17 juillet 2013

Affaire Cahuzac : la réunion de l'Elysée

La presse se lâche beaucoup après les auditions de trois ministres, hier, à propos de Jérôme Cahuzac et après l’interview de Charles de Courson. Pourtant, on n’en sait pas beaucoup plus qu’avant. Il faut bien que la presse s’occupe. Ca fait plusieurs mois que l’on sait maintenant que Gonelle, l’adversaire de Cahuzac, a prévenu l’Elysée en décembre.

On suppose (et j’espère) que François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici ont fait confiance au ministre du budget qui niait. D’ailleurs, Courson dit bien que « Pierre Moscovici a reconnu qu'il était persuadé de l'innocence de Jérôme Cahuzac. »

Il dit aussi que le gouvernement a fait une connerie en n’interrogeant que UBS mais on se fout des détails.

Revenons à cette réunion qui a eu lieu en décembre à l’Elysée entre le président, le premier ministre, le ministre des finances et le ministre du budget. Je me suis procuré le script de cette rencontre, ce que n'a même pas réussi à faire Médiapart.

François Hollande : bon, les gars, c’est quoi ce bordel ?
Jean-Marc Ayrault : ouais, raconte nous ça, Pierre…
Pierre Moscovici : heu, ben, y’a un type qu’a appelé l’Elysée pour dire qu’il a un enregistrement où Jéjé dit qu’il est emmerdé par son compte en Suisse. Médiapart a diffusé cet enregistrement en début de mois.
Pépère : ah, ce merdier où on n’entend rien ?
Mosco : ben oui.
Ayrault : bon Jéjé, as-tu ou pas un compte en Suisse ?
Jérôme Cahuzac : ben non, j’vous jure les gars, j’aurais pas l’air malin à faire la chasse à la fraude fiscale si j’avais moi-même un compte en Suisse.
Ayrault : ah c’est vrai, ça ! Mais pourquoi Gonelle a-t-il appelé le dir cab de François, alors ?
Cahuzac : ben il a du prendre peur, je ne sais pas moi ! Il avait déjà transmis la cassette au juge Bruguière en 2006.
Pépère : quoi, le juge Bruguière ? Celui-là qui a soutenu Sarkozy en 2007, je commence à comprendre.
Ayrault : ben oui, je me demandais comme Médiapart avait eu l’enregistrement. Un coup d’un proche de Sarko…
Mosco : on s’en fout de tout ça, je fais quoi, moi ?
Ayrault : t’as qu’à demander à UBS de confirmer que Jéjé n’a pas de compte.
Cahu : hé ho, les gars, faites moi confiance !
Pépère : ben on te fait confiance, mon Jéjé, mais cette andouille de Plenel va vouloir vendre des abonnements et continuer à en rajouter pendant des mois.
Mosco : que UBS ?
Pépère : ben oui. Jéjé, c’est bien là que tu n’as pas de compte ?
Cahu : ben oui, enfin non, enfin oui, je n’ai de compte nulle part.
Pépère : mais je plaisantais, mon Jéjé. Vas-y Pierrot, écrit à UBS, ça enterrera l’histoire.
Mosco : dites donc, quand on a ces réunions, tu pourrais pas demander à tes loufiats de nous filer de la bière ou un coup de pinard plutôt que de l’eau ?
Pépère : un petit blanc suisse ?
Ayrault : ho ho ho.
Cahu : faites chier, les gars, arrêtez de déconner.

5 commentaires:

  1. ça doit être à peu près ça ! :DDD

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  2. (mauvais esprit)

    Et si c'était plutôt:

    "Écoute, Jéjé, il ne faut pas que ça dure, cette histoire, parce qu'on a tous un compte en Suisse; les UMP aussi,d'ailleurs, et tes potes du FN aussi: c'est pourquoi personne ne va pas trop t'emmerder là-dessus; tu t'es fais pincer, tu vas morfler pour tous, on te trouvera un poste au Conseil Economique et Social, le temps que ça s'oublie".

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    1. Je ne crois pas. Ils l'auraient fait sauter plus tôt. Jéjé a donc probablement nié les faits et, même s'ils en savaient plus, étaient coincés.

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  3. Inspiré! Oui, un billet JegounStyle, comme j'aime...

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