louper la marche... Google+ n'est rien. Android est la base de la télé de demain. 

Enfin, le commerce électronique se déploie. On n'achète plus de disque ou de livre, mais on télécharge. Mon rêve serait bien sûr de télécharger de la bière mais ça risque d'être difficile. Les tuyaux ne viennent pas chez moi. 

Par contre, avec internet, je pourrais commander de la bière pour me faire livrer. Je regarde une émission sur ma télévision Google. Elle s'interrompt pour une page de publicité. Google m'affiche de la publicité pour de la 1664. Je me dis : tiens ! Il faut que j'en commande. Je clique, je passe commande. Elle me sera livrée prochainement avec les autres trucs que j'ai commandés. 

Et je paie comment ? Avec mon compte Google (Google Wallet), ma carte bancaire dans ma banque qui sera enregistrée chez Google. Ainsi, ils vont capter les flux financiers progressivement...

Dans cinq ans, dans dix ans, nous feront la plupart de nos achats par internet et nous paierons par des moyens de celui qui aura gagné cette bataille : Google, Facebook ou Apple. Et ils auront les flux financiers qui vont avec. 

Cette histoire de données personnelles passionne les internautes, mais l'important est bien l'identifiant qui vous permettra de vous connecter aux différents services. Google (ou Facebook ou Apple) gèrera votre carte d'identité numérique. Et votre carte bancaire. 

L'article du Nouvel Obs me parait avoir loupé une étape. Google se fout de savoir si je préfère la 1664 à la Heineken...

http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20130619.OBS3841/google-ou-l-histoire-de-la-conquete-rampante-du-web.html

3 commentaires:

  1. J'ai non seulement lu votre article sur google, mais j'ai envoyé le lien à plusieurs amis; mais je n'ai pas pu y mettre de commentaires précisément parce qu'il me faisait découvrir quelque chose de tout à fait nouveau pour moi (du coup, j'y mets celui-ci!).

    Peut-être faut-il aussi un titre plus percutant et alarmiste? Du type: " bientôt, c'est Google qui contrôlera votre compte bancaire" ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui ! J'ai merdé pour le titre ! Mais j'ai des circonstances atténuantes... Il était totalement improvisé.

      (Mon com chez vous n'était pas un appel à commentaire ! Quand je dis que j'ai peu de visites, c'est uniquement par rapport à d'habitude ! En tout cas, merci).

      Supprimer
  2. "Dans cinq ans, dans dix ans, nous feront la plupart de nos achats par internet"
    Peut-être pas aussi rapidement.
    Pour l'instant, ce qui se met en place, ce sont les drive-entrepôts des supermarchés (énorme progression ces dernières années) : on commande sur internet, et on vient chercher en voiture.
    Je ne peux que vous inviter à consulter http://www.olivierdauvers.fr/ pour plus d'actualités sur le sujet.
    Dans un des articles, http://www.olivierdauvers.fr/2013/05/06/telemarket-voila-c%E2%80%99est-presque-fini-et-c%E2%80%99est-normal/ , on apprend que "de fait, le marché de la livraison alimentaire rentable est une… micro-niche !".
    D'un autre côté, Amazon tente de viabiliser le truc : http://www.le-furet-du-retail.com/article-amazon-fresh-lance-officiellement-la-bataille-la-vente-en-ligne-de-produits-frais-apres-seatle-am-118396384.html , mais à priori ça sera vraiment chaud pour ne pas se ramasser.
    Enfin, bonne nouvelle, il est possible d'envisager la livraison à domicile de la bière pour dans pas trop longtemps ;) : http://www.le-furet-du-retail.com/article-evian-la-livraison-d-eau-a-domicile-a-marche-et-le-shopper-aime-118424434.html

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est parfois activée. Les commentaires désagréables (ce qui ne veut pas dire pas d'accord avec moi) ou insultants (sauf les miens) seront supprimés.