06 mars 2013

Le Grand Paris ne s'est pas fait en un jour

Aujourd’hui, Jean-Marc Ayrault a confirmé la réalisation du Grand Paris et les différents arbitrages réalisés. Hier, j’évoquais le projet de loi de décentralisation que nous concocte Marylise Lebranchu avec, notamment, la création d’une nouvelle structure, Métropole de Paris. L’histoire de la région est amusante avec une concurrence entre les différents échelons administratifs, des évolutions dans tous les sens, comme la suppression du département de la seine, le tout dans un climat de concurrence entre la Région, l’Etat, la ville de Paris, les Départements…

Le découpage des différents machins qui coordonnent tout ça est véritable mille-feuilles, avec le machin qui gère la Défense, ceux qui gèrent les villes nouvelles, ceux qui régissent les relations entre Paris et ses voisins, ceux qui ont en charge les transports, … et les échelons administratifs traditionnels.

J’ai fait deux billets, hier, en fait pour « Métropole de Paris ». A chacun d’entre eux, un commentateur (différent) a laissé un commentaire pour se moquer des socialos qui reprenaient les projets de Nicolas Sarkozy. Tant de connerie et d’inculture continue à m’étonner. Dans les faits, la Société du Grand Paris est une structure créée « sous » Nicolas Sarkozy pour permettre à l’état (qui aurait du rester à droite…) de reprendre la main sur l’organisation des transports en Ile de France. Le « Nouveau Grand Paris » est un machin qui permettra aux collectivités territoriales de coordonner leurs efforts dans un certain nombre de domaines, notamment le logement. Ca n’a rien à voir !

Il faut donc expliquer, toujours expliquer, …

Il n’empêche qu’il n’est pas étonnant, non plus, de voir que le quidam est perdu dans l’organisation des différentes structures Parisiennes. Quelques rappels utiles grâce à Wikipedia et à des copains blogueurs, comme Elooooody, Abadinte, Melclalex, Politeeks, mais aussi Romain, avec qui j’ai eu une vague passe d’arme, récemment, à propos de l’implication de l’Etat dans les affaires de Paris et de l’Ile de France, alors qu’il semble délaisser les autres régions…

Paris

« Paris, commune la plus peuplée et capitale de la France, chef-lieu de la région Île-de-France et unique commune-département du pays, se situe au centre du Bassin parisien, sur une boucle de la Seine, entre les confluents avec la Marne en amont et avec l’Oise en aval. Ses habitants s’appellent les Parisiens. La ville est divisée en vingt arrondissements. » Ah !

Un habitat permanent a été « attesté » au « village de Bercy » il y a environ 6000 ans. Les Parisii sont présents sur les lieux quand, il y a 2000 les troupes de Jules César, qui furent les premiers ritals à nous envahir, débarquèrent et renommèrent le patelin « Lutèce », sans doute sur une des iles actuelles ou peut-être une autre, vers Nanterre, aujourd’hui disparue. C’était une ville très modeste. Lugdunum, la capitale des trois Gaules, était probablement plus de 10 fois plus grosse. Au quatrième siècle, la ville prend son nom, issu de celui du peuple qui l’occupait. Au 5ème, les Francs chassèrent les Romains et Clovis fit de Paris la capitale du Royaume des Francs. Au 8ème, Paris fut progressivement « abandonné ». Au 10ème, les rois s’installèrent à nouveau à Paris, au Palais de la Cité. Paris redevint capitale du royaume au 12ème. La ville continua à grossir et devint la plus grosse ville d’Europe au 14ème, avec 200 000 habitants. Au 14ème, pourtant, les rois ne résidèrent plus dans la cité. Ils y revinrent au début du 15ème mais c’était le bordel avec les rosbifs, les rois se cassèrent dans le Val de Loire. Jeanne d’Arc et tout ça…

C’est en 1528 que François 1er fixe officiellement sa résidence à Paris. « Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien. » Ca s’arrose.

Cette andouille de Louis XIV s’est cassée à Versailles, ce qui ne fit pas d’ombre à Paris qui atteint 640 000 habitants au 18ème. Le régent Philippe d’Orléans revint à Paris en 1715. Louis XV s’intéresse personnellement à Paris et fait construire La Concorde, le Panthéon, l’Ecole militaire et des bazars comme ça. Après, y’a la révolution qui commence à Versailles mais se poursuit à Paris. En 1790, « Le département de Paris comprend alors 3 districts : Paris, le Franciade et Bourg-de-l'Égalité. » C’était un peu le bordel et il a fallu attendre plusieurs années avant que Paris retrouve son nombre d’habitants. On s’était fait bouffer par Londres…

Vous connaissez la suite ? Bon, il y a eu la commune de Paris et tout ça… En 1860, une loi génère l’annexion de plusieurs communes ou morceaux de communes du coin : Belleville, Grenelle, La Villette, Vaugirard, Auteuil, Batignolles-Monceau,  Bercy, Charonne, La Chapelle, Montmartre et Passy.

Paris a trouvé à peu près ses frontières actuelles.

Le département de la Seine

En 1790, « l'Assemblée nationale constituante décrète la création du « département de Paris », composé de la ville de Paris et des municipalités comprises dans un rayon de trois lieues à partir du parvis de Notre-Dame ».

En 1968, « Le département de la Seine est officiellement supprimé. Ses 81 communes sont réparties entre quatre départements » : Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.

La région Île de France

« La région Île-de-France est née du domaine royal constitué depuis le Xe siècle par les rois Capétiens. » Bon ! On s’en fout…

Jusqu’à dans les années 1960, la gestion était bordélique, avec une concurrence entre le préfet, le premier ministre, … C'était avant les lois successives de décentralisation et les Régions (en tant que collectivités territoriales) avaient très peu de domaines de compétences. Le Préfet de la Seine était très puissant ce qui gonflait le Général de Gaulle : ses joyeuses équipes ont fait d’importantes réformes dont le démantèlement de ce département et créé le Schéma d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne qui définit, en quelques sortes, les relations entre l’Etat et la Région pour les bricoles gérées par l’Etat alors qu’elles sont gérées par les régions en province..

C’est en fait le Schéma directeur de la région Île-de-France. Le 1er « SDRIF » a été rédigé en 1965 et il est révisé plus ou moins régulièrement pour l’adapter aux évolutions des besoins. La responsabilité de ce bordel a été transférée en 1995 à la région Île-de-France qui élabore se schéma en collaboration avec l’Etat. C’est toujours l’Etat qui valide ce machin qui doit être validé par un décret en Conseil d’Etat.

« Le SDRIF détermine notamment la destination générale de différentes parties du territoire, les moyens de protection et de mise en valeur de l'environnement, la localisation des grandes infrastructures de transport et des grands équipements. Il détermine également la localisation préférentielle des extensions urbaines, ainsi que des activités industrielles, artisanales, agricoles, forestières et touristiques. »

A noter que c’est le jour même où les chambres de commerce franciliennes ont émis un avis négatif sur le SDRIF « critiquant notamment le fait qu'il ne fasse pas une priorité du développement du secteur de La Défense […], qu'il donne la priorité aux transports en commun sur le renforcement des infrastructures routières […]. » que Nicolas Sarkozy s’est positionné pour la création du Grand Paris afin que l’Etat récupère des prérogatives de la région…

Si vous voulez un peu de lecture, vous pouvez lire le dernier projet de SDRIF (qui devrait être adopté à la fin de l’année) et surtout son introduction, sur le site de la Région. Il reprend notamment la volonté de création de 70000 logements par an, comme le projet de loi dont je parlais hier…

Enfin, « L'Île-de-France est la seule région dans laquelle la loi SRU de 2000 a maintenu une planification à l'échelle de la région, le schéma directeur de la région Île-de-France. »

Paris Métropole

On l’a vu, ci-dessus, au cours de son histoire, Paris a grandi jusqu’à remplir son territoire (l’intérieur du périph, en gros) tout en repoussant vers ses voisins quelques nuisances : ordures, cimetières, circulation automobile, …

C’était le bordel ! Rien ne définissait les relations de Paris avec ses voisins, surtout avec la suppression de la Seine, ce département qui était devenu trop « lourd » et qu’il avait fallu casser dans les années 60 pour pouvoir poursuivre le développement de la Région.

En arrivant à Paris, Bertrand Delanoë a fait réfléchir les gugusses qui bossaient avec lui et ses voisins en question. Le tout a abouti à la création, en 2009, de Paris Métropole, un « syndicat mixte d’études », qui facilite le suivi des travaux… Aujourd’hui, Paris Métropole regroupe plus de 200 acteurs : la région, les départements, 150 communes, des aéroports, des machins de coopérations intercommunales, …

Les travaux de Paris Métropole ont été utilisés pour la création du Grand Paris de Nicolas Sarkozy et Paris Métropole a un avis consultatif sur ce truc.

Le Grand Paris

C’est une expression très ancienne. Napoléon III envisageait d’étendre la capitale entre Saint-Germain-en-Laye et Marne-la-Vallée ! Des grandes réflexions ont été menées sur le Grand Paris sous le Front Populaire puis reprises après-guerre. Aujourd’hui, le Grand Paris est décomposé en trois zones « successives » :
-         Paris et la petite couronne,
-         Paris métropole (90% de l’agglomération),
-         L’Unité Urbaine de Paris (qui ne sert pas à grand-chose à part aux statistiques, avec 10,2 millions d’habitants sur les 11,7 que compte la Région).

Nicolas Sarkozy a repris à son compte le lancement d’un projet pour le Grand Paris avec un volet autour des pôles économiques et un autre autour des transports.

Le Nouveau Grand Paris

C’est ce qui a été annoncé ce matin par Jean-Marc Ayrault.

Métropole de Paris

Métropole de Paris est une nouvelle structure prévue par la réforme territoriale en cours. J’ignore si Jean-Marc Ayrault en parlé, aujourd’hui (je ne trouve aucune annonce dans Google News). C’était l’objet de mon billet d’hier et comme je suis une grosse fainéasse, je vais me recopier.

« Il est institué au 1er janvier 2016 un établissement public dénommé « Métropole Paris–Ile -de France » entre la région Ile-de-France, les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l’Essonne, des Yvelines, du Val d’Oise et de Seine-et-Marne, la commune-département de Paris et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre compris dans le périmètre de l’unité urbaine de Paris. »

« La Métropole […]  est constituée en vue d'actions […] en matière de développement économique, de promotion de l'innovation, de la recherche, de l'enseignement supérieur et de la culture, d'aménagement de l'espace […], de développement des infrastructures et des services de transport […], de logement par la coordination des programmes locaux de l’habitat, de politique de la ville et de préservation de l’environnement, afin de promouvoir un modèle de développement durable […] ce et d'améliorer la compétitivité et l'attractivité de son territoire, ainsi que l'aménagement du territoire infra-départemental et infra-régional. Le conseil métropolitain se prononce, sur l'intérêt métropolitain des compétences transférées. »

Métropole de Paris sera administrée par un Conseil métropolitain dont la composition reste à fixer et présidé par… un président. Une conférence métropolitaine des maires est également constituée avec un avis consultatif. »

Les transports en commun

La RATP : elle fut créée en 1949 en fusionnant des machins issus de sociétés privées nouvellement nationalisées. Elle est de la propriété de l’Etat.

La SNCF : elle a été créée en 1937 mais n’a son statut actuel, à peu près le même que la RATP, peu importe, que depuis 1982 (les socialos n’y sont pour rien, elle avait été créée pour une durée de 45 ans…).

Le STIF (syndicat des transports en Île-de-France) : il a été créé en 2000, sur la base du Syndicat des Transports Parisiens, lui-même créé en 1959, sur la base de l’Office Régional des Transports Parisiens, créé en 1948 sur les décombres du Comité des Transports Parisiens, créé en 1938. C’est en 1991 que le STP a eu une compétence sur tous les transports de la Région.

« Le décret du 14 novembre 1949 fixe l'organisation des transports de voyageurs, encore en application aujourd'hui en Île-de-France. À cette époque, l'État couvrait le déficit de la SNCF pour les dessertes en région parisienne, et les collectivités locales étaient chargées de subventionner la RATP. »

La création du STIF voit un changement des relations contractuelles entre les organismes publics et les sociétés, publiques aussi, telles que la SNCF et la RATP. Le STP était sous contrôle de l’Etat. Le STIF est placé sous la tutelle de la région, prévoyant le retrait complet de l’Etat du Conseil d’administration au 1er juillet 2005 (dans les faits, à cause de débat budgétaire, le changement de responsabilité a eu lieu en mars 2006). Le retrait complet a été confirmé par la loi en 2004. A cette date, ses compétences sont élargies pour lui donner les mêmes que les autorités en charge des transports dans les régions, sachant que les deux principaux opérateurs restent des sociétés contrôlées par l’Etat.

Les lois de 2008 et 2009 mettent un coup d’arrêt au processus de normalisation des transports régionaux par rapport aux autres régions. On notera évidemment le Grand Paris sur lequel je reviendrai mais aussi le transfert des infrastructures de métro détenues jusqu’alors par le STIF vers la RATP.

La Société du Grand Paris : elle a été créée en 2010 pour assurer la conception et la réalisation des nouvelles grandes infrastructures de transport, fonction pilotée jusqu’alors par le STIF.

Je ne reviens pas sur la construction des nouvelles infrastructures liées au Grand Paris et aux négociations qui ont été faites entre la Région et l’Etat (d’abord à droite puis à gauche). Il est néanmoins intéressant de noter que le trajet de cette nouvelle ligne est assez proche de celui de la ligne dite de la Grande Ceinture sur laquelle le trafic voyageur a quasiment été stoppé après guerre et n’a repris que sur certaines portions, notamment avec le RER C.

Il est d'ailleurs amusant de noter que le tramway Parisien reprend "les fonctions" de la Petite Ceinture, elle même fermée au trafic voyageurs dans les années 30, notamment à cause de la concurrence du métro.

Le RER a été imaginé avant la guerre mais réel lancement date des années 60 pour une mise en service progressive à partir de 1977. Dès 1965, les trois lignes principales sont envisagées. Le RER avait différentes fonctions, comme soulager la ligne 1 du métro mais aussi desservir la Défense (que j'évoque souvent ici) et les villes nouvelles ce qui nous fera une excellente transition pour les sujets suivants.

« Transilien est le réseau de trains de banlieue de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF). Il dessert principalement les gares d'Île-de-France, mais ne correspond pas rigoureusement aux limites administratives de la région : les trains desservent aussi plusieurs gares situées en Haute-Normandie, en Picardie et en région Centre. A contrario, quelques gares situées aux marges de la région ne sont pas desservies par le réseau, mais uniquement par les TER des régions voisines. Il est l'héritier des trains de banlieue qui existaient depuis la fin du XIXe siècle. »

La Défense

J'y travaille et j'en parle souvent ici : je trouve que c'est une énorme connerie d'entasser les bureaux dans un seul quartier ! J'espère au moins qu'elle est utile au "rayonnement du pays".

Je ne vais donc pas en rajouter sauf un détail. « En septembre 1958, l'Établissement public pour l'aménagement de la Défense (EPAD) est créé par l'État pour construire, gérer et animer le quartier. » Ainsi, ce que je considère comme une erreur majeure est une initiative de l'Etat, dans "ces années là". La gauche avait restreint le périmètre de l'Epad en 2000 mais la droite a crée un nouveau machin en 2010, Établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche, par fusion de plein de trucs dont l'EPAD.

L'Epadsa est chargé de l'aménagement du quartier, des infrastructures,... mais pas de l'entretien qui revient aux communes... et à Defacto, un autre établissement public crée sous Sarkozy, géré par les collectivités locales. Son Président est actuellement le même que celui du département (Patrick Deveidjan). L'Epadsa est géré conjointement par l'Etat et les collectivités du coin.

Si je parle de la Défense, dans cet interminable billet, c'est non seulement parce qu'elle concentre 180 000 salariés (soit beaucoup plus que certains départements du pays) mais surtout parce que le quartier est souvent présenté comme une vitrine économique du quartier, dans le Département le plus riche de France (peut-être après Paris, j'ai la flemme de vérifier).

Les villes nouvelles

Les villes nouvelles ne datent pas de l'après-guerre. Marseille est une ville nouvelle qui date de l'antiquité. Une ville nouvelle est une ville qui n'ait d'une impulsion politique. Versailles est une ville nouvelle qui s'est développée à la place d'un village, autour du château.

A partir des années 60, des villes nouvelles de sont déployés dans la plupart des pays pour accompagner l'urbanisation et le développement de certaines villes.

« La politique des villes nouvelles françaises est une politique d'aménagement du territoire mise en œuvre en France à partir de la fin des années 1960 jusqu'à nos jours, et ayant pour application pratique la réalisation de neuf villes nouvelles sur le territoire. L'objectif était d'éviter la concentration urbaine dans les grandes métropoles et notamment à Paris et de réaliser un développement urbain multipolaire. »

C'est raté ! Pourtant, deux villes nouvelles sont toujours en cours d’aménagement, Sénart et Marne-la-Vallée.

« Le gouvernement adopte en 1965 un nouveau Schéma d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne (SDAURP). Celui-ci décide de renforcer le desserrement de la région et de mettre en valeur des pôles de développement éloignés du centre de l’agglomération, qui puissent acquérir une véritable autonomie. Ces nouveaux pôles doivent se faire ex-nihilo, en dehors de villes existantes mais sans être trop éloignés du centre de Paris, tous étant situés de 15 km à moins de 50 km. »

Mon billet fait une tartine mais je voulais souligner le rôle de l’Etat dans la création de ces machins qui fut, aussi, une erreur.

Je vais faire un rapide zoom sur Saint-Quentin-en-Yvelines où j’ai bossé à une époque, ce qui m’a valu de faire, uniquement pour ça, 16000 kilomètres par an au volant de ma voiture, une ZX Volcane 2.0 mais c’est une autre histoire. Saint-Quentin-en-Yvelines est d’ailleurs au cœur d’un machin organisé par l’Etat : « Opération d'intérêt national de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines », le tout étant aussi au cœur du projet de nouveau métro lié au Grand Paris…

« Saint-Quentin-en-Yvelines est une communauté d'agglomération de France, dans le département des Yvelines, à l’ouest de Versailles. […] Son développement a été réalisé par l'État, dans le cadre de la réglementation des villes nouvelles, grâce au « Syndicat d'agglomération nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines » (SAN). Conformément à la loi Chevènement, le SAN s'est transformé en communauté d'agglomération en 2003. ».

La création de cette ville nouvelle a été décidée par l’Etat en 1965 et concrétisée par la mise en place de l’Établissement public d’aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines (EPASQY) en 1970. Je vous passe les péripéties diverses mais c’est encore la gauche qui a permis la normalisation de cette ville nouvelle en la transformant en « interco ».

La route

J’ai un blog de gauche et j’aime donc taper sur la droite. Toujours est-il qu’à l’heure où Paris, la région et l’Etat sont sous la coupe de la gauche, elle est obligée de défaire les erreurs de la droite, celle récente, comme celle de la fin des trente glorieuses… Les erreurs ? Le périphérique est surchargé, tout comme les voies sur berges et les autoroutes pénétrant dans Paris. J’habite moi-même le Kremlin-Bicêtre où passe une partie de l’A6 et la Nationale 7, à l’entrée de Paris, à la Porte d’Italie. Je parle souvent des travaux dans mes différents blogs.

Inscrit au SDRIF de 1959, le Boulevard Périphérique est construit de 1960 à 1973. Un aménagement du périph avait été imaginé dès 1943 et différents projets ont été étudiés par la suite, notamment en 1954. Pour moi, l’emblème de la bêtise du « tout automobile » est la voix Georges Pompidou, née la même année que moi…

Il y a eu un vaste plan autoroutier pour Paris pour Paris, souvent attribué (à tort) à Georges Pompidou, mais arrêté en partie avant la crise de 74 puis, totalement, par Valéry Giscard d’Estaing qui n’a pas fait que des conneries. Il n’empêche que Georges Pompidou a eu cette phrase célèbre : « Il faut adapter la ville à l'automobile. ».

J’évoque les voies sur berge parce qu’elles sont au cœur de travaux actuels à Paname et le boulevard Périphérique parce qu’il coupe Paris de sa banlieue tout en étant le point de départ (et d’arrivée…) de la plupart des autoroutes joignant Paris à sa banlieue et à la province. Ce sont des routes historiquement gérées par l’Etat… mais transférées aux départements, me semble-il (j’ignore pour le péripf) avec les lois de décentralisation de Jean-Pierre Raffarin.

Il faut conclure

« Il faut donc expliquer, toujours expliquer. » disais-je en introduction…

Il y a du boulot.

Je vais résumer : c'est le bordel.

On a la région d'Huchon, la ville de Delanoë, l'Etat d'Ayrault, le STIF d'Huchon, Paris Métropole de Delanoë, le Grand Paris d'Ayrault après avoir été celui de Sarkozy; Métropole de Paris d'Ayrault et Delanoë.

Faudrait pas que Paris repasse à droite en 2014 ou la région en 2015...

17 commentaires:

  1. Ce qui est moche, c'est quand la droite qui reviendra au pouvoir défera ce projet pour en faire un autre...

    Sur ta conclusion, on pourrait voir le problème différemment. Si Paris, la Région (les Régions, ça serait plus simple) et l'Etat pouvait revenir à droite, cela simplifierait les choses... (et on pourrait penser que cela ne serait pas un mal ^__^)

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    1. Falconhill, je crois que tu te plantes. Ayrault n'a pas défait le Grand Paris de Sarkozy et a ainsi confirmé l'enterrement de certaines réformes de Jospin et de Raffarin. Peut-être le fallait-il ?

      Pour le reste, on pouvoir un débat sur l'intérêt de la droite ou de la gauche au niveau national, mais connaissant les personnes, il vaut bien mieux que Paris et la Région soient gérées par la gauche quand tu connais les personnes de droite disponibles pour le faire...

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  2. Ok.
    Vive le Grand Lyon! C'est moins grand, pas de RER mais des trains "bombardier" pour les dessertes régionales, la compagne, la vraie, à 5mn de Lyon, le beaujolais pas loin etc, que des feignasses pas adeptes de longs trajets, la vie quoi..

    Bref, Paris sans ses inconvénients (pollution, prix élevés du mètreCarré et tous les machins des marigots). Lyon de Collomb (Gauche), La région de Jean Jacques Queyranne (Gauche), le bonheur quoi...

    Vive Lyon, Vive le Grand et, Gloire à Lyon Métropole!

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    1. Gloire à tout le monde. Mais dans notre interprétation de la vie politique, prenons garde à ne pas oublier les autres territoires, de plus en plus conquis par le FN, aussi parce que les gens ont le sentiment d'être délaissés par les centres financiers qui bénéficient des bienfaits du monde moderne...

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    2. Toute cette histoire de "Grand Paris" ou "Métropole Paris" me laisse perplexe. Déjà qu'on a le PSG (Paris) qui nous gonfle avec la couverture médiatique autour de Zlatan et Beckham, difficile pour les pas-parigots de s'intéresser à cette "centralisation" des efforts de développement, même sous couvert de "Décentralisation"..,

      Les autres territoires, délaissés risquent (ta remarque est juste) de devenir des cibles (terres électorales) du FN. Enfin...

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    3. Difficile de s'y intéresser, je conçois. Mais c'est pourtant essentiel.

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    4. le grand quoi ? ....... Lyon ? mouahahahahahhahahah

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    5. Désolé, je ne suis pas d'humeur (tumeur ?) à rigoler ce soir. Lyon connait avec la nouvelle loi une véritable révolution alors qu'à Paros nous nous enfermons dans un étatisme...

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  3. Bordel t'as fait une thèse ou quoi ? Un truc payé à la Xavière Tibéri ?
    Chapeaudé par le fils sarkozy, qui expère bien se gauffrer l'EPAD un de ces 4.

    Dis donc, les gusses de Delanoë qui bossèrent avec lui et ses voisins pour aboutir à la création, en 2009, de Paris Métropole, z'auraient pas piqué un peu chez les voisins, par hasard ? :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rennes_M%C3%A9tropole

    Tant que c'est pour améliorer un bordel pareil...

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    1. Non. Pas de thèse. Mais le sujet me passionne.

      Que des bonnes idées soient à piquer chez des Breton, c'est normal.

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  4. Oui, également, franchement, "Grand paris", faudrait peut-être arrêter les dénominations boursouflées. Aussi.

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    1. Oui et non. J'y ai un peu réfléchi. C'est bien Paris qui est au centre et qui est connu... Et il faut un autre mot. Métropole de Paris me va bien mais ça doit faire con à l'international.

      En fait, il y a peu de villes de la région qui "méritent" d'être effacées devant Paris. Versailles et Vincennes, peut être (en plus de Bicetre). En cherchant mieux, on pourrait en trouver d'autres mais la plupart ne vivent que par la proximité avec Paris.

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    2. La première phrase du deuxième paragraphe de mon dernier commentaire est le contraire de ce que je voulais dire...

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  5. Pas de besoin d'être politisé pour se rendre compte de l'aberration de cette centralisation à outrance de l'Etat français.

    16% de la population française vit dans et autour de Paris. Politique, économie, artistique, tous les pouvoirs et les ressources sont regroupés à Paris.

    Alors le grand Paris, quel avantage pour la France ? Aucun, ou en tout cas, pas plus que ce que nous vivons actuellement, nous, provinciaux-régionaux.

    La deuxième ville de France, Lyon ou Marseille, selon qu'on compte la proche banlieue, c'est 10 fois moins que Paris. C'est un modèle européen unique de concentration de population en Europe.

    C'est de mon humble avis un problème que le projet du Grand Paris ne résoudra pas.

    La solution : décentraliser à outrance les organes de pouvoir et de décision.

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    1. Ce n'est pas si simple. La décentralisation ne peut de faire qu'au profit des grandes métropoles et tous les autres gueulent.

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